‹ Les mille et une nuits: contes arabes (volume 3)Chapitre 16 sur 35 · DE LA PRINCESSE BADOURE, APRÈS LA SEPARATION DU PRINCE CAMARALZA3IAN · texte numérisé non relu

DE LA PRINCESSE BADOURE, APRÈS LA SEPARATION DU PRINCE CAMARALZA3IAN

La princesse dormit assez long-temps, et, en s'éveillant , elle s'étonna que le prince Camaralzaman ne fut pas avec elle. Elle appela ses femmes , et elle leur demanda si elles ne savaient pas où il était. Dans

CONTES AHABES. l85

le temps qu'elles lai assuraient qu'elles l'avaient vu entrer , mais qu'dies ne l'avaient pas vu sortir , elle s'aperçut , en reprenant sa ceinture , que la petite bourse était ouverte, et que son talisman n'y était plus. Elle ne douta pas que Camaralzaman ne l'eût pris pour voir ce que c'était , et qu'il ne le lui rapportât. Elle l'attendit jusqu'au soir avec grande impatience , et elle ne pouvait comprendre ce qui l'obligeait à rester âoigné d'elle si long-temps. Comme elle vit qu'il était déjà nuit obscure , et qu'il ne reve-^ nait pas , elle en fut dans une affliction inconcevable. Elle maudit miUe fois lie talisman et celui qui l'avait fait ; et , si le respect ne l'eût retenue , elle eût &it des imprécations contre la reine sa mère, qui lui avait fait un présent si funeste. Désolée au dernier point de cette conjoncture, d'autant plus fâcheuse qu'elle ne savait comment le talisman pouvait être la cause de l'éloignement du prince, elle ne perdit pas le jugement, et prit au contraire une résolution courageuse , peu commune aux personnes de son sexe. Il n'y avait que la princesse et ses femmes dans le camp qui sussent que Camaralzaman avait disparu ; car alors ses gens se reposaient ou dormaient déjà sous leurs tentes. Comme elle craignit qu'ils ne la trahissent, s'ils venaient à en avoir connaissance, elle modéra premièrement sa douleur , et défendit à ses femmes de rien dire ou de rien faire paraître qui pût en donner le moindre Soupçon. Ensuite, elle quitta son habit, et en prit un de Camaralzaman, à qui elle ressemblait beaucoup , de sorte que ses gens la prirent

.*aJ

Lu

5b: de

zrATtï- -ss: *ïvie

«zrri. « L ne-

jut^nti. :i»ci jjaE£r

".«: *Z .sta^ .*^:«i :„e. ■\'.e u>::«Sii sfca- .iriiiiiiif» « ^ dk

le temps quelles loi

entrer , mais qu'elles

s'aperçut , en

bourse était ovrerle^ d qnt

plus. Elle ne douta pas que

pris pour voir oe que c etii! . ^ o

portât. Elle rattndii jusqu'aL «ur

patience, et elle ne pouvait csmrr

geait à rester Soiçoè f elir s ior:r-*rr-:

elle vit qull était dqa nui: oDtcnp^. ^ r

nait pas , elle en fsÉ. àaim uut iE^tz^:

Elle maudit mille fois àt talrtawr « **jl

fait; et, si le re^iect ne !<e-«2- t'-^^^s^

des imprécations caxitrt & rfiir i l-*

avait fiût un préàa£ & iizii't;^

point de cette corLy.mrarr^ - ai

qu'elle ne savait commun' i* l ./-

cause de râoî^nenhen: oi rmr - -

le jugement, et prx an '.'«rz:;»*- »^

rageuse , peu ooanTiuii<^ ai-j irr« •

Il n y avait que vk imitrv- • . .^ camp qui sossent ou^ ■ '.»»>>>■.. -^ .

car alors ses ee^ «^ r-r» -x— —

SOUS leurs tentes. Gmiir r misr trahissent, slk veaiuez. : <> ,. ^^^ modéra prenûctUBui* k .^io^ femmes de ikn dn^

en donner le wamàïrm^^ .^m habit, et en pît hl i^ semblait bm—r t^^

l86 LES MILLE ET UNE NUITS,

pour lui le lendemain matin , quand ils la virent paraître, et quelle leur commanda de plier bagage et de se mettre en marche. Quand tout fut prêt, elle fit entrer une de ses femines dans la litière ; pour elle , elle monta à cheval , et l'on marcha.

Après un voyage de plusieurs mois par terre et par mer ; la princesse , qui avait fait continuer la route sous le nom du prince Gamaralzaman , pour se rendre à Tiledes Enfans de Khaledan, aborda à la capitale du royaume de l'île d'Ébène, dont le roi qui régnait alors s'appelait Armanos. Comme les premiers de ses gens qui débarquèrent pour lui chercher un logement, avaient publié que le vaisseau qui venait d'arriver portait le prince Gamaralzaman , qui revenait d'un long voyage, et que le mauvais temps l'avait obligé de relâcher , le bruit en fut bientôt porté jusqu'au palais du roi.

Le-roi Armanos , accompagné d'une grande partie de sa cour, vint aussitôt au-devant delà princesse, et il la rencontra au moment où elle venait de débarquer, et oïl elle prenait le chemin du logement qu'on avait retenu. Il la reçut comme le fils d'un roi son ami , avec qui il avait toujours vécu en bonne intelligence , et la mena à son palais, oii il la logea, elle et tousses gens. Il lui fit tous les honneurs imaginables , et il la régala pendant trois jours avec une magnificence extraordinaire.

Quand les trois jours furent passés , comme le roi Armanos vit que la princesse , qu'il prenait toujours pour le prince Gamaralzaman, pjTrlait de se rcmbar-

(juer et de continuer son voyage, et qu'il était charmé de voir un prince si bien fait, de si bon air, et qui avait infiniment d'esprit, il la prit en particulier. <c Prince, lui dit-il , dans le grand âge où vous voyez tj[ue je suis, avec très-peu d'espérance de vivre encore long - temps , j'ai le chagrin de n'avoir pas un fils à qui je puisse laisser mon royaume. Le ciel m'a donné seulement une fille unique , d'une beauté qui ne peut pas être mieux assortie qu'avec un prince aussi bien fait , d'une aussi grande naissance , et aussi accompli que vous. Au lieu de songer à retourner chez vous , acceptezJade ma main avec ma couronne, dont je me démets dès à présent en votre faveur, et demeurez . avec nous. Il est temps désormais que je me repose après en avoir soutenu le poids pendant de si loi>gues années , et je ne puis le faire avec plus de consolation que pour voir mes états gouvernés par un si digne successeur. »

Page 1