‹ Les migrations des peuples et particulièrement celle des TouraniensChapitre 19 sur 61 · Pline, IL · texte numérisé non relu

Pline, IL

Liv. IV, chap. xxvir, que les riverains de la mer Baltique étaient : les Hirres, les Scirres , les Venèdes, les Sarmates et les Scythes ; et dans un passage de Solin * nous voyons même que Germanicus s’est avancé jusqu’au pays où on trouvait l’ambre.

Comme coïncidence frappante avec cette première exploration des côtes de la mer Baltique par les Romains, on peut citer le fait que les plus anciennes pièces d'argent trouvées dans les fouilles de l’île d'OEsel, datent d'Auguste et de Tibère, ce qui démontrerait jusqu'à preuve du contraire que les Romains n’y sont pas venus avant celte époque?.

Dionysius Périegète, sous le règne d’Auguste, nous décrit dans son Periple les contrées situées au nord de l’Ister; il cite les Germains, les Sarmates, les Gètes, les Bastarnes, les Daces, les Alains, les Mélanchlænes, les Hippemolges, les Neures, les Gélons et les Agathyrses *. Nous voyons donc, ici encore, que les Scythes se sont confondus avec les Sarmates et non pas avecles Mélanchlænes comme Kruse le pense. Nous trouvons les Neures et les Gélons, comme dans Hérodote, voisins des Mélanchlænes, ainsi que les Hippemolges d’'Homère ; les

À. Solin, Chap. xxxrnir.

2. Kruse, Vecrolivonica, Tafel 56, fig. 5, 6. 3. Dion. Periegètes, 302-320.

ÂAlains ont remplacé les anciens Scythes royaux; et les Agathyrses, qui, du temps d’Hérodote, se trouvaient en Transylvanie, ont été refoulés par les Daces, et se sont retirés vers les côtes du Nord, d’où ils ont chassé à leur tour une partie des Mélanchlænes.

Philémon, qui écrivait sous Tibère, appelle cette mer septentrionale Morimaruse, nom qui ne se peut expliquer que par le slave (traduction de mer Glaciale des Grecs), et il appelle le Néva Paropamisus. Ces renseignements détaillés sur tous ces pays n'ont pas lieu de nous surprendre, quand on pense que Velléius Paterculus nous dit que Tibère avait parcouru en vainqueur toutes les parties de la Germanie. On était donc parfaitement à même de se procurer des renseignements précis.

Sous les empereurs suivants, Pomponius Méla composa sa Géographie (40), Pline son Histoire naturelle (78), et Tacite sa Germanie (98). Tous trois s’appuyaient le plus souvent sur des données antérieures ; Ce qui explique pourquoi nous avons déjà cité Pline à plusieurs endroits de notre travail.

Sous Néron, un chevalier romain visita les côtes d’ambre, et Pline nous décrit longuement le résultat de ce voyage dans le chapitre xxxvir de

son Histoire naturelle.

Pomponius Méla, brodant sur ce qu’Hérodote nous avait dit sur le compte des Androphages, des Gélons, des Mélanchlænes et des Neures, nous fait des récits plus ou moins vraisemblables sur le compte de ces peuples. Il importe de constater, en passant, qu’il parle le premier des Mélanchlænes près du Caucase. Après avoir décrit la Colchide, Pomponius Méla ajoute (T, 19) : « At in primo flexu jam curvi litoris oppidum est, quod Græci mercatores Cygnum appellasse dicuntur. Reliqua ejus feræ incultæque gentes vasto mari assidentes tenent Melanchlæni, etc.» (1'° partie, n° chap.). Pline, peu de temps après Pomponius Méla, dit presque dans les mêmes termes : « Reliqua litorum feræ nationes tenent Melanchlæni, Coraxi urbe Colchorum Dioscoriade nunc deserta, quondam adeo clara ut Timosthenes in eam CCC nationes dissimi- Hbus linguis descendere prodiderit. Et postea a nostris CXXX interpretibus negotia ibi gesta sunt. » Le nom de Melanchlænes du Nord est inconnu à

Pline. Ce nom disparaît d’ailleurs entièrement de-

puis ce temps, et Pline (liv. IV, chap. xxvr) place dans le pays des côtes du Nord, qu’il appelle - Eningia (Feningia), les Sarmates, les Venèdes, les Hirres, les Scirres, etc.

Mais Tacite est le premier qui appelle les

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