‹ Les mines d'étain de Pérak: (presqu'île de Malacca)Chapitre 15 sur 25 · SYSTEMES MALAIS D'EXPLOITATION · texte numérisé non relu

SYSTEMES MALAIS D'EXPLOITATION

Avant d aborder la question du traitement métallurgique des minerais, nous dirons quelques mois des procédés appliqués par les indigènes dans l'exploitation de leurs mines.

En réalité, ce sont les Malais qui, les premiers et depuis longtemps, ont reconnu dans la presqu'île la présence de Télain et su discerner les difiTérentes variétés du minerai, depuis la cassitérite ordinaire brune et opaque jusqu a Toxyde blanc et translucide^

Us ont d'ailleurs, pour distinguer le minerai des éléments étrangers, fer et tourmaline, qui l'accompagnent et lui ressemblent à première vue, un procédé grossier qui consiste à serrer entre les dents un grain du minerai; si celui-ci résiste, c'est de l'oxyde d'étain.

Malheureusement pour eux, l'absence complète de génie industriel les rend très impropres aux grandes exploitations de mines; aussi préfèrent-ils céder aux Chinois le bénéfice de leurs découvertes et se contenter pour eux-mêmes de faire quelques travaux rudimentaires dans le lit des rivières, sur le flanc des montagnes ou dans les parties élevées des plaines où l'affluence des eaux n'est pas à craindre.

Travaux de rivières, — Certains cours d'eau charrient d'assez grandes quantités d'étain , quantités qui augmenteot à mesure que l'on se rapproche des montagnes où ils prennent leur source. Les indigènes exploitent parfois le lit de ces rivières, recueillent le sable du fond et le lavent simplement au moyen d'un plat en bois. Ce travail est souvent très rémunérateur, mais il est fort pénible, car l'ouvrier est obligé de stationner dans l'eau pendant de longues heures; aussi n'est-il appliqué que dans les cas de richesse exceptionnelle.

Travaux lampang, — Les Malais préfèrent les exploitations de montagne connues sous le nom de lampang.

Ces travaux s'établissent dans le voisinage d'un ruisseau ou d'un torrent qui puisse fournir les eaux nécessaires au lavage des terres. Ils consistent en une ou plusieurs tranchées étroites, parallèles au

cours d'eau et communiquant avec lui à ses deux extrémités « de façon que Ton puisse y dériver une certaine quantité d'eau. La tranchée est élargie peu à peu, et les terres sont simplement jetées dans le fond; le courant, entraînant les parties légères, opère un lavage naturel. De temps en temps les matières enrichies sont recueillies et subissent un lavage définitif au plat.

Ce traitement mécanique est assez facile, en raison de la grosseur des grains d'étain, qui sont plus volumineux sur le flanc des montagnes que dans les plaines; aussi ce travail lampang donnet-il des produits relativement considérables lorsque les mineurs ont la bonne chance de tomber sur un point riche.

Dans ces exploitations, les Malais ont Tbabitude de s'associer au nombre de cinq ou six, rarement davantage.

Au pied des montagnes, les travaux atteignent une profondeur plus grande f car il est nécessaire de rechercher le dépôt stannifère sous la couche d'alluvion; il devient alors indispensable d'établir des appareils d'extraction et surtout d'épuisement.

Mine de Toaalan-Lengo. — La planche IX montre la coupe de l'une de ces exploitations telle qu'elle est conduite à Toualan- Lengo (district de Souogî-Tingi).

Elle consiste en une excavation carrée, mesurant 5",5o de côté, sur une profondeur maxima de 4 mètres.

La composition de l'alluvion comprend une couche végétale assez mince sous laquelle se trouve un banc de sable gris de 2^,70 d'épaisseur, contenant des galets de granité, de quartz, de feldspath et quelques petites quantités d'étain. Plus bas repose le dépôt stannifère proprement dit, composé de grains de quartz, de feldspath et de tourmaline cimentés par une argile légère, friable et très riche en étain; cette assise a une puissance variant de i"',2 ài",5o.

Les parois de l'excavation sont maintenues par des cadres de bois et des garnitures de branches.

 l'extrémité basse, un puisard de 60 centimètres recueille les eaux de pluie ou celles qui proviennent des infiltrages à travers les couches meubles.

Kaèt, — L'extraction se fait au moyen d'un appareil appelé kaèt (malais, « crochet 1» ) (fig. i) , identique à celui qui est employé

pour monter l'eau des puits peu profonds dans certains districts de France.

Deux balanciers de lo à i5 mètres de long sont liés à un poteau vertical au moyen de lianes, mais de façon qu'ils puissent décrire autour du poteau on angle permettant de déverser les matières sur le bord de lexcavation.

 Tune des extrémités pend un long bambou ou une perche munie d'un crochet double en bois; à l'autre bout du levier est fixé un contrepoids qui fait équilibre à la charge.

L'ouvrier se tient au bord des travaux ou sur une planche jetée en travers; il descend, sur l'un des crochets, un panier vide qu'il dégage dès qu'il a touché le fond, et accroche aussitôt, avec l'autre côté du double crochet, un panier plein qu'il remonte à la surface, puis, faisant décrire un arc de cercle au balancier, il vient décharger les terres au point convenable.

Gual-guaL — L'appareil d'épuisement appelé gualgaal (fig. 2) n'est qu'un seau à bascule ordinaire et fonctionne sur le même principe que le kaèt.

Un seau en bois est fixé au bout du bambou vertical; lorsque le balancier s'abaisse, il vient plonger dans le puisard, puis est élevé jusqu'au bord du trou, où il déverse son contenu dans une coulotte faite d*un morceau d'écorce d'arbre.

Les matières ramenées à la surface sont portées au ruisseau voisin, où elles sont soumises à un traitement mécanique.

Les travaux occupent six hommes, non compris l'avanceur de fonds. Ils ont tous, ainsi que ce dernier, parts égales dans les bénéfices.

Mine de KampongSnoudong. — Nous avons observé au Kampong Snoudong, près de la rivière de Kampar (district de Kinta] , un autre système malais d'exploitatiop.

Ces travaux (fig. 3 et 4 ^ même planche] sont établis au pied d'une petite colline appartenant aux dernières ramifications de Boujang-Malacca.

Le minerai d'étain n*est pas confiné à une couche déterminée et distincte, mais est disséminé dans toute l'épaisseur de l'àlluvion, d'où la nécessité de traiter la couche tout entière. A cet effet, de petits canaux amenant les eaux de la rivière au bas de la colline

viennent circuler au pied du front d^attaque; le terrain est abattu ^ puis jeté simplement dans ces canaux, où il se lave comme dans les travaux lampang cités plus haut.

La hauteur de la taille est de 4 à 5 mètres. Lorsqu'une certaine tranche de terrain a été enlevée jusqu'au niveau de Teau, la surface dénudée est divisée en petits lots rectangulaires de lo mètres de long sur 4 mètres de large, entre lesquels sont ménagés de nouveaux canaux. Ces lots sont excavés jusqu'à une profondeur qui ne dépasse pas i^'^So.

Pendant ce dernier travail, les eaux sont épuisées avec un simple baquet et les terres rejetées et lavées dans les canaux qui entou^ rent l'excavation.

•Quel que soit le mode d'exploitation adopté, il est rare que les Malais fondent eux-mêmes les produits* recueillis. Ils n'ont qu'une idée très vague des procédés métallurgiques et préfèrent vendre leurs minerais aux mineurs chinois du voisinage ou les porter aux fonderies établies dans les centres miniers.

TRAITEMENT METALLURGIQUE.

Nous avons vu plus haut par quelle suite d'opérations le minerai d'étain était amené à une richesse de 66 p. o/o. Cette teneur moyenne des minerais de Larout n'est pas très élevée, surtout si on la compare à celle des produits des exploitations européennes de l'île de Banca, qui atteignent ordinairement 76 p. 0/0.

Mais, en revanche, les produits de Pérak présentent une pureté très grande; ils ne contiennent pas d'arsenic et très rarement du soufre, et même alors ils n'en renferment que de simples traces provenant des mouches de pyrite de fer qui se rencontrent accidentellement dans les granités de la région.

Un échantillon des minerais" lavés de la mine de Kong-Loon a donné :

Ëtain 66.00

Fer 6.i5

Silice, alumine, etc. * 37.85

Un autre spécimen , dont Tanalyse complète a été faîte par M. Terreil^ du Muséum d'histoire naturelle, était plus riche encore:

Acide stannique 89*17

Oxyde de tungstène (Traces.)

Oxyde de manganèse (Traces.)

Peroxyde de fer

Alumine )

Alcalis non dosés (Traces. )

Silice 7.76

La teneur 89.17 en acide stannique correspond à 71.75 en étain métallique.

Cette grande pureté simplifie considérablement le traitement métallurgique. Il ne s'agit plus ici d'opérer un grillage préalable et toujours imparfait, comme pour les minerais sulfureux et arsénieux de Cornouailles, car une simple fusion suffit à la réduction de l'oxyde d'étain.

Le procédé adopté par les Chinois consiste à fondre le minerai avec du charbon de bois, qui remplit à la fois le rôle de combustible pour produire la chaleur nécessaire et le râle de flux pour la réduction des matières.

Fabrication du charbon de bois, — Ce charbon de bois se fabrique dans le voisinage même des exploitations. Tous les bois ne sont pas également propres à fournir un charbon convenable; les fours étant généralement très petits, il est nécessaire d'employer un combustible produisant une grande somme de calorique; aussi les essences choisies sont-elles des bois très denses et très durs. Le charbon le plus apprécié est celui que l'on obtient de l'arbre appelé Penna, dont le tronc seul est utilisé.

Les méthodes chinoises de fabrication consistent dans une calcination lente du bois. A cet effet, le tronc d'arbre abattu à terre est recouvert à son extrémité d'une couche d'argile et de terre maintenue par un fascinage. Le bois est allumé; à mesure que la carbonisation avance, le charbon produit est retiré, et le revêtement de terre est rejeté en avaut de façon à toujours recouvrir la partie embrasée.

Les produits sont emballés dans des paniers et portés au lieu de consommation.

Prix du charbon de bois, — Depuis quelques années, le prix du combustible a subi une hausse considérable, due à répuisement graduel des bois convenables dans les forêts qui entourent les districts miniers.

En 1878, il coûtait 1^,78 le pikoul, soit l^1 fr. 17 cent, la tonne. Aujourd'hui son prix s'est élevé à 2|,5o le pikoul ou 200 francs la tonne.

Dans certains fours dits tongkahj sur lesquels nous reviendrons plus loin , on emploie un charbon de qualité inférieure ou incomplètement carbonisé, qui ne revient qu'à o|,6o le pikoal (48 fr. la tonne).

Fours à étain. — Les fours employés pour la fonte de Tétain sont de petits fours à manche qui varient de forme ou de dimensions suivant que le vent est employé ou non (pi. X et XI).

Le type le plus répandu est celui que représentent les figures 1, 2 et 3, planche X, et qui est adopté aux mines de Kong-Loon et dans toutes les grandes exploitations.

Il consiste en un massif de maçonnerie de briques, ayant i"^,85 de hauteur au-dessus du sol, 2",25 de largeur de face, sur i",70 de profondeur.

Dans l'intérieur est ménagée une cavité semi-cylindrique de 45 centimètres de diamètre et se rétrécissant vers le bas , où elle affecte la forme d'un entonnoir recourbé en avant qui se termine, à la poitrine du fourneau, par un œil de i5 centimètres de diamètre. Cette cavité est doublée d'un revêtement de briques sur champ ou d'argile.

Devant le four est une rigole inclinée dont la partie inférieure, formant puisard au-dessous du trou de coulée, reçoit les madères fondues.

La paroi postérieure s'élève de i",20 au-dessus du gueulard, formant un mur contre lequel la charge est empilée; des marches disposées de chaque côté donnent accès k la plate-forme.

Une embrasure ménagée dans la paroi du fond livre passage à la tuyère; elle est assez grande pour laisser au-dessus de cette tuyère en place un intervalle qui permette de passer un ringard, si le fourneau venait à s'engorger, ou pour faciliter le nettoyage; pendant la marche, cette ouverture est bouchée par un tampon d'argile.

Soaffietif. -— Derrière le four est placée la soufflerie. Cet appareil est un cylindre creux, taillé dans un tronc d'arbre (fig. 4 et 5, pI.X), ayant 4 mètres de longueur et &o centimètres de diamètre intérieur. Il reçoit un piston dont la garniture est en papier ou en plume.

Sur le flanc du cylindre court un conduit longitudinal de lo centimètres de diamètre, qui conmiunique à ses deux extrémités avec l'intérieur de l'appareil et en son milieu avec la tuyère.

La tige du piston, longue de 6 mètres, est graissée avec du suif et glisse à frottement doux dans un orifice percé dans le fond du cylindre. Les deux fonds portent à l'intérieur un clapet k charnière , de 20 centimètres de côté, s'ouvrant et se fermant à chaque coup de piston.

Tuyère. — La tuyère est parfois en fer avec un nez en ai^ile, mais le plus souvent elle est toute en argile et se raccorde au conduit du vent par un lutage en terre glaise; son inclinaison est de 4o à 45 degrés, de façon que son axe soit dirigé vers le centre du trou de coulée.

Tout l'appareil est placé horizontalement sur une charpente ou un massif en maçonnerie.

Le vent est produit par trois hommes attelés à la tige du piston et animés d'un mouvement de va-et-vient. Ces souffleurs se relayent toutes les heures.

Le grand inconvénient de cette soufflerie est d'exiger une force motrice coûteuse et surtout de produire un jet très intermittent, dû à la très petite capacité du conduit de l'air, qui est trop étroit pour agir oonmie régulateur du vent.

Outils. — Quelques outils complètent le matériel du fondeur; ce iont : un ringard pour dégager les loups qui peuvent se former dans le fourneau, une écumoire ressemblant à une curette de maçon et un râteau, servant tous deux à enlever les scories qui flottent sur rétain dans le puisard, quelques gaules pour d^ager le trou de coulée, une cuiller à manche de bois pour couler le miétal, et enfin deux moules en bois.

Prix de revient des fours. — Ces fours sont construits en briques

fabriquées dans le pays même. Elles coûtent lo dollars (5o fr.) le mille.

Ces briques ont 2 1 centimètres de longueur sur 1 1 centimètres de largeur et 4 centimètres d'épaisseur; il en faut 3,5oo par four.

Les dépenses de premier établissement d'un four complet avec sa soufflerie se décomposent ainsi :

dollars, francs.

Briques : 3,5oo, à 10 dollars le mille 35 178

Chaux 3 10

Construction du four 11 55

Total 48 34o

SoufSerie mise en place. 45 225

Outils, moules, etc 7 35

Total général 100 5oo

Un four dure cinq années en moyenne» mais exige un entretien tout particulier et de fréquentes réparations au revêtement intérieur.

Fonte du minerai, conduite de Vopération, — La fonte du minerai se faisait autrefois pendant la nuit seulement; mais, dans certaines fonderies, on travaille maintenant nuit et jour.

Le minerai à traiter est mis dans une caisse rectangulaire placée près du four; il est légèrement humecté, afin que les poussières fines ne soient pas entraînées par le vent de la soufflerie.

On commence l'opération par remplir le fourneau de charbon et de bois qu'on allume; on laisse brûler tranquillement pendant une heure ou une heure et demie. Au bout de ce temps, le four est suffisamment chaud; on empile alors du charbon sur le gueulard, et l'on donne le vent.

Après un quart d'heure,, on jette sur la pile de charbon allumé une pelletée de minerai, que l'on recouvre d'une autre pelletée de combustible, et ainsi de suite en alternant les couches déminerai et de charbon .

Les matières descendent tranquillement, la réduction qui a commencé au gueulard s'achève dans le fourneau, et deux heures ou deux heures et demie après la mise en feu, le métal commence' à couler dans le puisard.

Pendant ce temps, le mouleur a préparé les moules dans une

petite fosse près du fourneau. Ces moules sont faits dans un mélange de terre et de sable et sont au nombre de trente à trente-cinq, suivant les quantités de minerai traitées.

A mesure que Tétain coule, les fondeurs, au nombre de deux, dégagent l'œil avec des gaules et enlèvent les scories et les crasses qui flottent à la surface du métal; le mouleur puise Tétain avec sa cuiller et le porte aux moules.

L'opération, qui commence ordinairement à quatre heures de l'après-midi, s'achève vers trois à quatre heures du matin, durant ainsi douze heures.

Le fourneau est aussitôt mis hors feu, puis il est vidé. Les charbons qui retiennent une certaine quantité de grenailles d'étain sont mis à pari avec les scories et subissent un traitement spécial , ainsi que nous le verrons plus loin. On laisse le fourneau nettoyé se refroidir lentement et l'on asperge les parois avec de l'eau au moyen d'un petit balai, sans quoi, prétendent les Chinois, l'étain . métallique se collerait aux briques à l'opération suivante.

Les saumons d'étain sont refroidis par un courant d'eau que l'on fait passer dans la fosse de moulage, puis ils sont brossés et lavés. La forme qu'on leur donne le plus généralement à Pérak est représentée par la figure 5 , planche XII.

Autrefois ils ne pesaient que 55 à 60 kattis (de 34 à 38 kilogrammes], mais depuis quelques années les dimensions ont été augmentées en vue d'une économie de transport, celui-ci se faisant à la pièce et non au poids.

Le modèle (fig^ 5) adopté à la fonderie de Kong-Loon a 44 centimètres de longueur et 1 3 centimètres de largeur dans sa parlie supérieure; sa partie inférieure, semi- cylindrique, est en retrait sur les flancs, de façon à laisser deux oreilles qui facilitent le transport et les manipulations.

Ce type de saumon pèse de 65 à 70 kattis, soit une moyenne de 43^750.

Production. — Aux mines de Kong-Loon , oii sont installés cinq fours marchant alternativement, la quantité de minerai traitée par nuit dans un four est de 20 baquets de 180 kattis chacun (ii2'*,5oo), soit 36 pikouls (2*,25o'*).

Lé métal produit s'élève à 3o saumons de 70 katlis (43''«^,70o), soit 21 pikouls (i3i2'*,5oo).

Prix de revient — Les dépenses pour une opération se subdivisent ainsi :

IIAIN-D'OBDYRB.

ddUian. firtaei.

2 fondeurs à i dollar (5 francs) a oo lo oo

6 souffleurs à i dollar ( 5 francs) 6 oo 3o oo

1 mouleur à i dollar 5o cents (7 fr. 5o cent.) 1 5o 7 5o

Édaîrage, terre à mouler o 55 a 76

Nourriture des coolies et shamshou 1 5o 7 5o

Total n 55 57 75

soit, pour la main-d'œuvre, 55 cents par pikoul ou 44 francs par tonne de métal.

Combustible. — Le combustible consonmié est de 35 paniers de 55 kattis (34^,375) chacun, soit ig pikouls 25 (i2o3^^i25); d*où nous déduisons que :

1 pikoul de minerai exige pour sa réduction : 53 kattis 33 , et 1 tonne : 533''^33o.

La consommation est donc de 91 kattis 66 de charbon par pikoul d'étain, soit 9i6'*,66 par tonne.

En général, on compte une partie de combustible pour une de métal.

Nous arrivons donc, pour les dépenses de combustible , au chiffre de 2 dollars 3o par pikoul (i84 francs par tonne).

En résumé, nous avons pour les frais de traitement métallurgique :

PAR PIKOUL. PAR TONNB.

dollars. finiDes.

Main-d*œuvre o 55 44

Combustible 2 3o i84

Prix de revient a 85 238

Fours en argile. — Le four que nous venons de décrire est le type adopté généralement dans les fonderies ou les grandes exploitations»

Dans les mines de moindre importance, les Chinois emploient des fours plus simples»

Ces fours (6g. i et 2 , pi. XI] sont tout en ai^le et se construisent de la manière suivante : une certaine quantité d'argile, débarrassée de son gravier et bien pétrie, est apportée sur remplacement où le four doit s'élever, et accumulée de façon à figurer une petite tour de 3 mètres de hauteur; lorsque Targile est sèche, le massif est taillé cylindriquement et revêtu d'une armature en bois, puis on pratique dans Taxe un foyer cylindrique qui se termine par un trou de coulée.

Une embrasure ménagée dans la paroi postérieure permet le nettopge du four après chaque opération.

Ces fours fonctionnent avec ou sans soufflerie. Dans le premier cas, ils sont très bas, environ i",io de hauteur (fig. a), et la plupart n'ont pas d'armature.

Lorsque le vent n'est pas employé il est nécessaire d'activer la combustion par un tirage naturel ; on augmente alors la hauteur jusqu'à 2"',25. Un four de ce genre coûte 10 dollars.

L'opération de la fonte dans ces fours est identique à celle qui a été décrite précédemment.

Four tongkah. — Depuis que le charbon de bonne qualité est devenu rare et coûteux, on a introduit à Larout un type de four siamois appelé four « tongkah », qui offre le grand avantçige de marcher avec un combustible de qualité inférieure.

Ce four (fig. 3 et 4, pL XI) consiste en un cylindre creux d'argile maintenu par une armature en fer et placé sur une bassine en tôle. Il répose sur un trépied de fer, à 45 centimètres du sol; sa hauteur est de 95 centimètres et son diamètre intérieur de 45 centimètres. Il est muni d'une soufflerie de 3 mètres de longueur et 3o centimètres de diamètre.

Conduite de V opération. — On commence l'opération de la fonte par placer au fond du fourneau une grosse bûche de bois à moitié carbonisée. On allume et l'on donne le vent. Lorsque la bûche est bien embrasée, on remplit avec un mélange de charbon et de bois partiellement carbonisé; puis, le four étant suffisamment chauffé, on verse des pelletées de charge, composée en parties égales de minerai, de charbon et de bois.

Le métal fondu coule dans un petit bassin ou dans une poche de mouleur placée sous l'œil du four.

Prix. — Ce type de four coûte 45 dollars (2 25 francs) et dure quatre oo cinq ans. Il fonctionne d'une façon constante, nuit et jour, et l'on n'arrête que pour réparer ou changer le revêtement d'argile.

Main-d'œuvre. — Deux hommes seulement travaillent à la fois, l'un au four, l'autre à la soufflerie, et sont relayés toutes les six heures. Ils reçoivent, outre leur nourriture et le shamshou (eau-de-vie de riz) qu'il est d'usage de leur donner, un salaire de 55 cents (a fr. 75 cent.) par homme.

Production. — En raison de la qualité inférieure du combustible, la réduction s'opère très lentement dans le « four tongkah »; aussi les quantités de nunerai traitées en vingt-quatre heures ne dépassent-elles pas i5 ou 16 pikouls (goo à 1,000 kilogrammes], qui produisent en moyenne i3 saumons de 70 kattis chacun, soit 9 pikouls 10 (568^,75o).

Combustible. — La consommation de combustible est le double de la quantité de minerai qui passe au four, soit 32 pikouls (2,000 kilogrammes), coûtant 60 cents le pikoul (48 francs la tonne).

Prix de revient. — Les frais de traitement sont donc, par vingtquatre heures :

dollars. franc*.

4 rdaisde a hommes : 8 hommes à 55 cents. . i Ho 22 00

Nourriture et shamshou, 1 5 cents par homme. 1 30 6 00

Gomhustibie : 3a pikoids à 60 cents 1920 96 00

Eclairage, terre à mouler, argile o 3o 1 5o

Total a5 10 i25 5o

Soit 2 dollars 76 cents par pikoul, ou 220 fr. 80 cent, par tonne de métal, prix de revient un peu inférieur à celui des autres fours.

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