‹ Les milices et les troupes provincialesChapitre 23 sur 41 · MILICES LOCALES · texte numérisé non relu

MILICES LOCALES

Troupes bonlonnaises. — Milices de Picardie. -^ Roussillon. — Milices de Basse Navarre, da pays de Soûle, du pays de Labourd, gardes gramontoises, bandes béarnoises. >— Milices bourgeoises du Briançonnois. — Troupes dunkerquoises. — Milices des villages du pays messin. — Volontaires d'Àuais. — Milices bourgeoises. — Milices coloniales.

Troupes boulonnaises ^

Le comte de Boulogne avait sa milice féodale. Quand le comté fut incorporé au domaine de la couronne, le Boulonnais conserva le privilège de se garder lui-même au moyen de troupes recrutées dans le pays et commandées par des gentilshommes de la province. Plus tard, lors de Tinstitulion des milices provinciales et des milices gardes-côtes» le Boulonnais fut dispensé de concourir aux levées. La tradition l'emporte; la province continue à assurer elle-même la sécurité de ses côtes et de son territoire.

Le duc d'Âumont, gouverneur du Boulonnais, avait fait établir un rôle des miliciens de la province; de là date, pour ainsi dire, la véritable constitution des troupes boulonnaises.

Afin de faire sa cour, le duc d'Aumont • présenta ce rôle à Louis XIV, lors de son passage à Boulogne. Le roi donna Tordre, le 3 août 1670, de former les milices du Boulonnais en 6 régiments d'infanterie et 16 compagnies de cavalerie'. Comme nom distinctif, ces corps reçurent le titre de troupes boulonnaises. Deux fois Tan, revue devait en être passée pour constater leur état et les faire manœuvrer.

* Mémoire lu au Congrès des Sociétés savantes, le 17 avril 1884. ^ Louis-Marie, fils du maréchal.

* Le régiment d'infanterie comprenait 10 compagnies de 40 fusiUers ; dO maîtres formaient la compagnie de cavalerie.

La levée était répartie sur les habitations. Les fermes principales fournissaient la cavalerie, à raison d'un cavalier par labour d'une charrue et demie. Les manoirs qui ne faisaient valoir qu'une charrue recevaient un aide pour la levée des cavaliers. On levait l'infanterie sur les manoirs occupant moins d'une charrue et sur les maisons des villes et des campagnes.

Colonels, dont les régiments portaient le nom, lieutenantscolonels, majors, capitaines, étaient nommés par le roi. C'était du gouverneur que les lieutenants recevaient leurs commissions. Pour être commissionné, il fallait être originaire de la province, et les principales familles du Boulonnais tinrent à honneur d'avoir leur régiment.

Ce service, du reste, comptait comme accompli dans les troupes réglées. Les colonels prenaient rang de la date de leur nomination, parmi leurs collègues de l'armée. Comme eux ils obtenaient la croix de Saint-Louis S comme eux ils concouraient à l'avancement. On cite des officiers généraux ayant passé par les troupes boulonnaises».

Le lieutenant de roi^ qui l'était à la fois de la ville et du château, avait charge de passer les revues qui précédaient la formation des compagnies. Il s'occupait de tous les détails durant la mise sur pied des régiments. Le lieutenant de roi était alors le marquis de Colembert, qui avait hérité de cette charge, comme son fils en hérita de lui. Celui-ci, pourvu à 22 ans, le 8 juin 1671, à la mort de son père, avait pris du service en 1672 au régiment de Navarre. Depuis cette époque, il guerroya en Flandre, en Allemagne, commanda à Kehl à dater de février 1703, et ne rentra à Boulogne qu'après le traité d'Utrecht, avec le brevet de brigadier des armées du roi*.

Cependant, il fallait assurer le service. Aussi, afin d'obtenir ce résultat, plaça-t-on en 1690 les troupes boulonnaises sous les ordres d'un inspecteur spécial, le sieur de La Cocherie^. Mort en

* La dernière croix de Saint-Louis avait été accordée le 23 février 1713 à Desprez, colonel d'un régiment de cavalerie. On recommença à décorer les officiers à dater de 1740.

* Les ducs de Mazarin, de Villeqaier et d'Anmont, le comte do Duras, le baron d'Ordre.

' Pinard, Chronologie historique militaire, t. VIII.

* L'inspecteur perçoit 1000 livres de pension à titre d'appointements.

1710^ La Cocherie fut remplacé par Basinghen, subdélégué de l'intendance de Boulogne.

Avec ce dernier, l'inspection perd de son importance; elle devient purement administrative. D'abord, les subdélégués jouissaient en général de peu de considération, puis Colembert rentra à Boulogne en 4713.

Boulogne était le lieu de passage de tous les convois venant d'Angleterre ou s'y rendant. Colembert dépensait au delà de ses revenus pour soutenir dignement l'honneur de représenter le souverain. Tout ce qui pouvait concourir h distinguer Boulogne lui tenait à cœur; en outre, il avait une grande connaissance du pays et s'était dévoué à l'institution des troupes boulonnaises. Il usa des prérogatives attachées à la lieutenance de roi. Il passait les revues avec l'inspecteur et s'occupait avec lui de tous les détails. Pareil zèle ne pouvait demeurer sans récompense : il obtint une pension de 4200 livres.

Basinghen dut cesser ses fonctions d'inspecteur en 4727 pour se consacrer entièrement à son emploi de subdélégué. Le 4«' juillet, le baron d'Ordre, devenu le 28 du même mois mestre de camp d'un régiment de cavalerie, prit l'inspection. Il servit sans appointements, titre et pension ayant été conservés à Basinghen jusqu'à son décès, survenu le 47 décembre 4739*.

Le baron d'Ordre mourut le 4«' mai 4740. Au mois de septembre suivant, le service de l'inspection fut réorganisé. C'est de Guémy de Marquise, lieutenant de roi de Boulogne, ancien capitaine de dragons au régiment de Sommery, que l'on nomma inspecteur. Désormais, l'inspection reste liée à la lieutenance de roi; on remet officiellement au délégué du monarque les fonctions qu'il avait officieusement remplies jusqu'alors.

Afin de conserver à l'inspecteur le caractère militaire qui lui

^ Cette mesure de bienyeiUance devint règle dans la suite pour les officiers de l'état-major des troupes boulonnaises que leur âge contraignait à se retirer. Le successeur ne jouissait de la pension à titre d'appointements que du lendemain du décès de celui qu'il avait remplacé.

Comme toutes les autres pensions, la pension de 1000 livres donnée à l'inspecteur avait été diminuée d'un cinquième à dater du i*' juin 1726, et réduite à 800 livres et même à 710 net: car elle subissait la retenue du dixième. Cependant, ayant supporté la réduction du cinquième, elle en eût dû être exempte.

était indispensable pour le bien du service, et par assimilation aux troupes réglées, on créa à la même époque (septembre 1740) i^n emploi de commissaire à la levée et à la police. Le preqiier titulaire fut d'Auvringhen, subdélégué de Tinlendance.

L'inspecteur avait la discipline et les manœuvres. Au commissaire ressortissait tous les détails : tenue d'un contrôle général renouvelé chaque année; dénombrement des hommes qui devaient former la classe de service; expédition et envoi dans chaque communauté de l'extrait du dénombrement qui la concernait; relevé des soldats commandés à adresser aux communautés, ainsi que les ordres de se rendre à rassemblée î^ux lieu et jour indiqués; répartition des miliciens en compagnies et réunion de celles-ci en régiments; établissement de trois contrôles: un pour rinspecteur elle commissaire, un autre pour les majors, le troisième pour les capitaines; enregistrement signalétique des hommes reçus à l'assemblée pour servir soit en personne, soit comme substituants*; après le tirage des grenadiers, formation d'un nouvel état des compagnies. C'étaient les opérations préliminaires de l'assemblée.

Celle-ci faite, il restait au commissaire à expédier et envoyer des ordres de contrainte à Tégard des manquants ; à apurer le contrôle de chacun des régiments; enfin, à adresser journellement de nombreux ordres pour faire rejoindre les soldats qui s'absentaient, remplacer les décédés et acquitter de mois en mois le montant des loyers des substitués.

La place ainsi était loin d'être une sinécure. En outre, elle engageait à de fortes dépenses. Pour assurer le service, le commissaire se voyait indispensablement obligé d'entretenir un commis toute l'année pour l'expédition quotidienne des difi'érents ordres, surveiller le payement des substitutions et établir le contrôle général annuel. Pendant le mois qui précédait la levée, six scribes, également aux frais du commissaire, étaient chargés des dénombrements, de l'envoi des convocations, de l'enregistreipent des soldats reçus à l'assemblée et de la tenue du triple contrôle des compagnies. Le commissaire personnellement procédait aux levées et aux remplacements, et se rendait dans tous

Pour ceax-ci on mentionnait le prix du « loyer ».

les cantons du pay? pour passer des reyues particulières; cette tournée durait un mois. Enfin, les frais de bureau et d'impriessions étaient aussi à sa charge.

Relevé de ses fonctions par suite de son grand âge (76 ans), d'Auvringhen, qui décéda le 3 février 1767, fut remplacé le 25 février 1758, par Charles de Campagne de Plancy, ex-capitaine au régiment de Condé, inspecteur des haras du gouvernement de Boulogne et major de la place. Selon quelques pièces, Plancy eut le titre de sous-inspecteur; d'autres documents le qualifient adjoint à l'inspection. La dénomination d'inspecteuradjoint fut employée dans la commission de son successeur.

Désormais, l'adjonction à l'inspection demeure inhérente à la majorité, comme l'inspection était déjà attachée à la lieutenance de roi. Le 12 novembre 1768, Plancy se retira en conservant le commandement du régiment de cavalerie boulonnaise qu'il avait obtenu le 30 janvier 1761. Il fut remplacé comme major par Jacques-Gabriel Mulinot d'Hostove. Celui-ci, ancien capitaine aux régiment Royal-Écossais et originaire de Boulogne, reçut sa commission d'inspecteur-adjoint le 6 janvier 1769*.

Le chevalier de Guémy, ex-capitaine dans Conti-Cavalerie, major de Boulogne, colonel d'un régiment de cavalerie boulonnaise et commandant de toutes les troupes à cheval, succéda le 4 décembre 1747, dans la lieutenance de roi et l'inspection, h son frère Guémy de Marquise. Le chevalier de Guémy mourut le 23 août 1767. Déjà le 21 mai 1766, on lui avait adjoint le chevalier de La Villeneufve, boulonnais d'origine et lieutenant-colonel de Conti-Cavalerie. La Villeneufve devint titulaire le 5 octobre 1767, et décéda le 13 décembre 1779. La place d'inspecteur resta six mois vacante. Sur les instances du duc d'Âumont, le

< En dédoublant les fonctions en 1740, on avait également dédoublé les appointements, sur le consentement de Guémy de Marquise. Inspecteur et inspecteur-adjoint perçoivent 400 livres chacun. Pour dédommager le commissaire, puis le sous-inspecteur, des dépenses auxquelles les obligeaient leurs fonctions, on leur accorda^ en outre, pendant la guerre et lors des levées^ 400 livres chaque année à titre de gratification extraordinaire.

La première décision est du 2 mai 1744. Les décisions se suivirent ensuite d'année en année jusqu^au 5 décembre 1748, date de la dernière. On concéda môme gratification le 20 février 1758, pour chacune des levées de 1756 et 1757 ; le 9 mars 1760 pour celles de 1758 et 1759, et le 20 avril 1761 pour l'appel de 1760.

mayeur de Boulogne fut nommé lieutenant de roi le 24 juiu 1780. C'était le chevalier du Blaisel, capitaine au régiment de La Marine, ancien porte-manteau de Madame Victoire, et alors écuyer ordinaire de Madame Adélaïde ^

Les troupes boulonnaises avaient été enrégimentées le 3 août 1670. Dès le 11 octobre 1672, des ordres partirent de Versailles à l'effet de les assembler. Elles étaient alors fortes de 2,000 fantassins et 400 chevaux. On envoya l'infanterie à Arras, Hesdin, Béthune, Bapaume, Douai, Lille et Ardres. Les cavaliers furent répartis entre Arras, Douai, Lille, Tournai et Oudenarde •.

L'assemblée ne dura que six semaines. Dans la suite, chaque année de guerre, les troupes boulonnaises furent convoquées. On les trouve sur pied pendant les guerres de Hollande, de la Ligue d'Augsbourg et de la Succession d'Espagne. Leur affectation spéciale est toujours d'assurer la sécurité du Boulonnais; cependant, on les répartit aussi le long des côtes de la Flandre et de la Picardie ; elles prennent part aux opérations militaires exécutées sur les territoires voisins de leur province; même, en 1705, elles vont tenir garnison à Namur et en d'autres places des Pays-Bas. Les régiments existants à cette époque étaient, pour l'infanterie, ceux de La Gonverserie'», d'Hodicqs de Moyecque*, de Duhamel «, deWierre*' et de Fresneville «. Les ré-

* Du Blaisel et d'Hostove occupaient respectivement leucs places lors de la Révolution. Tous deux moururent à Boulogne : le premier, le 8 juin 1800; d'Hostore, le 18 juin 1802.

2 Pendant la durée de leur service, les troupes boulonnaises recevaient la subsistance des troupes réglées; elles servaient de' concert avec elles à la garde des places. Les peines des déserteurs de l'année étaient appUcables aax miliciens du Boulonnais.

8 Godinthun, le 26 décembre 1722.

* Pinleu, le 9 décembre 1710; FresneviUe, le 1" décembre 1715; Beau* val, le 14 août 1729 ; Hardintbun, le 13 jnin 1731.

^ Guémy de Marquise, le 14 août 1729; Yiilequier, le 7 mars 1754.

< Bernes, le 23 mai 1718; Beaulieu, le 30 janvier 1732; Olincthun, le 12 juillet 1738 ; Chailly, le 16 avril 1743.

■^ Rosamel, le 16 avril 1731 ; Duras, le 29 novembre 1757.

8 Pinleu, le 1" décembre 1715 ; Le Roy du Quesnel, le 26 février 1721 ; Golembert, le i^^ mai 1748; du Manoir, le 9 août 1756.

gments de cavalerie portaient les noms d'Aumont*, d'Olincthun*, de Godinthun», de Desprez* et de Golembert».

Outre les régiments de cavalerie, il existait une compagnie de carabiniers et deux de dragons. Ces compagnies formaient corps. En même temps que son brevet de capitaine, l'officier destiné au commandement de Tune de ces compagnies recevait la commission de lieutenant-colonel.

Toutes les troupes à cheval : cavalerie proprement dite, carabiniers, dragons, étaient placées sous les ordres d'un commandant général. L'officier nommé à ces fonctions quittait son régiment de cavalerie. Le premier que Ton trouve pourvu de ce commandement est le mestre de camp Godinthun. Sa nomination est du 8 mars 1712. Il fut remplacé par Desprez le 25 février 4719, et Desprez eut pour successeur, le 44 juin 4741, le chevalier de Guémy, qui, par dérogation à l'usage, obtint le même jour un régiment de cavalerie. A la mort de Guémy en 4767, les troupes boulonnaises ne semblant devoir être appelées à un service actif qu'à une époque fort éloignée, on ne lui donna pas de successeur.

En 4733, un bataillon tient garnison à Calais, un autre à Dunkerque. On les licencia le 23 mai 4734.

Au début de la guerre de la Succession d'Autriche, Louis XV eut recours de nouveau aux troupes boulonnaises pour assurer la sécurité de la place où chaque régiment était cantonné, ainsi que des tours et des postes des environs.

Bien que comptant toujours six régiments d'infanterie et cinq de cavalerie, les troupes boulonnaises ne furent pas toutes appelées à servir activement. En 4741, ce sont Boulogne, Calais et Dunkerque que l'on veut préserver de l'atteinte de l'ennemi;

^ A conservé le nom d^Anmont avec les ducs d*IIumières (15 mars 1724) et de Mazarin (1*' février 1748) pour colonels; Plancy, le 30 janvier 1761.

2 Du Blaisel, le 15 mars 1719.

3 Du Manoir, le 8 mars 1712 ; Gonti de La Pierre^ le 20 mai 1730; Guémy , le 14 juin 1741 ; Laverdy, le 18 juin 1768.

* Disque, le 25 février 1719; Dugermont, le 26 décembre 1722; Pernes, le 27 janvier 1726.

» Ordre, le 28 juillet 1727 ; Moyecque, le 14 juin 1741 ; Flahaut, le 9 août 1756 ; Ordre, le 20 mars 1778.

trois régiments, un par place, sont destinés à cet usage. Il en fat de même en 4742. En 1743 (ordonnance du 16 juillet), Dunkerque obtint de lever sept bataillons de 600 hommes, tant sur les bourgeois de la ville que sur les habitants de son territoire. Cette ville se gardant elle-même, les troupes boulonnaises n'eurent plus à tenir garnison qu'à Calais et à Boulogne. Deux régiments assurèrent ce service jusqu'en 1748*.

Dès 1 756, les régiments de troupes boulonnaises furent remis sur pied. Chaque année on forme les régiments. Ils furent séparés définitivement par ordre royal du 28 février 1761, rendu sous la forme d'un de par k roy. On ne les assembla plus dans la suite.

Même lorsque les troupes n'étaient pas assemblées, le gouverneur du Boulonnais proposait aux emplois au fur et à mesure des vacances, et le roi donnait aux propositions la suite qu'elles comportaient. Ainsi les cadres demeuraient toujours au complet. A toute réquisition, les troupes boulonnaises pouvaient être constituées et faire un service utile.

Les troupes boulonnaises ont subsisté jusqu'à la Révolution,

Le Boulonnois ne concourait pas à la formation des troupes provinciales.

Hilices de Picardie.

En 1706, le maréchal de Besons leva 4 régiments dans les élections de Ponthieu et de DouUens, ainsi que dans une partie de l'élection d'Amiens. Le 27 septembre, on établit le sieur de Bonnainvilliers inspecteur des milices de Picardie.

Chaque année, des régiments furent ainsi mis sur pied. Le 13 octobre 1708, ce sont ceux de Torcy-Stalonde, de Torcy-Groulard, de Bellozanne, d'Issel, d'Avremesnil, de Rivry, de Fronte-

1 Les ordonnances disent c levée » et « licenciement ». On doit plutôt entendre miie sur pied et séparation.

Par ordonnances du 23 février 1747 et 25 mars 1748, les régiments d'infanterie qui comptaient alors i3 compagnies dont i de grenadiers, furent réduits à 9 compagnies : i de 45 grenadiers et 8 de 40 fusiliers. Au contraire, l'effectif de la cavalerie snhit une augmentation. Les anciennes compagnies de 60 hommes avaient été dédoublées. Une ordonnance du 17 avril 1745 porta à 35 maîtres le complet de l'escadron.

bosq, dç Linetot et de Saint-Jullien. On commissionne colonels le l*' janvier 4709 : le marquis de Saint-Denis, le comte de Briqueville, le marquis de Maisons, de Lions, de Manneville, de Cavigny, de Guéhébert, le chevalier de Courcy, d'Ourville, de Mons, de La Tour, d'Armainvilie et d'Haupitois.

Afin de pourvoir à la sûreté et à la conservation des pays en deçà de la Somme, et pour empêcher les partis ennemis d'y pénétrer, une ordonnance du 7 juin 1710 fit mettre sur pied dans la généralité d'Amiens 4 nouveaux régiments de milices. Levés sur les paroisses et communautés, ils ne devaient être employés que Tété. Ils gardèrent les passages de la rivière de Somme.

Le sort désigne les miliciens, que Ton prend parmi les habitants âgés de 18 à 40 ans, célibataires ou hommes mariés. Le remplacement est interdit ainsi que le rachat.

Les régiments sont à 12 compagnies*. Comme on pensait «qu'il seroit impossible de lever des fonds sur les paroisses, » elles eurent à fournir en nature des sarraux, des chapeaux et des souliers. L'uniformité n'en est pas exigée. On tira les armes des magasins de la généralité.

On confia les quatre régiments au marquis de Fontenilles, au marquis de Vauchelles», à La Neuville et au comte d'Arrest».

Bonnainvilliers reprit ses fonctions. D'après une lettre à lui écrite le 9 avril 1711, elles consistaient à assurer la discipline et

1 1 capitaine, 1 Uentenant, 2 sergents, 47 soldats et i tamboar. Celui-ci reçoit sa caisse de la paroisse.

L'état-major da régiment comporte 1 colonel, i lieutenant-colonel et i major. Pendant l'assemblée, les officiers ont droit à la solde de Tinfanterie. Les sergents perçoiTent 6 sous par jour ; les soldats, 2 sous, sur les fonds de l'extraordinaire des guerres. Le pain de munition leur est alloué.

Dans chaque compagnie, le 20 mai 1711, on établit un caporal et un anspessade. En vertu de la même ordonnance, à dater du l'' juin et pendant l'assemblée des régiments, la solde des sergents est portée à 10 sous ; on fixa à 7 et 6 sous celle du caporal et de Tanspessade ; le soldat reçut 5 sous. S'il leur est fourni le pain, une retenue de 2 sous est exercée.

On pratique une retenue d'un sou sur la solde des caporaux, anspessades et soldats. 4 deniers reviennent aux capitaines pour l'entretien du linge et de la chaussure ; les 8 deniers restants constituent une masse pour l'habillement et l'armement.

' Remplacé le 26 avril 1712 par Méricourt.

< Remplacé le 2d avril 1712 par Hiermot.

la police, à faire faire l'exercice et à prendre soin de la levée et de l'établissement.

Les miliciens de Picardie absents sans congé ou enrôlés dans les troupes, sont sujets aux peines édictées contre les déserteurs et passibles des galères ^

Des régiments de 1708 et 1709, on trouve au 27 décembre 1712, ceux de Saint-Denis, de La Tour, de Manneville, de Quéhéberl, d'Haupitois, d'Ourville, de Courcy, de Lions, de Briqueville, de Cauvigny, de Rivry, de Linetot, de Beilozanne, de Frontebosq, de Saint-Jullien, d'Avremesnil, de Torcy-Goulard, de Torcy-Stalonâe et d'Issel.

Les victoires remportées en Flandre éloignèrent le théâtre de la guerre. Elles eurent pour conséquence de faire licencier les milices de Picardie.

Roassillon.

Miquelets et fusiliers de montagne, levés pendant les guerres du règne de Louis XIV et en 1719, étaient des troupes recrutées dans le pays, mais non des milices.

Pour la défense de ses frontières, le Roussillon fournissait des milices locales appelées pendant la guerre et dissoutes à la paix. Durant la guerre de la Succession d'Espagne on trouve trois régiments d'infanterie : Hervaut, OrtafTa et 0ms, et un régiment de dragons : Tord.

Ces régiments étaient mis sur pied pour la campagne, et les officiers recevaient chaque année une nouvelle commission. Celles des colonels précités sont des 17 juin 1710, 21 juillet 1711 et 14 mars 1712. On ne rappela pas les régiments en 1713.

L*alliance de l'Espagne avec la France contre l'Empereur (25 octobre 1733) permit de retirer de la frontière des Pyrénées les régiments de troupes réglées et de les envoyer à l'ennemi ; mais les places fortes de la contrée ne pouvant être abandonnées, on eut recours pour les garder à la levée de milices locales.

^ Ordonnance du 6 mai I71i.

Une ordonnance du 10 novembre 1733 prescrivit la mise sur pied d'un corps de milices ou « soumettants » de 2,960 hommes.

Pour sa part, la « très fidelle » ville de Perpignan fournil un régiment de deux bataillons de 500 hommes ^ Le premier consul de la ville est le colonel né du régiment. On donne les emplois de capitaine aux nobles de la province ou à des bourgeois vivant noblement; les lieutenances sont dévolues aux « mercaders » « et notaires. Capitaines et lieutenants étaient nommés par les con* suis, sous l'approbation du lieutenant de roi. Des 1960 hommes restant, on forma 49 compagnies de 40 hommes >, officiers non compris.

Le commandement des milices dans chaque place de garnison ou lieux en dépendant appartenait aux premiers capitaines. Tous les mois on relevait les garnisons; revue était passée par les commissaires des guerres et la solde acquittée. Retourner chez soi sans permission rendait passible d'un mois de prison. Un officier chargé du détail remplissait les fonctions d'aidemajor dans chacune des garnisons.

Le régiment de Perpignan servait à la garde de la ville. Il n'était pas caserne, officiers et soldats ayant la faculté de loger chez eux. Les autres compagnies de milices du Roussillon, logées dans les places où elles tenaient garnison, avaient, ainsi que les troupes réglées, droit au chauffage.

La province fournissait l'habillement, et le roi les armes. Toutefois, les hommes possesseurs de « fusils ou escopettes » les devaient prendre pour faire leur service.

Du jour de leur départ pour la place où ils devaient tenir garnison, on paye officiers et soldats sur l'extraordinaire des guerres * . Les caporaux, tambours et miliciens reçoivent, outre leur

* Chacun d'eux est à iO compagnies de 50 hommes, composées comme ceUes des bataUlons de milices. L'état-major du régiment comporte i cobnel, 1 lieiltenant-colonel, i major et i aide-major.

* Notables commerçants.

* 2 sergents, 3 caporaux, 3 anspessadés, 31 fusiliers et i t&mbonr. Celui-ci battait la marche de la proyince.

*■ Colonel, 40 sous par jour, outre sa solde de capitaine ; lieutenant-colonel et commandant du second bataillon du régiment de Perpignan, 20 sous ; major, 50 sous; aide-major, 30 sous; capitaine, 50 sous; lieutenant, 20 sous; sergent, 10 sous; caporal, 7 sous; anspessade, 6 sous; fusiUer, 5 sous; tambour, 6 sous 6 deniers.

solde, 6 deniers pour Tentretien du Ùnge et de la chaussure. Une indemnité journalière de 20 sous est de même, en outre de leurs appointements, allouée aux commandants des six garnisons; la solde des aides-majors de ces garnisons est doublée.

tes milices du Roussillon étaient ainsi réparties : 8 compagnies à la citadelle de Perpignan ; 13 à Collioure ; 8 à Bellegarde; 2 à Fort-les-Bains; 5 à Prats-de-Mollo, dont 45 hommes et i sergent au fort Saint-Laurent de Cerdans; 5 à Villefranche, et 8 à Mont-Louis.

Ainsi que les autres compagnies, le régiment de Perpignan fut licencié par ordre royal du 15 juin 1736.

Remises sur pied le 5 mai 1742, les milices du Roussillon conservent la composition de 1733. Mêmes effectifs, même solde.

Le régiment de Perpignan garde la ville. Par ordre du 2 juin, on envoie 8 compagnies séparées à la citadelle; 13 à Collioure, le 19; 2, à Fort-les-Bains, le 20; 5 à Villefranche, le 24; 8 à Bellegarde, le 26; 5 à Prats-de-Mollo, le 27, et 8 à Mont-Louis, le 29.

Les sergents, soldats et tambours de la milice de Perpignan doivent aux officiers de Télat-major des places obéissance en tout ce qui concerne le service dans la garnison; les délits qu'ils pourraient commettre étant de service, les rendent justiciables des conseils de guerre. Les miliciens du Roussillon ne pouvaient être commandés que pour des ouvrages qui regardaient le service de la place K

Le 28 février 1745, on leva en Roussillon cinq nouvelles compagnies d'infanterie de 40 hommes, destinées à la garde du pays. Elles restent sur pied du 1^^ mai au 31 octobre et doivent continuer de servir tant que la guerre durera. Le duc de Noailles, gouverneur, ou le chevalier d'Auger, commandant militaire de la province, nomment les officiers de ces cinq compagnies, qui sont aux ordres du viguier du Roussillon.

Ces miliciens ne sont pas habillés. On donne aux officiers des hallebardes ; les fusils et leurs baïonnettes sont tirés des magasins de FÉtat.

Toutes les milices du Roussillon furent licenciées à la paix.

i Ordonnance du 13 janvier 1743.

La guerre de Sept ans fit de nouveau rappeler les milices du Roussillon.

Par ordre du 20 juin 1757, 5 compagnies de 50 hommes furent levées pour la garde du pays; d'Oms, viguier du Roussillon, en reçut le commandement. A la même époque, on rétablit le régiment de Perpignan et les compagnies détachées.

Comme autrefois, le régiment de Perpignan reste cantonné dans la ville. On plaça 7 compagnies à la citadelle de Perpignan; 4 à Bellegarde; 3 à Prats-de-Mollo ; 5 à Villefranche ; 7 à Mont- Louis; 1 compagnie à Port-Vendres, et 1 au château de Salces.

Tous furent licenciés par ordres du 15 février 1761, et Ton Remploya plus les milices locales du Roussillon.

Milices de Basse-Navarre, du pays de Seule, du pays de Labonrd, gardes gramontoises, bandes béamoises.

Ces diverses troupes furent créées sous le règne de Louis XIIL On les employait en temps de guerre à la garde de la frontière des Pyrénées, et elles restaient constituées pendant la paix.

Durant la guerre de la Succession d'Espagne^ on trouve sur pied les milices de Labourd, qui formaient un régiment *. Les fonctions de colonel étaient héréditaires dans la famille d'Urtubie et inhérentes à la charge de grand bailli d'épée du pays.

Le 10 décembre 1733, on appela au service 6 compagnies de 100 hommes des milices de la Basse-Navarre, des pays de Soûle et de Labourd et des bandes béamoises. Elles furent licenciées le 8 mai 1734.

Les milices de Béarn furent rappelées le 31 janvier 1743, par cinq ordonnances en date de ce jour.

On prescrivit le rassemblement à Mauléon de 200 hommes des milices du pays de Soûle, pour en former 4 compagnies de 50 hommes, sous les ordres du baron d'Huart; elles doivent garder Navarreins. Pour tenir garnison à Saint- Jean-Pied- de- Port, on lève 400 hommes des milices de Basse-Navarre, à assembler le 4 mars; le plus ancien capitaine en a le commandement*.

^ Le maréchal de Montrevel à Pontchartrain, 9 septembre 17^7. * Le baron de La Lanne était colonel du régiment.

5 compagnies du régiment des gardes gramontoises sont détachées pour être, à dater du 3 mars, rassemblées h Bidache, avec la citadelle de Bayonne pour destination future ; le duc de Gramont était colonel du régiment, mais le commandement effectif était exercé par le lieutenant-colonel, le marquis de Salha. On doit assembler à Ustarits, le 4 mars, 200 hommes des miUces de Labourd; elles se rendent ensuite à Bayonne; comme pour les milices de la Basse-Navarre, le plus ancien capitaine commande. Enfin, les trois bataillons des bandes béarnoises fournissent 750 hommes à réunir à Orthez le 5 mars, encore pour la garde de Bayonne. On en forme 15 compagnies, chacune aux ordres d'un capitaine et d'un lieutenant. Le baron de Hiton, lieutenantcolonel des bandes, a les 15 compagnies sous sa direction. Auprès de lui est placé un aide-major *.

Toutes les compagnies sont à 50 hommes. Du jour de l'assemblée et pendant toute la durée de leur service, la solde est payée sur le taux fixé en 1733 pour les milices du Boussillon *.

Les 15 compagnies des bandes béarnoises k Bayonne furept relevées, en verlu d'une ordonnance du 20 août 1744, par un nombre égal d'hommes tirés du même corps. On les licencia le 8 septembre 1748, ainsi que les 4 compagnies de Labourd et de Soûle, les 5 des gardes gramontoises et les 8 de Basse-Navarre.

Toutes ces milices sont rappelées au commencement de la guerre de Sept ans. On n'a pas trouvé les ordres de mises sur pied, mais elles figurent dans l'ordonnance du 20 février 1757, pour le payement des troupes pendant Thiver de 1756-1757.

Leur licenciement est prononcé en 1761, par des ordonnances du 4 mars^ et des bataillons de milices provinciales les relèvent de leurs garnisons.

Il y avait h la citadelle de Bayonne 4 compagnies de Labourd, 5 des gardes gramontoises et 5 du pays d'Orthez; les 9 premières compagnies sont licenciés le 20 mars; les miliciens d'Or-

^ A la tète du corps était an officier avec le titre de major et inspecteur, nommé par le duc de Oramont. En 1770, ces fonctions étaient occupées par le chevalier de Bruxs, capitaine aux Bandes en 1734, puis capitaine de grenadiers, commandant de bataillon et major.

* Le lieutenant-colonel perçoit 30 sous, outre sa solde de capitaine. On donne 45 sous à Taide-major des Bandes béarnoises.

Ihez quittent Bayonne ce même jour, et on les sépare le lendemain à Orthez.

Les 40 compagnies de Basse-Navarre (pays de Soûle, Cise et Mixe) sont licenciées le 23 mars; elles étaient à Saint-Jean-Pied de-Port. On fait quitter Navarreins le 25, à 13 compagnies des bandes béarnoises; elles couchent à Mormeins le lendemain, et on les licencie à Pau le 27.

Milices bourgeoises du Briançonnois.

Mises sur pied une première fois en 1733, elles sont licenciées le 8 mai 1734.

Une ordonnance du 3 août 1735 prescrivit, pour la garde de la ville de Briançon, l'assemblée de 300 hommes en état de bien servir.

Ces 300 hommes étaient divisés en 6 compagnies de 50 hommes *. Une compagnie montait la garde et était relevée successivement par les autres. Officiers et soldats étaient payés sur les fonds de l'extraordinaire des guerres*.

Les milices bourgeoises du Briançonnois furent licenciées par ordre royal du 10 janvier 1736.

On les rappela par ordonnance du 30 septembre 1743.

Cette ordonnance prescrivit la mise sur pied de 400 hommes; 300 divisés en 6 compagnies devaient être assemblés de suite pour la garde de Briançon et des postes environnants. La solde est la même qu'en 1735.

Cette levée n'étant pas suffisante, on demanda 900 hommes aux communautés du Briançonnois et de l'Ëmbrunois, le 27 août 1746, pour en former 18 compagnies. Le 26 décembre suivant, on fit un nouvel appel de 600 miliciens levés dans les villages du Gapençois les plus à proximité de la rive droite de la Durance. Ils sont également partagés en compagnies de 50 hommes, que

* Aax ordres d'un capitaine et d'un lieutenant, chaque compagnie comprenait 2 sergents, 3 caporaux, 3 anspessades, 21 fusiliers et i tambour;

' 50 sous au capitaine, 20 sous au lieutenant, iO sous au sergent, 7 sous 6 deniers au caporal et au tambour, 6 sous 6 deniers à Tanspessade et 5 sous 6 deniers au fusilier.

Léon H«nD«t. 19

Ton destine à la garde des postes de Savines à SisteiH)n. 24 corn pagnies bourgeoises du Briançonnois et de TEmbrunois, chacune de 50 hommes, furent encore mises sur pied le 28 mai 1747; elles ont mission de former en partie la garnison de Briançon, Mont-Dauphin, Embrun et environs.

Ces milices furent licenciées par ordonnance du 20 novembre 4747. Une seule compagnie fut maintenue provisoirement sur pied. On la sépara peu après.

Troupes donkerquoises.

Sur la demande des habitants de Dunkerque, une ordonnance du 16 juillet 1743 forma 7 bataillons de 600 hommes, sous le nom de troupes dunkerquoises. Ces troupes fureiit composées tant de la bourgeoisie delà ville de Dunkerque que des habitants de son territoire et de quelques autres lieux qui l'avoisinaient, et dépendants des châtellenies de Bergues et de Bourbourg, ainsi que de la ville de Gravelines. Elles devaient servir à la défense de Dunkerque et à la garde des dunes et de la côte de Gravelines à la frontière.

La ville fournit quatre bataillons, et son territoire les trois autres. Le bataillon comprend six compagnies *. Les sept bataillons sont aux ordres du bourgmestre de Dunkerque; le premier échevin remplit les fonctions de lieutenant-colonel, et le capitaine de la 1'® compagnie commande le bataillon. 11 n'y a qu'un major pour les sept bataillons; chacun de ceux-ci a son aide-major.

Les officiers des bataillons de la ville furent nommés par le « corps du magistrat » et choisis parmi les anciens officiers. Les nominations eurent à recevoir Tapprobation de Tofficîer général commandant à Dunkerque. Quant aux officiers des bataillons de la campagne, cijeux du territoire de Dunkerque reçurent leurs commissions du magistrat de cette ville, et ceux des bataillons et compagnies des lieux dépendants des châtellenies furent nommés par les magistrats de ces châtellenies.

Ces divers magistrats attachèrent à chaque bataillon de leur

^ 1 capitaine, 1 lieutenant en premier, i lieutenant en second on 1 en^oigoe^ 4 sergents^ 6 caporaux, 6 anspessades, 82 fusiliers et 2 tambours.

district deux échevms de leurs corps. De concert avec les officiers, ces échevins eurent à prendre soin de la discipline et de la bonne tenue. Les délinquants, sauf pour faits graves et capitaux, étaient jugés par le corps du magistrat assemblé de leur district, réuni aux principaux officiers du bataillon. Ces jugements étaient sans appel.

L'uniforme fut aux frais de chacun, mais non imposé. Il consista, pour les officiers, en un habit de drap bleu de roi, avec parements, doublure, veste, culotte et bas blancs ; les boutons d'argent et le chapeaubordéde même. Les hommes de troupe qui voulurent s'habiller durent porter un sarrau bleu de roi, en toile ou en quelque autre étoffe légère, avec retroussis blancs et boutons d'étain.

21 drapeaux furent donnés par le roi aux troupes dunkerquoises : un drapeau colonel placé à la 1'® compagnie du 1«' bataillon, et 20 drapeaux d'ordonnance, à raison de 3 par bataillon. Chaque drapeau d'ordonnance était formé de quatre bandes bleues et trois blanches, horizontales et traversées du haut en bas par une bande blanche coupée par les armes du roi avec la devise : Fidelitate et animo.

On tire gratuitement l'armement des magasins de l'Étal. Il consiste en épées, fusils, baïonnettes, ceinturons, cartouches, fourniments, porte-fourniments, banderoles de fusils, caisses de tambours avec colliers et baguettes. Dès qu'ils furent armés, les bataillons durent faire l'exercice les dimanches et fêtes et tirer à la cible. A cet effet, le roi fournissait poudre et balles.

Les tambours battaient la marche de la province.

On ne caserna pas les troupes dunkerquoises, qui ne devaient faire de service qu'autant que le gouverneur le leur commanderait. En ce cas, elles sont payées sur les fonds de l'extraordinaire de guerres, du jour de leur assemblée pour les bataillons de la campagne, et pour ceux de la ville, du jour où elles prennent le service de garde dans la place *.

< Le colonel perçoit alors 4 livres 10 sous ; le lieutenant-colonel, 3 livres iO sous ; le commandant de bataillon, 20 sous, plus sa paye de capitaine ; le major, 50 sous et i'aide-major, 30 sous. On alloue 50 sous au capitaine, 20 an lieutenant, i3 sous 4 deniers au lieutenant en second ou à renseigne.

La solde quotidienne des hommes de troupe fut fixée à iO sous pQur Içs

Les localités que l'on appela à fournir les bataillons de troupes dunkerquoises furent exemptées de concourir aux levées de milices dans la Flandre maritime.

Pour la formation des compagnies, on groupa les hommes des divers corps de métiers de la ville. Ainsi, la l'« compagnie du i^r bataillon fut composée de 74 brouetteurs, 18 porteurs de bière et 8 déchargeurs; la 4« du 2* bataillon comprit 27 orfèvres, 12 chirurgiens et 61 maçons ; 100 charpentiers de navire constituèrent la 1" compagnie du 3* bataillon.

Les troupes dunkerquoises furent licenciées à la paix d'Aixla-Chapelle.

Milices des villages du pays messin, ville et snbdélégation de Vie.

Déjà mises sur pied pendant les guerres de la Ligue d'Augsbourg et de la Succession d'Espagne, ces milices reçurent une constitution plus solide par le rétablissement de la charge de colonel vers 1742. Enfin, leur organisation fut réglementée le i^' mai 1759 par le maréchal de Belle-Isle, secrétaire d'État de la guerre, gouverneur de Metz, du pays messin et du Verdunois, et commandant en chef dans les Trois-Évêchés.

Tous les habitants des villages concouraient à la formation de ces milices, à l'exception des gens infirmes ou trop âgés. Tous les ans, on établissait par village un contrôle en colonnes. En tète figuraient les « brevetés » ; puis dans les diverses colonnes on indiquait les nom, prénoms, âge, profession, le corps où le milicien aurait servi; une colonne relatait le nombre des fusils, et une autre mentionnait les chasseurs. Ce contrôle servait à désigner les tours de service pour porter les ordres, dit « service d'ordonnance ». Le milicien commandé qui se refusait à obéir, payait une amende de 20 sous au profit de celui qui avait exécuté Tordre à sa place; on le signalait ensuite au colonel, qui le fai-

sergents, 7 poor les caporaux, 6 pour les anspessades et tambours et 5 pour les fusiliers.

En outre, pour Tentretien du linge et de la chaussure, on attribua un sou par jour à chaque sergent et 6 deniers aux autres bas officiers et aux soldats. Cette aUocation s'acquittait avec la solde, sur laquelle ne s'exerçait de retenue que celle des 4 deniers par livre en faveur de THôtel des Invalides.

sait mettre en prison. Les « brevetés », qui étaient, entre autres, les « supérieurs » des villages, étaient exempts de ce genre de service.

Chaque village était distribué en escouades de 12 hommes. Les caporaux devaient, autant que possible, avoir servi, et les premières escouades comprenaient les anciens militaires, les chasseurs et les habitants possédant des fusils. Tous ceux qui se trouvaient dans ce cas remettaient leurs armes dans un dépôt établi ad hoc dans chaque village, sous peine de prison et de confiscation des armes. A la mort d'un propriétaire de fusil, ses héritiers pouvaient faire annoncer la vente de l'arme au prône pour le dimanche suivant. Si le fusil était acquis par un habitant du village, on le réintégrait au dépôt; si c'était par quelqu'un d'une commune voisine, l'acheteur devait dans les vingt-quatre heures le placer au dépôt de sa commune, aucun fusil ne devant sortir de la province.

Il y avait un drapeau par compagnie.

En temps de guerre, les miliciens messins gardaient les redoutes placées sur les frontières. Ils rendirent ainsi d'utiles services au commencement de la guerre de la Succession d'Autriche.

Le service de paix consistait à porter les ordres, à escorter les processions du Saint-Sacrement, à poursuivre les « mauvaises bêtes », à prêter main- forte aux cavaliers de la maréchaussée et employés des fermes du roi, et à maintenir Tordre et la police.

A cet effet, dans chaque dépôt d'armes, il y avait toujours cinq fusils chargés à balle, et un par escouade dans les villages où il y avait plus de 45 miliciens. S'il n'existait pas de fusil dans une commune, les maires en achetaient au moins trois aux frais de la commune, et un par escouade quand elle comptait plus de 25 habitants. De même, chaque communauté fournissait une poire à poudre d'une demi-livre, deux livres de balles, un tirebourre et des pierres à fusil.

En cas d'alarme pour l'arrestation de voleurs, tous les miliciens du village devaient se rendre à l'appel du tocsin. On prenait ensuite les armes et l'on faisait des patrouilles.

Personnne ne pouvait, sous peine de prison, se dispenser de se trouver aux convocations ordonnées. Pour un breveté ou un officier, la peine était doublée et pouvait même aller jusqu'à la cassation.

Lei fbùctions du colonel de la milice des villages du pays messltl Consistaient à faille des tournées, afin de surveiller le recrutement des compagnies, à visiter les dépôts d'armes, à s'assurer que les préposés s'acquittaient de leurs devoirs avec conscience, et entretenaient les fusils en bon état, à passer chaque année une inspection des compagnies réunies en bataillons. Pendant sa tournée, le colonel pouvait faire assembler la troupe du village et lui faire prendre les armes. Ces assemblées ne devaient âvoii* lieu que les dimanches et fêtes.

A la revue du colonel, on tirait à la cible. Le meilleur tireur de chaque bataillon avait « une exemption, comme sergent, pour un au. » Le brevet ne lui en était expédié que huit jours après, pour qu'il eût le temps de le revendre, s'il le voulait.

Tirait qui voulait; on avait droit à trois balles, moyennant quatre sous et demi. Les miliciens qui n'avaient pas de fusil pouvaient en emprunter k un habitant de leur village, en lu! donnant un sou.

Le colonel était assisté dans ses fonctions par trois aidesmajors : deux pour le pays messin, et un pour les villes et dépendances de Vie et Moyenvic. Les attributions de ces officiers consistaient principalement dans la surveillance des dépôts d'armes, dont ils faisaient une visite bisannuelle, en mai et octobre.

Les colonels étaient nommés par le déparlement de la guerre. Le premier colonel connu est Bergerac, remplacé par suite de son décès, le 22 avril 1696, par Saint-Iran, déjà major de ces milices. Au rétablissement de la charge, vers 1742, on la confia à Gondreville, qui eut pour successeur, le 12 avril 1742, de Cotte, ex-commandant de bataillon au régiment de Touraine. Le 11 mai 1784, Forestier du Buisson, aide-major de Metz, fut pourvu de la charge, vacante par la démission du colonel de Cotte. Il l'occupait encore au moment de la Révolution.

Annis.

Lors de la descente des Anglais à l'île d'Aix, au mois de septembre 1758, les négociants de La Rochelle avaient levé, de leur propre mouvement, une compagnie de 100 volontaires, équipée, armée et habillée à leurs frais, selon l'uniforme du régiment

d'Aunis, et en avaient remis le commandement au chevalier de Salines, ex-capitaine au régiment de cavalerie de Saluées. Le maréchal de Séneclère demanda que celte troupe fût portée h 200 hommes, pour la faire servir sur la côte durant la guerre, et l'employer à la défense du poste que le commandant de la province lui assignerait.

Ces volontaires, par le zèle qu'ils avaient montré, méritant d'être conservés, Louis XV décida, le 10 mars 1759, la formation, entre les négociants de La Rochelle, d'un corps de 200 hommes sous le titre de volontaires d'Aunis, et le divisa en quatre compagnies, aux ordres d'un capitaine et d'un lieutenant. L'étatmajor comprend : un lieutenant-colonel commandant^ un major, un aide-major et un enseigne. L'uniforme est celui de l'ancien régiment d'Aunis : gris-blanc à parements rouges, boutons jaunes, galon de chapeau doré. '

Les volontaires d'Aunis furent dédoublés le i^^ mars 1760. Deux compagnies conservèrent leur ancien titre ; les deux autres deviennent volontaires cPEstrées. La compagnie garde son organisation; chacun des deux corps a le même état-major que celui donné en 1759 aux volontaires d'Aunis. Ils ne reçoivent pas de solde.

Par ordonnance du 1«' septembre 1762, le licenciement dot volontaires d'Aunis et des volontaires d'Estrées fut prononcé. Pour ces derniers, l'opération était déjà exécutée; le corps s'était licencié de lui-même lorsque le maréchal d'Estrées avait été prendre possession du gouvernement de Metz, auquel il avait été appelé le 30 janvier 1761. Les volontaires d'Aunis furent dissous le 14 septembre 1762.

Milices bonrgeoises.

Un édit rendu au mois de mars 1694 créa en titre d'offices des colonels, majors, capitaines, lieutenants et enseignes des bourgeois dans toutes les villes et bourgs fermés du royaume. Paris avait été excepté. Un édit spécial fut signé pour lui au mois de septembre 1703. Cet édit établit en titre d'offices formés et héréditaires, dans chacun des seize quartiers de la ville, un lieutenant-colonel et un major ; et pour chacune des 133 compagnies de milices bourgeoises, un capitaine, un lieutenant et un enseigne.

Les officiers n'étaient pas pourvus de commissions, lettres, ni brevets du roi. Ils ne pouvaient se prévaloir de leurs fonctions pour obtenir la croix de Saint-Louis ^

On trouve des milices bourgeoises à Perpignan et dans le Briançonnois, à Amiens, à Metz ', à Bouillon, à Bordeaux *, à Saint-Malo *, etc.

Les milices bourgeoises furent remplacées, en 1789, par la garde nationale.

Milices coloniales.

Les colonies françaises avaient aussi leurs milices, qui étaient composées des habitants libres valides, blancs ou nègres. On les astreignait à des exercices périodiques; et commandées que furent ces milices par d'anciens officiers des troupes, elles rendirent d'utiles services.

Les officiers des milices coloniales obtenaient la croix de Saint-Louis comme ceux des troupes réglées, dans lesquelles quelques commandants de bataillon reçurent le rang de colonel.

Les colonies étaient divisées en quartiers, qui formaient chacun un bataillon de milices et lui donnaient son nom. Ainsi : Moka et la Rivière-Noire y à Tîle de France; Dondon et la Grande- Rivière, à Saint-Domingue ; la Rivière-Salée, Vauclain et le Mouillage-Saint-Pierre^ à la Martinique.

Ces milices subsistèrent jusqu'à la Révolution, et figurèrent dans les insurrections qui troublèrent les colonies en 1792.

* Décision du 4 octobre 1789.

' Le règlement pour cette viUe est du 12 avril 4747.

* Le maréchal de Richelieu, par lettre du 28 juillet 1758, rendit compte qu'il s'occupait de former les milices bourgeoises do son gouTemement. Le 15. août 1758, Carie de Boisgramont fut nommé par le maréchal commandant principal de la milice bourgeoise de Bordeaux.

* Cette Tille avait le privilège de se garder elle-même.

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