‹ Les mille et une nuits du théâtreChapitre 29 sur 70 · LES ENVIRONS DE PARIS · texte numérisé non relu

LES ENVIRONS DE PARIS

Voyage d’agrément en trois actes et huit tableaux, par MM. Blondeau et Monréal.

Ceci est le type de la pièce d’été. En attendant un notaire qui n’arrive pas et qui retarde ainsi le contrat de mariage de Mllc Émilie Bartavel avec M. Molinchard, la famille Bartavel se promène aux environs de Paris en train de plaisir. Bondy, Robinson, Montmorency, Argenteuil apparaissent à nos yeux représentés par des décors assez frais, qui nous exposent ainsi au supplice de Tantale.

Qu’est-ce qui avait retardé le notaire? On ne le saura probablement jamais; et voilà comment, par la

faute inexpliquée d’un notaire parisien, Mlle Bartavel, au lieu d’épouser le galant et volage Molinchard, sera la femme de son cousin Théodore.

Quant à Molinchard, retrouvant son ancienne maîtresse, MIle Louisette, il répare ses torts en donnant à celle-ci la main, assez mal gantée, qui échappe à Mlle Bartavel.

Ni le fond ni le détail de cette dernière variante du Chapeau de paille tfltalie ne sont absolument neufs; mais avec de la gaieté, de l’entrain, de jolis couplets agréablement musiqués par M. Marc Chautagne, le tout arrosé de beaucoup de limonade, d'orgeat et de bière, la soirée est arrivée à sa fin sans qu’on eût regretté sa chaleur ni sa peine.

On ne compte pas moins de vingt-quatre personnages dans les Environs de Paris ; parmi les hommes enrôlés dans la troupe provisoire de l’Ambigu, citons quatre comiques avantageusement connus : MM. Legrenay, Courcelles, Mercier, Leriche. MUe Claudia est l’étoile de cette sorte d'opérette ; on l’a fort applaudie sous les traits de Louisette, et M1,e Lynnès est fort gentille dans le rôle d’Émilie Bartavel.

CCCCLX VI

Chateau-d’Eau. 9 juin 1877.

Reprise de LE FILS DE LA NUIT

Drame en trois journées et un prologue, par Victor Séjour.

Parlons tout d’abord du vaisseau. Il a été acclamé; on a fait relever le rideau pour contempler encore une fois ce chef-d’œuvre d’architecture maritime éclairé par des feux de Bengale.

Quant au drame, il a paru bien vieux et bien vide. Le rôle de Ben Léïl fut créé par Fechter, continué par Raphaël Félix et repris ensuite à la Gaîté par Lafontaine. M. Gravier ne possède pas les avantages physiques de ses devanciers, et la physionomie du rôle en est amoindrie. Mlle Marie Vannoy joue d’une manière fort touchante le rôle de la vertueuse Myrtha.

Il n’y a vraiment pas lieu de nous occuper des autres interprètes; quelques-uns d’entre eux ont fait rire bien intempestivement; le pauvre figurant qui tient dans la « première journée » le rôle du « premier homme du peuple » a été, dès son entrée, reconnu et salué par la salle entière sous le nom de l’homme-chien. On croyait qu'il allait aboyer.

Le public d’été paraissait d’ailleurs excédé de la phraséologie ampoulée du Fils de la Nuit, et se montrait plus gai qu’il n’aurait fallu. Le moyen, je vous prie, de résister à des exclamations de cette force : « Vous avez choisi une tombe pour marchepied à votre ambition , parce que vous la saviez muette, cette tombe, et vous avez pris les os de votre père pour en faire les complices de vos lâchetés! » Eh bien, franchement, voilà des os qui ne doivent pas être à la noce; on leur fait faire un joli métier.

Il y a de ces bizarreries à en remplir deux ou trois bonnes corbeilles, mais le vaisseau rachète tout.

CGCCL X Y I I

Théâtre Cluny. 30 juin 1877.

LES DEUX CARNETS Comédie en trois actes, par Mmc Louis Figuier.

Folies Dramatiques.

Reprise de LA FILLE BIEN GARDÉE et de CADET ROUSSEL

Théâtre Taitbout.

Page 1