Si de bonne chère
L*on est échauffé.
Chez nous Targent roule ; Suivant la manière
B'un air opulent, L'on prend le oafé.
Pour aUer au Roule
Prenons un roulant.
Fiacre, qu'on nous mène
MagniOquement, La pécune est faite
Marche, et pour ta peine Pour i^ dépenser.
Tu seras content. C'est à la guinguette
Qu'il faut la laisser ; 9. Avant la partance,
Content et joyeux, Mangeons la salade. Parmi l'abondance
Le fin pigeonneau. Faisons nos adieux.
Le vin vieux est fade, Buvons du nouveau.
Ce sixain satirique courut aussi :
Le tirage de la milice A fait honneur à la police; On y voit régner la justice, Peu de faveur, point de caprice; Le badaud, sans fiel ni malice, Court en riant au sacrifice.
Extraits du Chamonnier historique du XVII l^ siècle (recueil Clairambault- Maurepas], publié par Haunié, t. VU, p. 12 et suiv.
i Commandant de bataiUon, 30 sous par jour, outre ses appointements de capitaine ; aide-major, 45 sous ; capitaine, 3 livres ; lieutenant, 20 sous ; sergent, 11 ; caporal, 7 sous 6 deniers ; anspessade, 6 sous 6 deniers ; fusilier, 5 sous 6 deniers ; tambour, 7 sous 6 deniers. (Ordonnance du 1" novembre 1742 portant règlement pour le payement des troupes de S. M, pendant Tbiver prochain )
chemises, deux cols, des guêtres, une paire de souliers et un havresac
Les miliciens de Paris quittèrent Saint-Denis pour les frontières les 25 mai, 1«» et 8 juin. « Le !•' bataillon étoit parti de Saint- Denis après midy et il s'est mis en marche avec des violons*, »
Ces bataillons sont soumis aux augmentations d'effectif prescrites par les ordonnances des 15 septembre 1744, 30 septembre 1745, 25 décembre 1746 (levée faite dans les pays conquis)* et 25 novembre 1747».
La levée de 1743 ne s'était pas passée sans encombre. Aussi, dès 174i, la ville de Paris ne fut plus astreinte aux tirages. Les corps, communautés et habitants levaient leurs miliciens et les faisaient agréer au lieutenant général de police. S'ils s'y refusaient, on devait faire tirer au sort devant le commissaire du Châtelet ceux d'entre eux qui étaient miliciables, leurs enfants, leurs apprentis et domestiques. Habillement et petit équipement sont fournis aux frais des corps, communautés et habitants *.
On renonça encore à ce système. La levée des milices fut faite exclusivement par enrôlements volontaires. On imposa à la ville de Paris une contribution annuelle de 30,000 livres K Chaque capitaine reçut 1,500 livres par an*, et fut dès lors chargé de maintenir sa compagnie au complet t. L'imposition fut injustement répartie. Elle ne portait que sur les pauvres, et des quar-
1 Manrille au comte d'Argenson, S6 mai 1743.
s II y eut spécialement p >ur Paris une levée prescrite par ordonnance da 22 novembre 1746 et destinée à pourvoir au remplacement des 700 miliciens manquants d:ins les trois balailloDS. Le maDctement de Marville est du 24 marb 1747.
s L'ordonnance de Berryer, successeur de Marville, rendue en exécution de cet acte royal, est datée du 27 janvier 1748.
« Mandement de Marville, 2'^ mars 1747.
s Fonds destin^^s au recrutement du bataillon, 15,000 livres; au commandant, 4,000 ; à Taide-majnr, 1,000; à un exempt de police, 600. Restaient 9,400 livres à la disposition du Ueutenant général de police pour subvenir aux frais de petit équipement, de perception et de gratifications au commis qui en était chargé et de menues dépenses.
6 Le Ueutenant général de police SarUne, de sa propre autorité, réduisit la somme à remettre aux capitaines à 14,000 livres en 1762, et à 12,000 à dater du 1«' juillet 1772.
7 Le comte d'Argenson à M. Berryor, 12 d(5cembre 1748.
tiers considérables y comme ceux de Tenclos de TAbbaye, du Temple, des Quinze-Vingts, etc., n'y contribuaient pas.
Le S^ bataillon de Paris fait la campagne de 1745, sous les ordres du comte d*H^rouville, et prend part au siège de Tournai. Le 2* bataiUon est Tun des quatre bataillons de la brigade du chevalier d'Hérouville en 1746, et en 1747 et 1748 de celle de Pandrau.
Le 1®' bataillon sert dans les forteresses. Le capitaine La Manselière est chargé des fonctions d'aide-major d'Anvers, après la prise de la place (31 mai 1746).
A la paix, les trois bataillons sont réduits à un, par ordonnance spéciale du 12 décembre 1748. De tous les bataillons de milices, «elui de Paris est le seul dont les cadres en officiers restent constitués. Comme les autres, il est formé à l'effectif de 500 hommes en 10 compagnies. Les sergents et tambours reçoivent également la même solde de dispersement. On délivre dix congés d'ancienneté par an à chaque compagnie, et au fur et à mesure de la remise des « cartouches*, » les remplacements sont effectués.
Disposition spéciale, les hommes du bataillon de Paris ne peuvent s'absenter de la ville, ni même changer de domicile, sans autorisation supérieure. Mention de cette autorisation est faite sur les contrôles. L'ordonnance condamne à trois mois de prison les délinquants sur le second chef, et à six mois les mili • ciens qui sortiraient de Paris. Les récidivistes, ainsi que les absents à l'assemblée, étaient passibles de trois ans de galères.
L'assemblée avait lieu sur ordonnances du lieutenant général de police. Il pouvait faire assembler particulièrement toutes les fois qu'il le jugeait à propos, pourvu que ce fût sans armes. L'assemblée générale était d'ailleurs réglée à une fois par an, comme pour les autres bataillons*.
1 On appelait « cai touche » le titre du congé de libération. Il y avait le cartouche blanc, le cartouche jaune et le cartouche vert.
Le premier équivalait à un certificat de bonne conduite. On délivrait le cartouche jaune aux mauvais soldats ; il empêchait de contracter an rengagement. Le cartouche vert était donné aux hommes congédiés pour infirmités ; c'était une sorte de congé de réforme.
s Les ordonnances convoquaient tous les bataillons.
Les mandements du lieutenant général do police pour les assemblées de
Pendant la guerre de Sept ans, le bataillon de Paris est sur le pied des autres milices. Comme ces bataillons, il est licencié par ordonnance du 20 novembre 1762 ^
GRENADIERS ROYAUX (1745-17S6)
Idée de la création des grenadiers royaux. — Etablissement des compagnies de grenadiers dans les bataillons de milices. — EUes sont enrégimentées. — Constitution des régiments de grenadiers royaux. — Grenadiers postiches. — Campagnes de 1745, 1746, 1747 et 1748 en Flandre et en Italie. — Bataillons de Da Puy et de La Jollais. — Compagnies de grenadiers royaux en Corse. — A la paix les régiments forment onze bataillons. — Leur constitution. — L'assemblée annuelle dure un mois. — Reconstitution des régimeats en 1756. — Grenadiers de Fr^inoe.
« Il seroit, ce semble, nécessaire, » écrivait milord Clare au marquis de Breteuil, le 16 septembre 1742, à propos des milices, « qu'il y eût une compagnie de grenadiers par bataillon à qui le roy donneroit la paye des grenadiers. Cela relèveroit merveilleusement l'esprit de guerre et de courage de ces bataillons. Ce seroit aussi un corps de 5,000 grenadiers qu'on pourroit porter partout et dont on pourroit se servir très utilement comme on fit en 173S. Il semble que la circonstance présente le demande. »
(1 Dans la milice, c'est une moquerie, » mit-on en note. L'idée fit cependant son chemin. Le 15 septembre 1744, on créa des compagnies de grenadiers dans les bataillons français; on en forma des régiments de grenadiers royaux le 10 avril 1745.
« Voici ce qui donna lieu à la formation des grenadiers royaux.
1750, 1754 et 1755 sont datés des 12 mars 1750, 10 ayrll 1754 et 16 avril 1755. Les miliciens durent être rendus les 9 ayril 1750, 11 mai 1754 et 8 mai 1755 à Saint-Denis, quartier d'assemblée.
^ Le bataillon de Paris qui servait en Allemagne rentra dans oette ville le 19 janvier 1763.
qui fit sortir comme de sous terre un reirfort considérable de soldats aguerris... Les régimeiis que Ton avoit destinés pour servir aux armées en 1744, et qui au retour de Bohême et de Bavière avoient reçu une quantité prodigieuse de milices, avoient été prévenus qu'il ne leur en seroit plufi fourni, et qu'ils eussent à se procurer par eux-mêmes les recrues dont ils auroient besoin. Ils ne purent, nonobstant leur travail, se mettre en état d'entrer en campagne. Ce fut le sentiment des inspecteurs qui les passèrent en revue, et qui ne voyant que des enfans dans les soldats qu'ils avoient faits pendant l'hiver, jugèrent qu'il étoitindispensable de chercher des moyens de remédier à cet inconvénient. On imagina donc de donner aux officiers de ces régimens des miliciens qu'ils choisiroient dans les bataillons à portée d'eux, en les prenanttous de bonne volonté, et en laissant comme en entrepôt dans les bataillons de milice leurs soldats de recrue qui s'y forlifieroient, pendant que les autres feroient leur service de campagne*- » U se présenta 4,517 miliciens*.
L'ordonnance du 18 septemhi'e 1744 prescrivit, pour le 1" janvier 1745, la formation de compagnies de grenadiers de 50 hommes, et comprenant 1 capitaine, 1 lieutenant, 2 sergents, 3 caporaux, 3 anspessades, 41 grenadiers et 1 tambour. Le fonds des compagnies de grenadiers est constitué par les miliciens enrôlés volontairement pour faire la campagne de 1744 dans les régiments d'infanterie à la place des nouvelles recrues, et qui, à la fin de la campagne, devaient rejoindre leui's bataillons de milices. Les compagnies de fusiliers fournirent le surplus.
Le capitaine perçoit une solde quotidienne de 4 livres; le lieutenant, de 32 sous; le sergent, de 12 sous; le caporal, de 8 sous 6 deniers ; l'anspessade, de 7 sous 6 deniers; le grenadier, de 6 sous 6 deniers, et le tambour de 8 so^s 6 deniers. Lors des assemblées, les paroisses remettent aux grenadiers les effets et la gratification prescrits par l'ordonnance du 12 novembre 1733, Le chapeau des grenadiers est bordé d'un galon d'argent faux.
Le 10 avril 1745, on tire les compagnies de grenadiers desba-
i Mémoire cité de novembre 1751. > Ibid.
taillons de milices et l'on en forme 7 régiments de grenadiers royaux, composés chacun d'un bataillon de 12 compagnies.
Ces régiments doivent être mis sur pied pour servir en campagne à dater du l®»" mai. Leur service est celui des grenadiers de l'infanterie. Les compagnies, toujours à 50 hommes, sont aux ordres d'un capitaine en premier, d'un capitaine en second, d'un lieutenant ou d'un capitaine, d'un lieutenant ou d'un sous-lieutenant.
' Les sergents et grenadiers reçoivent le pain de munition et la viande. De plus, il est payé par jour 6 sous au sergent, 3 50us 9 deniers au caporal, 3 sous 6 deniers à Tanspessade, 3 sous au grenadier et 5 sous au tambour. Au moyen de ce traitement, ce dernier s'entretient de collier et de baguettes, et les hommes de troupe se pourvoient de linge et de chaussure.
L'état-major du régiment comporte 1 colonel, 1 lieutenantcolonel, 1 major et 1 aide-major*. Colonels et lieutenant-colonels ne sont attachés à aucune compagnie. Les colonels et les lieutenant-colonels furent choisis dans les troupes. On prit les majors, partie dans les troupes, partie dans la milice. Les aides-majors provinrent tous des milices.
Portant « le nom de leur colonel avec celui de grenadiers royaux, » ces corps prennent dans l'armée rang de la date de la création des milices, sur lesquelles ils ont le pas. Sitôt la campagne finie, les compagnies rejoignent les bataillons de milices auxquels elles appartiennent, et les officiers de l'état-major rentrent dans les corps d'où on les avait tirés. A l'ouverture de la campagne suivante, on les reforme en régiments.
Afin de maintenir les compagnies toujours complètes, et avec des sujets propres à être grenadiers, 5 soldats de remplacement sont d'avance désignés dans chaque compagnie de fusiliers. Autant que possible, on doit exercer ensemble les « élèves-grenadiers, » les employer dans les escortes ou des détachements à faire dans les places où ils tiennent garnison. Le plus ancien capitaine du bataillon commande les élèves-grenadiers réunis.
i Colonel, 12 Uvres; lieutenant-colonel, 10; major, 6; aide-major, 3.
Le capitaine en second a 3 livres d'appointements quotidiens, et le soaslieutenant 20 sous. Pour les autres emplois, la solde reste telle que l'avait établie l'ordonnance du 15 septembre 1744.
Pour relever le service des grenadiers et attirer à leur tête des officiers d'élite, cette même ordonnance du 10 avril 1745 prescrivit qu'on donnerait les places de commandants de bataillon de préférence aux capitaines de grenadiers. Néanmoins, les capitaines nommés commandants de bataillon devaient rester aux grenadiers pendant la campagne. Il était défendu, du reste, k tout officier de grenadiers royaux de quitter sa troupe durant la campagne, pour aller occuper un emploi supérieur auquel il aurait été nommé. On leur réservait ces emplois et ils en prenaient possession à leur retour au bataillon.
Les régiments de milices de Lorraine et de Bar ont des compagnies de grenadiers le l^r novembre 1745. Elles entrent dans, la composition des régiments de grenadiers royaux au printemps de 1746.
Reconnaissant qu'il serait préférable de réunir les élèves-grenadiers en compagnies, Louis XV ordonna, le 28 janvier 1746, que les 112 bataillons (y compris les 3 de Paris et les 9 de Lorraine) seraient, à dater dul«f mars, augmentés d'une compagnie de grenadiers postiches de 56 hommes.
La compagnie de grenadiers est aux ordres de 1 capitaine, 1 premier lieutenant et 1 second lieutenant; celle de grenadiers postiches comprend 1 capitaine, 1 lieutenant, 3 sergents, 3 caporaux, 3 anspessades, 46 grenadiers et 1 tambour*.
Pour former ces compagnies, on lira des compagnies de fusiliers ceux déjà destinés à être grenadiers. Les hommes reconnus les plus aptes fournissent le surplus. Les grenadiers postiches servent de dépôt de recrues pour les grenadiers royaux; on les recrute dans les compagnies de fusiliers, qui les doivent toujours tenir complètes.
En conséquence, le 10 mars 1746, les régiments de grenadiers royaux sont, à dater du !«' avril, composés de 12 compagnies de 106 hommes. Chacune d'elles est formée de la compagnie de grenadiers et de celle de postiches du même bataillon de milices.
i La solde est ainsi fixée par jour : capitame, 3 Uvrcs 10 sous ; lieutenant, 25 sous; sergent, il sous; caporal, 7 sous 6 deniers; anspessade, 6 sous 6 deniers ; grenadier postiche, 5 sous 6 deniers; tambour, 7 sous 6 deniers.
— no —
^t constitue une troupe de grenadiers et de grenadiers postiches, chacune commandée par ses officiers et bas-officiers.
La solde quotidienne en campagne est augmentée. Elle est do 10 sous pour le sei^ent, 3 sous 9 deniers pour le caporal, 3 soub 6 deniers pour Tanspessade, 3 sous pour le grenadier et 5 sous pour le tambour. Les grenadiers postiches reçoivent r le sergent, S sous; le caporal, 3 sous 3 deniers; Tanspessade, 3 sous; le grenadier, 2 sous 6 deniers ; le tambour, 4 sous. Ils ont droit au pain de munition et à la viande.
Dans les trois premières compagnies de chacun des régiments, un second lieutenant chargé de porter les drapeaux est entretenu aux grenadiers postiches.
Le 25 décembre, les compagnies de grenadiers postiches sont mises à 60 hommes. Aucune modification n'est plus apportée jusqu'à la paix.
Le 10 avril 1745, Tétat-major des régiments est nommé. Les colonels sont le chevalier de Modène S le baron d'Espagnac % le comte de Longaunay, de La Tour, le marquis de Valfons», le chevalier de Coincy * et de Kermellec.
On assemble à Lille, les 28, 29 et 30 avril, pour les faire servir en Flandre, les grenadiers royaux d'Espagnac^ de Longaunay et de La Tour, et le 3 mai ceux de Valfons à Valenciennes. Les ré-
i Chevalier de Modène (Pierre de Raymond), né en 1709. — Page du roi en 1725 ; breveté colonel le 1*' août 1743 ; brixadier le 10 mai 1748 ; maréchal <ie camp le 20 février 1761. Décédé vers 1770.
« Baron d*Espagnac (Jean- Joseph de Sahuguet-Damarzit), né en 1716. — Lieutenant au régiment d'infanterie d'Anjou Je 10 novembre 1731 ; breveté, colonel le 1**^ août 1743 ; brigadier le 14 octobre 1746 ; maréchal de camp le 20 février 1761 ; gouverneur des Invalides le 21 mai 1766 ; grand-croix de Saint-Louis le 25 août 1779; lieutenant général le 1" nïars 1780. Décédé en 1788*
« B£arquis de Valfons (Charles de Matheï, vicomte de Sebourg), né en 1710. — Lieutenant réformé au régiment de cavalerie de Vaudrey le 2 juiUet 1721; breveté colonel le 8 juin 1744 ; brigadier le 10 mai 1748 ; maréchal de camp le 10 février 1759 ; commandeur de Saint-Louis le 9 décembre 1771 ; lieutenant général le 1*' mars 1780. Décédé en 1786.
* Chevalier de Coiney (Jean-Baptiste de La Rivière de Montreuil), né en 1709. — Lieutenant en second au régiment de Piémont le l*"^ janvier 1734; colonel de grenadiers royaux le 10 avril 1745; brigadier le 10 mai 1748; maréchal de camp le 20 février 1761'; lieutenant général le 1*' mars 1780; commandeur de Saint-Louis le 25 août 1786; peoiiomié le 19 juin 1793. Décédé <ak 1797.
giments de Cbincy et de Kènnellec sont réunis à Strasbourg le 7 mai; ils entrent dans la composition de Tannée du Rhin. Destiné à passer en Italie^ le régiment de Môdëne est assem* blé à Grenoble le 14 mai.
Les quatre régiments de La Tour, Espagnac, Valfons et Beauteville* (ex-Longaunay) prennent part aux sièges de la ville et de la citadelle de Tournai; ils montent la tranchée pendant qu'on livrait bataille à Fontenoy; le 18 mai, à Tatlaque de l'ouvrage à came, 7 grenadiers sont tués et 24 blessés. Ils enlèvent d'assaut Gand le 11 juillet.
On les retrouve aux sièges de Nienport et d'Ostende ; ils font partie des li compagnies chargées de s'emparer du chemin couvert. La seule compagnie Dorce, du régiment de La Tour, a 10 hommes tués et 11 blessés. Le maréchal de Lôwendal cita le sergent La Liberté, du régiment de Beauteville, qui, « après que tous les oflSciers eurent été blessés, prit le commandement de la oampagnie et fit des merveilles. »
Le régiment de Modène participe à la conquête du Montferrat; il assiège le château de Casai et Tortone. A l'attaque de la maison de bains d'Acqui, Béguin, major du régiment, enfonce une fenêtre à coups de hache et entre le premier dans la maison, bien que blessé d'un coup de baïonnette*. Le capitaine Boissière est fait prisonnier à Rivalta avec 50 grenadiers».
La' 28 mars 1746, on nomma Tétat-majpr des régiments pour la campa^e. Servent en Flandre, les régiments de Ghattillon *
1 Chevalier de Beauteville [Pierre de Buisson), né en 1703. — Mousquetaire en \*n^", coionel'dè grenadiers royaux le 22' mai 1745; brigadier le 26 avril 1747 ; maréchal de camp le SOfërrier 1758 ; ambassadeur en.Suiise en 17Ô2; -gjrand-croix de Saint-Louis le 1«' avril 1764. Décédé en 1792.
s Béguin fut tué à la bataille de Plaisance, le 16 juin 1746*.
8 A l'occasion delà campagne, on accorda, le 1" novembre 1745, des gratifications à chacun des quatre régiments de l'armée de Flandre. Les capitaines «n premier eurent 500 livres ; les capitaines en second et les aides-majors capittdnes^ 400 ; les aidesH3&ajors lieutenants et les lieutenants blessés, 300 ; le» lieutenants, 200* Des- gratification» de 300 livres aux capitaines et de 150 aus lieutenants de grmiadiera royaux qui avaient fait campagne aux armées da Rhin et dltalie, furent coBoédées' le 25'avril 1746^
^ De ChatUlUm (Etiemi&), né en 1695. — Liemeoanttdans la compagnie franche de Sommer^ ea 1725; c(^nel' de grenadiers- royaux le %è mare 1746 ; brigadier* le 10 mai>1746'; maréchal de camp le Uà février 17519'; lieutMiaait général le 25 juillet 1762. Décédé vers 1767.
(ex-Espagnac), de Chabrillan (ex-Beauteville), de Chantilly *• (ex-La Tour), et de La Tresne « (ex-Valfons). On porte sur la Moselle les grenadiers de Coincy; ceux de Kermellec restent cantonnés en Alsace.
Le régiment de Modène est maintenu à l'armée d'Italie. Il prend une part active à la malheureuse bataille 4e Plaisance- (16 juin), et laisse 5 officiers et 94 grenadiers aux mains du vainqueur. Une compagnie aux ordres du lieutenant d'Astruc enlève, avec une compagnie de grenadiers de Vivarais, le poste de Saint-Pantaléon, le 7 septembre. Le capitaine Caruot se distingue le 30 novembre à la retraite de Saint-Lrfurens-du-Var. Le lieutenant-colonel Simiane est fait prisonnier pendant la campagne.
En Flandre, les grenadiers royaux assiègent Anvers. Le capitaine de Cam-Niqueterie (de Chattillon) commande les deux piquets à la tranchée de la citadelle.^ Chargé de l'attaque du chemin couvert du fort d'Orange, La Sablière, capitaine aa régiment de Coincy, y entre le premier et fait 64 prisonniers. Les grenadiers jroyaux se distinguent, le l*' août, à l'affaire des Cinq-Étoiles. A Raucoux, le 11 octobre, le régiment de Chabrillan enlève le village de Varoux et fait partie de Tarrière-garde après la bataille. Le corps de siège- de . Mons (juillet) comprend le régiment de Chantilly, auquel vient de la Moselle se joindre le régiment de Coincy. Ce dernier bloque ensuite Charleroi, et, réuni aux grenadiers royaux de Chantilly, La Tresne et Chabrillan, investit Namur, qui capitule le 30 septembre.
En 1747 », les colonels demeurent titulaires des régiments^ qui leur avaient été confiés Tannée précédente. Seul, Kermellec, passé au commandement des Bretons- Volontaires, est remplacé^
i ChevaUer de Chantilly (Lonis- Joseph des Escotais), né en 1713. — Cadet à Metz le i*' janvier 1729 ; breveté culonel le 6 octui)ra i745 ; brigadier lei*' mai i758; maréchal de camp le 20 févrisr I76i; bailli des Escotais; lieutenant général le i*' mars 1780 ; pensionné le 29 janvier 1792.
-s Marquis de La Tresne (Léonard-Casimir Lecomte, chevalier puis), né en 1711. — Enseigne an rc^giment de Piémont le 17 mai 1728; colonel de grenadiers royaux le 28 mars 1746 ; brigadier le 10 février 1759; maréchal de camp le 25 juillet 1762 ;Jieatenant général le 1«' mars 1780. Décédé en 1782.
s Décision du i*' mars.
par le chevalier d'Âulan^ Le régiment de Modène reste en Italie; les six autres font partie de l'armée de Flandre *.
Le régiment de Chattillon assiège et prend Hulst ; il attaque les deux forts de Kikut dans la nuit du 27 au 28 avril, et soutient deux chocs de l'ennemi les 8 et 6 mai devant le fort Zamberg. A propos du siège d'Hulst, Contades écrivait le 16 mai : « Les grenadiers royaux de Chattillon ont servy avec grande distinction et peuvent être comparez aux vrays grenadiers. » Le régiment de Ghabrillan fait partie de l'arrière-garde de Lôwendal de Perrué h Ramillies. Â Laufeld, le 2 juillet, les régiments de Chattillon et d'Âulan engagent la bataille et se font remarquer. Au siège de Berg-op-Zoom (juillet-septembre), on trouve les régiments de Chattillon, Chantilly, La Tresne et Goincy ; ces deux derniers arrivèrent sous la place le l*' septembre; une sortie est repoussée le 7 août par le régiment de Ghabrillan. Les grenadiers royaux subissent à Berg-op-Zoom des pertes considérables. Sur les 70 officiers blessés pendant le siège, on en compte 43 de grenadiers royaux, dont 23 pour le régiment de Chantilly. Parmi les officiers blessés, figure Ray de Saint-Geniez, le tacticien*. 30 hommes de la compagnie de Doety du régiment de Goincy, sont tués ou blessés dans une attaque.
En Italie, le régiment de Modène fait aussi des prodiges de valeur. Le 19 juillet, à l'attaque du col de l'Assiette, 200 grenadiers et 30 officiers sont mis hors de combat. Modène est au nombre des blessés.
Reconstitués le 15 février 1748, les régiments de grenadiers
i Bailli d'Aulan (Henry de Suarez, chevalier paîs),oiéen 1704. — Cadet an régiment d*infanterie d'Orléans en 1718; breveté colonel le 12 février 1747 ; brigadier le 20 octobre 1758 ; maréchal de camp le 20 février 1761. Décédé en 1775.
s Ils sont assemblés : Chattillon, le 5 mars à Denderinonde ; Chabrillan, à Bruxelles à la même date; ChantiUy, à Oudeoarde du 5 au 8 mars ; La Tresne, à Ath du 5 au 9 ; Coincy, à Moos du 15 au 21, et Aulan, à Namur du 15 au 20.
8 L'Art de la guerre pratique, etc., Paris, 1754, 2 vol. in-12 ; Hittoirê militaire du règne de Louis le Juste, treizième du nom, Paris, 1755» 2 vol. in-12 ; Histoire militaire de Louis le Grand {depuis 1643 jusqu'en 1715), Paris, 1755, 3 vol. in-12; VOffUier partisan, Paris, 1763-1766, 2 vol. in.l2; Stratagèmes de guerre des François, etc., Paris, 1769, 6 vol. in-12.
Léoo Hennet. o
TQ^mx testf)9t ftux ordres d^s mêmes ebefo. Cinq féat {Partie de l'armée de Flandre «. Le$ régiments de Chaqtilly ei de Ghaltillon prennent part auxopérs^tionc» du 9iègede Maêstricht '.
Les régiments de Modène et de Coincy, rassemblés k Digne et ^ Tarascon le l®' avril, servent en Provence et en Dauphiné.
Aân de pourvoir à la défense des côtes, aux sept régiments on ajouta, le 15 février 1748, deux bataillons : Du Puy et La JoUais. Le premier, réuni à La Rochelle le 1^' avril, sert sur les côtes de Médoc; l'autre, assemblé à la même date à Caen, est cantonné en Normandie.
Par ordre du SS décembre 1748, trois compagnies de grenadiers royaux passèrent en Corse. Réunies en corps par le maréchal de Belle-Isle, ce dernier les plaça le l«r février 1149 sous les ordres d'nn lieutenant-colonel *•
Ces compagnies restèrent en Corse jusqu'à ^évacuation en 17S34 IJne ordounance du 25 mars prescrivit de les réformer aussitôt leur sivrivée en Provence. Les grenadiers qui n'avaient pas fini leur temps durent être incorporée dans les Grenadiers de France. Chaque greu£|dier réformé reçut i sous par lieue à faire pour se rendre chez lui, une gratification de 8 livres, ainsi que le décompte de sa solde, et emporta un chapeau et un uniforme.
Par suite des préliminaires d'Aix-la-Qhapelle et la prise de Maëstricbti la séparation des bataillons de milices fut prescrite le 6i aoftt 1748. Leur effectif fut diminué.
Au fur et à mesure de la rentrée dans les provinces, les intendants ont, comme première opération, à compléter les compagnies de grenadiers. Sont exceptés des congés à délivrer, les sergents de grenadiers et les grenadiers qui désireraient rester au service. Les rengagés servent pour leur paroisse. On les conservait
1 Assemblée : Ghattillon à MaUoes, le iO mars ; ChantUly à Anvers, le même jtar ; La Tresne à Mous, le 15 ; Aulan à Namur, le 25 ; GhabriUan à Gahd, du iO au 30.
s La compagnie ThianviUe, de GhattUlon, est enterrée sons une fougasse. H^zard, le lieutenant, reste seul avec 17 hommes.
9 Lieutenant-colonel : Pujol, capitaine au régiment de Modône ; capitaines : Anticamareta, capitaiae au bataillon de Gasteinaudary ; Hugonet, capitaine en second dans Royal-Barrois, et Fondouce, capitaine réformé à la suite des dragon& de S^tknanie. Les conunissions délivrées par Belle-Isle furent oonirmées par le roi le S6 décembre 1750.
aussi lengtempli qu'ils le voulaient, et ceut qui avaient fait cftm* pagne avaient, aprè$ 35 ans de service, droit aux Invalides.
Pendant le dispersement dans les paroisses, une solde quotidienne de 3 sous est allouée au sergent de grenadiers; elle est de 1 sou pour les grenadiers et de 18 denier^ pour les tambours. Les sergents de grenadiers postiches perçoivent 3 sous. Aucune allocation n'est concédée aux grenadiers postiches. Celte solde est acquittée jusqu'au jour de la réception des congés. Sergents et grenadiers ont charge de tenir en bon état leurs chapeaux et habits qu'ils emportent chez eux^
Pendant l'assemblée, la solde est portée h 11 sous pour les sergents, 8 pour lesr caporaux, 7 pour les anspessades, 6 pour les grenadiers et 1 pour les tambours. Quant aux grenadiers postiches, la solde de rassemblement est de 10, 7, 6, 5 et 7 sons, selon le grade *. Afin de pourvoir à Fentretien du linge et de la chaussure, il est fait un décompte d'un sou aux sergents et de 6 deniers aux autres gradés et aux grenadiers ». A dater d'avril 1750, on donna un traitement quotidien de 20 sous aux sergents de grenadiers devenus capitaines, et de 15 sous à ceux d'entre eux alors lieutenants; 61 officiers étaient dans le cas de jouir de ce traitement.
Même composition qu'en 1744 pour les compagnies de grenadiers. On remet à 50 hommes celles de postiches. Comme gradés inférieurs, le nombre des sergents est réduit à deux.
Réunis par dix, les compagnies de grenadiers constituent 11 bataillons*: 8 de 10 compagnies et 3 de 9, aux ordres de colonels *. Au lieu de 7 régiments, on forma 11 bataillons pour donner des commandements aux quatre colonels qui avaient eu des brigades de milices «.
On assemble ces bataillons pendant un mois dans une place de guerre ou une ville fermée. Ils sont exercés au maniement des armes et aux évolutions ''. On détachait les grenadiers trois ou
1 Ordonnances des i" janvier et !•' mars 1750.
t Ordonnance du 6 août 1748.
« i«' marB 1790.
« 6 août 1748.
» l*' mars 1750.
• M^oirê du 16 féfrier 17S7.
7 6 août 1748.
quatre jours après la formation des compagnies. Us se rendaient alors aux quartiers d'assemblée des bataillons de grenadiers. Les quartiers étaient placés autant que possible au centre des bataillons qui fournissaient les grenadiers. Ceux-ci arrivaient du 18 au 22 mai. Les colonels les y avaient précédés pour pourvoir à Téta^ blissement de leur troupe *.
La solde des oflSciers est fixée à 3 livres par jour pour le capitaine de grenadiers et à 50 sous pour celui de grenadiers postiches. Le lieutenant perçoit 20 sous. On n'accorde ce traitement que pendant deux mois; il tient lieu de paye pendant l'assemblée générale du bataillon.
Pour l'assemblée particulière des grenadiers royaux, il est alloué un troisième mois d'appointements à raison de 4 livres par jour au capitaine, de 2 livres 10 sous au capitaine en second faisant fonctions de lieutenant, et de 32 sous au lieutenant*.
La première assemblée fut prescrite le 1«' mars 1750. Le 22, on confia le commandement des bataillons à Bergeret, Coincy, Chantilly, Chabrillan, Pandrau, Solar, Modène, Chattillon, Prugue, La Tresne et Aulan. On les convoqua également le 1*^ février 1751 et les l^r janvier 1752, 1753, 1754 et 1755.
Le 31 décembre 1754, on assembla les compagnies de grenadiers et de grenadiers postiches des cinq bataillons de Bourgogne. Le 24 mars 1755, des bataillons de grenadiers royaux, celui de Modène notamment, sont maintenus sur pied. On ne les renvoie dans leurs paroisses que par ordonnance du 10 septembre. Les compagnies de Bourgogne ne furent séparées que par ordre royal du 15. .
Convoqués par ordonnance du 1^^ janvier 1756, les bataillons de grenadiers royaux reçoivent la solde de guerre en vertu d'une autre ordonnance du 15 avril «. Enfin, le 5 décembre, ils sont reconstitués en régiments.
i Mémoire sur rassemblée des miUces, 1752.
s 6 août i748.
8 Grenadiers : Capitaine, 4 livres par jour : lieutenant, 32 ^us ; sergent, 12 sous; caporal, 8 sous 6 deniers; anspessade, 7 sous .6 deniers; grenadier, 6 sous 6 deniers; tambour, 8 sous 6 deniers.
Grenadiers postiches : Capitaine, 3 livres ; lieutenant, 20 sous ; sergent, 1 1 sous ; caporal, 7 sous 6 deniers ; anspessade, 6 sous. 6 deniers ; grenadier postiche, 5 sous 6 deniers; tambour, 7 sous 6 deniers.
Les grenadiers royaux constituent en outre, un dépôt de recrues pour le régiment des grenadiers de France.
Créé par ordonnance du 15 février 1749, et constitué au moyen des compagnies de grenadiers des régiments réformés par suite de la paix, le régiment se recrute parmi les grenadiers royaux. Chaque recrue, qui devient enrôlé pour six ans, reçoit du capitaine une prime d'engagement de 30 livres. Cette prime lui est payée moitié en quittant sa province, moitié à l'arrivée au corps. Les rengagements sont admis. La prime pour les rengagés est également de 30 livres. On l'abaisse à 20 livres pour les grenadiers qui se rengageraient après un an et un jour. Toutefois, ces derniers reprennent leur rang d'ancienneté.
Par la prime octroyée et l'obligation imposée aux recrues de servir six années dans les grenadiers de France, ce recrutement prit la forme d'enrôlement volontaire. Ce n'était, à vrai dire, qu'un enrôlement forcé.
Le régiment des grenadiers de France ne pouvait jamais, pensait-on, faire de meilleures recrues qu'en rengageant autant qu'il se pourrait les miliciens et les grenadiers congédiés. Aussi, pour obtenir ce résultat, on établit une masse annuelle de recrutement de 8,000 livres. Les avantages que Ton fit entrevoir au roi étaient de ne pas épuiser chaque année les grenadiers royaux; par suite de diminuer le nombre des remplacements dans ces mêmes grenadiers royaux, et dès lors les tirages de la milice.
Au 8 août 1749, date de la création de cette masse, il existait dans les grenadiers de France 645 grenadiers royaux; 213 seulement étaient rengagés.
Le 1» mai 1757, les grenadiers de France ne doivent plus se recruter que parmi les grenadiers postiches. Enfin, l'ordonnance du 21 décembre 1762, qui donna au régiment le titre de corps, décida que les grenadiers de remplacement seraient tirés des compagnies de grenadiers de tous les régiments d'infanterie française, même de ceux affectés au service de la marine et des colonies, et de toutes les compagnies de grenadiers royaux, chacun à leur tour, en commençant par le plus ancien régiment.
vni.
PAK D'AIX-LAJCHAPELLE
Béçrganîsatioii 4» ^ ^ût 1748. — L*effectii des bataillons est dimînaé. ^ Libération par classes. — Peines disciplinaires. •» Miliciens incorporés. »- 4twmblée8 et loTées de 1760 à 17B4. — Quelqnes bataillons maintenus smt pied e\i i^StS. -^ Alimentation de Teflectif des bataUlons en 1756. -r A«semblée de 1756.
Avee Tordonnance du 6 août 1748^ les milices rentrent 8u^ le pied de paix. Les bataillons quittent 6ucee$sivement leurs garnisons pour retourner dans leurs provinces» Les miliciens levés éans les pays conquis sont congédiés.
Au fur et à mesure de Farrivée au quartier d'assemblée dan^ la province, Tintendant licencie les bataillons. Il fait renie|tre en magasin armes et effets d'habillement et d'équipement. Les cbapeauiy les vestes et les culottes sont laissés aux hommes.
L'effectif des bataillons est réduit h 500 hommes, et les bataillons sont commandés par un commandant spécial qui n'a pas de compagnie. La compagnie de grenadiers doit être complète. Après la formation des 8 compagnies de fusiliers et de celle de grenadiers postiches h 50 hommes, les intendants congédient les hommes en excédent.
Les congés sont de préférence donnés aux miliciens étrangers à la provinces à ceux d'entre eux les plus anciens de service, et parmi ces derniers aux plus âgés; venaient ensuite les miliciens de la province les plus anciens.
Pour les congés à délivrer dans la suite, il est établi un contrôle. On le divise en cinq classes. La première comprend les
1 Les étrangers étaient des miliciens d'antres provinces et non de ces hommes dont les ordonnances proscrivaient l'admission dans la milice. Ils provenaient d'incorporations d'isolés. Ainsi, sur les 385 hommes que comptait en 1743 à Landau le bataillon de Montpellier, il y avait 130 étrangers. C'étaient des miliciens de divers détachements restés malades à l'hôpital de Strasbourg et n'ayant pu passer en Bavière, que l'on y avait incorporés. De même, sur 568 hommes, le bataillon de Bribnde présentait 291 isolés. En se rendant à leur garnison, les bataillons d'Autun, de Bourg et de Glermont laissent en route, l'un 21 hommes, l'autre 26, le troisième 32. Le bataillon de Cahors qui était à Fort-Louis et Lauterbonrg avait 21 fusiliers détachés à l'Ile d'Oléron.
eent plus àncietin miliciens. Us doitént être congédiés b la prochaine assemblée. Les autres classes sont de même établies Selon Tancienneté. Chaque année, on procède à la letée d'un nombre d'hommes égal aux congés délivrés.
Après ses six années de senrice^le milicien jouit pendant un an de l'exemption de la taille. S'il se mariait pendant cette année, il avait ce privilège deux ans de plus, tant pour ses biens que pour ceux de sa femme. La taxe était modérée, s'il prenait une ferme ou une exploitation étrangère. Dans les pays à taille réelle S il ne pouvait être compris sur les rôles des impositions extraordinaires, qu'on répartissait au marc la taille. Pendant la durée de son service, il était exempt de capitation et de collecte, seulement pour ses biens propres.
Les miliciens qui avaient été incorporés dans les troupes jouis* sent de ces faveurs, lorsqu'ils ont obtenu leur congé.
Liberté est rendue aux miliciens d'aller travailler où ils lé voudront, k charge cependant d'avertir de leur résidence les autorités de leur paroisse.
Chaque année, pendant huit jours> dans le courant d'avril et de mai, les bataillons sont assemblés. La solde quotidienne d'aâsemblée est de 8 livres pour le commandant de bataillon; SO sous pour le capitaine et l'aide-major; 40 pour le capitaine en second, s'il y en avait; 20 pour le lieutenant*; 10 pour le sergent; 7 pour le caporal; 6 pour Tanspessade; S pour le fusilier et 7 pour le tambour. Sitôt la formation des bataillons, on congédie les hommes dans le cas de l'être.
Admission de passagers ou de vagabonds, enrôlement dans les troupes avant expiration du service milicial, substitutions, demeurent interdites. La substitution entre frères est permise cependant. Les peines édictées précédemment contre ces divers
1 Celle qni frappait les biens.
La partie de la taille réette se composait des olifets snivaDts : « I® des terres Mtbourabl^, prés, yignes et itutnes biens, soit en propre, seit à loyer ; 1"* des monlins et usines ; 3** des dîmes on champarts, rentes ou droits seigneuriaux; 4* de la maison ou du corps de ferme. » (Extrait des instructions de Turgot pour les commissaires des tailles, en janvier 1775, apud Boiteau, Etat d^ la France en 1789, p. 360, en note.)
< Les officiers ont pour tout traitement deu^ mois d'appointements f^r ce taux. . •
délits sont toujours en vigueur. Les absents au tirage doivent dix ans de service dans la milice. S'ils manquent à rassemblée, ces dix années s'ajoutent aux six ans réglementaires. La désertion rend passible des galères perpétuelles.
Une instruction spéciale pour les opérations du licenciement fut le même jour (6 août 1748) adressée aux commissaires des guerres.
Le l^^ septembre, le ministre de la guerre arrêta Tinslruction destinée aux inspecteurs généraux d'infanterie, de cavalerie et des dragons chargés de procéder à la réforme.
Les miliciens pouvaient renouveler leur engagement. En ce cas, le capitaine avait à leur remettre 10 livres. Des recrues de milice, les inspecteurs formèrent quatre classes. La première comprenait les moins bons k conserver pour les renvoyer de suite. Les trois autres classes étaient établies selon l'ancienneté, pour procéder, à dater de 1749, à un licenciement annuel, qui devait Atre intégralement opéré au bout de trois ans. Les sergents et les brigadiers sont exclus ^ État des recrues de milices restant dans les corps fut adressé au secrétaire d'État de la guerre, pour qu*il pût en temps opportun donner les ordres de licenciement.
Les mêmes dispositions sont contenues dans la nouvelle instruction da l^''' mars 1749, au sujet de la seconde réforme ordonnée le 10 février.
On divisa également en quatre classes, déduction faite des rengagés, les grenadiers de Royal-Lorraine et de Royal-Barrois, entrés dans les Grenadiers de France *. La première classe fut de suite congédiée. Les trois autres classes devaient l'être successivement chaque année, à dater de septembre 1750.
Déjà, du reste, le 1«' août, on avait prescrit le renvoi, dans les premiers jours de septembre, de la première des trois classes des miliciens incorporés dans les troupes et non rengagés. Les hommes libérés emportent un habit et leur chapeau.
La deuxième classe fut renvoyée le l®' septembre 1750 et la
i Aax termes de Tordonnance da 8 janvier 1737, ils devaient trois ans de service an delà du terme de leur engagement, s Ordonnance da 3 août H 49.
dernière le !•' septembre 1761. On congédia les miliciens de préférence aux soldats dont les engagements étaient expirés i.
Le régiment de Tournaisis était resté en Corse. Après la réforme opérée en 1753, il comptait encore 280 miliciens. Courcy, colonel du régiment, divisa ces milicie))s en trois classes : la première, plus forte que la deuxième, et celle-ci que la troisième. Au mois de juillet 1753, la première classe fut libérée; elle comprenait 116 hommes. Le 23 septembre, on décida le renvoi des 164 derniers au fur et à mesure de l'arrivée des recrues. Avant la revue de mai 1754, tous les miliciens incorporés devaient ainsi être congédiés.
En 1749, on ne fit ni levée ni assemblée.
Par ordonnance du l®' janvier 1750, la levée des miliciens nécessaires pour assembler les bataillons à 500 hommes efTectifs dut être faite avant le l®' mars. Au fur et à mesure de l'opération, les miliciens de la première des cinq classes son! congédiés, ainsi que ceux qui excédaient l'effectif de 400 hommes dans les bataillons qui, au retour dans les provinces, s'étaient trouvés à moins de 500 soldats. C'est à leur remplacement que l'on doit procéder d'abord.
L'assemblée des bataillons au complet de 500 hommes fut prescrite le 1*' mars pour le courant d'avril et de mai. En général l'assemblée dure huit jours, et l'on se contente de faire plusieurs appels ; les sergents y perçoivent l'arriéré de la solde de dispersement.
Cette ordonnance du 1*' mars 1750 attribue aux miliciens devenus capitaines un traitement quotidien de 20 sous acquitté pendant toute Tannée; les lieutenants reçoivent 15 sous.
En vue de l'assemblée de 1750, on procéda à une « refonte » des officiers. Pour ce faire, « on établit la vacance des employs sur partie des anciens officiers qui n'y étoient plus, Taulre partie étant censée licenciée. » Le travail fut arrêté par le ministre le 25 février 1750.
On continua dans la suite à assembler chaque année les 107 bataillons; mais on recula la date au mois de mai, à cause des
1 Ordonnances des i*' mai i750 et i" mai 1751.
-il8 -
pluies d'avril. L'ordénfiance de contoeatioii prescrit le licendèment d^une classé et le remplacemetit simtiltané deâ homiàès congédiés et manquants à Teffèctif.
Ces ordonnances sont du i«' février 1751 et des !•' janvier 1753, 1753, 1754 et 1755. Cette année, on maintint des bataillons sur pied ^. C'étaient ceux de Rouen, Liboume, Saint-Jeand'Angély, Pontenay et de la Bretagne. Ces derniers étaient, dès lé mois d'avril, répartis dans les postes de la province. Tous furent renvoyés chez eux le 10 septembre.
L'effectif des bataillons est, le l»' janvier 1756, pOrté à 590 hommes. Le nombre des compagnies reste le même. L'augmentation roule sur les compagnies de grenadiers postiches et de fusiliers; elles sont mises à 60 hommes chacune. On n'accorde cette année aucun congé. La levée des miliciens d'augmentation et de remplacement est faite d'urgence pour permettre l'assemblée au premier ordre.
En effet, on mit bientôt sur pied plusieurs bataillons que l'on envoya tenir garnison dans les places. Le 15 avril fut prescrite pour le mois de mai l'assemblée des autres bataillons, et immédiatement celle des hommes destinés à compléter les bataillons en service de guerre. Ces derniers reçoivent la solde de campagne «.
A moins d'ordres de continuer le service, l'assemblée de 1786 ne devait avoir que la durée normale de huit jours.
1 Ordonnance da â4 mars.
'Capitaine, 3 Uvres; lieutenant^ 20 sous; sergent, li sous; caporal et tambour, 7 sous 6 deniers ; anspessade, 6 sous 6 deniers ; soldats, 5 sous 6 deniers.
aUEBRB PE SEPT A?^
(nS6-1762).
il. — Bataillon de milices.
Mise des bataillons sor le pied de suerre le 5 décembre 1756. — - AugmentatioDi d'effectif. *• Service dans las places et sar les cétes. — Séparation de ces bataillons. — Recrues. *• Bataillons de marcbe. ^ Ils sont incorporés en 1758. — Bataillons de recrues provinciales. — Levées par enraiements volontaires à dater de 1760. — Service de 15 bataillons détachés à Tarmée de 1760 à 1761. — Séparation générale des bataillons.
Jaloux de nos colonies et voyant avec envie le rétablissement de la marine française, les Anglais s'emparent, en 1786, sans déclaration préalable, de plus de trois cents bâtiments de commerce qui naviguaient sous la foi des traités. La Oalissonnière bat l'amiral anglais Byng le 20 mai devant Minorque, et la guerre est, le 9 juin, déclarée à TÂngleterre.
D'autre part, Marie-Thérèse ne pouvait se consoler de la perte de la Silésie, et cherchait des alliances dans toutes les cours. La fière impératrice, repoussant l'orgueil comme mauvais conseiller, ouvrit une correspondance avec la marquise de Pompadour. Enorgueillie d'être traitée de « chère amie » par la grande Marie-Thérèse, la mattresse du roi entraîna la France à faire la guerre. Le !•' mai, un traité d'alliance offensive et défensive fut conclu avec l'Empire. La Russie, la Suède et la Saxe accédérent à la coalition.
Frédéric le Grand avait, le 16 janvier précédent, signé de son côté avec l'Angleterre un traité d'alliance défensive. Par suite des deux traités, notre ancien allié de 1740 devint notre ennemi. Le roi de Prusse envahit la Saxe le S9 août. Le 27 décembre, Kaunitz réclama formellement à la France les 94,000 hommes qui avaient été promis par le traité de Versailles.
La guerre de Sept ans est commencée.
Comme conséquence, les bataillons sont, le 5 décembre 111(6,
portés à l'effeetif de 630 hommes. Ils restent à 10 compagnies, et l'augmentation ne vise toujours que les compagnies de grenadiers postiches et de fusiliers. Elles comptent 75 hommes, et la compagnie de postiches a un troisième sergent à dater du 1»' février 1757. Les fournitures d'habillement prescrites par l'ordonnance du 12 novembre 1733 sont rétablies. La solde reste la même. Des retenues sont de nouveau effectuées pour l'entretien du linge et de la chaussure, à raison d'un sou par sergent et de 6 deniers pour les autres hommes de troupe.
Le 25 février 1760, la solde fut augmentée. Elle est par jour de 3 livres 10 sous pour les capitaines; 25 sous pour les lieutenants; 11 sous 4 deniers pour les sergents; 7 sous 8 deniers pour les caporaux; 6 sous 8 deniers pour les anspessades; 5 sous 8 deniers pour les fusiliers, et 7 sous 8 deniers pour les tambours, avec la retenue pour la masse de 1 sou 4 deniers par sergent et de 8 deniers pour les autres.
Par suite de l'augmentation de leur solde, les capitaines ont, dès lors, il leur charge la conservation de l'habillement, de l'équipement et de l'armement de leurs hommes*, et sont responsables des dégâts qui leur seraient faits. Ils subissent également sur leur solde la retenue des 4 deniers pour livre de la solde des sergents et soldats.
La reconstitution des régiments de grenadiers royaux et la formation de 21 bataillons établis au moyen de compagnies détachées, avaient réduit les bataillons à 6 compagnies de 65 hommes. Le nombre des compagnies fut maintenu; mais, pour mettre les bataillons à 510 hommes, une ordonnance du 1«' novembre 1757 porta les compagnies à 85 hommes. Le nombre des sergents et des hautes payes ne fut pas augmenté. La levée immédiate des miliciens d'augmentation et de remplacement fut prescrite. On suspendit la délivrance des congés de libération jusqu'à la fin de l'année 1758.
Le l»' avril 1758, les 105 bataillons sont rétablis à 8 compagnies de fusiliers. 57 bataillons comptent 528 hommes; les 48 autres n'ont que 448 hommes d'effectif. Cette formation doit
A Sur les iO sous d'augmentation, 5 étaient considérés comme destinés à cet usage.
avoir lieu au fur et à mesure de la rentrée des cadres des compagnies incorporées.
On met les bataillons à 720 hommes dès le 25 août 1758, l'augmentation d'effectif ne portant que sur les compagnies de fusiliers. Gomme en 1742, les paroisses rurales ne doivent que les miliciens « que les villes n'auront absolument pu fournir. » L'assemblée des nouveaux appelés est ordonnée pour la seconde quinzaine d'octobre. Les congés sont suspendus jusqu'à la fin de 1759.
En 1759, 1760, 1761 et 1762 S on ne leva pas de milices.
Gomme on avait supprimé les levées, les bataillons sont remis à 6 compagnies de fusiliers le 1«' novembre 1761. La composition en reste la même. Seule la compagnie de grenadiers postiches est augmentée d'un capitaine en second. Les hommes restant en excédent après la reconstitution des bataillons sur le nouveau pied sont renvoyés dans leurs paroisses jusqu'à nouvel ordre.
Les déserteurs des milices et les miliciens enrôlés dans les troupes sont punis de mort*.
Dès l'automne de 1756, des bataillons sont envoyés dans les places du Nord, de l'Est, en Provence, en Languedoc, en Béarn, et sur les côtes de Normandie, de Bretagne et d'Âunis. Généralement, ils ne changent pas de garnison jusqu'à la paix. Des bataillons de la même province sont dispersés. Pour la Guyenne, le bataillon de Libourne reste dans la province ; celui de Marmande est envoyé en Bretagne et celui de Nérac sert en Languedoc, pendant que les bataillons de Villeneuve d'Agen , de Béziers et de Périgueux sont casernes en Alsace. Les deux ba* taillons d'Auvergne sont : Brioude, en Alsace, Giermont, en Provence. Il en est de même du Lyonnais; le bataillon de Tarare est en Provence et celui de Montbrison en Alsace. De la gêné* ralité de Montauban, on trouve le bataillon de Gahors à GoUioure^ celui de Figeac en Bretagne et celui de Rodez en Languedoc.
i La dépense annuelle des milices poar i760, i76i et 1762 était estimée à 11,587,500 Uvres, auxqueUes il fallait ajouter 96,561 livres 13 sous 1 denier pour la taxation à 3 deniers par Uvre : au total, 11,684,061 livres 13 sous 1 denier.
s Ordonnante du 2^ juiUet 1762.
Ob emploie aux travaux de Duakerque le bataillon de Falaise. Ce bataillon et celui de Rouen font, le 3 mars 1762, partie des 10 bataillons envoyés à Ruramonde.
Les bataillons de Harmande et de Fontei?ay^ contribuent à repousser les Anglais à Saint-Gast le 11 septembre 1758. Les capitaines Huetteau et du Goudreau, du bataillon de Blois, se distinguent en 17S7 au bombardement du Havre, où était alors également cantonné le bataillon de Saint-Maixent.
Le 30 avril 1762, s'embarquèrent à Saint-Malo, à destination de Terre-Neuve, 40 volontaires du bataillon de Vannes, aux ordres du lieutenant du Rocher du Pargat. Le vingt-troisième jour de traversée, ils furent capturés par les Anglais, qui les conduisirent en Angleterre. Us rentrèrent en France le 30 novembre.
Belle-Ile fut héroïquement défendue en 1761 par le batailloQ de Dinan. Gomme marque particulière de la satisfaction royale^ le 20 juillet 1761, une gratification de 15 jours d'appointements et de solde fut allouée aux officiers et soldats.
Le bataillon de Châteauroux sert de 1760 à 1762 en Aunis, sous les ordres du maréchal de Sénectère. Le 2® bataillon d'Aix coopère en Dauphiné à rari*estatioii de brigands réfugiés dans les bois de Suze et du Tricassin *.
lin détachement des milices forme la garde de M'»»» Victoire el Adélaïde de France, pendant leur séjour à Plombières durant Vété de 1761*. Mesdames furent « très satisfaites de l'exactitude et de la régularité avec laquelle le service a été fait, d Ce détachement, aux ordres du commandant du bataillon de Verdun, se composait de 2 compagnies de Verdun, 2 de Metz, 1 de Salnt-Dizier et 1 de Mazarin*.
(I Dans h vue de laisser aux campagnes leurs cultivateurs, » èinq bataillons de Bretagne sont licenciés à la fin de 1761 ; mais
i Ce bataillon a 5 officiers et 44 sergents on grenadiers blessés.
> Le lieutenant Beanmont et 85 hommes de ce bataillon s*emparôrent au mois de Juillet 1758 de sept des bandits réfugiés dans ces bois.
* Elles étaient parties de Versailles le 30 juin et quittèrent Plombiôret dans lés premiers jours de septembre.
^ Violet, l'un des aides-majors de la {ilace de Mets, fit les fonctiioÉlsât major dto déucbement.
oti donna au eontfdleUr général, dès le 98 af ril 1161, des ordres pour les remettre sur pied du IS au 20 mai^ Ils restent dans la province et remplacent Bourbon et Brie» epvoyés en Guyenne.
Au 9 septembre 1163, outre 12 servant en Allemagne, 61 bataillons étaient encore sur pied dans le royaume. On venait de prescrire d'en licencier 15. A cette date, le duc de Cboiseul approuva la séparation do 13 nouveaux bataillons, a Aver* tir les intendants, écrivait-il, qu'il faut tenir les bataillons licenciés de milice tout prêts à marcher, et les prévenir qu'ils peuvent être demandés d'un moment à l'autre; conserver les officiers avec la demi-paye dans les généralités jusqu'à la paix. >» ' Les bataillons de Gorbeil et de Noyon sont renvoyés che% eux le 5 novembre. Le 9, même mesure est prise en faveur de fiO bataillons stationnés en Provence. Les bataillons restant encore sur les frontières devaient quitter leurs garnisons au fur et à mesure de la rentrée 0es troupes*
Le traitement de 20 ou de IS sous pour les miliciens devenus capitaines ou lieutenants, servant dans les bataillons dont la séparation avait été prescrite, fut rétabli le 1^ octobre 1161.
Avec le système de recrutement des troupes par l'enrôlement volontaire, le remplacement des pertes subies pendant la campagne était une des grandes préoccupations des généraux.
Bès le 3 mai 1151, le maréchal d'Estrées envoyait de Wesel un mémoire dressé de concert entre Villemur, le duc de Broglie et Gontades^ sur les moyens d'entretenir de recrues Tinfanterie française de l'armée du Bas-Rhin.
Ces moyens consistaient à permettre l'incorporation de cinq étrangers par compagnie*, à fournir des milices et à engager les capitaines à recruter. Pour le deuxième moyen, le maréchal proposait de tirer deux compagnies de 63 hommes avec les officiers de chacun des bataillons en garnison dans les places du Kord et de l'Est; de les rassembler à Lille, Valen- Ciennes, Metz et Landau^ pour de là les faire rendre aux diffé-
i Pour cette wné^ la milice iDoà^i( k h Bretiigti^ 41d,00a Vif tes 5 idos 6 deniers. (Airêt da conseil dû 17 septembre 1761.) * Lieutenants généraux employés k l'armée du Bas-Rhin. I Cknnme r^yàU autori&é Tèrdonnance du 16 décembre 1741.
rents lieux d'entrep6t qui leur seraient assignés aux environs de l'armée.
« Ces 120 compagnies seroient détachées sous prétexte d'aller occuper les postes de communication, et, en effet, on pourroit s'en servir pour cet objet en les réunissant en 12 troupes de 10 compagnies chacune, que Ton feroit commander par le plus ancien capitaine. Ce corps de milices pourroit être utile jusqu'à la fin de la campagne, et même pendant une partie de Thiver, à garder les différents postes où il seroit employé, et il y tiendroit lieu de la valeur de 12 bataillons au moins qui pourroient pendant ce temps servir à l'armée, et lorsqu'on jugeroit devoir en recruter l'infanterie, les officiers viendroient rejoindre leurs bataillons et ramèneroient avec eux les sergents, caporaux, anspessades et tambours. »
Ce moyen donnait encore l'avantage de faire suivre aux recrues Tarmée dans ses marches les plus avancées en pays ennemi* Ainsi se trouvaient également diminués les déchets que produirait nécessairement, dans une mauvaise saison, une route longue et forcée. Ces recrues, transportées hoi*s de France pour un service fixé avant leur incorporation, devaient se trouver mieux disposées à passer dans les corps où on les verserait, que s'il leur était d'abord annoncé qu'on les faisait marcher pour recruter l'armée. Enfin, on aurait cette troupe sous la main et à portée de réparer les vides qui pourraient résulter d'événements imprévus.
Le .17 mai, Louis XV adopta les vues du maréchal d'Ëstrées. Le lendemain, le marquis de Paulmy notifiait la décision royale et ajoutait : « Le second moyen qui regarde les milices a paru au roy un expédient dont il ne convient d'user que dans le cas du vrai besoin, et avec beaucoup de ménagement et de réserve. »
Le ministre faisait ensuite part au maréchal d'Ëstrées que l'on allait tirer 2 compagnies de 65 hommes de 60 des bataillons de milices; que ces compagnies marcheraient au commencement de juin pour être rassemblées et formées en 12 bataillons, à Lille, Valenciennes, Thionville et Landau, pour rejoindre l'armée du 10 au 25 juillet. « L'intention de Sa Majesté est qu'elles soient placées dans différentes villes et places où elles tiendront lieu pendant la campagne des autres troupes qu'il auroit fallu détacher de
l'armée sans ce secours; qu'enfin, elles ne soient considérées en aucune façon comme troupes d'incorporation, et qu'il n'en soit tiré aucune recrue sous quelque prétexte que ce soit, sans un ordre exprès de sa part, Sa Majesté désirant que vous éloigmés ab*> solument de l'esprit des troupes que; ces milices sont envoyées pour les recruter, cette idée ne pouvant être qu'infiniment préjudiciable au travail qu'on pourroit espérer des capitaines. »
Et en post-scriptum : « Au surplus, Monsieur, il faut que l'on regarde dans l'armée l'envoy qui vous est fait des milices comme un secours de troupes pour vous mettre plus en état de disposer pour vos opérations militaires do celles qui forment le fonds de celte armée. Et je vous prie de garder le secret avec togt le monde, sans en excepter M. de Lucé ^ même, des dispositions où le roy pourroit être d'entrer dans le projet du mémoire que vous m'avez adressé, et de faire connoître autant que vous le pourrez que le seul secours que l'infanterie doive attendre pour son rétablissement se bornera, de la part du roy, à la permission qui luy est donnée de faire des étrangers et aux autres recrues qu'elle pourra se procurer. »
L'ordonnance fut rendue le 25 mai. On avait d'abord songé à mettre le plus ancien capitaine à la tète des bataillons. Mais, à cause des froissements qui pourraient résulter du commandement h grade égal, on décida le 22 mai de choisir les douze meilleurs commandants titulaires de bataillons *.
Les nominations furent arrêtées le !«' juin. Les commandants sont : Grenolias, Pinceprez, Beauchêne, Blondel de Pierreville (assemblée à Lille); Danye, Dumont (assemblée àValenciennes); Blossière, HoUier (assemblée à Thionville); Bonnot, Gaussin, Ripert de Saint-Didier et L'Estrade (assemblée à Landau).
On porta bientôt ' le nombre des bataillons « de marcht » de
i Intendant de l'armée.
3 On donna une augmenlalion quotidienne de solde de 2 livres aux commandants de bataillon et de 20 sous aux aides-majors.
Pour leur permettre de faire leur équipage, on alloua une gratification de 400 livres aux commandants de bataillon, de 250 aux capitaines, de 200 aux aides-majors et de 150 aux lieutenants.
• Ordonnance du !•'' octobre 1757.
Léon Hennet. 9
12 k 84, en tirant également 3 compagnies de 41 bataillons que l'on avait réservés k cause de leur stationnement en Provence et sur les côtes de TOcéan. Môme, pour les bataillons détachés sur tes côtes, on n'avait, fait Topération que dans les premiers jours d'ootôbre, au moment de la rentrée des escadres dans les ports. On confia les 9 nouveaux bataillons de marche à Merlet *, Portai, La Carrière, Rions, Boissière, Banaston, des Granges, Bagnaix et Grout.
Mis en «entrepôt» à Strasbourg, Haguenau, Wissembourg et Landau, ils devaient y arriver dans le courant d'octobre et les premiers jours de novembre, et y passer Thlver. Au mois de mars 1788, on les envoya à portée des troupes destinées h forcer rarmé# de Bohême «.
Afin de recruter l'armée, un mémoire au roi, du 29 août 1787, proposait de tirer 8,400 hommes des 21 bataillons détachés, et, pour exécuter cette opération et maintenir au complétées bataillons détachés au moyen des autres bataillons de milices, d'augipenter l'effectif des compagnies et de les porter de 68 à 80 hommes.
Cetje différence de 15 hommes devait seulement servir à reconstituer les bataillons détachés. On laissait à 68 hommes les compagnies stationnées en France.
« Les provinces ignoreront par cet arrangement Topération des recrues, qu'il est bon de leur cacher dans le tems de la levée, où on ne leur présentera que la formation des six compagnies restantes de leurs bataillons sur le pied de 80 hommes, aînsy que l'ordonnance le portera, celle pour les recrues devant être particulière et rendue seulement au commencement du printems. »
Ce mémoire resta sans solution. On le représenta à Louis XV le 29 novembre. Cette fois, l'augmentation proposée était de 20 hommes par compagnie, soit pour tous les bataillons 12,600 miliciens à lever. Le roi approuva cette mesure. L'ordonnance rendue à cet effet porte la date du 1®' novembre.
i Merlei (Louis -Mathieu), né en 47i5. — Lieutenant au bataillon de Satntt)enisle i'*^ mai 1733; commandant du bataiUon de Paris le ^3 décembre 1748; brigadier le 25 juillet 1762; maréchal de camp le 3 janviçr 1770; lieutenant général le l*'' janvier 1784 ; pensionné le 29 janvier Î792.
* Mémoire au roi du 29 août 1757 et ordonnance du 1*' octobre.
Au commenoement de 1768, on détacha encore de 41 bataillons une troisième compagnie de fusiliers. Ces compagnies ne furent pas réunies en bataillons et restèrent séparées. La compagnie de Laspagne, du bataillon de Monlbrison, était à Tarrièregarde après Grefeld.
Les bataillons de marche servent dans les places de oommunication de l'armée, et des officiers remplissent les fonctions de majors et d'aidesrmajors h Ruremonde, Gueldre, Wesel et Cologne *.
Par ordonnance du 30 mars 1768, les soldats des bataillons de milices et compagnies détachées du même corps passés en Allemagne sont incorporés dans les troupes de cette armée. Sergents, caporaux, anspessades et tambours rentrent en France, ainsi que les officiers. Les inspecteurs généraux distribuent les vecrues dans chaque corps, selon ses besoins ; 16 livres de gratification sont accordées aux miliciens incorporés'. Ceux*ci ne doivent que le temps de service qui leur restait à courir.
Le i^^ mai suivant, on prescrit l'incorporation de trois des bataillons de marche de seconde formation destinés à pass^ en Bohême. Le bataillon de Meriet entré en entier dans Piémont avec 4 compagnies du bataillon de Bagnaux. Les 6 autres compagnies de ce bataillon et le bataillon de Grout sont versées dans Beauvoisis et Rohan. Meriet était depuis le 28 mars lieutenant de roi à Hanau.
Si les cadres subalternes rentrent en France, quelques officiers restent en Allemagne comme officiers de place, à Wesel, à Meurs, à Duilz K
On reconstitue le 16 juin 1760 deux bataillons détachés destinés à l'armée d'Allemagne. Pour ce faire, on prit 2 compagnies dans
* Duplessis, major de Ruramondei ©n ifHJ, En iWIS, Contades nomme : Gironde, aide-major à Gueldre ; Massan, major de Wesel ; Sarriac de Pouchentel, aide-major de cette place ; de Lille-Goadray et Ghapay, major et aidemajor de Cologne.
« Cette gratification est payée par les capitaines qui reçoivent \es recrues.
* Les officiers dtés ci-dessus.
Sarriao de Pouchentel devient lieutenant du roi à Meurs en i 7 59 et Chapuy passe à Duitz.
24 bataillons. Les compagnies de ces bataillons furent portées à l'effectif de 90 hommes*, au moyen des recrues restant de celles levées l'hiver précédent.
Placés sous la discipline d'officiers et . de hautes-payes détachés des bataillons de milices^ ces nouveaux bataillons portaient le nom de leur commandant (Beccary et Berthier de Grandry), avec le titre de recrues provinciales }. Le bataillon de Beccary, assemblé à la citadelle de Strasbourg le 22 juillet 1760, quitta cette ville le 12 août pour se rendre à Hanau, où il fit le service de la place. En mars 1761 il était rentré à Strasbourg.
Les bataillons de recrues provinciales furent licenciés en janvier 1763. Depuis 1761, les officiers et hautes-payes avaient cessé de faire partie des milices par suite du nouveau mode de recrutement qui, en 1760, remplaça le tirage au sort. On-les réintégra dans les milices le 20 janvier 1763.
Un troisième bataillon de recrues provinciales fut créé le 11 mai 1762. Destiné à servir de dépôt à l'armée d'Espagne, on rétablit à Bayonne. Le commandement en fut confié à Charnacé de Lianne, commandant du bataillon de Romans. Les autres offiders furent également choisis parmi les officiers miliciens «. Charnacé reçut lé 26 septembre 1763 la gratification de licenciement.
En 1789, les « remplacements nécessaires » avaient seulement été levés. Le tirage au sort fut abandonné en 1760. Les recrues pour les armées se font par voie d'enrôlement volontaire.
Déjà on avait chargé les intendants de faire des recrues pour compléter les troupes, et une ordonnance du 15 juilletl760 avait,
1 2 sergents, 3 caporaux, 3 anspq^ades, 81 fusiliers et 1 tambour.
s Ils entrent en solde à dater du jour de l'arrivée au lieu assigné pour le rassemblement, à raison de 3 livres 5 sous aux capitaines, 20 sous aux lieutenants, 11 sous 4 deniers aux sergents, 7 sous 8 deniers aux caporaux, 6 sous 6 deniers aux anspessades, 5 sous 8 deniers ^ux fusiliers et 7 sous 8 deniers au tambour.
Gratifications aux officiers pour former leur équipage : commandant, 400 livres; aide-major, 250; capitaine, 200; lieutenant, 120.
8 On tira de ce dépôt, le 28 avril 1763, 126 hommes qui furent envoyés à Blaye pour former deux compagnies destinées à prendre possession de Tîle de Gorée. A ces deux compagnies, on adjoignit une troisième le 8 décembre 1764. Elles prirent alors le titre de Voloniaire* d'Afrique.
à leur arrivée dans les « places d'entrepôt », soumis ces recrues aux peines militaires. Le 2S novembre fut arrêté un «règlement pour la levée des recrues provinciales. »
Dans chaque généralité, un commissaire est chargé de tous les détails de l'opération. Il a sous ses ordres un commissaire des recrues pour tout le département, et des préposés aux recrues distribués dans les villes et cantons.
Toutes les recrues doivent être volontaires, avoir 5 pieds 1 pouce au moins de taille et être âgés de 46 à 40 ans. On pouvait aller jusqu'à 50 ans pour les anciens militaires ayant fait un congé de six ans et désirant rentrer au service. « Les passagers, vagabonds, mendiants, gens suspects, soupçonnés de crimes ou condamnés, » doivent être refusés comme indignes. On peut admettre les étrangers pour servir à compléter les régiments de leur nation.
L'enrôlement se contracte pour six années. On ne choisit pas le corps dans lequel on désire servir. Les hommes à partir de la taille de 8 pieds 3 pouces et demi peuvent cependant demander la cavalerie, les dragons ou l'artillerie. Au-dessous de cette taille, toutes les recrues sont destinées à l'infanterie.
Le prix de Tenrôlement ne pouvait excéder 10 écus, outre l'équipement fourni aux enrôlés. Il consistait en une culotte de laine blanche doublée de toile, un chapeau galonné de poil de chèvre, deux chemises de toile de chanvre, une paire de souliers et de guêtres et un havresac en toile de coutil. Délivré en nature aux enrôlés qui en manquaient, cet équipement était à ceux qui se Tétaient acheté et représentaient neufs les effets qui leur avaient été remis, remboursé en espèces à la revue d'assemblée.
A l'arrivée au dépôt général, l'enrôlé recevait une gratification de 3 livres. Le pourboire était fixé à 8 livres pour les hommes de 8 pieds 1 pouce; il s'augmentait de 8 livres par pouce jusqu'à
5 pieds 4 pouces. Les recrues de 8 pieds 5 pouces percevaient 30 livres. Sur les 10 écus du prix d'enrôlement, on délivrait
6 livres comptant. Les 24 livres restant étaient, par moitié, payées à la revue d'assemblée et à l'arrivée au dépôt général, après, toutefois, les prélèvements nécessaires pour acheter en leur présence les menus effets et le linge dont les recrues pouvaient avoir besoin. Du jour de l'enrôlement, les recrues ont
5 soii« 6 «laniers 4% paye quotidieBne. On y i^etient H deniers pour l'eHtretiea du linge et de la idiaussure.
Les enrôleurs reçoivent (des gratifications i Chacun peut reeruterw
Les boinmes enrAlés^ surtout les pères de famille) qui^ av^uil leur réception, en auraient du regret devaient s'adresser h Tintendant. Celui-ci avait l'autorisation de les admettre à présenter cknœ hoibnies à leur place. Les frais d'enrôlement du premier étaient h la charge des enrôlés renoneiataires. On lui remboursait 30 livres sur l'enrôlement du seconde
Ces recrues provinciales peuvent être regardées comme des miliciens^ En effet, à l'expiration de leur engagement, on les dis-^ pense du service dehraîMaeé Elles jouissent des emmptitmèdHm-' pâti actùrdées auae miHciens. Et Tarticle 28 du règlement dit expressément : « Si, contre toute attente, les levées ordonnées par la voye d'enrollemens volontaires n'avoient pas> dans quelques provinces, le succès qu'on en doit espérer, il sera donné des ordres pour* procéder par la voye du sort sur les principes ordinaires de la levée des milices. » Les levées de milices subsistent donc; le mode seul est changé. Ainsi qu'on le verrai cette ma*> nière de procéder subsista jusqu'en 1766.
Pendant la guerre de Sept ànâ, 15 bataillons de tnllicês servent activement à l'armée du Bas-Rhin. On les y envoie par ordohnanceduâS toâràl758. Ce sont ceux d'Amiens, Châldns, Nèilfchâtel,Verhon,Saint-Lô, Rôdbh, Lons-le^âîinier, Ornansj Lâon, Saint'Denis, Jbigny, Matiles, le t*égimetit de MenlUreux (Nancy et Sâtrëgùëriiihes) et le bataillon de Parie. Ces bataillons étaient de 528 hommes et divisés en 8 compagnies de 66 fusiliers, ott eh
6 boitipagriiés de 88 hommes*.
Le 3 août, le bataillon de Corbeil fut envoyé h HanaU. Oh l'iûcdtpora Mûi l'armée de Soubise; Neuf des ei bataillons de campagne» : Châlons*^ Vernon> Laori,
i La gratification accordée aux officiers pour leur équipage fot payée sur te taux de ceUe allouée aux bataillons de marche de 1757, sauf pour leà lieutéilkiits, qtli îie rëçureht que 4îO livceS.
i Le eoiiitaine Alloue do Fresne fut chargé des fondiioni d'aide-màjor à Gstldre.
Saint-D^is, MaUtesS Joigny^ Paris et le régiment dô MoBturédl^ tiennent garnison à Wesel; le capitaine de$ portes delà citadelle est le sergent Jourdain, du bataillon de Laon. Ces bataillons prennent part à l'affaire de Meer le g aQût; 34 hommes de troupe sont tués, disparus ou faits prisonniers ; au nombre des blessés figurent 2 officiers et 16 miliciet)s.
Le bataillon de Saint-Denis fait la campagne de 1739 sous les ordres du marquis d'Armentières et est employé dans différents postes. Le marquis a pour aide de camp Lauthier-Bouchwel, lieutenant au bataillon de Strasbourg. Celte même année, le régiment de Montureux soutient le blocus de Munster. Les lieutenants François et Tricotel y font les fonctions d'aide -major de ia place. Le commandant Poumier s'y distingue.
Pour la campagne de 4760, le maréchal de ffroglie attacha les bataillons de Mantes et de Laon au service de Tartillerie, et employa ceux de Neufchâtel, Saint-Denis, Ornans» et Sarregueniinés à la suite de Tétat-majorpourrouvertùre des marches. A ces de^ niers bataillons sont alloués, le 16 mai 1760, le fourrage et des chevaux de peloton pour porter les tentes.
Le bataillon de Mantes, attaché à la brigade d'Invilliers» aé^ siste k l'affaire de Warbourg le 31 juillet^ et à la bataille de Oloàtercamp le 16 octobre; Dlnvilliers témoigna à cette occasion que a ce bataillon servait aussi bien qu'on pût servir, d 23 hommes du bataillon de Joigny sotit faits prisonniers le S2 août au château de Bentheim.
Après la campagne de 1760, les bataillons de Redon, Saint-Lô, Châlons, Yernon et Amiens rentrèrent en France. Il en fut de même du bataillon de Nancy, compris dans la capitulation de Clèves le 3 octobre.
Par lettres des 2 avril 1759 et 10«vril 1760, Merlet fut chargé de rinspectioH des 15 bataillons de campagne.
Le bataillon d'Alençon avait eu, dans les premiers jours de juin 1760, ordre de se rendre en Allemagne». Les bataillons de
1 Ck)ntad6S nomma la lieutenant d'Artiis aide-major à Clèves.
^ Bonnotj commandant da bataillon, avait rempli pendant Thirer lés fonctions du commandant à Worm».
* Ce bataiUon avait pour aide-major le capitain« Anbertj milicien de la classe de 4780.
Golmaiv Sois^ons, Montargis, Yalenciennes et Troyes reçoivent cette destination en 1761.
Les 15 bataillons font tin service actif. A l'armée du Bas-Rhin, les bataillons d'Âlençon, de Golmar, de Sarreguemines et de Lons-le-Saunier sont attachés à l'état-major ; ceux de Joigny et de Mantes, à rartillerie. Les bataillons de Paris, Montargis, Yalenciennes et Soissons* servent à la suite du quartier général. Le bataillon de Troyes reste dans les places de commnnication. Parmi les troupes du maréchal de Broglic (armée du Haut-Rhin), figurent les bataillons de Neufchâtel, Ornans, Laon et Saint- Denis.
Après la campagne, le bataillon de Paris reçoit Tordre de rentrer, fl va tenir garnison à Liège*;
Le 8, mai 176?, le bataillon de Falaise reçoit Tordre de se rendre à Rheinfels; il remplace à Tarmée le bataillon de Paris. On le met sous les ordres du prince de Condé, avec les bataillons de Rouen, Colmar, Soissons, Joigny et Mantes. Ces derniers sont attachés au service de Tartillerie*. Un détachement du bataillon de Rouen, aux ordres duf capitaine Constant de Crény, se distingue à la défense du château de Friedberg, dont Crény était commandant.
Six autres iKitaillons de milices sont employés à Tarmée du Haut-Rhin, aux ordres de d'Estrées et de Soubise.
Les batailloBs de campagne furent Mcenciés au fur et à mesure de leur rentrée en- France.
La séparation générale des bataillons, du reste, avait été ordonnée le 20 novembre 1762. L'opération a lieu selon les formes antérieurement prescrites. Chapeaux, vestes et culottes sont laissés aux «miliciens* Le reliquat de la solde en retard doit être payé au moment du licenciement.
*■ L'aide-major de ce batainon, Boigny, fait les o&mpagnes de 1761 et de 1762 comme aide-major da quartier général de Soubise.
^ Il laisse à Aix-la-GhapeUe le capj|aine Durand de Mélianne comme aidemajor. Nommé major en 1762, Mélianne ne quitta Aix qu'à réyacnation. Le capitaine Navelet reste également à Cassel en qualité d'aide-major et y soutint le blocus en 1762.
8 Comme Soubise, le prince de Condé prend pour aide-major de son quartier général un officier de milices : Marigny, du bataillon de Mantes.
Quant aux miliciens incorporés dans les troupes, ils y attendirent qoe leur ordre d'ancienneté les appelât à recevoir leur c^ngé.
B. — Grenadiers royaux.
ReconstifQfion des régiments le 5 décembre 1756. •— Leur formation. — Colonels aux grenadiers de France. — Campagne de i757. — Béville. — Campagne de i758. — Le régiment de Solar à Minden. — Campagnes de i759 et 1760. — Délense de Fritzlar.^Campagnes de 1761 et 1762.— Bataillons de prisonniers de guerre. — Les régiments sur les côtes et en mer. — SéparatioB des régiments. — Grenadiers royaux de la Martinique. — Piquets du régiment de ta Tresne à Saint-Domingue.
Le 8 décembre 1756, on rétablit dei régiments de grenadiers royaux. Ils sont à 2 bataillons et 40 compagnies. Chaque compagnie de grenadiers a un lieutenant en second d'augmentation ; on place deux seconds lieutenants aux grenadiers postiches de^ deux premières compagnies de chaque régiment, pour porter les drapeaux *.
L'ordoanance avait prescrit fentrée en solde des ofïicieraau 16 février 1787. A cette date, «n nomma onze colonels. Ceux-ci ne sont plus détachés pour une campagne. Ils quittent leur§ compagnies dans les corps de troupes réglées %i reçoivent les appointements ordinaires tfun colonel réformé».
Les régiments portent toujours les noms des colonels : Bergeret, Aulan, Solar, Chantilly, Modène, Ch^rillan, La Tresne, Ghattillon, Bpuslart, Prugue (devenu d'AUy» le 13 mai) et Coincy. En campagne, à chaque régiment sont attachés un aumônier et un chirurgien*.
Tant en garnison qu'en campagne,, par ordonnance du 1®' juin 1788, la solde est augmentée di 4 deniers par jour pour les sergents et d^ 2 deniers pour les autres hommes de troupe. Au
* Les trois ofiBciers d'augmentation reçoivent chacun 20 sous de solde quotidienne.
* 900 livres par an.
8 Chetfalier d'Ally (Charles de Rochefort), né en i7 13. — Cadet à Perpignan le 15 janvier 1727 ; breveté colonel le 15 décembre 1745 ; brigadier le 10 février 1759 ; maréchal de camp le 25 juillet 1762; lieutenant général le 1" mars 1780. Décédé en 1782.
* Le chirurgien perçoit mensueUement 150 livres et Taumônier 90.
moyen dé oette aUgnleDUtioii^ 16 debiers sUr la solde des sergents et 8 $uf celle des gradés infécie^rs et des grenadiers^ devaient quotidiennement être employés à Tentretien du liilge et de la chaussure.
Le 28 février 1760 fut réglé un nouveau tarif de solde quotidienne. Le colonel perçoit 12 livres; le lieutenant-colonel, 10; lé major, 6; Taidé-major, 3; le capitaihe de grenadiers, 4; le premier lieutenant, 32 sous; le second lieutenant, 20; le sergent, 12 sous 4 deniers; le caporal^ 8 sous 8 deniers; Tanspessade, 1 sous 8 deniers; le grenadier, 6 sous 8 deniers; les tambours, 8 sous 8 deniers. La solde des grenadiers postiches reste la môme que celle des fusiliers*.
Pendant la paix, le» corps de grenadiers royauk étaient composés des cotnpagnies d'une même province. Pour éviter les frais de route, en 1787, on constitua les régiments avec les coiîipagnies de grensldiers des bataillons qui se trouvèrent le plus à portée les Uns des autres. Il en résulta que las compagnies d'une même province furent dispersés.
L'intention du maréchal de Belle-Isle était de faire cesser cette bigîirrure. On commença par les quatre régiments qui étaient à l'armée. Le régiment de Modène eut les 6 compagnies de la généralité de Paris, feh y faisant entrer les 4 qui étaient par moitié dans Le Camus et Narbonne. Le régiment de Châiitill^f avait 3 compagnies de la Champagne et celle du 2« bataillon d'Arfas; on y fit passer les compagnies du bataillon de Saint- Dizier et du 1«* d'Arras, et les 2 d'Alsace> qui étaient dans Modène. Les compagnies du Pays Messin furent retirées de Chantilly et Modène pour entrer dans la formation de Le Camus, qui reçut deux compagnies de la Picardie; il en avait déjà une. trois compagnies furent prises dans ce régiment et versées dans Narbonne. Quant aux régiments d'Aulan et d'Ally, alors cantonnés en Bretagne, il n'y avait qu'une mutation à faire réciproquement de 3 compagnies*.
i Ce tarifée fut niodiflé le l""' Horembre 1761 qu'en ce qui concernait les lieutenants : 4 sons d'augmentation pour les lieutenants de grenadiers et 5 sous pour les ÉOiîonds lieutenants de grenadiers et \m lieuteriahts de grenadiers postiches.
s Déci^ën du iO ndyèmbre 1759.
Le8 grenadiers royaux entrent de suite en campagne. Le régiment de Ghabrillan s'embarque à Toulon le 7 mars pour Mi« norque. Il y reste jusqu'au mois de juin 1762* On cantonne en Médoc les régiments de Chattilion et de La Tresne ; Coincy tient garnison à Toulon et Bruslart à La Rochelle; Âlly garde Belle- Isle.
Cinq régiments servent en Allemagne sous le maréchal d'Estrées. Solar marche k Tavant-garde*; les autres : Modène, Chantilly, Bergeretet Aulan font brigade avec les Grenadiers de France.
Un « de Par le Roy » du 1«' mai 1757 donna au marquis de Saint-Pern, inspecteur et commandant des Grenadiers de France^ les mêmes attributions sur ces quatre derniers régiments de grenadiers royaux, pour qu'ils « n'eussent qu'un même esprit, une même discipline et un même service. » Néanmoins, l'état-major des Grenadiers de France ne peut en aucune façon s^ingérer dans le détail intérieur des greiladiers royaux*
En veirtu de ce « de Par le Roy, » les Grenadiers de France doivent exclusivement tirer leurs recrues des compagnies de grenadiers postiches des quatre régiilients de grenadiers royaux de Tarméè du Rhin. Ils prennent lés hommes formant la tête de ces compagnies jusqu'au cetitre ; lOs hautes payes sont exceptées. Lfi secbilde moitié recrute les grônadiere royaux, mais cette opération ne se doit faire que lorsque les compagnies de grenadiers Sont réduites à 45 homnieà.
Les grenadiers postiches recrues pour les grenadiers de France y servent pétidant la campagne. Ils ne reçoivent aucuiie prime lors de l'incorporation. La gratification de 30 livres n'est due qu'à ceux qui^ à la fin de la campagne, feront encore partie du régiment.
Dès le 19 mars, un colonel aux Grenadiers de France avait été attaché comme coloilel en second à chacun des régiments de Chantilly, Modène^ Betgeret et Aulan. Ces colonels ed decond ne pouvaient qu'en Tabsence des colonels titulaires s'occuper des détails ifatérieurs, ou donner des ordres Sur le service jour-
^ Son sertiee fat réglé par ordonnance spéciale di^ 10 arril 1757* Le fëgiment itiarche en avant arec les Toiontàires de Flandre et de Hainaat ; il est spécialement chargé de fournir des escortes aux ingédieUrs géographes enlplo^és à la reconnaissance da pays.
nalier des régiments de grenadiers royaux. Pour ceux de ces régiments qui servaient à l'armée, si le colonel titulaire, brigadier commandant une brigade, était afbsent, le commandement de la brigadp appartenait de droit au colonel titulaire des grenadiers royaux dont le régiment faisait partie de la brigade, jamais au colonel aux Grenadiers de France.
Chaque année fut rendue une ordonnance pour attacher ainsi à des régiments de grenadiers royaux des colonels en second tirés des colonels aux Grenadiers de France. Ce sont celles des 15 mars 1759 et 25 mars 1760 pour dix régimeats, du 20 février 1761 pour neuf régiments et du 23 mars 1762 pour sept régiments. On né trouve pas d'ordres pour 1758.
Les grenadiers royaux cqmbatlmit à Hasteenbeck. Le régiment de Solar prend une part glorieuse à la bataille, sous les ordres du comte de Guerchy. Le colonel s'y distingue paNiculièrement; 6 bas-officiers ou grenadiers sont tués; 3 officiers et 7 hommes de troupe blessés. « Le régiment soutient bien la fatigue, » écrivait Solar le 27 juillet 1757.
Quelques jours avant la bataille, un officier de milices avait rendu de précieux services : Béville *-, capitaine au bataillon du Mans, alors aide de camp du duc de Broglie. Il avait levé les plans du pays et reconnu les positions de l'ennemi, ainsi que les passages qui permettaient d'aller à lui. Le 24 juillet au soir, Béville vint avertir le duc de Broglie que les Hanovriens se retiraient de la position qu'ils avaient prise le matin. Broglie fit de suite instruire le maréchal d'Estrées de ce qui se passait. Surle-champ, celui-ci prit ses dispositions pour suivre Tennemi, et le 26 11 le battait à Hasteenbeck.
Dans la suite de la campagne, on trouve les grenadiers royaux parmi les troupes en marche sur le bas Elbe, Zell et Wolffenbùttel. Us occupent enfin le Hanovre et 1^ Brunswick.
En 1758, les grenadiers royaux, arrivés trop tard à Crefeld, le
* Béville (Pierre-François), né en 17 21. — Lieutonant en second au régiment d'infanterie de Lôwendal le 9 juin 1746 ; brigadier le 5 septembre 1778 ; maréchal général des logis de Bochambeau en Amérique ; maréchal de camp le 5 décembre 1781 ; pensionné le 9 mai 1792.
23 juin, pour empêcher la gauche de Céder, protègent la retraite. Sous les ordres de Saint-Pern, ils enlèvent le camp de Borck, le 29 septembre.
Le régiment de Solar, qui avait pris ses quartiers d'hiver à la citadelle de Strasbourg, rentre à l'armée au commencement de 1758. On l'envoie renforcer la garnison de Minden.
La place était en mauvais état. Solar fit boucher les brèches avec des palissades. Pendant le siège, il proposa de sortir avec son régiment, et d'ouvrir à travers l'ennemi un passage à la garnison. Enfin, croyant devoir se soumettre à Tavis du commandant de la place S il signa la capitulation, qui fut conclue le 15 mars •. Pour l'exemple, on cassa le régiment, et la carrière militaire de Solar fut brisée.
Rétabli le 25 novembre 1758, le régiment fut confié à l'ancien lieutenant-colonel, Méhégan % qui s'était élevé contre la capitulation. Au moyen des ofiiciers et grenadiers qui n'étaient pas prisonniers de guerre, de 560 hommes de remplacement et d'officiers tirés des bataillons de milices qui fournissaient les compagnies au régiment de Solar, on form^ de suite le corps h 3 compagnies de 50 grenadiers et 8 compagnies de 60 grenadiers postiches. Les 5 compignies manquantes devaient être constituées à la rentrée des prisonniers, dont on estimait le nombre à 300. La citadelle de Strasbourg fut choisie comme quartier d'assemblée*.
Après sa formation, le régiment de Méhégan alla tenir garnison sur les côtes de Normandie. ■
Les mêmes régiments servent, en 1759, en Allemagne, sous les
* Le lieutenant général de Morangiés. Il cessa de servir après la capitulation. ^ Le prince Ferdinand investit Minden le 5 mars. Dans la nuit du 6 au 7,
la tranchée fut ouverte, et le feu des batteries commença le 12 contre la place. Le lendemain, il y eut conseil des principaux officiers, qui, à l'exception de deux ou trois, déclarèrent la résistance impossible. La capitulation fut signée. (RoussET, Le comte de Gisors (1732-1758) ; 2« édition in-18, Paris, 1868, p. 405.)
* De Méhégan (Jacques-Antoine-Thadée), né en 1719. — Sous-lieutenaut au régiment de La Couronne, le 15 mai 1735 ; colonel de grenadiers royaux le 26 octobre 1758 ; brigadier le 20 avril 1768 ; maréchal de camp le 1*' mars 1780; pensionné le 2 octobre 1791.
*• Mémoire du 6 janvier 1759.
ojrdres du marquis de Contades : Modène, Narbonne * (ex-Bergeret), Le Camus* (ex-Aulan) et Chantilly •.
Avec le duc de Broglie, ils combattent à Minden, le !«' août, et subissent la canonnade de Todtenhausen. A la retraite, un bataillon du régiment de Narbonne reste isolé dans Naumbourg. Attaqué le 17- août par des forces supérieures, le lieutenantcolonel Flavigny, 12 officiers et les 280 grenadiers postiches, qui formaient la garnison, durent se constituer prisonniers. Le régiment s'était distingué à la défense de Ziegenhayn.
Le régiment de Le Capaus a une affaire le 13 avril à Dringelbourg.
Les grenadiers royaux occupent la Hesse et le Hanovre pendant la campagne de 1760, et repoussent durant Thiver les attaques de l'ennemi sur les quartiers de l'armée. Quatre compagnies de grenadiers royaux font partie de la garnison de Gottingen, et s'y distinguent.
Les restes du régiment de Narbonne tenaient garnison dans Fritzlar. Cette place était intenable, mais son abandon laissait ouverte la route à gauche de la Pulda. Ferdinand de BrunswiciL se présenta devant la place avec 6,00§ hommes, le 12 février 1761, vers 3 heures de Taprès-midi. 11 fut reçu à coups de fusil. Le capitaine Foulques, à la tête de sa compagnie, soutint le premier effort de l'ennemi à la porte de Zuschen, et lui tua beaucoup de monde. A 5 heures, Brunswick somma Narbonne de se rendre, a Officier ferme, brave, de sang-froid, » celui-ci refusa, et dépêcha son aide-major, Rochery de Samt-Vtetor, qui s'était distingué dans la journée, rendre compte de la situation au duc de
i Comt$ de Narbonne- Pelet-Fri,tziar (Jeaa-François), né en i726. — Lieutenant en second au régiment d^infanterie de Fléury le 16 décembre 179^] co1(h i^el de grenadiers royaux le 10 février 1759; brigadier le 20 février 1761 ; maréchal de camp le 20 avril 1768; grand<croix de Saint-Louis le 17 avril 1772; lieutenant général le 1^' janyier 1784 ; pensionné en 1790.
s Comte Le Oamus (Joseph-Gharies-Auguste), néeo 1721. — Enseigne au régi* ment d^infanterie de Ck»nti I9 27 décembre 1737 ; cqloDel de grenadiers royaax Iç 40 février 1759 ; brigadier le 16 avril 1767 ; maréchal de camp \é 1*' mars 1780. Décédé en 1785.
^314 grenadiers postiches de cqs trois (Jt^^rniers régiments furent réformés à la fin de mai 1759 et dirigés sur Wesel. II3 pestèrent çn subsistance au bataiUon de Saint-Denis du l^'' j.uin au 14 juillet;
Broglie. L'attaque recommença à la nuit. L'ennemi avait perdu plus de 150 morts et 2 canons. Le 15, il parvint à faire brèche à la porte de Geismar, que défendait le capitaine Pienne. Narbonne dut se rendre dans la soirée.
Outre les officiers déjà nommés, on cite, comme s'étant les plus distingués à la défense de Fritzlar, le major Maillet et Davoust, second lieutenant. Ce dernier, milicien de la levée de 1743, s'était, le 12, emparé d'un canon.
Louis XV ajouta au nom de Narbonne celui de Fritzlar, le comprit comme brigadier d'infanterie dans la promotion du 20 février 1761, et lui décerna, à la môme date, la décoration de commandeur surnuméraire de Tordre de Saint-Louis.
Les régiments de Chantilly, Le Camus (ex-Aulan), Narbonne- Pritzlar et Puységur * (ex-Le Camus) restent, en 1761, sous les ordres du maréchal de Broglie. L'armée de Soubise compte les régiments de Gambis, La Tresne, AUy, L'Espinasse, Longauuay * et Méhégan, venant de France.
Les quatre premiers régiments combattent à Fillingshanseu, le 18 juillet. Bourguisson, lieutenant au régiment de L'Espinasse, détaché avec 25 grenadiers, le 29, tient en respect, sur les bords de la Loër, un corps de 600 ennemis qui n'osent l'attaquer, et repassent la rivière. A l'attaque du village de Weten, le 15 août, le capitaine Porrata^ du régiment de Chantilly, se distingue.
Au mois de décembre 1761 , on fit rentrer en France les régiments de Méhégan, Longaunay et La Tresne, Le premier passe en Normandie. Les deux autres étaient destinés à servir en Bretagne; mais, vu la longueur de la roule à effectuer pendant l'hiver, on laissa le premier à Toul, l'autre à Verdun. D'après un mémoire du 23 février 1762, ils devaient se tenir prêts à relournçir h, l'armée. On ne les y rappela pas.
* Vicomte de Putjségur (Barthélemi-Herculin-Athanase de Ghastenet, chevalier puis) né en, 17^9. -— Ei^eigne au régiment d'Angoumois le 14 décembre i739; colonel dé grenadiers royaux le 20 fétrier i76i; brigadier le 22 janvier i769; maréchal de c^n^p le 1" mars 1780; a cessé de servir en 1791.
* Chevalier de Longàmçiy (Charles-Claude). — Cadet au régiment d'infanterie du Roi en 1728 ; breveté colonel lé !•' janvier 1748 ; brigadier le iO février 1759; maréchal de camp le 25 juillet 1762. Décédé en 1776^
Sept régiments seulement font, en 1763, la campagne au delà du Rhin : Le Camus, Narbonne-Fritzlar, La Rochelambert * (ex- Puységur), Afgenfré (ex-Chantilly) et L'Espinasse, sous les ordres de d'Estrées et de Soubise; Cambis et AUy, au corps de Condé.
Ces derniers se signalent sous les ordres du marquis de Lévis, au combat du Johannisberg, le 30 août. Le régiment d'Ally perd 40 grenadiers; 5 officiers et 60 grenadiers sont blessés. Le régiment de Cambis a 5 grenadiers tués et 40 blessés. Prennent également part à celte affaire les régiments de Le Camus, L'Espinasse et Narbonne. Ils avaient été éprouvés le 24 juin à Wilhelmstadt, ainsi que le régiment de La Rochelambert, dont le tolonel avait été blessé. 37 officiers et 512 sergents et grenadiers étaient restés aux mains de l'ennemi.
Le régiment d'Argentré, pendant ce temps, tenait garnison à Mûnden. Le 23 juillet, il sort de la place avçc les régiments de Lyonnois et de Bretagne, et culbute à Bbnafort un corps ennemi de 3,200 fantassins et quelques escadrons de cavalerie •.
Les grenadiers postiches des régiments de Le Camus et de L'Espinasse faisaient partie de la garnison de Cassél. On cite à propos de ce siège un trait de bravoure du sergent Filleul, du régiment de Le Camus. Commandé aux'travailleurs avancés, le 23 octobre, avec 24 grenadiers. Filleul se jeta dans la redoute LXIX que les ennemis vinrent attaquer. L'officier commandant la redoute vit que les cartouches allaient manquer. Filleul se proposa pour en aller chercher. Il fallait s'y rendre à découvert. Filleul réussit et rapporta des munitions sous un feu intense. Cette action permit de repousser l'ennemi. De ses 24 grenadiers. Filleul en eut 46 tués ou blessés à ses côtés.
4 Marquis de La Roehelambert (Gabriel-Armand-Benoit), né en 1730. — Lieu* tenant en second au régiment d'infanterie de Montmorin le 27 août i745; brereté colonel le i4 octobre 1761 ; brigadier le 22 janvier 1769 ; maréchal de camp le 1" mars 1780. Décédé le 28 avril 1785.
< 5 officiers furent blessés ; il y ent 1 sergent et 5 grenadiers tués et 45 grenadiers blessés.
Parmi les officiers qui se *distingaèrent figure Marcé^ major du régiment.
Cmite de Marcé (Louis-Henry-François), né en 1731. — Lieutenant en second au régiment d'infanterie de GriUon le 26 avril 1744 ; breveté colonel le 29 février 1768; brigadier le l**" mars 1780 ; maréchal de camp le 21 septembre 1788 ; lieutenant général le 13 mai 1792 ; a cessé de servir le l*** jain 1793.
Pendant là guerre de Sept ans, les prisonniers de guerre rentrés et non échangés furent très nombreux. De ceux réunis à Valenciennes, on constitua, le 22 mars 1789, 7 bataillons : 5 de troupes françaises, 1 de Suisses et 1 d'Allemands. Le ¥ bataillon est formé des prisonniers des Grenadiers de France, des grenadiers royaux et des milices. Il comprend 6 compagnies de 107 hommes environ. Les hommes touchent la solde de leur grade comme s'ils étaient à leur corps.
A la nouvelle formation, le 10 juin 1760, des compagnies de prisonniers de guerre sont échangées, la 4« compagnie, établie sous la dénomination de grenadiers royaux de Modène, commandée par 2 officiers de Modène, comprend 12 grenadiers de ce régiment, 7 de Le Camus et 102 de Nar bonne. La 5«, dite de grenadiers royaux de Chantilly, aux ordres de 2 officiers de ce corps, est formée de 61 greifâdiersde Narbonne et 56 de Chantilly.
La formation date du 16 juin et on y procède au fur et à mesure de rarrivée des prisonniers. Ceux-ci allèrent tenir garnison à Landau. Comme ils gênaient dans cette dernière ville et que leur échange, que Ton avait cru prochain, n'avait pas lieu cette année, on les transféra à Golmar, où vinrent les rejoindre les prisonniers cantonnés à Strasbourg.
« Les prisonniers sont tous nuds, faute de fonds envoyés pour payer même les choses les plus essentielles à Thumanité. Ils sont sans bas, sans souliers, sans chemises, sans vestes, et la plus grande partie sans culottes ou si mauvaises qu'elles leur sont presque inutiles. » Pour y remédier, on créa une masse h l'ordinaire de 2 sous par sergent et de 1 sou par homme de troupe. On en fit remonter l'établissement au l®f juin*.
Le 26 octobre 17iB0, nouvelle constitution des compagnies de prisonniers de guerre. La compagnip de Modène devient 7e. Elle est formée de 18 grenadiers de Modène, 7 de Le Camus, 107 de Narbonne et 14 miliciens du bataillon d'Amiens, 4 de Sarreguemines et 6 de Mantes; 20 officiers de Modène la commandent. La 8®, Chantilly, aux ordres de 2 officiers de ce régiment, comprend 57 grenadiers de Chantilly, 61 de Naj*bonne, 1 milicien de Paris et 20 de Nancy.
i Décision royale du 13 octobre 1760.
Léon Hcotet. 10
Enfin, les prisonniers de Wilhelmstadt (24 juin 1762), comprenant 37 officiers et 512 serments et grenadiers des régiments de Le Camus, Narbonne, L'Espinassé et La Rochelambert, entrent dans la composition de 18 piquets formés en 2 bataillons, à Golmar, des hommes restés aux mains de Tennemi dans cette affaire. On les employa à la poursuite des contrebandiers en Franche-Comté et en Bourgogne ^
Le régiment de Bruslart* sert en 1758 sur les côtes d'Aunis et à rile de Ré; le régiment d'Ally reste en Bretagne. Au mois de juillet 1759 il s'embarque sur la flotte du maréchal de Conflans et prend part sur VOrient à la bataille navale de Belle-Ile ; il était encore sur la flotte au mois de janvier 1760.
Depuis la formation, Chattillon* est cantonné en Médoc et La Tresne en Guyenne. En 1760, ce dernier passe à Bayonne. Coincy * demeure en Provence, où le régiment de Miroménil * (ex-Chabrillan), le rejoint au mois de juin 1762, venant de Minorque, mais il se rend de suite en Normandie «. •
Cambis, La Tresne, L'Espinasse, Longaunay et AUy passent en Allemagne en 1761. La Tresne et Longaunay rentrent en France après la campagne. Le 13 octobre 1762, les grenadiers de Longaunay ont ordre de s'embarquer à Brest sur Tescadre de Beaussier , destinés qu'ils étaient à une expédition particulière sous le commandement de d'Estaing. Contre-ordre est donné le 6 novembre. Le 9 commençait à Vannes le licenciement du régiment de Longaunay.
La séparation des grenadiers royaux fut, comme celle des milices, prononcée par ordonnance du 20 novembre 1762 ''.
i Décision da 18 juillet i7d2.
a Deyenu Auian le 10 février 1759 et L'Espinasse le 10 avril 1760.
' Longaunay le 10 février 1799.
4 Cambis le 20 février 1761.
• Comte de Miroménil (Nicolas-Tlidmas Hue^chevaUer puis), né en 1728.^- Garde-marine le 20 novembre 1745; colonel de grenadiers royaux le 11 mai 1762 ; brigadier le 3 janvier 1770 ; maréchal de camp le 1" mars 1780 ; pensionné le 19 juin 1793.
6 Mémoire du 24 juin 1762.
1 Le régiment de Narbonne-Fritzlar, arrivé à Soissons le 12 janvier 1763, fut séparé le lendemain ; les compagnies des généralités d'Orléans, Gaen et Alençon partirent le 14. Le 15, les 6 compagnies de Soissons furent licenciées.
Par décision du 13 janvier 1763, on conserva leurs appointements pendant la paix aux oiHciers de Télat-major des grenadiers royaux *. La dépense était de 134,640 livres. Malgré la séparation des régiments et la suppression tacite des milices, on continua de nommer aux emplois de Tétat-major. Ainsi, le chevalier de La Tresne, le comte de Longaunay et le chevalier d'Ally furent, le !«' décembre 1762, remplacés par le marquis d'Aigremont^ le comte d^Hoffelize' et le marquis de La Rochefoucauld*; le 28 avril 1763, le marquis de Bizemont* succédait au marquis de Narbonne-Fritzlar. On destituait Cambis le 26 juin et le marquis du Blosset était nommé à son régiment.
De même le 19 mars 1763, on rétablit la solde quotidienne de 20 sous pour les anciens sergents devenus capitaines et de 15 sous pour ceux d'entre eux qui étaient lieutenants. Elle avait été supprimée au moment de la guerre.
En 1760, ordre fut donné au baron d'Huart, lieutenant-colonel du régiment de L'Espinasse, de s'embarquer pour la Martinique avec un corps de grenadiers tirés des régiments de Longaunay (358 hommes), d'Ally (308) et de Méhégan (104). Ils firent la petite guerre, puis subirent avec distinction le siège de Fort- Royal, et en sortirent avec les honneurs de la guerre, quand la
* Colonel, 360 livres par mois; lieutenant-colonel, 300; major, 180; aidemajor, 90.
s Marquii d'Aigremont (Louis-AIexaQdre Maret), ne en 17 i9. -~ Lieutenant en second au régiment de Beaujolois le 20 février 1736; colonel de grenadiers royaux le 1®' décembre 1762 ; bri^dier le 3 janvier 1770 ; maréchal de camp le 1" mars 1780.
' Comte d'Hoffelize (Gharles-Georges-Christophe), né en 1728. — Major des cuirassiers de Palfy au service de Hongrie ; colonel de grenadiers royaux le i^' décembre 1762; brigadier le i*' mars 1780; maréchal de camp le 5 décembre 1781 ; commandeur de Saint-Louis le 25 août 1784 ; a cessé de servir en 1791.
* Marquis de Bayer s (François Jean-Charles de La Rochefoucauld-Magnac, puis), né en 1724. -^ Lieutenant en second au régiment de Provence le 6 juillet 1740; colonel de grenadiers royaux le 1" décembre 1762; marquis de Bayers; brigadier le 22 janvier 1769 ; maréchal de camp le 1" mars 1780.
s Marquis de Bizemont (André-Victor), né en 1726. — Lieutenant en second au régiment de Lyonnois le 31 décembre 1743 ; colonel de grenadiers royaux le 28 avril 1763; brigadier le 3 janvier 1770; maréchal de camp le l*' mars 1 789.
capitulation les fit rentrer en France. Des parlementaires anglais les rapatrièrent.
V Hector débarque 3 officiers eV^ii grenadiers à La Rochelle le 29 mars 1762; le Recovery, 7 officiers et 146 grenadiers, le 9 avril; les 1 rois-Sœurs amènent à Port-Louis, le 11 avril, 20 officiers et 156 grenadiers. Le Béiy descend à La Rochelle le 9 mai 2 officiers et 140 hommes de troupe, dont 40 blessés. La Marie arrive le lendemain avec 2 officiers et 38 grenadiers. Séparé de ce bâtiment par un coup de vent, le Cumberland n*aborde que le 17 mai; il a à son bord le baron d'Huart, 4 officiers et 50 grenadiers. Restaient encore une vingtaine de grenadiers que les Anglais refusaient de rendre, plus 2 officiers et 3 grenadiers que leurs blessures mettaient hors d'état de prendre la mer.
Comme ces officiers et ces grenadiers avaient été remplacés à leur corps, on proposa le 8 avril 1762 d'en constituer des piquets destinés aux embarquements à venir. Cette proposition fut approuvée. Un ordre royal du 23 les forma en 15 compagnies, sous le titre de corps des grenadiers royaux de la Martinique. Chaque compagnie est composée de 1 capitaine, 1 capitaine en second, 1 lieutenant, 2 sergents, 2 caporaux, 2 anspessades, 33 grenadiers etl tambour. L'état-majorducorpscomprendl lieutenantcolonel commandant, 1 major, 1 aide-major, 1 chirurgienmajor*.
Ce corps dut se tenir prêt à s'embarquer au premier ordre. On le rassembla à La Rochelle. Le marquis de Narbonne-Pelet fut chargé de la formation et le chevalier de Moyria en reçut le commandement.
Le nombre des capitaines revenus de la Martinique étant insuffisant, on donna cinq compagnies h des capitaines du régiment de Rigorre, que Ton venait de réformer. Le 12 septembre, on y incorpora même la compagnie de grenadiers de ce régiment qui avait été exceptée de la réforme. Son capitaine, La Tour, reçut
i Solde quotidienne : lieulenanl-colonel commandant, iO livres; major, 6; aide-major, 3 ; chirurgien -major, 30 sous ; capitaine, 4 livres ; capitaine en second, 3 livres 5 sous ; lieutenant, 36 sous. Les hommes de troupe sont payés d'après les tarifs du 25 février 1760.
L'entrée en solde est fixée au jour du débarquement ; pour les officiers du régiment de Bigorre, du jour où ils ont cessé d^ôtre payés à ce corps.
le 13 octobre une commission de lieutenant-colonel et un ordre de commandant en second du corps.
La première revue fut passée le 21 mai 1762 par le maréchal de Séneclère. Il trouva que ces grenadiers « formaient une belle et bonne troupe, remplie de la meilleure volonté. » « Ces braves gens, ajoutait-il, ont besoin de tout. Quant à l'armement, il le faut en entier; une partie de leurs fusils sont anglois et hoUandois; les fusils françois ne valent guère mieux... D'aussy bons ouvriers méritent qu'on leur donne de bons outils *. » Les grenadiers étaient alors au nombre de 600, dont 47 aux hôpitaux.
Commencées le 13 juillet, les opérations de la formation définitive furent closes le 18. Le corps comptait 581 hommes; on avait renvoyé les grenadiers hors d'élat de servir.
Le 13 octobre 1762, le corps des grenadiers royaux de la Martinique (640 hommes et 82 officiers) est destiné à s'embarquer à Brest sur l'escadre de Beaussier. Contre-ordre est donné le 6 novembre, et le 20 janvier 1763 la réforme du corps prononcée.
L'opération fut effectuée à Vitré le 12 mai. Les grenadiers emportent chapeau et habit. Ramenés dans leurs provinces respec* lives sous la conduite d'officiers, ils reçoivent leurs congés à Tarrivéo •.
On tira 600 hommes du régiment de La Tresne en 1762. Placés le 3 juin sous les ordres du baron d'Huart, qui a sous lui un lieutenant-colonel et un aide-major, ces 600 grenadiers furent formés en six piquets ' destinés à passer ù Saint-Domingue. Ils se rendirent à cet effet à Blaye pour prendre la mer à la fin de juin. Les vents retardèrent la mise à la voile jusque dans le courant de juillet, et le corps n'arriva à destination que le 10 novembre.
1 Lettre da maréchal, 22 mai 1763.
* Moyria eut (200 livres d'appointements de réforme; le commandant en second, 1000; le major, 800; les deux premiers capitaines, SOO; les sept suivants, 400 ; les derniers premiers capitaines et les sept premiers capitaines en second, 300; les autres capitaines en second, 250. (Décision du 5 juin 1763.)
' Le colonel des piquets a 1000 livres par mois pour tout traitement; le lieutenant-colonel, 600; les capitaines et Taide-major, 306 livres 13 sous 4 deniers; les lieutenants, 153 Uvres 6 sous 8 deniers.
Ce même jour, il avait, sur le Solide , combattu contre un corsaire.
Les piquets, après avoir pris part à Texpédilion de Belsunce, rentrèrent à Brest le 5 octobre 1763. On les licencia de suite.