IL — ETUDE CRITIQUE
Le rôle de la rétention aqueuse au cours des obésités ne saurait être admis sans réserves: certains travaux jettent en effet un jour nouveau sur le problème des obésités, et confirment les critiques récemment formulées par AZERAD et BERTHAUX à la conception des ohésités par rétention d’eau.
A) Du POINT DE VUE CLINIQUE les arguments ne sont pas entièrement convaincants.
— les troubles ménstruels qu’il est convenu d'attribuer à une hyperfolliculine sont peut-être secondaires à l’obésité. D’autre part l’hypersécrétion folliculinique elle-même n’est pas biologiquement prouvée: aucun dosage hormonal ne l’a confirmé; de GENNES et WALLET ont obtenu des résultats contradictoires de l’étude des biopsies d’endomètre : ils notent même parfois des aspects cytologiques d'hypofolliculinie avec absence de transformation progestative de la muqueuse ;
-— les régimes alimentaires proposés à titre thérapeuti- que, loin d’être des régimes de restriction strictement hydrosaline, sont en fait des rations « globalement diminuées ». (ALBEAUX-FERNET.)
B) Du POINT DE VUE BIOLOGIQUE les mêmes réserves s'imposent.
— Les épreuves de diurèse provoquée stigmatisent Simplement un retard de l’élimination aqueuse et non une véritable rétention. Dans cette dernière éventualité AZERAD a calculé que de telles obèses gagneraient 6 kg. par mois.
D'ailleurs, J. DecourT et D. BOUTTIER analysant les troubles de la diurèse provoquée chez les obèses, après épreuve de l’eau de CoTTET (600 cc. d’eau ingérés le matin à jeun) observent une élimination excessive de l’eau en position couchée et soulignent l'intervention de facteurs mécaniques secondaires dans le processus de rétention aqueuse.
Cd
—— Les perturbations protidiques sont peu instructives du fait des résultats très variables observés. On peut (CACHERA) contester les valeurs de pression osmotique des protides. calculées (et non mesurées) d’après les taux de sérine et globuline selon la formule de GOVAERTS.
Nous-mêmes avons d’ailleurs calculé la P.0.P. chez quelques obèses et avons obtenu des résultats moins éloquents que ceux de May, les chiffres étant très voisins de la nor-
male.
Mme F... 47,1 33,1 419 Mile\G 05. 49 28 | 424 Mme B ... 41,4 37,3 38,5 Mme P ... 44,5 38,2 41,02 Mme BB... 43,7 32,1 39,2
D'ailleurs, des évaluations récentes du capital protidique pratiquées chez des obèses en fonction du volume plasmatique (CACHERA, LAMOTTE et DUBRISAY) n’ont pas montré de déviations par rapport aux taux normaux.