‹ Les Mille & une nuitsChapitre 14 sur 32 · HISTOIRE DE ZOBÉIDE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE ZOBÉIDE

en argent. Nous laissâmes les meubles et une infinité de pièces d'orfèvrerie, parce que nous ne pouvions les emporter. Il nous auroit fallu plusieurs vaisseaux pour transporter à Bagdad toutes les richesses que nous avions devant les yeux.

« Après que nous eûmes chargé le vaisseau des choses que nous y voulûmes mettre, nous prîmes les provisions et l'eau dont nous jugeâmes avoir besoin pour notre voyage. A l'égard des provisions, il nous en restoit encore beaucoup de celles que nous avions embarquées à Balsora. Enfin nous mîmes à la voile avec un vent tel que nous pouvions le souhaiter »

En achevant ces paroles, Scheherazade vit qu'il étoit jour. Elle cessa de parler, et le sultan se leva sans rien dire; mais il se proposa d'entendre jusqu'à la fin l'histoire de Zobéide et de ce jeune prince conservé si miraculeusement.

LXVie NUIT.

Sur la fin de la nuit suivante, Dinarzade, impatiente de savoir quel seroit le succès de la navigation de Zobéide, appela la sultane. « Ma chère sœur, lui dit-elle, si vous ne dormez pas, poursuivez, de grâce, l'histoire d'hier; dites-nous si le

jeune prince et Zobéide arrivèrent heureusement à Bagdad. — Vous l'allez apprendre, » répondit Scheherazade.

Zobéide reprit ainsi son histoire, en s'adressant toujours au caUfe :

« Sire, dit-elle, le jeune prince, mes sœurs et moi, nous nous entretenions tous les jours agréablement ensemble; mais, hélas! notre union ne dura pas longtemps. Mes sœurs devinrent jalouses de l'intelligence qu'elles remarquèrent entre le jeune prince et moi, et me demandèrent un jour malicieusement ce que nous ferions de lui lorsque nous serions arrivées à Bagdad. Je m'aperçus bien qu'elles ne me faisoient cette question que pour découvrir mes sentimens. C'est pourquoi, faisant semblant de tourner la chose en plaisanterie, je leur répondis que je le prendrois pour mon époux; ensuite, me tournant vers le prince, je lui dis : « Mon prince, je vous supplie d'y consentir.- D'abord que nous serons à Bagdad, mon dessein est de vous offrir ma personne, pour être votre très humble esclave, pour vous rendre mes services, et vous reconnoître pour le maître absolu de mes volontés.

ce — Madame, répondit le prince, je ne sais si vous plaisantez ; mais, pour moi, je vous déclare fort sérieusement devant mesdames vos sœurs que

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