HISTOIRE DU VANNIER
d'uu éclal surnaturel. Je le saluai avec respect, il ne bougea pas; je lui adressai la parole , il ne me répondit point. Saisi d'élonnemetit et de crainte j je retournai vers mon maître, et lui contai ce que je venais de voir, — Dieu soit loué ! dit-il , nous touchons au bnt de notre entreprise, 0 Abd-Allali ! reviens vers le vieillard ^ marche à lui sans crainte, et apporte-moi le coffre sur lequel repose sa tête. J'obéis, et
de retour dans la salle souterraine, je m'approchai du Irôiie : trois marches d'argent y conduisaient. Lorsque je mis le pied sur la première, le vieillard se redressa; malgré ma surprise, je franchis la seconde, il prit alors un arc et y plaça une tlèche acérée , qu il dirigea vers nioi. Sans égard pour les ordres de mon bienfaiteur, je sautai en arrière et m'enfuis de nouveau. Quand l'Arabe me vit, il me dit: — Est-ce la ce que tu nras promis? Homme sans courage , viens avec
mut , el lu trouveras des richesseH inmtiniables ! Je te conduisis alore vers le lieu où Hiiil le vioiHard. Quand il lui {urs du Irùue, il gtuvit la|HvuiNVe marclio, U^ vieitliinl se leva; lorsqu'il |ios;i W jvicd sur la secoruit* , il |inl l'arr H y |)la*;a la lUnhe; mais lnrs(|ue TAnibe cul posé le iiied sur la troisième iiiarcbe, le vieillard iMinda Tare et décocha la rit^lie pour le percer: mou maître la reçut sur le livre sacré, où elle se hvmi connue sur un li(»urlicr île fer. Le vieillard retomba immobile sur le Ir^ue , et ses yeu\ cessèrent de briller. Moii niallre s'rUuit euipiirédii colîre tuystérieux dord il uravait parle , en lira la de! rnagicjue qui ouvrait ites souterrains imi ébiienl déposé?» des monceaux de jK^rles, do diamants et de rubis. Nous y filnries; r Indien me permit d y puiser assez de ricbesses pour qu'à l'avenir je n'eusse rien a envier que jr ne pusse jKiyer. Je remplis ma ceinture, les plis de ma robe e» mon lurban, des plus belles perles, des plus gros diamants et do loutes srutes de pierres précieuses. Comme le sage Saadi passait devant ces trésors sans les regarder, je lui dis: — 0 Seigneur, poun|uoi laissez-vous ici ces ricbesses inestimables et o'emp<)rtez-vous, pour prix de tant de travaux, qu'une chose d'une mince valeur? Le livre de la Sagesse est ayjiHird'hiii une inutilité; quel est riionmie f|ui ne se croie sfige, et qui veuille clianger?— Mou fils, me répondu le vieillard, je louclie au ternie de ma carrière; ma vie s est passée ii la recbercliede la vérité. Si je n'ai pas amélioré les hommes, lt>rs*pie je serai dcvaul Dieu, il me tiendni compte non-seulement du bien que j'aurai fait, mais encore de celui que j'aurai voulu faire. Quanl à toi, qui as une femme et descufaiits, je Tapprouve de t' assurer un avenir pour <*ux. Nous sortîmes de la ville enchantée , a mon grand regret (Ky laisser tous ces trésors.
Quand nous fûmes dans la carnpa^nie, je me retournai pour voir le palais et la ville, mais ils avaiettt dispiiru; j'en (émoignai mon étoancment à mon maître, qui me dit : — Abd-Allah, ne cherchez pointa approfondir les mystères de la science, rontentex-voiis de vous réjouir avec moi de la réussite de noire voyage.
Nous reprîmes la roule de Bagdad ^ et au twnt de pett de temps nous y arrivâmes sans avoir éprouvé rien autre qui soil digne de vous être raconté-