‹ Les Mille et un jours (volume 2)Chapitre 27 sur 31 · HISTOIRE DU DERVICHE ABOUNADAR · texte numérisé non relu

HISTOIRE DU DERVICHE ABOUNADAR

retirait du chandelier, il prit le parli de le reporter au derviche dans l'espérance qu'il pourrait obtenir le trésor qu'il avait vu ou du moins retrouver les richesses qui s'étaient évanouies à ses yeux, en lui rapportant une chose pour laquelle il avait témoigné un si grand désir. Il était assez heureux pour avoir retenu son nom et celui de la ville deMagrebi, qu'il habitait. Il partit donc au plus tôt pour s'y rendre, flt ses adieux à sa mère et se mit en marche avec ce chandelier qu'il faisait tourner tous les soirs, et qui lui fournissait par ce moyen de quoi vivre sur sa route sans avoir besoin d'implorer le secours et la compassion des fidèles. Quand il fut arrivé à Magrebi, son premier soin fut de demander à quel couvent ou dans quelle maison Abounadar était logé; il était si connu que tout le monde lui enseigna sa demeure. Il s'y rendit aussitôt et trouva cinquante portiers qui gardaient la porte de sa maison; ils avaient chacun un bâton avec une pomme d'or à la main ; les cours de ce palais étaient remplies d'esclaves et de domestiques; jamais enfin le séjour d'aucun prince n'avait étalé tant de magnificences. Abdalla, frappé d'étonnement et d'admiration, ne pouvait se déterminer à passer plus avant. Certainement, disait-il en lui-même, ou je me suis mal expliqué, ou ceux à qui je me suis adressé ont voulu se moquer de moi en me voyant étranger : ce n'est point ici la demeure d'un derviche, c'est celle d'un roi. Il était dans cet embarras, quand un homme vint à lui et lui dit : — Abdalla, sois le bien arrivé, mon maître Abounadar t'attend depuis longtemps; ensuite il le conduisit dans un jardin magnifique, où le derviche était assis. Abdalla, frappé de toutes les richesses qu'il voyait de tous les côtés, voulut se prosterner à ses pieds; mais Abounadar l'en empêcha et l'interrompit quand il voulut se faire un mérite du chandelier qu'il lui présenta. — Tu n'es qu'un ingrat, lui dit-il ; crois-tu m'en imposer? Je n'ignore aucune de tes pensées, et si tu avais connu le mérite de ce chandelier, jamais tu ne me l'aurais apporté. Je vais te faire connaître sa véritable utilité.

Aussitôt il mit une luniii^redmiseliacuiie rie ses brancheSj cl quand les riou/.e derviches eurent tourné quelque tetn|js, AlMiuniidar leur donna à cliacnn un coup de bâton, et dans le oioiiient ils furent convertis en douze monceaux de sequins, de diamants et d^aulres pierres précieuses, — Voilà, lui dit- il, rnsaj^e que Ton doit faire de cette merveille. Au reste, je ne Fai jamais désirée que pour la placer dans mon cabinet comme un talisman composé par un saxre que je révère, et que je suis bien aise tie montrer à ceux qui de teinjis en temps viennent me rendre visite. Et pour te prouver, ajuula-t-il^ que la curiosité est le seul objet de la recherche que j*en ai fjiite, voici les clefs de mes magasins^ ouvre-les, et tu jugeras quelles sont mes ri*

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