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CRITIQUE UES THÉORIES IIÉTÉROGÉNIQUES

vais dire est conforme à ce que je disais dans un Mémoire sur la génération spontanée, publié au plus fort des discussions qui ont eu lieu entre MM. Pouchet, Joly, Pasteur et autres (1).

Rappelons que les moisissures qui naissent dans l’eau sucrée exposée à l’air, sont azotées et qu’elles dégagent de l’ammoniaque lorsqu’on les chauffe avec de la potasse caustique en fusion. Ce fait prouve qu’une substance organique azotée , une matière albuminoïde , une matière carbonée organisable s’est produite et a servi à constituer l’un des matériaux nécessaires à l’organisation ; car cette substance n’existait dans aucune des dissolutions sucrées , puisque le sucre de canne employé ne dégageait pas d’ammoniaque. D’où provient cette matière organique azotée de la moisissure ? Les spontéparistes seront obligés d’admettre, dans l’eau sucrée , une force génésique capable de créer de toutes pièces, à la fois la matière plastique et l’être dont elle est un élément primordial. Si l’on accordait cela, ce serait entasser hypothèse sur hypothèse.

Pour l’explication , nous pouvons invoquer des faits certains qui sont exactement du même ordre. Semez une graine , bien choisie , d’une plante phanérogame , dans de la silice calcinée et mouillée : elle germera, le végétal apparaîtra, s’accroîtra, se développera, et la récolte posera toujours plus que le poids de la graine semée. Or cette récolte , qui contiendra des combinaisons chimiques qui n’existaient pas dans la semence , d’où les- a-t-elle tirées? La réponse est élémentaire. Grâce à l’organisation et à l’activité que la vie lui communique, la graine a produit la jeune plante ; les organes de cette plante à peine éclose sont des appareils chimiques dans lesquels les matières minérales ambiantes, l’eau’ du sol siliceux où elle enfonce ses racines, les éléments de l’atmosphère, eau, acide carbonique, azote et sels ammoniacaux, où elle étale ses feuilles , réagissent et engendrent par voie chimique les composés dont elle se nourrit, dont elle tisse ses cellules, ses fibres et tous ses organes!

(1) Voir Annales de la Société Linnéanne de Maine-et-Loire, 6° année, p. 130 (1863).

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