L'ADMINISTRATION DES MINES
Le Bureau des Mines.—Son histoire. —Sa raison d'être. —Sa composition actuelle. —Sa réorganisation complète. —Des agences dans les districts miniers.—A quand le ministère des mines ?—Emploi du revenu des mines.
L'administration des mines de notre province depuis le 1° juillet, 1905, entre dans les attributions du commissaire de la colonisation, des mines et des pêcheries ; c'est l’hon. Jean Prévost qui en est le titulaire actuel.
Jusqu'en 1846 l'administration des mines dépendait du secrétariat de la province. A cette époque, elle fut transférée au commissariat des terres de la couronne.
L'administration des mines se faisait en vertu de règlements passés par arrêtés ministériels, qui n'avaient rapport qu'aux mines dans les territoires vacants de la couronne, et non aux mines dans les terrains des particuliers.
Il y a eu deux sortes de règlements : les uns pour les mines aùtres que les mines d'or et d'argent ; les autres pour les mines d'or et d'argent.
Nous n'étudicrons pas maintenant ces divers règlements : cette étude siérait mieux d'ailleurs au chapitre de la législation.
Le 11 mai, 1874, on fit la refonte de tous les règlements sur les mines en vigueur jusque-là ; c'est la « Loi des Mines de 1880 » qui rappela toute la législation antérieure.
Cest vers 1891 que fut organisé le « Bureau des Mines », tel qu'il est auiourd'hui, où à peu. de choses près.
Les lignes sur lesquelles le « Bureau des Mines, » fut alors organisé sont les suivants :
1° Pour contrôler les noms et les progrès de toutes les mines et les compagnies minières, garder un régistre clair et précis de leurs localités, propriétaires ; du genre de minerai extrait, et les conditions de la propriété ;
2 De visiter et examiner de temps à autre les différentes régions minières et de publier des rapports au commissaire titulaire de cette branche des mines, les décrivant, ainsi que leurs progrès dans l'exploitation ;
3° De rechercher d’entières et exactes statistiques des mines, la mise de fonds, le nombre d'hommes qui y travaillent ;
4 De maintenir un laboratoire pour les essais et les analyses chimiques, pour lesquelles on devra charger le prix courant; de reconnaître à titre gratuit, les échantillons de roc, minérai, soumis à l'examen, et de donner tous les renseignements possibles concernant l'importance de la valeur commerciale probable de chacun, avec des avis conseillant les meilleurs moyens de l’exploitation.
Dans l'ensemble ces lignes ont été suivies, comme on peut en jugr par la publication périodique du rapport du commissaire, et l'existence du bureau d'essai et du laboratoire provincial.
L'inspecteur des mines continue à remplir les devoirs indiqués dans la clause 2. Les rapports annuels de l'inspecteur des mines au commissaire chargé du service des mines, contiennent des renseignements détaillés sur l'industrie minière ;dans la province, et constituent de véritables archives de l'exploitation minière et de la métallurgie, des progrès constatés et de la condition de l'industrie en général.
Hi
aus ET
Les différents tableaux de statistiques dans les rapports officiels et préparés avec soin, sont très utiles, en remplaçant des renseignements difficiles à chercher et à contrôler, et présentés de façon à rendre claires les proportions respectives des divers minérais produits et les fluctuations dans la production d'année en année.
C'est au Bureau des Mines qu'on adresse ses demandes de permis de recherches ou d'exploitation. Et il est bon de faire remarquer que ces demandes sont considérées comme non-avenues si elles ne sont pas accompagnées d'argent. De deux demandes accompagnées d'argent, c'est la première arrivée qui est considérée.
Le Bureau des Mines tient des régistres des demandes. de permis de recherches et d'exploitation, et de leur émission. De ces régistres, seul celui qui contient les permis d'expioitation est ouvert au public, qui peut le consulter en payant 20 centins ; aucun autre régistre ne peut être consulté sans l'autorisation du surintendant des mines.
Jusqu'en janvier dernier le personnel du Bureau des Mines se composait du commissaire, du sous-commissaire, et d'un secrétaire, de l'ingénieur des mines et d'un analyste. A cette date survint la démission de M. Jules Côté, secrétaire depuis 1892 ; l'hon M. Prévost réorganisa alors sur de nouvelles bases, cettre branche importante du service.
M. Dufault est démeuré assistant-commissaire des mines ; à une grande connaissance des besoins de notre province, cet homme joint un dévouement inaltérable, et les qualités d'un administrateur éclairé.
La direction immédiate du bureau fut remise entre les mains de M. Jos. François Obalski, qui fut promu à la charge de surintendant des mines.
Puis M. le ministre confia à deux commis : MM. Ernest Prévost et Arthur Lemont, le travail à faire à la salisfaction de tous.
À Montréal, le gouvernement a son analyste ofliciel, M. Milton L. Hersey.
Par sa nominaticn comme surintendant, M. Obalski n'a pas cessé d’être inspecteur des mines : il a gardé de cet emploi toutes les prérogatives et atttributions. Et c'est avec plaisir toujours que les propriétaires de mines verront revenir chaque année M. Obalski, pour visiter leurs travaux et les éclairer de ses précieux conseils.
À MM. Prévost et Lemont incombe le devoir de renseigner le public sur tout ce qu'il peut savoir, sans indiscrétion ; à vider la corr chaque jour plus considérable ; les permis d'exploration ou autres, qui sont demandés : enfin, d'abattre toute la besogne que requiert une organisation comme Je service des mines.
Nous devons dire à l'honneur du gouver des progrès sensibles ont été faits dans l'administration de ce bureau. Grâce à l'initiative de son personnel, le public/n'est plus ennuyé par les lenteurs ou les formalités oiseuses communes à d’autres administrations. L'expédition des aflaires se fait avec diligence et discernement.
Nous croyons savoir que l'hon. M. Prévost n'en restera pas là dans sa réorganisation. On dit qu'avant peu, le service des mines sera installé dans des bureaux Spacieux et pourvus de tout l'aménagement requis.
Dans une salle d'attente on installera un musé de minéralogie, dans lequel seront exposés les spécimens divers de notre règne minéral. Sur des tables on trouvera les principales revues, ou journaux, qui traitent de la science des mines, et sur des rayons on trouvera une petite bibliothèque technique. C’est aussi l'intention du gouvernement, croyons-nous, de faire publier des cartes spéciales (les principaux districts miniers de la province. On croit même que chaque moi ment publiera un bulletin de
donnés et des renouvellements
"espondance qui se fait à préparer et à expédier
nement, que
s le gouvernes opérations, des permis accordé i. °
el, Avant longtemps le service des mines aura des
agences établies dans les grands centres miniers, comme ki cela se voit dans l'Ontario et les autres provinces. Le le projet est déjà en voie de réalisation au Témiscamingue. ît En effet, M. le ministre des mines vient de nommer M. es J. O. Tremblay, de Ville-Marie, agent des mines pour x à 4 cette region. De cette facon les explorateurs, ou les
mineurs, n'auront plus besoin de venir à Québec, 1- chercher leurs renseignements : M. Tremblay sera en
Ê position de les leur fournir.
it A l'heure qu'il est, à Montréal se trouve, (& 171, r { ‘ue Saint-Jacques) le laboratoire de chimie du gouverne- ; 1 ment.
Nous empruntons à une circulaire du directeur de ce bureau, les renseignements qu'il donne au sujet des c échantillons de minéraux qu'on veut soumettre à l'essai 1 i et à l'analyse.
: Direction pour le choix judicieux des échantillons : Si on veut connaître la valeur commerciale d'un dépôt de minérai, on peut en prendre un échantillon pour essai ; de la manière £$uivante : Prenez un petit morceau (de % ou {#4 Ib.) tous les 10 ou 12 pouces, à travers toute la largeur du dépôt. Répétez l'opération à toutes les 8 ou 10 verges en parcourant la longueur complète du dépôt. La quantité totale du: minerai collectionné représente un échantillon moyen. Si le dépôt est en exploitation, des échantillons de chaque puits et de chaque niveau, choisis de la même manière, doivent être ajoutés aux échantillons de surface. La quantité de minerai pour un échantillon moyen est de 5 à 40 !bs. Les dépôts de nature variable (comme les minerais d'or) demandent des quantités plus considérables que les dépôts de caractère uniforme (comme les minerais de É fer). Un échantillon composé d'un seul morceau de minerai, quoique gros, est pratiquement de peu de valeur pour faire l'essai d'un dépôt.
Direction pour réduire l'échantillon : Des grandes quantités de minerai Pour essai peuvent être réduites en divisant en quarts, ainsi que suit : Broyez le tout de la grosseur d'une noix, faites-en un tas arrondi, mélangez bien et divisez en quatre parties égales. Choisissez Un quart, écrasez-le de la grosseur d'une five, MÉLANGEz BIEN et divisez en quarts comme avant. Procédez de cette manière jusqu'à ce que la quantité soit réduite à lou 21bs. La partie résultante représente une moyenne de l'échantillon primitif.
Les essais faits sur cette substance donneront la valeur moyenne du gros échantillon. Une méthode plus précise, quoique ennuyeuse, de réduire un échantillon de minerai, c'est de choisir deux moitiés opposées et de les diviser en quatre, au lieu de prendre Je quart, comme plus haut,
Direction pour l'envoi des échantillons à essayer : Les échantillons broyés, représentant la moyenne des grandes quantités ou de ceux moins de 5 Ibs. en poids, peuvent être envoyés par la malle comme matière de Sième classe (1 c. pa” 4 oz. limite du poids 24 oz.) Ecrivez votre nom et ‘otre adresse lisiblement sur le paquet et envoyez les instructions avec l'argent en Paiement dans une lettre Séparée. Quand on envoie plus d'un échantillon en même temps, chaque échantillon “doit ètre marqué et numérolé distinctement, afin qu'ils puissent être identifiés par les instructions dans la lettre. Les échantillons de plus de 3 Ibs. peuvent être envoyés par express, en en payant les frais.
Vérification d'essais : Le laborateur fai: » ae :pécialité de vérification d'essais sur les minérri, d'or Les échantillons envoyés pour cette fin doiv nt £.e broyés de manière à Pouvoir passer ans ua tonus de pas moins de 5 à 10 carrés au pouce linéaire suriout dans le cas des minerais d'or variables en richesse. Un
échantillon d'un seul morceau de minerai, quoique gros, est pratiquement de peu de valeur en essayant un dépôt, et dans aucun cas il n'est suflisant pour une vérification d'essais, 12 onces de substance au moins doivent être envoyées pour l'essai.
Deux morceaux de minerai d'or pris dans le mème endroit d'un dépôt ne donneront pas absolument les mêmes valeurs dans l'essai.
La méthode la plus satisfaisante pour vérifier est de mélanger la substance minérale (obtenue par le broyage et les échantillons amenées à la moitié ou au quart d'après les instructions ci-dessus) et de diviser la substance en deux parties en envoyant les lots séparés à différents essayeurs, où à ce Laboratoire avec des marques différente:
Sur demande, des sacs à échantillons, à l'adresse de
ce laboratoire, pour l'envoi de substance minérale par la poste, peuvent étre obtenus gratuitement.
Pour toute information s'adresser au Département des Mines, Québec.