MOUVEMENTS INTERNES DE L'EAU
Il convient d'étudier les échanges aqueux à deux stades, capillaire et cellulaire. L'eau du corps est en effet cons tamment « prête à devenir plasmatique, lacunaire ou intracellulaire selon les lois qui gouvernent sa distribution » (CACHERA).
a) ECHANGES CAPILLAIRES
Les migrations aqueuses qui ont lieu entre le sang et les espaces lacunaires sont conditionnées par les propriétés de la paroi vasculaire. ;
On admet que la paroi capillaire est imperméable aux protéines plasmatiques tandis qu’elle est perméable à l’eau, aux substances organiques à petites molécules non dissocia-. bles (urée, acide urique, créatinine, glucose, acides aminés) ; elle est totalement perméable aussi aux sels minéraux qui étant ionisés sont les vrais responsables du maintien de la pression osmotique des liquides extracellulaires.
Dès lors deux facteurs régissent le sens des migrations aqueuses au travers de la paroi capillaire.
1° C’est en premier lieu l'existence de deux forces anta- # gonistes à l’intérieur du système capillaire, une force de résorption due à la pression oncotique des protéines, et une force de filtration représeniée par la pression hydrostatique. |
Les études de LANDIS ont permis, grâce à l'emploi de micropipettes, d'apprécier les tensions dans les branches artérielles et veineuses des capillaires. Les chiffres que donne l’auteur sont:
Branches artérielles .. .... 45 em. d’eau Branches veineuses .. .. .. 16 cm. d’eau
L'importance de la pression oncotique des protéines fut mise en évidence par STARLING en 1896. Cet auteur infiltre la patte postérieure d’un chien avee une solution de Na CI légèrement hypertonique à 10 %, la patte symétrique étant laissée indemne. Les deux membres postérieurs sont alors perfusés avec du sang défibriné. Après 20 passages, le sang qui a circulé dans la patie intacte n’est pas modifié, celui qui a irrigué la patte œdématiée s’est dilué par résorption de l’æœdème. Ce retour intraveineux de l’eau est dû à la force d’atiraction qu’exercent les protéines. Le rôle de cette pression oncotique apparait crucial dans le maintien des liquides à l’intérieur du système vasculaire.
GOVAERTS estime cette pression à 33 em. d’eau et note que la tension osmotique développée par le sérum-albumine est trois fois supérieure à celle qu'exercent les globulines.
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Dès lors on conçoit que dans la branche artérielle des capillaires les transferts aqueux se font vers les espaces laeunaires et que leur sens est inverse dans la branche veineuse.
Dans l'expression des relations réciproques de ces deux forces, des corrections doivent intervenir liées à la composition électrolytique des liquides extracellulaires.
2° Le second facteur des transferts aqueux capillaires résulte de la nécessité d’un équilibre électrolytique de ces liquides extracellulaires.
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On peut admettre que la plupart des électrolytes sont uniformément répartis entre le plasma et les liquides interstitiels. Toutefois cette notion n’a rien d’absolu. La présence de protéines plasmatiques modifie les conditions d’équilibre: il y a toujours un peu plus de CI du côté des liquides lacunaires et un peu plus de Na dans le plasma. La différence n'excède cependant pas 5 %. Ces phénomènes compliqués sont régis par les lois de GIB8Bs-DONNAN.
De toute façon la concentration ionique totale des masses liquidiennes intervient dans le maintien de l’équilibre hydrique; l’extrème diffusibilité des ions explique que leur soit dévolu le maintien de l’isotonie; les mouvements d’électrolytes entrainant toujours des migrations aqueuses, on conçoit l'importance de ces faits dans l’équilibre aqueux de l’organisme. À cet égard le rôle prépondérant du cation Na résulte de ce qu'aucun des cations n’est susceptible de s’ajuster en cas de perturbations ioniques tandis que le changement d’un anion (CI par ex.) est immédiatement compensé par une variation correspondante de l’anion