CONDITIONS PHYSIQUES ET CHIMIQUES
minérale de la graine a suffi à la plante. Mais voici qui mérite toute votre attention. L’acte par lequel les plantes décomposent l’acide carbonique est un acte chimique qui s’accomplit dans les cellules qui contiennent la matière verte ou chlorophylle. Tant que ces cellules sont vivantes , les feuilles, même détachées delà tige, décomposent l’acide carbonique et dégagent un volume d’oxygène sensiblement égal à celui de l’acide carbonique décomposé. Or , Saussure avait déjà reconnu que les plantes mouraient quand on les plongeait dans l’acide carbonique, c’est-à-dire dans une atmosphère formée uniquement de cet acide ; et il avait admis qu’elles étaient asphyxiées et que l’oxygène était nécessaire à la vie des végétaux comme des animaux. M. Boussingault a vérifié le fait que des feuilles vertes , bien vivantes, introduites dans l’acide carbonique ‘pur , ne le décomposent pas et y meurent. Pour que cette décomposition ait lieu , il faut remplir une condition qui se trouve naturellement remplie pour les végétaux qui croissent dans l’atmosphère ; c’est que l’acide carbonique soit mélangé d’une certaine quantité d’air ou d’un gaz inerte comme l’azote ou l’hydrogène , environ du double de son volume ; alors la puissante action chimique qui consiste à réduire l’acide carbonique s’accomplit, et il se dégage un volume d’oxygène sensiblement égal à celui de l’acide carbonique disparu.
Ainsi la condition pour que l’acide carbonique soit décomposé par les feuilles, c’est qu’il soit délayé dans un autre gaz convenablement choisi , l’azote , l’hvdrogène ou l’air atmosphérique , voir l’oxygène lui-même. L’oxygène n’intervient donc pas chimiquement, n’est pas absorbé pendant la vie du végétal à la lumière : il ne remplit là qu’une condition physique de milieu où il peut être suppléé par les gaz asphyxiants tels que l’azote et l’hydrogène. Bref, la plante, tant qu’elle n’est que verte , peut donc se passer d’oxygène, elle est anaérobie, comme on dit de certains infusoires que l’on croittués par l’oxygène. Dans le vrai, avec l’explication que je viens de vous donner, il peut se faire que ce gaz n’intervienne pas plus que l’azote dans cette circonstance. Gela rappelle une expérience bien connue, laquelle démontre