Tome /. F
1 1 1 Les mille & une Nuit.
Le lendemain , le mari étant de retour fit encore des queftions au Perroquet fur ce qui s'étoit pafle chez lui j & l'oifeau lui répondit : Mon bon maître , les éclairs , le tonnerre & la pluie m'ont tellement incommodé toute la fcuit , que je ne puis vous dire ce que j'en ai fouffert. Le mari qui favoit bien qu'il n'avoit ni plû ni tonné cette nuit-là , demeura perfuadé que le Perroquet ne difant pas la vérité en cela , ne la lui avoit pas dite auffi au fujet de ia femme. C'eft pourquoi de dépit l'ayant tiré de ft cage , il le jeta n rudement contre terre qu'il le tua. Néanmoins dans la fuite il apprit de fis voifins que le pauvre Perroquet ne lui avoit pas menti en lui parlant de là conduite de fa femme. Ce qui fut caufe qu'il fe repentit de l'avoir
tué Là s'arrêta Schehera-
zade , parce qu'elle s'apperçut qu'il /étoit jour.
Tout ce que vous nous racontez , tna fœur , dit Dinarzade , eft fi varié , eue rien ne me paroît plus agréable* Je voudrois continuer de vous divers tir , répondit Scheherazade , mais
Contes Arâltt. i*$
fe ne lais fi le Sultan , mon maître , m'en donnera le tems. Schahriar qui ne prenoit pas moins de plaifir que Dinarzade à entendre la Sultane , fe leva, & pafla la journée fans ordon* lier au Vifir de la faire mourir.