S4 RELATION DES GERMES ATMOSPHÉRIQUES
de la Science, si les microzvmas atmosphériques remplissent quelque condition d'existence à l’égard de ces êtres : jusqu’ici on n’a pas encore réalisé la vie à l’abri des germes atmosphériques. Quant à savoir s’il en pénètre dans l’organisme , il faut d’abord que vous connaissiez exactement quelle quantité d’air, un animal supérieur qui respire normalement, admet dans ses poumons.
M. Dumas a démontré que, à Paris, un homme qui fait 16 inspirations par minute, fait pénétrer dans ses poumons près de 8 mètres cubes d’air (8000 litres) par 24 heures. Or, puisque M. Pasteur objecte sans cesse , à ceux qui refusent de croire à sa panspermie multiple (normale et pathologique), la pénétration possible des germes atmosphériques, et qu’il admet qu’ils sont si aisément retenus par les infusions et les autres substances que l’on expose au contact de l’air, j’ai demandé depuis longtemps pourquoi il n’admet pas qu’ils sont retenus également par toute la surface des voies respiratoires et de cette vaste nappe humide que le poumon supposé étalé en surface représente, et n’v pénètrent pas. Sans doute il est forcé de le nier dans les cas ordinaires , car sans cela, en poussant un peu les conséquences, tous les actes chimiques de l’organisme, si semblables aux actes de fermentation, pourraient être attribués aux germes de l’atmosphère ! Eh bien, rien n’empêche d’admettre , bien que rien ne le prouve , qu’ils y pénètrent en tant que microzvmas , et je vous prouverai qu’ils ne sont pour rien dans les manifestations chimiques que nous y constatons (1).
Mais indépendamment de l’air qui pénètre par les poumons, il y a celui qui nous enveloppe, et il est bien certain que toute la surface du corps est couverte d’une
(1) M. Pouchet, dans ses Recherches sur les corps introduits par l'air dans les organes respiratoires des animaux (Comptes rendus, t. L, p. 1121) a prouvé d’une façon certaine que les particules organisées de l’atmosphère sont en partie retenues par ces organes. Chez les oiseaux, il y a trouvé des granules de fécule jusque dans l’intérieur des os; chez d’autres, des débris de végétaux, d'épiderme, de chlorophylle. Il faut lire dans son Mémoire ces curieuses observations. Les microzymas, malgré leur petitesse, sont aussi retenus, comment pourrait-il en être autrement?