‹ Les Mille et un jours (volume 2)Chapitre 13 sur 31 · PM · texte numérisé non relu

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lln hon géme qui parcourait le desert et savait lir« daus les cœurs» avait entendu les gémissements et les cris de douleur de la jeune épouse et vu les projets de rinrànie vieillard; il résolut d^inslruire Ali de la trahison du vizir, et de partager avec lui Tainjée de |>énitence qui lui était nuposée. Le génie viril à la source, conta au prince ce qui s'était paf^sé , lui lit jurer de revenir dans six mois reprendre sk place, et lui ayant rendu sa première forme et indiqué la route du royaume où il désirait aller, ils s'embrassèrent, et le prince fut rejoindre sa bien-aimée.

Dire la joie de ces deux tendres amants en se retrouvant dans les bras l'un de Tautre est uu-desi*us *le ma pensée; le retour d'Ali fut célébré par de grandes fêtes et des largesses dans toutes les mosquées; les jours de malheur sont longs, mais six mois de bonbeur sont bientôt passés. La princesse était enceinte, et cependant le moment

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de retourner ii la souroe du désert approchail; il fallait lui confier ce fatal secret. Son désespoir fut cxtrftnie, l'idée de se séparer de son hien-ainié emportait pour elle la peur de le perdre tout k fait; aussi résolut-elle de raccompagner. — 3e fléchirai le génie, il est mou hienfaiteur, c'est à lui que je dois le boidieur d'être niére , il ne voudra pas que le cha<i:rin de notre séparation cause ma mort et celle de notre enfant.

Au jour dit, Ali, fidèle à sa parole, arriva avec la princesse à la source enchantée, il revit le génie en jeune fille; seulement, au lieu de la trouver vierge, comme il lavait laissée, c'était une femme enceinte.— Dieu soit loué! dit le génie, tu as tenu ta promesse; et tu as bien fait, car tout ceci commençait fort à me peser. Hâte-toi de l>oire k la source et de manifester ta volonté, afin que je reprenne ma première forme et me rende aux lieux où je suis attendu. — Tu le vois, répondit le prince, fidèle k mes serments, jarrive. Mais comment se fait-il que l'ayant laissée vierge, je te retrouve grosse? Ton nouvel étal change ta position et la mienne. Le génie prétexta Tennui, la faiblesse de son sexe, l'occasion, de sjiints |)ersorinages qu'Qlle n'avait pu refuser d'obliger. Ali, honimed'honneur, allait obéir auxdésirs du génie; mais laprincesseseliàtade parler: — 0 génie! que sont quelques mois dans ta vie immortelle? Tu vas devenir mère ! conçois-tu ce bonheur? comprends tu le charme qu'auront pour toi les premiers cris de ton enfant, ses premières caresses? Tu pourras le doter de tout ce qui rend heureux, lu le préserveras d'être jamais séparé de son bien-aimé. El moi aussi je vais bientôt être mère ; si tu m'arraches mon époux, je ne survivrai pas k notre séparation , et tu feras mourir et la mère et l'enfant. 0 génie ! prends pitié de ma douleur; passe ici les mois voulus psir le destin , et porte-nous après ton enfant , je relèverai k l'égal du mien , et l'aimerai comme si j'étais sa mère.

Le génie , attendri , consentit k ce qu'on lui demandait , et le prince ramena la princesse k la cour du calife , et fit punir le vizir comme il le méritait.

Pendant que la vieille racontait cette histoire, sa chienne était venue poser sa tète sur ses genoux et versait de grosses larmes. La jeune femme lui dit : — Ma bonne mère, je suis préoccupée de cette

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