‹ Les migrations des peuples et particulièrement celle des TouraniensChapitre 17 sur 61 · PTOLÉMÉE · texte numérisé non relu

PTOLÉMÉE

Quand la grandeur politique de la Grèce eut diminué après Alexandre, quand elle eut même disparu entièrement après la prise de Corinthe (146), nous voyons les sciences chercher un refuge, d'un côté à Alexandrie, de l’autre à Rome ; mais encore à ce moment les hommes qui entretiennent le feu sacré du savoir, qui traitent de l’histoire et de la géographie des pays lointains, sont pour la plus grande partie d’origine hellénique. La Syrie seule refleurit . sous les successeurs d'Alexandre; les esprits audacieux entreprennent de nouveau la navigation de la mer Caspienne et du Volga, qu’on persiste à considérer, malgré Hérodote, comme un détroit de la mer Septentrionale.

Pline, dans son livre Il, chap. LXVII, où il décrit cette mer depuis Gades (Cadix) jusqu’au pays des Scythes, tombe dans la même erreur et l’aggrave même, en ajoutant qu'on ignorait si le Palus-Moœotis n’était pas aussi un golfe de cette

ol MIGRATIONS DES PEUPLES.

mer du Nord. (Nous voyons cette erreur subsister jusque dans la Tabula peutingeriana.)

Les Romains, trop occupés de leurs conquêtes à l’est, au sud et à l’ouest, perdirent presque de vue, jusqu’à César et Auguste, les contrées septentrionales de l'Europe. - É

Fort heureureusement, un certain nombre d’auteurs grecs comblent cette lacune. |

À Alexandrie, Hipparque de Nicée (128), Agatarchide (120), Posidonius et Eudoxus (96), Metrodores de Scipsis et Scymnus de Chios (60), nous fournissent dans leurs ouvrages des renseignements, non sans valeur, sur le nord de l'Europe.

Pline nous fait entrevoir que les Germains convoitaient déjà les pays à l’est de la mer Baltique, à cause du commerce de l’ambre 1,et Strabon, qui écrivait à cette époque, confond certainement les Scythes avec les peuples tchoudes, slaves et d'origine ibérienne, car il en voit partout : sur les bords du Palus-Mæotis, à l’est près de l'Oural, probablement au nord des Roxolanes, et même dans la Grande-Bretagne *. Il s'exprime à ce sujet de la façon suivante : « Les peuples germains

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