‹ Les milles et une nuits, contes arabes;Chapitre 19 sur 41 · LXXX' NUIT · texte numérisé non relu

LXXX' NUIT

« Les gens qui cueillaient du poivre , contmua Sindbad, vinrent au devant de moi. Dès qu'ils me virent , ils me demandèrent

* Fruit du cocotier. Ce fruit est gros comme un melon et quelquefois davantage. Les Indiens tirent du fil de la première écorce du coco , et en font de la toile. La chair du coco est agréable j il y a dans le coco , frais cueilli , une liqueur bonne à boire.

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en arabe qui j'étais , et d'où je venais. Ravi de les entendre parler comme moi, je satisfis volontiers leur curiosité , en leur racontant de quelle manière j'avais fait naufrage, et étais venu dans cette île , où j'étais tombé entre les mains des noirs. <c Mais ces noirs , me dirent-ils , mangent les hommes I Par quel miracle êtes - vous échappé à leur cruauté? » Je leur fis le même récit que vous venez d'entendre , et ils furent merveilleusement étonnés.

« Je demeurai avec eux jusqu'à ce qu'ils eussent amassé la quantité de poivre qu'ils voulurent; après quoi ils me firent embarquer sur le bâtiment cpii les avait amenés, et nous nous rendîmes dans une autre île d'où ils étaient venus. Ils me présentèrent à leur roi , qui était un bon prince. Il eut la patience d'écouter le récit de mon aventure , qui le surprit. Il me fit donner ensuite des habits, et commanda qu'on eût soin de moi.

«( L'île où je me trouvais était fort peuplée et abondante en toutes sortes de choses , et l'on faisait un grand commerce dans la ville où le loi demeurait. Cet agréable

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asile commença à me consoler de mon malheur ; et les bontés que ce généreux prince avait pour moi achevèrent de me rendre content. En effet , il n'y avait personne qui fût mieux que moi dans son esprit , et par conséquent il n'y avait personne dans sa cour ni dans la ville qui ne cherchât l'occasion de me faire plaisir. Ainsi, je fus bientôt regardé comme un homme né dans cette île , plutôt que comme un étranger.

« Je remarquai une chose qui me parut bien extraordinaire : tout le monde , le roi même , montait à cheval sans bride et sans étriers. Cela me fit prendre la liberté de lui demander un jour pourquoi sa majesté ne se servait pas de ces commodités. Il me répondit que je lui parlais de choses dont on ignorait l'usage dans ses Etats.

« J'allai aussitôt chez un ouvrier, et je lui fis dresser le bois d'une selle sur le modèle que je lui donnai. Le bois de la selle achevé , je le garnis moi-même de bourre et de cuir, et l'ornai d'une broderie d'or. Je m'adressai ensuite à un serrurier, qui me fit un mors de la forme que je lui montrai , et je lui fis faire aussi des étriers.

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