RECRUES
Essai de Tenrôlement volontaire pour remplacer le tirage. — 32 régiments de recrues. — Enrôlements. — Age. — Prime. — Durée du service. — Dispenses. — Mauvais résultais. — Suppression de 26 régiments. — Recrues des colonies. — Nouveau mode d'enrôlement. — Suppression des régiments maintenus et établissement de dépôts de recrues.
Le 20 janvier 1763, Louis XV avait signé une ordonnance sur la constitution des milices pendant la paix. Cet acte fut annulé, et le 1^^ février parut une ordonnance « pour régler rétablissement des recrues des troupes françoises ^ » On se décidait pour le système en vigueur depuis 1759.
32 régiments dits de recrue sont créés •. Ils sont aux ordres d'un commandant, et composés d'un bataillon de 8 compagnies ».
* Voir, pour cette ordonnance et les suivantes, BecueU d'ordonnaneet et d* instructions sur la constitution et Vorganisation de V armée; Metz, GolUgnon, i762 et suiv.
* Abbeville, Châlons, Rouen, Caen, Alençon, Moulins, Riom, LiUe, Blontauban, Auch, Bordeaux, Poitiers, Lyon, La Rochelle, Tours, Grenoble, Sens, Boissons, Limoges, Blois, Rennes, Metz, Bourges, Valenciennes, Strasbourg, Perpignan, Dijon, Toulouse, Besançon, Aix, Nancy, ViUe de Paris.
» i capitaine, 1 lieutenant, 2 sergents, 4 caporaux, 4 appointés, i tambour et un nombre d'hommes proportionné à celui dont la levée serait chaque année prescrite.
1/état-major comprend i commandant, i capitaine aide-major, i sous-aidemajor et 1 chirurgien.
On donna 216 compagnies à des officiers réformés d'infanterie, les 54 autres à des capitaines et lieutenants de milices et à quelques officiers de cavalerie, de dragons et de troupes légères. Les places de bas officiers, d'appointés et de lambours furent remplies par des hommes des régiments d'infanterie réformés, des grenadiers royaux et des miliciens.
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Les intendants ordonnent de tout ce qui est relatif aux régiments de recrues. Ils forment des arrondissements pour Tenrôlement des recrues, et établissent dans le chef-lieu de chaque arrondissement un dépôt particulier. Dans chaque ville, bourg ou village, sont installés des préposés à f enrôlement, et au chet-Heu de l'arrondissement un préposé principal. L'intendant les commissionne.
Les recrues doivent s'offrir de bonne volonté; être âgées de n k 40 ans en temps de paix, et de 18 à 45 pendant la guerre, et même 48 ans si elles ont déjà servi et peuvent reprendre du service; avoir la taille de 5 pieds 1 ou 2 pouces, selon l'état de guerre ou de paix.
On doit engager de préférence les fourbisseurs, charpentiers, selliers, éperonniers et maréchaux. Les gens suspects, poursuivis ou condamnés sont exclus comme indignes de la profession des armes. Les préposés ne peuvent admettre les habitants de Ré et d'Oléron, ni les hommes classés dans la marine ou assujettis à la garde-côte. Une autorisation écrite du vice-légat est nécessaire pour s'enrôler aux individus nés dans l'État d'Avignon et le Comtat- Venaissin.
La durée du service est fixée à 8 ans. La prime d'engagement reste établie à 30 livres, payables par tiers*; le pourboire est toujours de 5 livres par homme de 5 pieds 1 pouce et s'augmente de 5 livres par pouce.
Après ses huit années de service, le soldat ne peut être astreint au tirage de la milice que lorsque tous les miliciables de sa paroisse ont satisfait au service milicial. S'il fait deux congés, il est pour toujours exempt de la milice et reçoit la demi-solde. Il conserve solde entière ou peut demander son admission aux Invalides après 24 ans de services.
Les pères de famille enrôlés peuvent revenir sur leur décision. En ce cas, ils lèvent un homme à leurs frais.
Le régiment de Paris eut une formation différente des autres régiments. Le 1" septembre 1763, on y établit un colonel (Merlet), un lieutenant-colonel et un major.
* A la signature de l'acte, à l'arrivée au quartier du régiment de recrues, 'arriyée an corps où Thomme est incorporé.
L'établissement des régiments de recrues est la première tentative sérieuse du recrutement normal des régiments.
On ne tira cependant pas de cette institution les avantages que Ton en attendait. Les racoleurs et la maréchaussée engageaient sans discernement tous ceux qui se présentaient, pour grossir le produit du racolage, et épuisaient la bourse des recrues.
Aussi dut-on revenir au tirage au sort, et le 26 novembre 1766 fut prescrite pour le 31 décembre la réforme de 26 régiments *. Six sont conservés •. Le régiment de Paris, maintenu, est porté à 2 bataillons ». Le régiment de recrues des colonies, créé le 30 avril 1765, reste sur pied*.
Les enrôlements cessent d'être faits par les intendants. On en remet le soin aux officiers et bas-officiers des régiments conservés. Les régiments de Paris et des colonies restent sous l'autorité du lieutenant général de police, qui demeure chargé de la levée des hommes.
La prime d'enrôlement est portée à 100 livres, sur lesquelles on achète à Thomme de recrue des effets de petit équipement, et sont prélevés les frais que pourrait occasionner l'enrôlement. Pour le régiment des colonies, la prime est de 70 livres.
Les recrues doivent avoir 16 à 35 ans en temps de paix; en temps de guerre, Tâge maximum peut être porté à 40 et même 45 ans. La taille est de 5 pieds 1 pouce 6 lignes pour l'infanterie (5 pieds 1 pouce seulement pendant la guerre), et de 5 pieds 3 pouces pour la cavalerie et les dragons.
Aucun enrôlement ne peut être annulé que par le secrétaire d'État de la guerre.
La réforme du régiment de Paris * fut prescrite par ordon-
* AbboviUe, Châlons, Rouen, Caen, Alençon, Moulins, Riom, LiUe, Montauban, Aucb, Bordeaux, Poitiers, La RocheUe, Tours, Grenoble, Soissons, Limoges, Rennes, Metz, Bourges, Valenciennes, Strasbourg, Perpignan, Dijon^ Toulouse et Besançon.
^ Lyon, Sens, Blois, Aix, Nancy et Ville de Paris.
3 L'état-major comporte dorénavant i colonel, 1 lieutenant-colonel, i major, 2 aides-majors, 3 sous-aides-majors et 1 chirurgien.
*■ Un bataillon de 6 compagnies, avec l'état-major des autres régiments de recrues.
^ Agobert, lieateiiant au régiment, était le préposé général aus recrues de la
nance du 4«' avril 4767, et celle du régiment de Nancy le 15 août. La même opération eut lieu en vertu de l'ordonnance du 1^' mai 1768, pour les régiments de Lyon, Sens, Blois et Aix. Ils sont remplacés par quatre dépôts de recrues établis à Saint-Denis, Lyon, Toulouse et Touis ^ Quant au régiment de recrues des colonies, on le supprima le 2 mars 1773 *.