‹ Les mille et une nuits: contes arabesChapitre 51 sur 91 · TOME III · texte numérisé non relu

TOME III

XLVIII. Histoire dAboul Hassan Ali Ebn Becar et de Chemselnihar, favorite du khalyfe Haroun Arréchyd. .... page 1

Ce petit roman se distingue du reste de notre recueil parce qu'il présente seulement le tableau d'un amour à la ibis tendre, naïf et passionné. Cette délicatesse de sentimens acquiert un nouveau prix quand on la trouve transportée au milieu des harems orientaux. Un prince de Perse et la favorite du célèbre Haroun se rencontrent chez un marchand. Une sympathie subite les rend amoureux l'un de l'autre. Le prince se rend au palais de la favorite , et est sur le point d'être surpris par le khalyfe. Leurs confidens leur donnent les moyens de se réunir dans une autre maison. Ils sont enlevés ensemble par des voleurs , et rendus par eux à la liberté. Ils s'écrivent des billets qui respirent la passion la plus vive. Enfin , des esclaves perfides les dénoncent au khalyfe. Le prince effrayé fuit dé Baghdad , mais bientôt il périt consumé de douleur. Haroun a pardonne à sa favorite , mais il rie peut l ? émpêcher de succomber à son amour. Elle meurt lé même jour que son amant; tous deux sont ensevelis dans un même tombeau , et le pèlerin va jeter des fleurs sur ce monument , * comme le voyageur sensible va , près de Lyon , s'attendrir sur le tombeau des deux amans (1). ( 195* à 110 e Nuit. ) 4

XLIX. Histoire des amours de Camaràlzamàrt, prince de * Pile des En/ans de Khaledan i et de Badoure , princesse de

la Chine p. 1 10

(1) Voy . les Confessions de J. J. Rousseau et le Voyage sentimental de Sterne.

Un génie et une fée voyant, l'un le héros, l'autre l'héroïne de ce conte , chacun leur semble un abrégé de toutes les perfections : le génie surtout décrit les appas de Badoure avec toutes les métaphores orientales. Il s'élève un pari qu'on veut terminer en comparant ces deux êtres accomplis. La princesse est apportée dans le lit du prince ; celui-ci , qui désespérait son père en refusant de se ^marier, la voit, l'adore, et, ne pouvant l'éveiller, lui passe au doigt un anneau. Il se rendort; elle s'éveille à son tour, éprouve le même sentiment comme elle avait éprouvé la même répugnance, et , assoupie de nouveau , est rapportée dans son palais. Tous deux , en s'éveillant , redemandent l'objet de leur tendresse ; tous deux battent , l'un le vézyr , l'autre la nourrice qui refusent de les croire. Ils passent pour fous , et sont renfermés. .Le roi de la Chine promet la main de sa fille à celui qui la guérira , et fait périr ceux qui ne réussissent pas. Un frère de lait de la princesse reçoit sa confidence et court le monde pour retrouver son amant. Il entend parler de l'état de Camaralzaman , ne doute pas que ce ne soit celui qu'il cherche : il le soustrait à la vigilance de son père, qu'il trompe, * comme le fut Jacob, par le moyen de vétemens ensanglantés , et le conduit à la Chine. Le prince guérit Badoure en lui envoyant son anneau et l'épouse ; il veut aller voir son père , sa femme le suit ; elle portait un talisman qu'il lui ôte pendant son sommeil; un oiseau le lui enlève; il veut le suivre et se sépare de Badoure. * Cette circonstance et quelques autres ont été imitées dans le roman de Pierre de Provence et de la Belle Maguelone. Le conte entier l'est également dans le roman turc intitulé: Aventures d' Âbdoul-Selam et de la princesse Chelnissa, (221 e à 233 e Nuit)

L. Histoire de la Princesse Badoure après sa séparation du Prince Camaralzaman p. 184

Elle prend les habits de son mari , et va à la cour du roi d'Ébène qui, la croyant un prince, lui donne sa fille en mariage; elle avoue son déguisement à celle-ci , et reste à cette

cour où le roi lui confie tout son pouvoir. (a34 c à 235 e Nuit.) *

LI. Histoire du 'Prince Camarahaman après sa séparation de Badoure. . . . « p. 19$

Il entre chez un jardinier et se met à ses gages ; deux oiseaux viennent se battre devant lui ; le vainqueur est é ventre par d'autres oiseaux , et il retrouve dans son corps son talisman perdu ; il découvre un trésor et le partage avec le jardinier ; il remplit plusieurs pots de poudre d'or et les recouvre d'olives; on les charge sur un vaisseau dont le capitaine part sans lui pour l'île d'Ébène. Badoure achète les olives , et retrouve dans la poudre d'or le talisman qui y était caché; elle envoie sur-le-champ chercher son époux par le même vaisseau, comme s'il eût été débiteur du roi d'Ébène; elle le nomme ensuite émir, se fait, après quelque temps , reconnaître à lui, et obtient que le vieux roi d'Ébène le marie à sa fille et lui laisse son trône. (235 e à **7 e Nuit)

LU. Histoire des Princes Amgiad et Assad, p. 219

Los deux femmes de Camaralzaman deviennent réciproquement amoureuses de leurs beaux-fils , et , repoussées par eux , se plaignent d'avoir été outragées ; le roi , nouveau Thésée , condamne ses fils ; un émir les conduit <lans un désert ; ils tuent un lion qui allait le dévorer; il trempe leurs habits dans le sang du lion et les rapporte à leur père. Les princes s'éloignent et, après avoir gravi une montague presqu'inaccessible , arrivent h la ville des Mages . Assad entre le premier dans cette ville, trouve Un vieillard, adorateur du feu, qui l'attire dans sa maison où il lui fait subir les traite m en 5 les plus rigoureux; on l'embarque comme une victime destinée à être sacrifiée sur la montagne du feu ; le vaisseau est forcé d'aborder dans un port où la reine Margiane, zélée musulmane , reçoit Assad et veut le garder près d'elle , mais les matelots l'enlèvent , le vaisseau est entouré par la flotte de la reine , et Assad jeté à ' la mer ; il se sauve et revient à la

ville des Mages où le capitaine du navire le retrouve endormi dans un cimetière et le rend.au vieillard.

Amgiad a été plus heureux ; accueilli par un tailleur mahométan , il rencontre une belle femme qui s'offre à le suivre chez lui ; ne sachant où la conduire , il entre au hasard dans un palais qu'il dit être le sien , et où il trouve un repas préparc; le maître du palais arrive , s'amuse de cette plaisanterie et consent à passer pour l'éVlave d'Amgiad ; la femme Taccable de coups, -et, pour l'empêcher de le tuer, Amgiad la tue elle-même; son hôte veut tiansporter le corps hors du palais, il est arrêté, ainsi qu' Amgiad; celui-ci se justifie , plaît au roi et devient vézyr; il cherche partout son frère qui lui est rendu par une des filles du vieillard , touchée des tour* mes qu'elle-même était forcée de lui faire subir. Tout à coup quatre armées arrivent Tune après l'autre, et répandent l'ailarme : c'est la reine Margiane qui redemande Assad ; le roi

de la Chine qui cherche Badoure ; Camaralzaman qui court après ses fils dont il a reconnu l'innocence ; enfin , le vieux roi de Khaledan qui retrouve aussi son fils perdu depuis si long- temps. Ce rendez- vous général termine la longue histoire de Camaralzaman et de Badoure. Amgiad devient roi des Mages et les convertit à la religion de Mahomet. ( 237 e à a5o e Nuit. )

LUI. Histoire de Noureddin et de la Belle Persane, p. 278 Le roi de Balsora avait deux vézyrs ennemis l'un de l'autre. Le premier propose d'acheter pour le roi une esclave douée de tous les talens ; mais son fils en devient amoureux et l'épouse. Le père meurt; le fils se ruine et est ensuite abandonné par tous les amis qu'il a comblés de bienfaits. * C'est l'histoire de l'Enfant prodigue , celle de Timon le misantrope ; c'est une situation qu'on a souvent transportée dans nos romans et dans nos comédies comme dans le Dissipateur , etc. , parce qu'elle est dans la nature en tout temps et dans tout pays. La Belle Persane affligée de la misère de son époux , lui propose de là vendre ; il y consent, mais' la refuse au vézyr ennemi de son

père, qu'il outrage et bat- publiquement. Condamné à mort, il s'échappe avec la Belle Persane. * Cette première partie du conte a fourni le sujet de l'opéra de Gulnare. La seconde pourrait aussi être transportée avec succès sur la scène. Les deux amans arrivent à Baghdad ; endormis à la porte d'un jardin du khalyfe , ils s'y introduisent avec celui qui en était le gardien ; ils lui font boire du vin malgré sa résistance , et allument toutes les bougies qu'ils» trouvent dans cette maison de plaisance. Haroun étonné de cette illumination, qu'il voit de son palais, veut en connaître la cause : il vient au jardin avec son vézyr Giafar, se déguise en pécheur, accommode les poissons qu'il a péchés et soupe avec les amans. Noureddin toujours prodigue, et ne trouvant rien à lui donner, lui offre la Belle Persane. Haroun accepte et, lui donne Une lettre pour le roi deBalsora, par laquelle il lui prescrit de remettre sa couronne à Noureddin. Le méchant vézyr persuade à ce roi, soumis au khalyfe comme le sont aujourd'hui les pachas au sulthan, dé ne pas exécuter l'ordre et de faire périr Noureddin. Mais Giafar arrive avec des troupes , s'empare du roi et du vézyr , et ramène Noureddin à Baghdad. La Belle Persane lui est rendue, et il reste auprès du khalyfe dont il devient le favori. Toute l'aventure des deux amans dans la petite maison de Haroun est décrite avec beaucoup de grâce et de gaîté. (25o e à 261 e Nuit. )

LIV. Histoire de Beder, prince de Perse , et de Giauhare , princesse de Saniandal p. 36 1

Un roi de Perse achète une esclave dont il devient éperdument amoureux. Elle ne rompt le silence qu'après une année , lui apprend qu'elle est grosse , et lui raconte qu'elle est issue d'une famille de rois de la mer. La description qu'elle fait des pays sousmarins où elle est née, * rappelle et les voyages imaginaires de Lucien, et l'épisode d'Aristée allant visiter sa mère dans son palais au fond des eaux. Elle fait venir ses parens chez le roi devenu son époux , et met au monde un prince plus beau que le jour. Vingt ans après , un oncle de

Beder forme le projet de le marier à une princesse de la mer. Il va pour la demander à son père , est repoussé avec mépris , et se venge en s'emparant de son palais et de ses états. Giauhare se sauve dans une île où le hasard mène Beder. Il lui déclare son amour , et elle le change en oiseau. Pris dans des filets , il est porté à un roi dont la femme lui rend sa première forme. Il s'embarque et est jeté dans l'île des Enchantemens. * Là une reine , semblable à Circé , conserve pendant quarante jours ses amans auprès d'elle, et les métamorphose ensuite en animaux. Beder, comme Ulysse, triomphe de ses enchantemens. Lui-même la change en cavale ; il est à son tour changé en hibou ; mais cette lutte finit bientôt ; et la mère de Beder, plus grande magicienne que la reine, délivre son fils, et obtient pour lui la main de Giauhare. ( a6a e à a8o c Nuit. )

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