A M. LOUIS-HONORÉ FRÉCHETTE
A l'occasion d'une pièce de vers adressée à M, L. P. Lemay
O poète exilé ! toi dont la lyre d'or Nous faisait tressaillir d'ivresse hier encor, Te voilà donc errant dans cette république Dont les bras de géant écrasent l'Amérique !
Dans une heure dennui, de découragement, Tu dis en rejetant ton royal instrument : A quoi sert cette lyre ? à quoi sert le génie ? Fn homme ne vit pas seulement d'harmonie.
28 A M. LOUIS-HONORÉ PRÉCHETTE
Et l'on te vit partir et faire tes adieux Au tombeau de ta mère, au sol de tes aïeux, A tous ces souvenirs si chers de la patrie Dont ton âme naguère était encor ravie.
Ta patrie était pauvre ; et, victime du sort. N'offrait qu'im peu de ,2;loire, et tu voulais de l'or !
Hélas ! elle n'est pas cette l'eine puissante Qui jDOrte sur son front diadème étoile. Fille du peuple, c'est presqu'une mendiante Qui n'a pour vêtement qu'un drapeau déchiré.
Pour tout bien notre amour, et son histoire pure. Son histoire en grands traits téc(jnde. mais obscure ; Des froides ré^-ions une ])àle beauté Qui n'a de charmes que sa sainte ])anvreté.
(^ue de fois |>ar ses chants ta muse enchanteresse Essuya de ses pleurs les douloureux sillons ! Plus on la méprisait, plus ta vive tendresse (■OTivrait de riches fleurs ses olorieux haillons.