LES GRANULATIONS MOLÉCULAIRES ET LA MATIÈRE
avec raison que M. Joly, s’appuyant sur la manière de voir de M. Ch. Robin , pour défendre la génération spontanée , a pu dire : « De la formation et du développement des tissus à la génèse des microzoaires et des microphytes , et même à celle de l’œuf ovarique des animaux supérieurs, où est la différence ? Ce sont pour nous des phénomènes très analogues, sinon complètement identiques (1)! » Et il est certain que M. Joly, naturaliste et zoologiste, avait qualité pour faire ce rapprochement.
Mon intention n’est pas de vous exposer, en ce moment, comment un organisme vivant se constitue et se développe, mais de vous dire quelle idée les physiologistes , les histologistes et les naturalistes se font des granulations moléculaires ou granules élémentaires et de la matière vivante après la mort d’un organisme.
Nous avons déjà vu qu’on ne leur faisait jouer aucun rôle dans les phénomènes de fermentation; de même on ne leur reconnaissait aucune fonction histogénique. M. Virchow est très catégorique à cet égard : « Actuellement, dit-il, on ne peut considérer la fibre , le globule ou le gratvule élémentaire comme le point de départ du développement histologique ; » pourquoi? parce qu’ « on n’a pas le droit de supposer que les éléments vivants proviennent de parties non organisées (2). » Non seulement le granule élémentaire ne joue aucun rôle, mais il n’est pas organisé ni vivant. Pour comprendre M. Virchow, il faut savoir que certains histologistes avaient considéré la granulation élémentaire comme agent physique de la formation des cellules.
Les granulations moléculaires avaient donc été aperçues , quelques-uns leur avaient même attribué une certaine fonction dans la génèse des cellules, mais une fonction toute mécanique, comme nous le verrons plus tard. M. Charles Piobin a même consacré plusieurs leçons à leur histoire , en en distinguant de plusieurs sortes; et dans un article du Dictionnaire de médecine et de chirurgie , il en donne la description suivante :
(1) Revue des Sociétés savantes , 1. 1 , p. 66 (1862).
(2) Pathologie cellulaire, p. 23.