‹ Les MiettesChapitre 7 sur 14 · A M. LOUIS-H')NORÉ FRÉCHETTE · texte numérisé non relu

A M. LOUIS-H')NORÉ FRÉCHETTE

Ah ! tu regretteras, un jour, barde épJiémère, D'avoir abandonné les autels de ta mère. Lfî-bas, tu trouveras peut-être le bonheur : Ici, c'était la gloire! ici, c'était l'honneur!

Troubadour indolent, tu ne fus pas de taille A combattre jusqu'à la tin de la bataille. Au lieu d'aller te joindi-e à tant d'expatriés, N'eût-il pas mieux valu mourir pauvre à ses pieds?

Du moins sa douce main eût fermé ta paiipière Mais tu vas mourir seul sur la terre étrangère. Et le tertre inconnu du poète exilé Par le pied des passants sera bientôt foulé.

Seule y viendra prier encore une ombre amie Ce sera l'ange en deuil, l'ange de ta patrie.

12 novembre, 1869.

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