Rev. épigr. du Midi de la France, t. II, p
Tetricus, remettant volontairement ses États à Aurélien, le montre avec évidence. »
J'ai tenu à citer cette opinion d'un maître incontesté, parce que c'est sur elle que s'est fondé M. Cagnat dans la nouvelle édition de son Cours d'épigraphie latine l, dont on ne saurait trop reconnaître tous les mérites, pour donner à Victorin les noms de M. Pius Avonius Victorinus, mais elle ne peut pas être admise, car elle ne résiste pas à l'examen des monuments écrits. Tandis, en effet, que les inscriptions relatives aux Tetricus donnent en toutes lettres le surnom Pius sous la forme PIO, celles qui sont particulières à Victorin, — et nous en avons ici neuf exemples, — donnent uniformément les deux lettres PI avant le groupe AVONIO. Que fautil en conclure, — alors surtout que le prénom Marcus est parfois entièrement écrit, contrairement à l'usage, — si ce n'est que Victorin s'appelait PIAVONIVS ? Encore doit-on se demander si cette forme est une bonne lecture, et je n'hésite pas à croire le contraire pour ma part.
D'accord avec les légendes monétaires, l'inscription de Rennes, rapportée plus haut sous le n° 8, donne le gentilice cle Victorin sous la forme PIAV- VONIVS. Si les sept autres inscriptions qui le fournissent en entier ne le donnent qu'avec un seul V, on ne doit attribuer cette différence d'orthographe qu'à l'usage de supprimer le V consonne placé entre une voyelle et un autre V. Cette élision était des plus fréquentes, et pour n'en citer qu'un exem-
1. Gagnât, Cours d'épigr. latine, 2e édit. Paris, Thorin, 1889, in-8°, p. 200. — M. Lejay a accepté de même la lecture « Pius Auonius » dans ses hiscriptions antiques de la Côte-d'Or, Paris, 1890, in-8°, p. 125.
pie, celui d'ailleurs qui paraît avoir été le plus répandu, il me suffira de rappeler la forme VIVS pour VIvVS1.
Dans ces conditions, on ne peut que songer à lire Piauvonius2. On a déjà donné cette lecture, je le sais, mais ce n'a jamais été qu'incidemment, sans * s'y arrêter de préférence à la lecture plus fréquente Piavonius, et c'est pour cela que j'ai cru devoir insister sur ce point pour bien établir — à mon point de vue du moins — la véritable forme du nom gentilice de l'empereur Victorin 3.