‹ Les Migrations temporaires dans les Campagnes françaisesChapitre 12 sur 21 · SUISSES · texte numérisé non relu

SUISSES

Par suite de préjugés d’ailleurs regrettables, les professions de bouvier et de berger, surtout la dernière, trouvent peu de recrues parmi les travailleurs Français. Pourtant, les bouviers, comme on l’a vu, sont pris en partie dans le Morvan, mais on y trouve aussi un certain nombre de Suisses, et ce sont ces

derniers qui fournissent à peu près exclusivement, dans les grandes exploitations de la Beauce et de la Brie, le personnel des bergers.

Ces métiers cependant sont assez rémunérateurs. Nous n’avons pas à revenir sur les salaires des bouviers, déjà mentionnés. Celui des bergers est en général composé d’une rétribution fixe de 120 fr. par mois, augmentée très sensiblement de nombreux accessoires (gratifications pour agneau amené au sevrage, pour mouton vendu, etc.). En outre, le logement dans une maison particulière permet à celui qui détient cet emploi de vivre en famille et lui laisse une certaine indépendance.

Il s’agit là, en définitive, d’une migration temporaire sans doute, puisque le Suisse finit le plus souvent par regagner ses montagnes en y emportant ses économies, mais pourtant assez prolongée et permettant à l’émigrant de garder avec lui sa femme et ses enfants, d’où une différence très notable avec les migrations saisonnières.

b) BELGES

La venue des Belges en France est traditionnelle. De tous les phénomènes migrateurs que nous avons à passer en revue, c’est le plus ancien, le plus important et le plus nettement caractérisé. Il a, dans la

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