‹ Les Migrations temporaires dans les Campagnes françaisesChapitre 10 sur 21 · Provence (Bouches-du-Rhône et Var · texte numérisé non relu

Provence (Bouches-du-Rhône et Var

Autrefois, nous l’avons vu, les mésadiers montagnards qui descendaient dans les plaines languedociennes pour les travaux de printemps, venaient ensuite faire la moisson en Provence et retournaient pour la vendange en Languedoe. Aujourd’hui, l’extension considérable de la culture viticole les retient toute la saison dans les départements de l'Aude et de l'Hérault. La Provence a dû faire appel, pour les remplacer, à la main-d'œuvre étrangère.

Depuis longtemps, les Bouches-du-Rhône et le Var recevaient chaque année un fort contingent italien qui se fixait en grande partie définitivement en France. Déjà en 1881, M. Baudrillart (4) constatait que le premier de ces départements avait reçu 16.000 étrangers, pour la plupart italiens, dont 50.000 pour Marseille, et le second 23.000, répartis au contraire surtout dans les campagnes.

(1) Les populations agricoles de la France, t. I, 1898, pages 160-

Par contre, à cette époque, la Provence ne connaissait pas les migrations temporaires de l’extérieur. Elles lui sont venues, au départ des mésadiers, de la même source que l'immigration permanente ; ce sont les Piémontais qui ont pris la place laissée vacante par les montagnards et qui ont fourni à l’agriculture locale un complément absolument indispensable. Le phénomène est donc exactement parallèle à celui que nous avons constaté en Languedoc, et tout ce qui a été dit plus haut de la maind'œuvre piémontaise s’applique également ici.

Tout au plus faut-il ajouter, pour être plus complet, que ces ouvriers ont révélé, peut-être plus encore ici que dans la région voisine, toute la valeur de rendement de leur travail ; on doit à leurs bras la transiormation de la Camargue en pays vignoble, véritable tour de force agricole.

Malheureusement, on doit constater aussi, en se plaçant au point de vue général, que l’immigration Italienne n'a pas eu moralement d'heureuses conséquences en Provence ; les apports ainsi obtenus sont souvent assez troubles et ils ont eu une influence trop certaine sur l’accroissement de la criminalité dans ces départements.

Malgré tout, le concours des Piémontais y a été des plus utiles pour l’agriculture, et leur diminution

visible d'année en année est, en l’état actuel des choses, assez préoccupante.

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