MATIÈRES ALBUMINOÏDES
1° J’ai eu tort de croire qu’avant lui j’avais vu naître des ferments vivants et de toutes pièces, par leurs germes, dans un milieu dépourvu de matières albuminoïdes.
2° J’ai eu tort de ne pas m’extasier sur ce que des moisissures naissent dans un milieu en apparence dépourvu de matières minérales et certainement exempt de substance albuminoïde.
3° Je n’ai compris la signification de mes expériences qu’ après la lecture des deux premières Notes de M. Pasteur sur les fermentations lactique et alcoolique.
Je vais prouver que M. Pasteur se trompe étrangement. Il est certain que, dans la Note des Comptes-rendus qu’il cite (note que l’on trouvera aux pièces justificatives) , j’ai une fois de plus pris l’Académie à témoin de ses procédés et rétabli les faits dans leur vérité, car cela était devenu absolument nécessaire.
Sur le premier point , ce qu’il y a de certain, c’est qu’en préparant des milieux à dessein déterminés, j’ai démontré que dans ces milieux naissaientdes moisissures qui agissaient comme des ferments, et que ces moisissures , nées dans des milieux dépourvus de matière animale ou albuminoïde quelconque , dégageaient de l’ammoniaque quand on les chauffait avec de la potasse caustique, et rien ne prévaut contre ce fait. En toute vérité, j’ai démontré alors, que des moisissures, organismes vivants, des ferments peuvent se constituer de toutes pièces, par leurs germes venus de l’air et déposés dans l’eau pure où je n’avais mis que du sucre ou du sucre et certains sels. Or, à cette époque , novembre et décembre 1 837, M. Pasteur n’avait rien démontré de semblable, et je le prouve !
Le 30 novembre 1837, M. Pasteur lisait ;ï l’Académie des sciences un Mémoire sur la fervientation appelée lactique, qui avait été communiqué en août de la même année à la Société des sciences de Lille. Or que trouve-t-on , dans ce Mémoire (l)? Le voici :
M. Pasteur prend le ferment né dans une fermentation
(1) Pasteur, Mémoire sur la fermentation appelée lactique. Annales de chimie et de physique, 3e série, t. LU , p. 404 (avril 1858).