LE PORTRAIT
Quand l'ombre de la nuit descend sur le manoir, Que tout devient obscur au salon solitaire. Un rayon toujours brille et paraît se mouvoir : C'est l'œil étincelant du portrait de mon père.
De la toile parfois semble se détacher
Et descendre vers moi cette ombre qui m'est chère.
Elle vient à ma droite en silence marcher,
Et m'indique du doigt le portrait de mon père.
Quand surgissent les joui's dorage intérieur, Où l'âme est sans vertu, le courage éphémère, Poui' raft'ermir mes pas au sentier de l'honneur, Je n'ai qu'à regarder le portrait de mon père.
Si jamais au torrent me laissant emporter, A ses nobles leçons je venais à forfaire, Rougissant de moi-même, oserais-je affronter Le foudroyant regaixl du ]i(irtrait de niQn pèi"e.
Vingt ans passés, la mort vint frapper au manoir. Lorsque ma mère en deuil revint du cimetièi'e, Elle me dit montrant le cadre orné de noir : " Embrasse, mon enfant, le portrait de ton père.