‹ Les Migrations temporaires dans les Campagnes françaisesChapitre 11 sur 21 · Corse · texte numérisé non relu

Corse

La situation agricole de la Corse est très particulière. La population indigène, après avoir augmenté jusqu’en 1901, avait, lors des deux derniers recensements, subi une baisse sensible. Mais, par contre, l'immigration étrangère a pris un essor important.

C'est ainsi que de 1901 à 1906, tandis que Pile perdait 4429 habitants, soit par an 886, elle recevait 10.474 étrangers, soit annuellement 2095; et de 4906 à 1911, perdant 2340 habitants, soit par an 468, elle recevait encore 10704 étrangers, soit par an

On peut se demander ce que deviendra à un moment donné cette population si fortement pénétrée par des éléments étrangers, italiens pour la plupart.

Il y a mieux. Non seulement les habitants se montrent disposés à quitter leur île et à laisser la place à de nouveaux venus, mais même ceux qui restent sont peu portés aux travaux agricoles et, pour cultiver une terre assez fertile, ils se sont

habitués à compter sur le secours de leurs voisins. Ici, les migrations saisonnières n’ont donc pas pour cause principale l'émigration et la diminution de la population, mais le caractère même de cette population.

Chaque année, du fait de ces habitudes, vingt mille Italiens environ, Lucquois et Toscans, viennent en Corse pendant six mois pour accomplir la besogne délaissée par les indigènes.

Salaires et manière de vivre.

Ces ouvriers ne touchent que des salaires de 1 fr. 90 à 2 fr. par jour en moyenne, mais ils ne dépensent guère que 0 îr. 30 et arrivent dans ces conditions, avec ce maigre gain, à rapporter chaque année chez eux une somme de 250 fr. environ. Cela fait donc sans exagération cinq millions annuels qui passent en Jtalie, par la faute des Çorses.

Valeur et rendement de travail.

Les détails donnés ci-dessus mettent en relief cette triste vérité que la culture de la Corse est l’œuvre presque exclusive des étrangers. Si le concours des Lucquois et des Toscans venait à manquer, comme ailleurs celui des Piémontais, ainsi que la chose est très possible, les motifs de leur diminution étant les

mêmes, la situation de ce département deviendrait vraiment critique.

&. — Ile-de-France

On a exposé, dans la première partie, les caractères généraux de la culture dans l'Ile-de-France et les motifs pour lesquels, même abstraction faite de la question de dépopulation locale, la main-d'œuvre agricole, très insuffisante dans cette région, doit être fortifiée par un important contingent national ou étranger.

Nous n’avons à nous occuper ici que de ce dernier apport. Trois catégories d'étrangers participent actuellement aux travaux des fermes de l'Ile-de- France et des régions voisines : ce sont les Suisses, les Belges et, dans une mesure encore faible, les Polonais.

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