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ACTIVITÉ CHIMIQUE DES MICROZYMAS. — BACTÉRIES

de chaux et dans l’empois sans addition; on peut, à un moment donné , n’y découvrir que de rares microzvmas. Mais, lorsque le phénomène se sera accentué x on pourra découvrir, dans les deux préparations, des bactéries ; il n’y aura jamais que des microzymas 'et des bactéries dans le mélange calcaire , il y aura aussi des moisissures à mycélium dans l’empois sans calcaire. Il est important d’insister sur la différence que je viens de vous signaler. Il est clair que , grâce au carbonate de chaux , l’un des mélanges restera neutre, ou sensiblement neutre; l’autre deviendra acide, j Or, il est d’observation que les bactéries se développent de ] préférence dans les milieux neutres ou alcalins ; les microphytes (moisissures celluleuses ou à mycélium) se développent au contraire plus communément dans des milieux acides. Mais il ne faut attacher à cette observation qu’une , valeur relative ; car nous aurons l’occasion de signaler la naissance des bactéries dans des milieux acides; il pourra même arriver, dans certaines expériences avec la craie , que les bactéries se développent difficilement, et que les microzymas se multiplient sans changer de forme ; c’est ce qui arrive pour la craie que l’on introduit dans une solution de sucre de canne et de bouillon de levûre : les microzymas recueillis, plus nombreux, sont aussi augmentés en poids.

Mais il ne faudrait pas vous imaginer que le microzyma se convertit en bactérie sans aucune transition : on peut au contraire constater plusieurs formes intermédiaires entre le microzyma et la bactérie. Nous en parlerons tout à l’heure : il faut seulement que vous vous souveniez que le milieu a une grande influence sur l’apparition de telle ou telle forme de l’évolution du microzyma, et qu’il y en a une infinité d’espèces quant à la fonction ; enfin , que selon le milieu , le microzyma peut produire des cellules au lieu de bactéries, de véritables microphytes celluleux et des moisissures.

Dans tout ce que je viens de vous dire , il ne s’agit que des microzymas atmosphériques et des géologiques. Nous allons nous occuper maintenant des microzymas des organismes supérieurs , végétaux et animaux.

Pour les voir, il suffit de prendre un fragment d’organe,

MICROZYMAS ET BACTÉRIES

un embryon d’amande, le parenchyme d’une feuille, un peu de foie, de pancréas, de thymus ou de rein, un peu de jaune d’œuf; avec un scalpel vous raclez légèrement le fragment dans un peu d’eau sur le porte-objet du microscope , ou bien vous y délayez une parcelle de jaune d’œuf dans un peu d’eau, vous recouvrez la préparation d’une lame mince et vous regardez attentivement , sous un grossissement de 500 il 600 diamètres (objectif5, oculaire 2, de Nachet), ce qu’il y a de plus petit dans le champ convenablement éclairé. Dans toutes les préparations ce sont de très petites sphères semblables à celles que nous avons décrites dans les poussières de l’air et dans la craie. Si le grossissement est plus considérable , vous y découvrirez comme dans ceux de l’air un centre brillant et une enveloppe. Ils sont mobiles comme eux et agités d’un mouvement de trépidation dit mouvement brownien. Nous aurons l’occasion de les décrire plus minutieusement et d’étudier leurs fonctions chimiques, ce qui constituera à leur égard une preuve analogue à celle que nous avons donnée pour les microzymas atmosphériques. Allons droit au but, et prouvons , par une expérience sans réplique, leur aptitude à se transformer en bactéries.

La pulpe des parties vertes et molles des végétaux ne tarde pas à être envahie par des myriades de bactéries, de grandeur et, sans doute, d’espèces diverses. Or, cette pulpe, avant l’apparition des bactéries, ne laisse voir, au ; microscope , que des cellules et des granulations moléi culaires. Pour expliquer la présence des bactéries on i faisait intervenir les germes de l’air, ou bien une génération | spontanée. Vous allez juger du peu de fondement de ces deux manières de voir.

À Montpellier, pendant les froids de l’hiver de 1867-68, j’avais eu l’occasion de remarquer deux pieds d ' Echinocacius gelés. Quelques semaines après le dégel , j’ai examiné le j genre d’altération histologique que la congélation avait fait j subir aux tissus de cette plante. Son épiderme ne portait la trace d’aucune lésion, il était aussi résistant qu’avant la gelée. Or, vous savez combien cet épiderme est dur, épais , résistant et lisse : évidemment, la grande densité du tissu

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et l’épaisseur de cet épiderme étaient un obstacle suffisant à la pénétration des bactéries , des vibrions ou de leurs germes atmosphériques ; vous l’admettrez d’autant plus aisément que M. Pasteur assure que le corps d’un animal est impénétrable à ces mômes bactéries ou germes. Or, une incision étant pratiquée dans la partie gelée, la matière, prise dans la profondeur de la plaie , ou immédiatement sous la couche épidermique , contenait des bactéries en foule , où les espèces qu’on appelle Bacterium termo et putridinis , extrêmement mobiles, étaient prédominantes.

Cette observation était trop importante pour que je n’essayasse pas de la vérifier.

Pendant les froids qui s’étaient fait sentir du 25 janvier jusqu’à la fin du même mois, j’ai eu une nouvelle occasion d’examiner un grand nombre de plantes gelées au Jardin des plantes de la Faculté de médecine. Je vais vous en citer quelques exemples, car parmi ces observations il y en a qui ont donné lieu à des remarques bien dignes d’intérêt. L’examen était fait dix à douze jours après le dégel.

Le premier exemple est un Opuntia vulgaris. Ce cactus n’était gelé qu’en partie. En râclant avec un scalpel la surface extérieure de l’épiderme , je constate qu’il n’y a rien d’anormal. Cet épiderme était intact dans toute son étendue, aucune lésion ne s’apercevait par où l’ennemi aurait pu pénétrer dans la place. Sous l’épiderme incisé et jusque dans les couches profondes de la partie gelée, il y a de petites bactéries ou vibrions très agiles dont plusieurs pirouettaient sur eux-mêmes avec une rare vivacité. Il y a aussi des bactéries plus longues, également mobiles, longues de 0mm,02 à 0mm,04 : c’étaient les moins nombreuses. Et, chose digne de toute votre attention, tandis que dans les parties non congelées et restées saines, contiguës aux parties gelées , on ne voyait que des cellules intactes et des microzymas normaux et mobiles; les microzymas avaient au contraire complètement disparu dans les parties atteintes par le froid.

Le second exemple est offert par un Calla æthiopica. La plante était gelée à raz de terre. Les parties gelées , décolorées , se réduisaient en putrilage au moindre contact :

on y découvre les microzymas en voie de transformation , s'allongeant, devenant bactéries mobiles, très petites; il y a aussi de grandes bactéries mesurant 0mm,03 il 0mm,05 et se mouvant.

Un contrôle -précieux a été présenté pour cette observation. Les parties centrales du faisceau de jeunes feuilles, encore entourées de portions gelées, étaient vertes; eh bien! quoiqu’elles eussent été enveloppées des parties tombées en putrilage , on n’y découvre que des microzymas normaux !

Troisième exemple : Agave americana. Dans la partie gelée et noircie de la feuille, il y a une foule de microzymas très mobiles; foule de bactéries semblables au Bacterium fcrmo; plus rares bactéries de 0rara,01 à 0mm,03 de longueur. La portion non gelée, contiguë à l’autre, ne contient que des microzymas.

Quatrième exemple : Agave mexicana. La partie gelée et noircie de la feuille ne contient plus de microzymas, rien que de petites bactéries et quelques bactéries plus longues de 0mm, 0 0 8 à 0mra,02, le tout très mobile. Dans les parties saines, les microzymas sont normaux; mais à mesure que l’on approche des parties congelées , on voit les microzymas se modifier de forme et de grandeur.

Cinquième exemple : Datura Suaveolens. Les extrémités des branches étaient gelées. Au-dessous de l’épiderme , jusque dans la profondeur, foule de Bacterium termo , rares Bacterium volutans et quelques grandes bactéries de 0rara,Ü3 à 0mm,0-4. Il y a en même temps de longues aiguilles cristallisées terminées en fuseau, de 0,nm,05 à 0mm,10 qui sont immobiles et n’existent pas dans les parties restées saines. Les parties gelées et flétries sont restées vertes.

D après d’autres observations, faites sur des plantes de familles et d’espèces différentes, il est clair qu’il n’y a pas d exception, et que les microzymas végétaux sont de ceux qui produisent aisément des bactéries. Mais il faut que je vous signale un fait qui donne à ces observations leur véritable signification :

Une circonstance favorable m’a permis de me convaincre

que les bactéries trouvées dans les onze cas observés n’avaient pas pour origine une inoculation quelconque, mais bien l’évolution naturelle des microzymas, due à un trouble de nutrition ou à un changement de milieu provoqué par la gelée. Il s’agit d’un pied d 'Echinocactus ruca/rinus trouvé dans une serre du Jardin des plantes de la Faculté de Montpellier. Cette plante me parut avoir été atteinte par la gelée. En plusieurs points elle avait l’aspect du sujet que j’avais examiné une année auparavant. Le jardinier, consulté , répondit que ce pied était mort pour avoir été trop arrosé; en effet, les racines étaient pourries. Son épiderme, très dense et très dur, paraissait intact; mais il y avait des moisissures formées par de larges cellules de mucédinée qui déjcà se développaient en mycélium : or, cet épiderme ayant été incisé , je n’ai trouvé autre chose que des microzymas normaux, pas une seule bactérie dans l’intérieur de la plaie. Pourtant, tout se réunissait dans cette observation pour un envahissement, s’il avait été possible, à travers l’épiderme de Y Echinocactus : moisissures sur cet épiderme , racines pourries : dans la base même du pied il n’y avait que des microzymas, dont un petit nombre formés de deux articles.

Il était naturel, d’après ce que je vous ai dit sur l’influence des milieux pour l’apparition de tel ou tel organisme, d’examiner, pour les comparer, l’état chimique du milieu gelé et du milieu conservé dans l’état normal. Il s’est trouvé que le milieu chimique a changé dans la plupart des cas.

La sève ou les sucs dans les cactus sont t\ réaction acide. Dans l’exemple que j’ai rapporté , les incisions faites dans les parties gelées, devenues flasques, déterminaient l’écoulement d’un liquide dont la réaction acide au papier de tournesol avait totalement disparu pour faire place à une réaction légèrement alcaline. Les sucs des parties saines, contiguës , étaient à réaction acide.

Pour le Calla æthiopica , la réaction , dans les parties saines et dans les parties gelées, n’était ni acide, ni alcaline , du moins les réactifs ne les accusaient pas.

Pour Y Agave a/mericana , réaction acide conservée dans la partie saine, réaction alcaline dans la partie gelée. Au con-

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traire, pour V Agave mexicana, la réaction est trouvée acide dans les parties congelées comme dans les autres.

Pour le Datura suavcolcns , réaction alcaline dans la partie gelée, acide dans celle qui était restée saine.

Pans mon Mémoire (l), après avoir constaté la coïncidence du développement des bactéries et de l’alcalinité du milieu , j’ai ajouté :

« Bien que l’on pense le contraire, des bactéries peuvent se développer dans un milieu acide , pouvant rester acide ou devenir alcalin , aussi bien que dans un milieu absolument neutre ou restant neutre. J’apporterai plus tard de nouvelles preuves à l’appui de cette proposition. »

J’ai déjà eu l’occasion de vous en dire quelque chose. S’il est vrai que certaines espèces de microzymas n’évoluent aisément, pour produire des bactéries, que dans des milieux neutres ou légèrement alcalins, nous verrons qu’il en est d’autres qui se développent très bien dans des milieux normalement acides et le restant.

Et, pour opérer la congélation et constater les résultats qui en sont la conséquence , il n’est pas nécessaire des froids météorologiques ni du dégel en plein air. M. Joseph Béchamp a fait geler des plantes et des parties de plantes dans un mélange de neige et de sel; après avoir bien lavé à l’eau, il a fait dégeler à l’étuve : bientôt les bactéries ont apparu avec le cortège des phénomènes que je viens de vous faire connaître.

Au moment de rédiger la première observation que je vous ai citée sur les deux pieds d’ Echinocactus gelés, M. Davaine publiait un Mémoire sur l’inoculation des bactéries végétales à diverses plantes. Voici le début de ce Mémoire :

« Les êtres vivants, dit l’auteur, offrent dans leur organisme des milieux variés , qui pourraient être envahis parles vibrioniens s’ils n’étaient préservés par un épiderme protecteur ou par d’autres moyens. On conçoit qu’une espèce de ces petits êtres introduits artificiellement dans l’un de ces milieux vivants, et qui s’y propagerait, serait accessible à nos investigations. Ainsi l’on pourrait étudier,

(l) Comptes-rendus, 22 février 1869.

soit les modifications qu’ils éprouveraient par leur transport d’un milieu dans un autre , soit celles que leur feraient subir divers agents avec lesquels ils seraient mis en rapport (1): »

Il est impossible de n’être pas frappé de ce début d’un travail fait par un médecin dans un but physiologique et pathologique. N’est-il pas étrange que M. Davaine ne s’occupe que des milieux variés que les êtres vivants offrent dans leur organisme, sans se préoccuper de la nature organisée, structurée de ces milieux. M. Davaine inocule à des végétaux les bactéries développées dans la pulpe , réduite en putrilage, des parties végétales, sans même se poser la question de savoir s’il y a quelque chose de plus que de la matière chimique dans 1e. végétal inoculé 1

Je vous entretiendrai des expériences de M. Davaine pour les interpréter; mais vous devez retenir de ce que je viens de vous dire que M. Davaine ne voyait pas, dans le tissu végétal, la cause première do la naissance des bactéries.

Je vous ai cité les expériences qui prouvent la production des bactéries dans les parties de végétaux gelés, bien qu’elles aient été faites après celles qui démontrent cette production dans les parties d’animaux , parce qu’elles sont à l’abri de l’objection relative aux germes de l’air. Il serait certainement permis de généraliser et, m’appuyant sur elles, de conclure que les microzymas animaux possèdent exactement la même aptitude que les microzymas végétaux. Je ne le ferai pas , d’abord parce que la question se complique singulièrement quand on considère un animal pour le comparer au végétal. Celui-ci n’est en contact avec l’air que par sa surface externe, si bien protégée par l’épiderme, tandis que l’animal admet de l’air et ses germes dans ses poumons, et que d’ailleurs d’autres ouvertures peuvent être supposées leur donner accès , sans compter les aliments, les boissons, etc. Ensuite, il y a la considération de la pathologie : sans avoir égard aux parasites ordinaires, les gros parasites tels que les vers cestoïdes et les helminthes,

(l) Davaine : Recherches physiologiques et pathologiques sur les bactéries. Comptes-rendus, t. LXVI, p. 499 (1868).

il y a cerlainement à se préoccuper des maladies parasitaires dues à des parasites microscopiques. Il y a donc un intérêt très grand de savoir si oui ou non des bactéries peuvent naître dans les tissus animaux sans apport de germes extérieurs. Vous n’ignorez pas, d’ailleurs, que c’est là le point du grand débat qui est entre M. Pasteur et moi.

Sans nous occuper aujourd’hui de la fonction des microzymas animaux, ce qui fera l’objet d’une conférence spéciale, nous allons donc donner la preuve que des bactéries peuvent apparaître dans un tissu sans qu’on puisse admettre que la cause productrice y a pénétré de l’extérieur, c est-à-dire a pour origine les germes de l’air.

Rappelons en peu de mots le point de départ de ces recherches.

MM. Schrœder et Dusch , comme M. Helmholtz et comme Schwann , ont vu se conserver sans altération des matières putrescibles diverses. Deux exceptions se sont présentées : malgré l’ébullition le lait s’est caillé et la viande qui n’avait pas été bouillie avec l’eau, mais simplement chauffée en masse, au bain marie, s’est putréfiée.

Pour moi, dans mes recherches sur la génération spontanée , j’ai pu conserver sans altération les substances les plus putrescibles, en y ajoutant une trace de créosote. Et vous savez que cet agent ne modifie en rien l’action des ferments organisés qui auraient pu se développer. Or, en 1865, dans une lettre à M. Dumas, je faisais remarquer que la créosote, employée à dose non coagulante, n’empêche pas le lait de se cailler plus tard , ni la craie de transformer, sans secours étranger, le sucre et la fécule en alcool, acide acétique, acide lactique et acide butyrique. De ces faits, je concluais que la craie et le lait contiennent des êtres vivants, cause des transformations observées, dont la créosote n’empêchait pas l’activité de se manifester. Or, la coagulation du lait est accompagnée d’un développement de bactéries, malgré la présence de la créosote.

Je me suis demandé si dans les expériences avec la viande , les choses ne se passeraient pas comme pour le lait, c’est-à-dire si les microzymas de la viande ne seraient

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pas susceptibles d’évoluer en bactéries, ce qui expliquerait l’insuccès des expériences de Schrœder et Dusch, etc.

Je vais exposer la méthode d’expérimentation qui m’a permis de résoudre le problème : elle est on ne peut pas plus simple.

Dans des fioles préparées comme nous l’avons déjà dit (lavage à l’acide sulfurique chaud, à l’eau bouillante, à la potasse et enfin à l’eau bouillante créosotée), je prépare de l’empois et dans cet empois bouillant j’introduis un morceau assez gros de viande conservée dans l’eau créosotée et dont les fragments sont coupés en employant des pinces et des couteaux propres, chauffés et conservés dans l’eau créosotée. Je dis créosotée ou phéniquée.

La première expérience a été faite le 7 février 1867. En voici le détail, telle qu’elle est publiée aux Comptes-renclus de l’Académie des sciences.

« L’empois est préparé avec 50 grammes de fécule et 1,000 cent, cubes d’eau. L’empois a été maintenu en ébullition pendant une demi-heure. On y introduit alors 100 grammes de viande fraîche de mouton , tandis que l’empois est en pleine ébullition. On adapte aussitôt un bouchon muni d’un tube abducteur dont toutes les parties ont séjourné dans l’eau bouillante pendant longtemps. L’appareil est mis à l’étuve. Le lendemain, bien que toute la surface de la viande fût coagulée, l’empois commençait à se liquéfier. Le 9 février, toute la masse était fluidifiée ; un mélange d’hydrogène et d’acide carbonique commençait à se dégager. Toute la masse était remplie de petites bactéries et de longs bâtonnets mouvants; ainsi que de granulations diverses. 11 n’y a pas de différence lorsque la viande est préalablement hachée à l’air, non lavée , et qu’on l’introduit dans l’empois refroidi. Avec la viande, de chien on obtient les mêmes résultats.

» Si dans l’expérience on remplace la fécule par du sucre de canne, toutes les autres conditions restant les mêmes, on ne voit que de toutes petites bactéries et un plus grand nombre de granulations. Et il en est encore de même si, dans toutes ces expériences , on introduit de la créosote à dose non coagulante dans le mélange. »

Et après avoir ainsi exposé les faits, nous disions alors, M. Estor et moi :

« Comment expliquer ces résultats exceptionnels , sinon par la présence dans les muscles de l’animal vivant, non seulement de germes, mais encore de bactéries, à un degré inférieur de développement? »

Nous verrons qu’il faut bannir, dans l’espèce , le mot de germe; quant à l’idée de bactérie à un degré inférieur de développement , je la crois de plus en plus juste ; elle nous fera comprendre l’inanité du point de vue qui faisait que l'on cherchait les œufs de bactéries!

Cette méthode nous l’avons appliquée, M. Estor et moi, aux expériences sur Y origine et le développement des bactéries (J) dans le foie, le rein, la rate, le pancréas.

Je vais vous redire quelques-unes des expériences qui nous ont permis , non seulement de démontrer que les bactéries se développent sans le concours des germes de l’air, mais quelles sont les diverses phases de ce développement. Pour pouvoir apprécier les conditions diverses de l’évolution, nous avons institué trois séries d’expériences :

I. Les foies étaient abandonnés à l’air libre, dans l’eau, soit ordinaire, soit créosotée.

II. Les foies étaient placés dans une solution créosotée de sucre de canne.

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