‹ Les microzymasChapitre 62 sur 389 · DISCUSSION DES MÉTHODES ANTIIIÉTÉROGÉNIQUES · texte numérisé non relu

DISCUSSION DES MÉTHODES ANTIIIÉTÉROGÉNIQUES

ambiantes, car elle n’est employée qu’à dose extrêmement faible. Sans doute la créosote pure , ou l’acide phénique , ou l’acide cressylique (c’est tout un comme fonction et comme nature), coagule les solutions concentrées d’albumine ou même les solutions étendues quand on l’emploie en grandes masses; mais en petite quantité, une ou deux gouttes (0sr-,05 à 0sryl) par 100 cent, cubes de solution ou d’infusion, elle ne coagule aucune matière albuminoïde, absolument aucune. Vous venez de le voir , elle n’empêche pas l’infusion de levûre faite à 40°, ni la zythozymase d’intervertir le sucre de canne. De même elle n’entrave pas l’action de la diastase sur l’empois de fécule, de la synaptase sur l’amydaline , etc. Or la zythozymase, la diastase, la synaptase sont des substances de nature albuminoïde, voisines des matières organisables. Enfin, nous avons vu que la créosote, à petite dose, n’empêche pas une moisissure née d’intervertir le sucre de canne. Bref, elle n’empêche pas une fermentation de continuer quand elle a commencé, parce qu’elle n’empêche pas le ferment de continuer de vivre et de manifester sa vie par l’acte chimique corrélatif.

Dans une lettre à M. Flourens, j’ai résumé , comme suit, la méthode que je viens de développer et ses conséquences.

« La méthode d’expérimentation que j’ai adoptée dans les expériences que je poursuis depuis neuf ans, diffère en deux points de celle des auteurs qui m’ont précédé ou suivi. La voici telle qu’elle ressort du Mémoire publié en 1857 ; elle consiste :

A. A mettre la matière transformable ou fermentescible (dans mes expériences* d’alors c’était le sucre de canne) en présence d’une substance mortelle pour les germes que l’air peut apporter avec lui. La substance employée était la créosote, ou le bichlorure de mercure, ou le sulfite et le bisulfite de soude.

B. A mettre la même matière avec de l’air débarrassé des poussières de l’atmosphère, lorsqu’on voulait, à la manière de Schwann et autres savants , démontrer que cet air est par lui-même infécond.

G. A ouvrir les vases contenant la dissolution sucrée dans un lied déterminé de l’atmosphère, lorsqu’on voulait

Page 1