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THÉORIE DE LA NOUVELLE MÉTHODE

benthine empêchent la germination des graines et tuent celles qui viennent de germer. L’illustre savant rappelle, en même temps, que Huber de Genève (1) avait déjà observé le même fait. La créosote, dans mes expériences, remplit le même rôle par rapport aux spores des mueédinées et aux œufs des infusoires. Par un exemple familier, je ferai encore mieux comprendre comment je conçois le rôle de la créosote.

Il y a des plantes marines ou de terrains salés, comme je vous le disais tout à l’heure , et des plantes de terrains non salés. Relativement aux germes, les conditions des infusions additionnées de créosote, sont semblables à celles que présenteraient les plages maritimes ou les terrains salés pour les semences de l’intérieur des continents et réciproquement : s’est-on jamais avisé de dire que les terrains salés sont antiseptiques pour les semences des plantes de terre non salée et réciproquement?

Nous verrons que si la créosote ou d’autres antiseptiques constituent avec les infusions des milieux inféconds pour les germes , la créosote , l’acide phénique , exercent en outre une action particulière sur les germes, sur les cellules. — Quoi qu’il en soit, ce n’est pas en agissant sur des facultés génésiques imaginaires qu’elle empêche les organismes d’apparaître , puisque, quand, en vertu de sa tension de vapeur, elle disparait d’une solution ou d’une infusion , les organismes ne s’en produisent pas moins.

Et toutes les expériences que nous venons de rappeler ou de faire, vont droit contre une hypothèse fondamentale des spontéparistes. M. Pouchct a admis « que l’apparition des premiers organismes est toujours précédée par des phénomènes de fermentation ou de putréfaction; que la formation des animalcules... vient à la suite d’un dégagement de gaz divers dus à la décomposition des substances que Ion a employées..., etc. » Vous entendez bien, on admet une décomposition spontanée de la matière organique, et on ne voit pas que cette décomposition elle-même serait sans cause! G est le contraire qui a lieu dans mes expériences :

(I) Mémoire sur l’influence de l’air et de diverses substances gazeuses dans la germination de différentes graines, par P. Huber et J. Senebier. Paschoud, à Genève, 1801.

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le mouvement de fermentation a toujours succédé à l’apparition des organismes. C’est ainsi que, dans l'expérience A(3., la liqueur avait louchi déjà et le sucre n’était en aucune façon altéré ; il en a été de même dans les expériences E(3., F$. et G(3. En un mot, jamais, lorsque les autres éléments de l’infusion sont par eux-mômes sans action sur le sucre de canne, on ne voit le sucre interverti apparaître avant les moisissures.

Et en finissant , laisscz-moi faire une remarque qui s’applique à toutes les expériences de cette conférence, comme à celles de M. Pasteur : c’est qu’elles ont été faites, en ce qui concerne la génération spontanée, sur des solutions ou des infusions soigneusement filtrées. Je ne vous ai parlé ni de l’urine , ni du sang , ni du lait , ni de la viande ; c’est que la méthode par la créosote ou l’acide phénique (1), employés à dose non coagulante, n’a pas empêché l’urine de s’altérer, le lait de se cailler, la viande de se putréfier ou du moins de subir une certaine altération. C’est que, dans ces différents cas, il y a d’autres causes à invoquer, d’autres phénomènes à interpréter. Nous nous en occuperons dès la prochaine conférence, après avoir recherché quelle est la vraie nature de ce que l’on appelle les germes de l'air, et parmi ces germes de quelque chose que personne encore n’avait considéré.

(1) A propos d’acide phénique, je retrouve dans le Moniteur scientifique du docteur Quesneville pour 1864, 1er semestre, p. 10, laremarque suivante faite à l’occasion de ma lettre à M. Flourens :

« Ajoutons que les expériences si importantes de M. Béchamp et les conclusions qu’il en tire ont déjà été faites par le docteur Lemaire, qui a démontré que lorsqu’on met quelques gouttes d’acide phénique dans des liqueurs fermentescibles, ces liqueurs ne deviennent pas fécondes. »

Je n’ai jamais élevé de réclamation de priorité à l’encontre de M. Lemaire. La meilleure preuve qu’une théorie est bonne, c’est qu’on la prend et l’applique sans citer son auteur. Personne ne s’était mépris sur la source où M. Lemaire avait puisé, et je n’ai pas voulu ennuyer l’Académie par une réclamation. Mais aujourd’hui qu’il y a d’autres plagiaires , il faut bien faire remarquer que le premier travail de M. Lemaire ne remonte pas avant 1860 , plus de deux ans aprè3 mon Mémoire de 1857.

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