DISCUSSION DES MÉTHODES ANTIHKTÉROGÉNIQUES
Je disais : « Est-il impossible que des germes échappent avec l’air qui traverse les tubes incandescents ou une colonne d’acide sulfurique? Je ne le crois pas. » Et je faisais remarquer qu’une bulle de gaz qui traverse un liquide n’est pas en contact par tous ses points avec ce liquide ; la petite bulle qui traverse peut protéger dans son centre une particule solide qu’elle entraîne et j’en cite des exemples visibles. C’est là l’explication des insuccès par la méthode de Schultze. Quant à l’air qui traverse des tubes incandescents, je faisais remarquer que les liquides à l’état sphéroïdal sont à une température toujours inférieure à leur point d’ébullition; que l’on peut impunément plonger la main dans certains métaux en fusion, si cette fusion a lieu à une température très élevée , ce qui tient au même principe. De ce que des spores ou des germes sont très petits , doit-on raisonner d’eux autrement que de nous? J’admets donc que si la rentrée de l’air est un peu rapide , un germe qui serait dans l’axe du tube incandescent émettrait assez d’eau pour le protéger et qu’il arriverait dans l’infusion sans avoir atteint la température de cent degrés.
L’emploi de la créosote ne nous a fourni aucun insuccès; comme méthode il est donc d’une application plus générale. Mais comment agit la créosote? Voici la théorie que je formulais dès que j’eus appliqué cet agent dans les études de génération spontanée.
Nous avons constaté que la créosote empêche la naissance des moisissures et de toute production organisée dans les infusions les plus altérables qui en laissent le plus facilement apparaître d’après les spontéparistes.
Ce n’est pas en s’opposant à la manifestation de la vie qui serait en puissance dans la matière organique ambiante, mais bien en rendant le milieu infécond pour les germes qui y préexistaient, que l’air y avait apportés ou qui adhéraient aux parois des vases. Dans un rapport fait à l’Académie des sciences , sur un travail de M. G. Ville relatif à « l’absorption de l’azote de l’air par les plantes, » M. Chevreul a montré que , dans une atmosphère limitée , les vapeurs répandues par quelques gouttes d essence de téré-