ETATS INFECTIEUX
La rétention aqueuse qui accompagne toute maladie infectieuse aiguë est classique; la débâcle polyurique de la défervescence en est un témoin précis.
Déjà ACHARD insistait sur ces faits : le pneumonique, chez qui ces phénomènes sont très marqués, ne change pas de poids pendant toute la durée de sa maladie, c’est dire que les tissus perdus chaque jour (100 à 200 gr. selon SUN- DERMANN) sont remplacés par de l’eau.
Cette pléthore aqueuse est en partie responsable de l’hypochlorémie communément admise, à l’origine de laquelle on n’admet plus guère une hypothétique chloropexie tissulaire. Toutefois, il y a lieu de tenir compte également d’une perturbation du métabolisme chloré liée à une déperdition de CI par les sueurs et à une excrétion rénale excessive de cet ion pendant les premiers jours (GRUNWALD).
En fait, les modifications observées ne peuvent faire l'objet d’une interprétation univoque, le retentissement hépatorénal et neuroendocrinien (REILLY) de toute infection intervient également.
Au cours de tels états l’eau totale dès hématies est toujours augmentée avec une hausse nette de l’eau liée aux protéines tandis que la fraction d’eau libre est peu modifiée. Ces anomalies se corrigent en fin d'évolution.
3° - ÉTATS DE DÉNUTRITION
La fréquence des œdèmes au cours de syndromes caren-
tiels traduit l'importance des perturbations hydriques qu'ils entraînent.
Indépendamment des conditions étiologiques métaboliques et endocriniennes, la physiopathologie de ces troubles n’est pas simple.
Un seul élément constant favorise l’œdème;, la baisse de la pression oncotique du sérum.
Sur ce terrain interviennent des facteurs seconds qui faforisent la transsudation aqueuse. « Au cours des dénutritions sévères ce sont des poussées vasomotrices, survenant sur des capillaires lésés. En cas de déficit plus léger c’est un déficit circulatoire momentané précédé d’une augmentation de la masse sanguine et cédant au repos » (M. Lamy, M. LA- MOTTE et S. LAMOTTE-BARRILLON). |
Même sans œdèmes cliniquement évidents, les déterminätions volumétriques objectivent l'inflation hydrique extracellulaire et, permettent d'apprécier la guérison (CACHERA et BARBIER). LAMY insiste sur les variations brusques de la masse sanguine attestant l’origine plasmatique, au moins partielle, de cette inflation. :
Au cours d’états cachectiques avec œdèmes les hématies ont une teneur aqueuse excessive-avec hausse de l’eau liée par fixation anormale aux protéines globulaires.
prete
Au terme de cette étude il convient de donner un schéma d'ensemble des migrations aqueuses dans l'organisme humain. Celles-ci résultent tantôt de transferts hydriques par circulation simple de l’eau mobile, tantôt d’échanges entre celte dernière et l’eau fixée.