‹ Les migrations aqueuses dans l'organisme humainChapitre 14 sur 110 · IV. — MÉTHODES D'ESTIMATION VOLUMÉTRIQUE DES LIQUIDES ORGANIQUES · texte numérisé non relu

IV. — MÉTHODES D'ESTIMATION VOLUMÉTRIQUE DES LIQUIDES ORGANIQUES

L'importance des mouvements hydriques dans l’organisme explique la diversité et le nombre des méthodes proposées pour leur exploration.

En fait, il convient d’en retenir deux grands groupes fondés sur des principes différents:

— Les unes, en effet, reposent sur l’exploration du transit aqueux dans l'organisme par comparaison entre ingesta et excreta. Telles sont les nombreuses épreuves de diurèse provoquée proposées depuis 50 ans; telles sont également les études des bilans de certains électrolytes (CINa — K) dont les applications cliniques et expérimentales se sont révélées très fructueuses.

L’exposé.de ces méthodes nous entrainerait au delà des limites que nous nous sommes fixées. [l suffira pour e” avoir une idée précise de se reporter aux travaux de VAQUEZ et COTTET, de COTTET, de PASTEUR, VALLERY-RADeT, R.-+$. MacxH, et aux nombreuses publications américaines (J.-L. GAMBLE, DARROW et YANNET, ELKINTON...).

Cependant, outre que certaines des techniques proposées se prètent mal à des applications quotidiennes en clinique, ces divers procédés n’indiquent que le sens général des . mouvements aqueux sans donner de précision sur l’état de répartition des liquides dans l'organisme. Or, c’est la notion d'équilibre aqueux qui importe le plus du point de vue physiopathologique. C’est pourquoi nous analyserons avec plus de détail les méthodes d’explorations volumétriques des différents « compartiments » liquidiens du corps,

Un me.

A) MASSE SANGUINE (Volémie)

L'idée de déterminer le volume de sang circulant n’est pas nouvelle; dès le milieu du siècle dernier WELKER (1854) introduit une méthode directe utilisable dans le domaine de l’expérimentation animale (saignée totale et lavage de l'appareil circulatoire du sujet d’examen).

Mais dès la même époque, des méthodes indirectes sont proposées; selon J. OpiEr, c’est VIERORDT qui en 1858 aurait le premier employé l’une d’entre elles: « Après avoir fait subir à un animal une saignée, il attendait assez longtemps pour que le liquide des tissus ait remplacé le liquide sanguin perdu, et déterminait ensuite la dilution des globules rouges. Comme cette méthode reposait sur la supposition que le sang recevait des tissus une quantité de liquide exactement égale au liquide perdu par la saignée, avant que les globules rouges éliminés aient été remplacés, son exactitude fut contestée ».

En 1866, VALENTIN, dans un travail consacré à la physiologie cardiovasculaire, propose d’injecter dans la cireulation sanguine une substance en quantité connue. L'auteur a recours à l’eau pour ces déterminations et de l'importance de l’hémodilution conclut au volume sanguin. Mais l’eau quitte trop rapidement le lit vasculaire pour que ces résullats puissent être pris en considération.

Le même reproche peut être adressé à diverses méthodes dérivées de la précédente et dont nous empruntons les citations d'auteurs à J. OpiEr, MALA5sEez (1874) injecte du sérum ou du sang complet contenant une quantité connue d'hématies et détermine les variations du nombre des globules. COHNETEIN et ZUNTZ (1888), Korrmann (1908) utilisent le même test après administration d’une solution isotonique de Na CI en quantité connue. SHERRINGTON et COPEMAN (1893), à partir de la même méthode, tablent leurs calculs sur les modifications du poids spécifique du sang. Mais devant les difficultés rencontrées, les physiologistes ont cherché à utiliser des substances plus lentement

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