‹ Les migrations aqueuses dans l'organisme humainChapitre 81 sur 110 · MALADIES · texte numérisé non relu

MALADIES

INE-ECTIEUS-ES

La réalité d’un processus de rétention aqueuse au cours des états infectieux aigus ne saurait être discutée, L’examen comparatif de l’évolution de la diurèse et de la courbe pondérale suffit à s’en rendre compte. À l’eligurie de la période d'état fait suite une débacle polyurique qui libère l’organisme de plusieurs litres d’eau. Ces faits sont particulièrement nets au cours de la pneumonie. Or, l’analyse de la courbe de poids (ACHARD) montre que le pneumonique ne perd pas de poids pendant que dure la maladie. Si l’on admet avec SUNDERMANN une déperdition azotée de 15 à 30 gr. par jour, soit 106 à 200 em de tissu, on conçoit qu’en dix jours, les 2 kgr. ainsi perdus doivent être remplacés

par une même quantité d’eau (R. $. Macn).

Il est vraisemblable que la dilution qui en résulte explique, en partie du moins, l’hypochlorémie classique au cours des maladies infectieuses, tout spécialement chez les pneumoniques.

Ce trouble du métabolisme chloré n’a pas encore trouvé d'explication parfaite; on n’admet plus l’ancienne hypothèse de RETTENBACHER reprise par TRAUBE d’une fixation du chlore sur l’exsudat pneumonique ou les foyers infectieux. Les recherches de STÆMELIN, celles de LAUBRY ont montré le non fondé d’une telle conception,

MERE . ï

La possibilité d’une augmentation de l’excrétion rénale du chlore dans la phase initiale des infections aigues a été évoquée à la suite d’observations expérimentales de GRUN- WALD. Aucune constatation clinique ne confirme ces données et, comme le remarque MACH, personne à part SCHOLZ, n’a signalé l'effet utile du Na CI chez les pneumoniques.

Il semble qu’une inflation liquidienne de l'organisme soit en l’état actuel de nos connaissances, l’explication la plus plausible de l’hypochlorémie observée. |

En fait, seuls de rares travaux ont étudié les perturbations de l'équilibre aqueux au cours des maladies, infectieuses aigues. Aucune détermination volumétrique précise n’a corroboré l’hypothèse d’une rétention d’eau.

Les rares cas d’infections aigues où nous avons étudié les index d’hydratation des hématies ne permettent aucune conclusion. Toutefois, une légère surcharge aqueuse a toujours été observée avec une augmentation élective des taux d’eau liée aux protéines globulaires. RS

Tels ces deux exemples de pneumonie franche lobaire aigue :

| EAU EAU EAU VOL. 3

| TOTALE LIBRE LIÉE 3LOB

| MB: RE me 52 HN RENE : Ë Période état ...... Re AE ele 0 208 90 Ë Après lneCLISC Ne PE | 657 | 488 | 169 88 E | M. H. | ue : 4 Période étalée 690 [21475 217 90 JL | Après” la lerise MEME 655 480 175 90 - | |

Il est certain que le déséquilibre aqueux observé au cours des maladies infectieuses ,;résulte de l'intervention de nom- | breux facteurs associés dont nous ne saurions entreprendre ici l’étude mais qui méritent une analyse détaillée,

ANEMIES

Malgré les très nombreuses études qui lui sont consacrées, la physiopathologie des globules rouges comporte encore bien des incertitudes.

Les aspects morphologiques des diverses phases de maturation des hématies sont aujourd’hui connues de facon précise, la régulation de l’érythropoièse et les facteurs qui la

stimulent ont depuis 20 années fait l’objet d’ importantes

recherches.

Cependant, les notions que nous possédons sur les modifications de la constitution chimique des -hématies dans les érythropathies sont très éparses et n’ont guère retenu l’attention des hématologistes.

En particulier, l’état d’hydratation des hématies au cours des anémies ne paraît pas avoir donné lieu à des études systématiques.

Il nous paraît logique de rechercher les variations d’eau libre et d’eau liée globulaire dans des affections où le comportement des hématies elles-mêmes, est au premier chef intéressé. Elles sont susceptibles de fournir des indications intéressantes sur les perturbations physicochimiques dont les globules sont l’objet lorsqu’apparait un trouble de leur maturation; elles mettent en évidence la part de la teneur hydrique dans les modifications du volume des hématies.

D'autre part, des anomalies de léquilibre aqueux de l'organisme sont communément observées dans les érythropathies; la constatation d’œdèmes est classique au cours des anémies, et tout particulièrement de la maladie de Biermer.

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Il nous paraît toutefois difficile de mettre-en parallèle | la charge hydrique des hématies et l’état d’hydratation des autres cellules dans des états où le comportement des cellules sanguines est électivement altéré.

I —— MALADIE DE BIERMER

Avant d'aborder les discussions relatives à ce sujet, il convient d’analyser les résultats de nos propres déterminations. Elles ont essentiellement porté sur 11 cas d’anémie de Biermer authentiques au cours desquels l’état d’hydratation des globules rouges a été précisé régulièrement pendant le traitement. (1) |

Nous indiquons tout d’abord les chiffres exprimant la teneur en eau des hématies en phase franchement mégaloblastique, compte non tenu de l’évolution thérapeutique. Ces résultats sont groupés dans le tableau suivant:

Pi NE F Ÿ EAU | EAU EAU FER eos | DOSAGE | OMS TOTALE | LIBRE . LIÉE DIE n°.

Et NE 450 251 100 NL ARE 728 | 309 338 113 23 G 734 410 324:1:2/0407 Rech: 661 360 301 105 | 1708 EE 667 454 213 100 :} || 195 J 760 353 407 . 99 256 R FR me 129 112

(1) Cette question à fait l'objet d'une conférence de M. le professeur GIRAUD, parue dans la « Gazette des Hôpitaux », 1950,

VAT La lecture de ce seul tableau comporte déjà des indica- Lions assez nettes.

(1) La macrocytose biermérienne n’est pas le fait d’une simple surcharge aqueuse des hématies. En effet, le volume globulaire moyen est toujours fortement augmenté. Certes, dans 8 cas, le taux d’hydratation globale est élevé mais à des chiffres qui ne sont nullement excessifs si l’on tient compte de la macrocytose. :

Dans 3 cas, les chiffres d’eau totale sont strictement normaux. Îl serait done erroné de considérer les globules biermériens comme fragiles parce que « gonflés d’eau »; un trouble métabolique plus complexe intervient à l’origine de ces faits.

(2) Les anomalies de répartition de l’eau dans les hémalies sont évidentes. La fraction d’eau libre est, la plupart du temps, diminuée, souvent dans de fortes proportions. Dans un cas seulement, nous notons un chiffre d’eau bre franchement supérieur aux limites physiologiques. L’eau liée aux protéines globulaires est augmentée dans la majorité des observations, dans un cas seulement le chiffre d’eau liée est normal.

—— La réalité de telles anomalies est confirmée par les variations des index d’hydratation globulaire lorsque se corrige l’anémie sous l’effet du traitement. Nous avons ainsi pratiqué des déterminations répétées chez la plupart des malades que nous avons observés.

Voici tout d’abord un tableau comparatif des chiffres

trouvés avant tout traitement et'après correction thérapeu-

tique complète.

| € | VOL | RE | NATURE MOY EAU. |: EAU EAU RE | PR RS u5 TOT,. | LIBRE a PTE TT ER tas LAN UN one et Me G | H 15 | foie Ap. 83 662 490 172 3! | Extraits | Av. | 107 | 734 | 410 | 324 | M. G s Ë 45 foie AD. 90 | 680 450 230 PRES Acide Av. | 105 | 661 360 | 301 | Mue B. f rs | 20 | | folique | Ap. 89 | 686 | 530 | 156 176 | | AŸ.-0 2100 |2 667 Lo Mme E. | Vit. B.-12 5 234 | Ap 105 1-713% 5515 2198 | 195 | np Av. |100 | 760 | 353- |-407 | Mme J. | Vit. B.1)2 284 | Ap 85 | 689 | 440 | 249 |'274 | | | Av. | 120 | 790 1526 264 | | Mme EF, | Vit. B. 12 | 298 |. Ap. 92 | 669 | 507 |: 162 | 306 | |: Av. 21 103 716 436 280 Mme P |°Vit. B. 12 |:

| 315 |. | aps Le F6 PAT EC

Dans l’ensemble, l'effet du traitement se marque par un retour à des chiffres normaux: la charge hydrique des globules s’abaisse ou varie peu; la quantité d’eau libre aug- ” mente nettement tandis que l’eau Dee aux protéines tend - à redevenir normale.

Il convient de retenir toutefois que cette normalisation des index est parfois lente à s'établir et n’est franchement affirmée que de façon assez tardive après la crise réticulocytaire. À ce sujet nous rapportons les résultats de déterminations répétées dans le premier mois du traitement.

É4 OBS. I. — Mme C.., traitée par extraits hépatiques injectables (5 ampoules quotidiennes: 250 gr. d’organe frais). È N : nombre de globules rouges en millions par mmé,.

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