‹ Les Mille et un jours (volume 2)Chapitre 7 sur 31 · HISTOIRE DE LÎU-IU · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE LÎU-IU

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De perdit point de temps et livra trente taels pour conclure l'affaire. Liu-pao ayant reçu cette somme : — Je dois voos avertir, dit-il an marchand^ que ma belle-sœur est flère, hautaine; elle fera bien des difficultés quand il s'agira de quitter la maison, et vous aurez beaucoup de peine à Ty résoudre- Voici donc ce que vous devez faire : Ce soir, à rentrée de la nuit, ayez une chaise et de bons porteurs ; venez a petit bruit et présentez-vous à notre porte. La demoiselle qui paraîtra avec une coiffure de deuil est ma belle-sœur; ne lui dites mot et n'écoulez point ce qu'elle voudrait vous dire ; mais saisissez-la aussitôt, jetez^la dans la chaise, conduisez-la sur votre barque et mettez à la voile. Cet expédient plut fort an marchand, et rexécution lui parut aisée.

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Cependant Liu-pao retourne à la maison; et, afin que sa bellesœur ne pressentît rien du projet qu'il avait formé, il sut se contrefaire en sa présence; mais dès qu'elle se fut retirée, il fit confidence à sa femme de son dessein, et, en désignant sa belle-sœur d'un air méprisant : — Il faut, dit-il, que celte marchandise a deux pieds

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sorte celte nuit de notre maison; mais , pour n'être pas témoin de ses larm(*selde ses géniisseiiierits , je vais sortir d'avance, et, k la chute de la nuit, un marchand de Kiang-si viendra I enlever et la conduira à sa barque dans une chaise k porteurs.

Il allait poursuivre, lorsqu'il entendit le bruit d'une personne qui marchait en dehors de la fenêtre. Alors il se hâta de partir; et la pré* cipilation avec hiquelle il se retira ne lui permit pas dajou 1er la circonstance de la coiffure de deuil. Ce fut sans doute par une providence loulo particulière du ciel que celte ci rcousUiiice fut omise.

La dame Wang s'aperçut aisément que le bruit qu'elle avait fait près de la fenêtre avait obligé Liu-pao a rompre brusquement la couversation. Son ton de voix marquait assez qu'il avait encore quelque chose de plus a dire; mais elle en avait assez entendu ; car ayant recoonu a son aîr^ lorsqu'il en Ira dans la maison , qu'il avait quelque secret k communiquer à sa femme, elle avait fait semblant de se retirer, et, prêtant secrètement Foreille a la fenêtre , elle avait ouï distinctement ces mots : « On Tenlèvera, on la mettra daus une chaise, >*

Ces paroles fortifièrent étrangement ses soupçons* Elle eitlra dans la chambre, et, s'approchant de Yang, lui déclara d'abord ses inquiétudes. — Ma belle-sœur, lui dit-elle, vous voyez une veuve infortunée, qui vous est liée par les nœuds les plus étroits d'une amitié qui fut toujours très-sincère ; c'est par cette ancienne amitié que je vous conjure de m'a vouer franchement si mon beau-frère persiste encore dans son ancien dessein, de me forcer k un mariage qui tournerait à ma confusion.

A ce récit, Yang parut d'abord interdite et rougit; puis, prenant une contenance plus assurée : — A quoi pensez-vous, ma sœur, lui dit-elle, et quelles idées vous mettez-vous dans l'esprit? S*il était question de vous remarier, croyez-vous qu'on fût fort embarrassé? Hé! k quoi bon se jeter soi-même k Feau j avant que la barque soit prête k faire naufrage?

Dès que la dame Wang eut entendu ce proverbe tiré de la barque , elle comprit encore mieux le sens de Tentretieo secret de son beaufrére* Aussitôt elle éclate en plaintes et en soupirs, et, se livrant a

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toute sa douleur, elle se renferme dans sa chambre , où elle pleure, t*lle gémit, elle se lamente : — Que je suis malheureuse, s'écriet-elle , je ne sais ce qu'est devenu mon mari ! Liu-lchin , mon beautVère et nmu ami, sur qui je devais compter, est en voyage- Mon père , ma mère , mes parents, sont éloignés de ce pays. Si cette affaire se précipite, comment pourrai-je leur en donner avis? Je n'ai aucun secours à attendre de nos voisins, Liu-pao s'est rendu redoutable à tout le quartier, et Ton sait qu'il est capable des plus grandes noirceurs. Infortunée que je suis ! je ne saurais échapper a ses pièges ; si je n*y tombe pas aujourd'hui, ce sera demain ou dans fort peu de temps. Tout bien considéré, finissons celle trop pénible vie; mourons une bonne fois, cela vaut mieux que de souffrir mille et mille morts.

Elleprit ainsi sa résolution ; mais elle en différa Texécution jusqu'au soir, Aossiiôt que la nuit est venue, elle se retire dans sa chambre et s'y enferme ; puis, prenant une corde , elle 1 attache à la poutre par un bout , et à Tautre bont elle fait un nœud coulant; elle approche un banc, monte dessus , ajuste modestement ses habits par le bas autour de ses pieds ; ensuite elle s écrie : — Ciel suprême, vengez-moi ! Après ces mots et quelques soupirs qui lui échappèrent, elle jette sa coiffure et passe la tête et le cou dans le nœud coulant; enfin , du pied elle renverse le l)anc, et demeure suspendue en l'air.

C*cn était fait de cette malheureuse dame. Il arriva néanmoins que la corde dont elle s'était servie, quoique grosse et de chanvre^ se rompit tout à coup. Elle tombe à terre à demi morte : sa chute et la violence dont elle s'agitait Qrent un grand bruit.

La dame Yang accourut à ce bruit , et trouvant la porte bien barricadée, elle se douta que c^était là un stratagème d'un esprit à demi troublé. Elle saisit aussitôt une barre et enfonce la porte. Comme la nuit était très-obscure, en entrant dans la chambre, elle s'embarrassa les pieds dans les habits de madame Wang et tomba à la renverse. Cette chute fit sauter sa coiffure bien loin , et T effroi dont elle fut saisie lui causa un évanouissement de quelques moments. Aussitôt qu'elle eut repris ses sens, elle se lève, va chercher une lampe et revient dans sa chambre, où elle trouve la dame Wang étendue par

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terra, sans mouvement et presque sans respiralioii , la bouche char-] gée d'écume et le cou encore serrè par la cord(*. Klle làctie au plus tôt le nœud coulant*

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Au moment qu'elle voulaitlui procurer d'autres secours, elle entend frapper doucenient k la porte de ta niaisan. Elle ne douta point que ce ne fût le marchand de Kiaug-si qui venait chercher l'épouse qu1l avait aclietée. Elle court vite pour le recevoir et Fintroduire dans la chambre, afin qu'il fût témoin de ce qui venait d'arriver* Mais, songeant qu'elle n'avait plus sa coiffure et qu'il u'était pas convenable de se présenter ainsi, elle ramassa précipilamuient celle qui se Irouvait sous ses pieds et qui était la coiffure de deuil de madame Wang, et courut vers la porte.

C'était en effet le marchand de Kiang-si , qui venait enlever la dume qu'on lui avait promise. Il avait une chais*» de noces, ornée de

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banderoles de soie, de festons, de fleurs el de plusieurs belles lanternes; elle était eiivirorinée de domestiques qui portaient des torches allumées et d'une troupe de joueurs de fliltes et de haut bois. Tout ce cortège s'était rangé dans la rue sans jouer des instruments et sans faire de bruit. Le marchand avait frappé doucement à la porte; mais rayant trouvée entrouverte, il ét<iit entré dans la maison avec quelques-uns de ceux qui tenaient les flambeaux pour Téclairer.

Dès que la dame Yang parut, le marchand qui lui vit une coifl*ure de deuil, qui était le siii;nal qu'on lui avait donné, se jeta sur elle comme un épervier afl'amé fond sur un petit oiseau. Les gens de sa suite accourent, enlèvent la dame et renrerment dans la chaise qui était toute prête à la recevoir. Elle eut l»eau crier : « On se trompe. ce n'est pas moi qu'on cherche! » Le bruit des fatdares se fit aussitôt entendre et étouffa sa voix, tandis que les porteurs de chaise volaient plutôt qu'ils ne [iiarcbaicnt pour la transporter à la barque.

Pendant ce temps-là, madame Wang, qui avait été soulagée par les soins de sa belle-sœur, était revenue àelle-mêni« et avait recouvré la connaissance. Le grand fracas qu^elle entendit à la porte de la maison renouvela ses alarmes et lui causa de mortelles inquiétudes; mais conmie elle s aperçut que le bruit des fantares et cette confusion de voix et d'instruments, qui s'était élevée tout a coup, s'éloignaient d'un moment h l'autre, elle se rassura, et, après environ un demi-quart d'heure, etle s'enhardit et alla voir de quoi il s'agissait.

Après avoir appelé sa belle-sœur deux et trois fois, et toujours inutilement, elle comprit que le marchand s'était mépris et avait emmené celle qu'il ne cherchait pas; mais elle appréhenda quelque fâcheux retour lorsque Liu-pao serait instruit de la méprise. Alors, elle s'enferma dans sa chanjbre, où elle ramassa les aiguilles de tète, les pendants d'oreilles et la coiffure noire qui était à terre. Elle songea ensuite à prendre un peu de repos; mais il ne lui fut pas possible de fermer l'œil durant toute la nuit.

A la pointe du jour, elle se lève , se lave le visage; et , comme elle cherchait sa coiffure de deuil pour la prendre, elle entend du bruit qu'on faisait à la porte rie la maison; on y frappait rudement et on

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criail : « Ouvrez-doïïc ! » Celait jusleniriit Liu-piia, dont elle reconnut la voix. Son parti fui bient^M pris; elle le laissa frapper sans rrpondre. Il jura, il lerup^la, il cria jusqu'à senrouer. Etiliti^ la dame Wang s'approcha de la porte, et se tenant derrière sans l'ouvrir: — Qui est-ce qui frappe, dit-elle, et qui fait lanl de bruit? Liu-pao, qui dislingtiait fort bien la voix de sa belle-sœur, se mil à crier encore plus tbrl; mais voyant qu'elle refusait d^ouvrir, il eut recours a un expédient qui lui réussit. — Belle-sœur, dit-il, bonoe et heureuse nouvelle! Liu-lchin, mon frère cadet, est de retour, et noire frère aine jouit d'une santé parfaite; ouvrez vitel

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A ces oiols du retour de Liu-tchiii , la dame Wang court prendre la coiffure noire qu'avait laissée sa belle -sœur, puis elle ouvre avec empressement; mais en vain cherchent elle des yeux son cher Liii^ tchin, elle n*a[*ercoit que le seul Liu-pao, Celui-ci entra d'à- K>rd dans sa chand»rc; mais n'y voyant passa femme, et remarquant d'ailleurs une coiffure noire sur la tèle de sa belle-sœur, ses soupçons se renouvelèrent d'une étrange sorte* Enihij il éclate : — Hé ! ouest donc votre belle-sœur? — Vous devez le savoir mieux que î, répondit la dame Wang, puisque c est vous qui avez ménagé le belle intrisarue, — Mais dites-moi, répliqua I.iu-pao, pourquoi

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ne portez- vous plus la coiffure blaucheî avez-vous quitté le deuil? La dame Wang lui raconta Thistoire de ce qui était arrivé pendant son absence.

A peine eut-elle fini de parler, que Liu-pao se frappe rudement la poitrine et s'agite on désespéré; mais peu à peu reprenant ses esprits : — J'ai encore une ressource dans mon malheur, dit-il en lui-même. Vendons cette belle-sœur; de Targent qui m'en viendra, j'achèterai une autre femme, et personne ne saura si j'ai été assez malheureux pour vendre la mienne. Il avait joué toute la nuit précédente, et avait perdu les trente laels qu'il avait reçus du marchand de Kiang-si , qui était déjà bien loin avec sa nouvelle épouse.

Il se préparait à sortir de la maison pour aller négocier cette affaire, lorsqu'il aperçut à la porte quatre ou cinq personnes qui se pressaient d'y entrer :c'étaientsonfrèreaînéLiu-iu, son frère cadet Liutchiu, son neveu Hi-eul et deux domestiques qui portaient le bagage. Liu-pao, consterné à celte vue, et n'ayant pas le front de soutenir leur présence , s'évade au plus vite par la porte de derrière et disparaît comme un éclair.

La dame Wang, transportée de joie, vint recevoir son cher mari. Mais quel surcroît d'allégresse, quand elle aperçut son fils, qu'à peine reconnaissait-elle, tant il était devenu grand et bien fait — Hé! par quelle bonne fortune, dit-elle, avez-vous ramené ce cher fils que je croyais perdu ?

Liu-iu lui fit le détail de toutes ses aventures; et la dame Wang à son tour lui raconta fort au long toutes les indignités que lui avait fait souffrir Liu-pao, et les extrémités auxquelles il l'avait réduite.

Alors Liu-iu donna à sa femme les justes éloges que méritait sa fidélité. Si , par une passion aveugle pour les richesses, s'écria-t-il , j'avais retenu les deux cents taels que je trouvai par hasard, comment aurais-je pu retrouver notre cher enfant? Si l'avarice m'avait empêché d'employer ces vingt taels à sauver ceux qui faisaient naufrage, mon cher frère périssait dans les eaux et je ne l'aurais jamais vu ; si par une aventure inespérée, je n'avais pas rencontré cet aimable frère , aurais-je pu découvrir à temps le trouble et le désordre qui régnaient dans sa maison? sans cela, ma chère femme, nous ne

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nous serious pns réunis. Tout ceci esl Teffel il'uue providence particulière du ciel qui a conduit ces divers événements. Quant h mon autre frère, ce frère dénaturé qui , sans le savoir, a vendu sa [iroprp femme, il s'est justement attiré le malheur qui Kaccahle. L'auguste ciel traite les hommes selon qu'ils le méritent; quHs ne croienl |>as échapper à sa justice !

Apprenons de là combien il est avantageux de pratiquer la vertu : c*est ce qui rend une maison de jour en jour plus florissante,

Dans la suite du temps, lli-eul alla chercher son épouse, la fille de ïchin. Le mariage se conclut et fut trésdieureux. Ils eurent plusieurs enfants et virent une foule de petits-fils, dont plusieurs s'avancèrent par la voie des lettres et parvinrent aux premières charges* Ainsî celte lamille fut illustrée.

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ILk prince appluutlilaii récit du conteur, et ledlner fini, se prosterna une seconde fois devant le khîin, elîiprès ravoir renier- ^- cié de ses bontés, il se rendit à la tente oil Klniaze et Timurtasch l'attendaient im- {ialiemment. Je vous apporte de bonnes nouvelles, leur dit-iL notre sort est déjà changé. En même temps il leur raconta tout* ce qui lui était arrivé. (]elte aventure leur lit plaisir; ils la regardèrent comme une marque infaillible que la rigueur de leur destinée commeniîait à s'adoucir, ils suivirent volontiers Calaf , qui les conduisit à la tente royale et les présenta au khan. Ce prince les reçut fort bien et leur promit qu'il tiendrait exactement la promesse qu'il avait faite à leur fils. Il n'y manqua pas; il leur donna dés ce jour-là une tente particulière, il les fit servir par des esclaves et des officiers de sa maison , et il ordonna qu'on les traitât comme lui-même.

Le lendemain Calaf fut revêtu de riches habits, il reçut de la main même du prince Alinguer un sabre dont la poignée était de diamants, avec une bourse remplie de sequins d'or, et ensuite on lui amena un très-beau cheval turmocan. Il le monta devant toute la cour, et pour montrer qu'il savait manier un cheval, il lui fit faire cent caracoles d'une manière qui charma le prince et ses courtisans.

Après avoir remercié le khan de toutes ses bontés, il prit congé de

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lui. Il alla trouver Tiinurtasch el la princesse Klinaze. — Jai une extrême envie, leur dit-il, de voir le grand royaume de la Chine , permettez-moi de la satisfaire. J'ai un pressentiment (|ue je me signalerai |)ar (|uelque action d'éclat et (jue je gajruerai l'amitié du monarque qui tient sous ses lois de si vastes États. Souffrez (|ue, vous laissant ici dans un asile oii vous êtes en sAreté et où rien ne vous manque, je suive le mouvement qui m'entraîne, ou [>lnlot (|ue je m'abandonne au ciel qui me conduit. — Va, mon fils, lui dit Timurtasch, cède au noble transport (jui t'agite, cours au sort qui t*attcnd, hâte par la vertu la lente prospérité qui doit succéder à notre infortune, ou i>ar un beau trépas mérite une place éclatante dans l'histoire des princes malheureux. Pars , nous attendrons de tes nouvelles dans cette tribu , et nous réglerons notre fortune sur la tienne.

Le jeune prince des Nogaïs après avoir embrassé son père et sa mère, monté sur son beau coursier, s'apprêtait à prendre le chemin de la Chine, lorsque la princesse KImaze sortit pour lui présenter la coupe du départ et le voir encore une fois. Il n'est point marqué dans les auteurs qu'il éprouva quelque aventure sur la route; ils disent seulement qu'étant arrivé à la grande ville de Canbalec, autrement Pékin, il descendit auprès d'une maison qui était a l'entrée et où demeurait une bonne femme qui était veuve. Oïlaf se présenta h la porte; aussitôt la veuve parut. Il la salua et lui dit : — Ma lionne mère, voudriez-vous bien recevoir dwi vous un étranger? Si vous pouvez me donner un logement dans votre maison, j'ose vous assurer que vous n'en aurez point de chagrin. La veuve envisjigea le jeune prince, et jugeant à sa bonne mine, ainsi (|u'a son habillement, que ce n'était pas un hAle a dédaigner, elle lui lit une profonde inclination de tête et lui répondit : — Jeune étranger de grande apparence, ma maison est à votre service, aussi bien que tout ce qu'il y a dedans. — Et avez-vous, reprit-il , un lieu propre à mettre mon cheval? ^Oui, dit-elle , j'en ai. Kn même teiiips elle appela un jeune esclave qui prit le cheval par la bride et le mena dans une petite écurie qui était sur le derrière de sa maison. Ensuite Calaf, qui, se sentant beaucoup d'appétit , lui demanda si elle voulait bien lui envoyer acheter quelque chose au marché. \j{ veuve repartit qu'elle avait une

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