CONDITIONS PHYSIQUES ET CHIMIQUES
nécessaires, il faut en outre réunir un certain nombre de conditions souvent purement physiques , sans lesquelles tout cela serait inutile. Et remarquez-le bien, parmi ces conditions en apparence secondaires, il y a des agents purement chimiques dont la présence ou l’absence, en quantité quelquefois impondérable, est des plus efficaces ou des plus nuisibles. C’est par la considération de cet ensemble de faits que l’élude des moisissures et des questions qu’ont soulevées les spontéparistes, touche de très près aux problèmes les plus délicats de la physiologie. Vous allez en juger par ce qu’il me reste à vous dire des moisissures.
Il y avait quelquefois telle de mes solutions sucrées où le sucre se transformait sans que je visse apparaître de moisissure proprement dite : j’étais fort surpris ; mais ne pouvant pas admettre qu’il puisse y avoir transformation chimique sans cause provocatrice , je donnais mon attention au très léger dépôt, le plus souvent blanc , qui se trouvait au fond des flacons où l’interversion s’opérait sans cause apparente. Or, en examinant attentivement ce dépôt, souvent insignifiant, à un grossissement suffisant, je reconnus que c’était les petits corps dont je vous ai parlé tout à l’heure, plus petits que tout ce que j’avais vu jusque-là. Recueillant autant que je le pouvais de ces petits corps , je constatai qu’ils étaient azotés, et qu’ils pouvaient, étant isolés et remis dans l’eau sucrée , l’intervertir et agir comme ferments : c’est ainsi que je les ai englobés dans l’appellation générale de moisissure, ne sachant où les classer. C’est à la recherche de leur nature , de leur origine et de leurs propriétés que j’ai consacré plus de vingt ans de ma vie. Je vous l’ai déjà dit, ces petits corps étaient des microzymas . Nous verrons comment j’en suis venu à leur donner ce nom et à les rapprocher de ce que les histologistes nommaient granulations moléculaires , granulations amorphes, etc. C’est grâce à la connaissance de leurs propriétés que je suis parvenu à donner l’explication de phénomènes que Schwann, Schrœder etDusch, et plus tard M. Pasteur ont laissé inexpliqués. Mais pour cela, il a été nécessaire de créer une méthode d’expérimentation différente de celle de Spallanzani, plus ou moins modifiée , et dont on ne puisse pas dire que son ap-