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fj et d’histologie de M. Estor, à la Faculté de médecine de i Montpellier, qui avait été témoin de nos recherches et qui | s’occupait d’histologie normale, se proposa d’écarter l’objection relative aux germes de l’air, en plongeant les parties animales dans une solution d’acide chromique. Son expérience a une double portée : d’abord en ce qu’elle explique la cause de phénomènes depuis longtemps observés par les histologistes, et ensuite en ce qu’elle prouve que des organes plongés dans l’acide chromique ne laissent pas moins apparaître des bactéries dans leur centre.

En effet, l’auteur commence par faire remarquer les essais infructueux de l’emploi de l’acide chromique, comme agent durcissant de la matière cérébrale, lorsque les fragments sont trop volumineux. Les histologistes, pour durcir ce tissu, le divisent en tranches minces avant de le plonger dans la solution chromique. Quand on s’écarte de cette règle, on obtient un durcissement limité à une faible profondeur, dépassant peu la surface des fragments immergés; pour le centre , il ne tarde pas à être dans un état de putréfaction plus ou moins avancé. Vous voyez par là que les histologistes savaient parfaitement bien que la matière cérébrale se désoriganisait en s’altérant dans les parties protégées par la couche durcie de la surface.

M. Servel a conclu de ce fait qu’on pourrait se servir 'de l’acide chromique pour reproduire les faits que nous ;avions énoncés, M. Estor et moi. Il a fait deux séries •d’expériences.

Première série. — Elle est relative au développement des bactéries dans la matière cérébrale du cobaye. L’animal était -décapité vivant, en le plaçant, de telle sorte que la tête,

; en quittant le tronc, vint tomber dans le bain de la solution d’acide chromique qui était au centième d’acide réel.

Les couches extérieures de la tète , examinées après six : jours d’immersion continue, étaient durcies et conservées;

mais les parties centrales, le cerveau, étaient dans un état j de corruption manifeste ; examinée au microscope , la pulpe jl cérébrale altérée ne montrait plus de traces de la structure r normale , mais un grand nombre de bactéries de toute ! grandeur.

MICROZYMAS Eï BACTÉRIES

Comme il est impossible que rien de vivant puisse exister ou vivre dans l'acide chromique , il est évident que dans les conditions de l’expérience, en supposant que si, dans l’instant de la chute, la tête a entraîné quelque germe atmosphérique , l’acide chromique a dû le tuer, de même que tous les éléments anatomiques de la surface.

Mais il y avait l’objection de la profondeur des fosses nasales ou de la cavité buccale qui auraient pu conserver les germes insidieux malgré l’immersion. Alors on a entrepris la seconde série.

Seconde série. — Elle a été faite sur le foie ou le rein de chiens sacrifiés par hémorrhagie fémorale. La préparation des organes destinés à l’immersion était faite avec le plus grand soin. Pour éviter l’entrée de l’air par l’ouverture béante des vaisseaux sectionnés , M. Servel a placé une ligature au niveau du hile du foie et du rein; alors seulement il a fait l’ablation totale des organes en respectant scrupuleusement leur enveloppe conjonctive dans toute son étendue; les fils de la ligature lui ont servi à suspendre les , organes dans la solution chromique et à les préserver du contact des parois du vase.

L’expérience a été répétée trois fois sur les organes de deux chiens de chasse , puis sur ceux d’un chien mouton. Après cinq jours d’immersion, on procédait à l’examen microsco- ' pique. Dans tous les cas :

« Foie et rein plus volumineux qu’à l’état frais, élastiques à la pression. Surface durcie dans toute son étendue, ré- ' pandant l’odeur particulière des organes plongés dans les solutions d’acide chromique. A la coupe, émanation d’odeurs fétides.

» Examinée au microscope, la couche superficielle se présente dans un état d’intégrité complète ; le centre, au contraire , est rempli de bactéries animées de leur balancement caractéristique : les unes, dans le foie, sont volumineuses, quelquefois renflées à une extrémité (Bacterium capitatum) ; dans le rein , elles sont plus rares, plus grêles et mêlées de cellules encore intactes. La solution d’acide

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