‹ Les Mille & une nuits (volume 3)Chapitre 16 sur 18 · jb HISTOIRE DE CAMARALZAMAN · texte numérisé non relu

jb HISTOIRE DE CAMARALZAMAN

de ce marchand d'esclaves me font comprendre qu'elle doit être extraordinaire. »

Le prince Assad obéit ; et, quand il fut assis : «Puissante reine, dit-il. Votre Majesté ne se trompe pas, mon histoire est véritablement extraordinaire, et plus qu'elle ne pourroit se l'imaginer. Les maux, les tourmens incroyables que j'ai soufferts, et le genre de mort auquel j'étois destiné, dont elle m'a délivré par sa générosité toute royale, lui feront connoître la grandeur de son bienfait que je n'oublierai jamais. Mais, avant d'entrer dans ce détail qui fait horreur, elle voudra bien que je prenne l'origine de mes malheurs de plus haut. »

Après ce préambule qui augmenta la curiosité de Margiane, Assad commença par l'informer de sa naissance royale, de celle de son frère Amgiad, de leur amitié réciproque, de la passion condamnable de leurs belles-mères, changée en une haine des plus odieuses, la source de leur étrange destinée. Il vint ensuite à la colère du roi leur père, à la manière presque miraculeuse de la conservation de leur vie, et enfin à la perte qu'il avoit faite de son frère, et à la prison si longue et si douloureuse d'où on ne l'avoit fait sortir que pour être immolé sur la montagne du Feu.

Quand Assad eut achevé son discours, la reine Margiane, animée plus que jamais contre les ado-

Page 1