‹ Les microzymasChapitre 91 sur 389 · IMPÉNÉTRABILITÉ DES MEMBRANES AUX VIBRIONS · texte numérisé non relu

IMPÉNÉTRABILITÉ DES MEMBRANES AUX VIBRIONS

par la même théorie, nous avons recherché les microzymas en voie d’évolution dans la matière tuberculeuse du poumon d’une phtisique. D’après Küss, le savant professeur de physiologie de la Faculté de médecine de Strasbourg, le tubercule pulmonaire n’est que l’épithélium malade ou mort. La matière que nous avons étudiée, M. Estor et moi, était contenue dans des kystes à parois fibreuses ; elle était opaque, dure et friable, dans l’état que l’on appelle crétacé . Au microscope, sous le grossissement obj. 7, oc. 1 de Nachet, on y distinguait une foule de granulations moléculaires mobiles, isolées ou accouplées deux à deux. Ces molécules étaient insolubles dans l’acide acétique et dans la potasse au dixième, comme tous les microzymas adultes. La matière tuberculeuse, bien isolée de son enveloppe, a été broyée avec un peu d’eau et lavée sur le filtre afin de séparer un peu d’une zymasc agissant sur l’empois pour le fluidifier. Ainsi préparée la substance a été mise dans l’empois de fécule. Celui-ci a été fluidifié, et bientôt il a fermenté, produisant de l’acide acétique et de l’acide butyrique. En même temps les microzymas étaient en partie transformés en chapelets de 2, 3, i ... grains. Dans une expérience nous avons vu apparaître aussi des bactéries (1).

Il est donc possible de constater, même sur le vivant, dans certains états pathologiques, l’existence dans le corps, dans les parties profondes , des divers états de l’évolution des microzymas , jusqu’à l’étal de bactérie.

A plusieurs de ces faits on peut objecter, et M. Pasteur objecte toujours , la présence des germes de l’air, que l’on n’a pas évité. Il est vrai pourtant que ce savant prétend avoir démontré l’impénétrabilité du corps des animaux aux germes ; mais il a eu soin d’ajouter : dans les cas ordinaires. C’est-à-dire que , toutes les fois que les faits cadrent avee son système , c’est qu’ils sont dans les cas ordinaires ; dans le cas contraire, non ! Par conséquent, il est nécessaire que je vous démontre directement cette très réelle impénétrabilité , car l’expérience de M. Pasteur sur laquelle il se fonde est absolument de nulle valeur, comme nous le verrons.

(1) A. Béchamp et A. Estor : Sur les microzymas du tubercule 'pulmonaire à l'état crétacé. Comptes-rendus, t. LXVII, p. 9fi0 (1SG8).

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