‹ Les mines du Laurion dans l'antiquitéChapitre 35 sur 42 · CIA · texte numérisé non relu

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(4) Boeckh, Liur. Silb., p. 111-112; Staatsh. d. Àth., î, p. 378 (éd, Fraenkel) .

(5) Démosthène, XXXVII, 22.

OÙ il est dit queTimarque, pour échapper aux liturgies, avait mis en vente deux IpYadTVjpia (1). C'est confondre à tort rèpYaarTVîpiov ou l'usine avec le fjLÉTaXXov, ou mine proprement dite. Cette erreur de traduction, trop souvent répétée, est inadmissible; les deux termes ont chacun leur valeur distincte et précise. On ne saurait les remplacer l'un par l'autre (2).Timarque a vendu ses deux ateliers parce qu'il en était le maître, comme des domaines agricoles qu'ilpossédaitàCéphissaetàAmphitrope.Nousconnaissonsaussi plusieurs autres exemples d'ateliers vendus par les particuliers. 11 ne s'agit donc aucunement démine dans le passage invoqué. Et il ne saurait en être autrement : puisque les jiÉTaXXa sont affermés pour un petit nombre d'années, il ne pouvait être permis aux entrepreneurs de les vendre ou de les léguer à un tiers. Qui ne voit que la vente aurait jeté la confusion dans la comptabilité publique et que le legs eût exposé les lots de mines à un morcellement fâcheux? Le concessionnaire ne jouissait donc en réalité que d'un droit d'usufruit, et c'est de ce droit qu'il peut se considérer acheteur (wvtity^ç). Ainsi l'État demeure le seul maître des mines qui constituent un domaine incessible.

On a cependant essayé d'établir qu'il y avait au Laurion des mines qui étaient propriétés de l'État et des mines qui étaient propriétés particulières : tel est l'avis de M. Lipsius (3). Cette théorie repose uniquement sur un passage d'Hypéride dont nul ne s'était encore avisé de tirer une conclusion aussi inattendue. Hypéride dit qu'on avait dénoncé un certain Épicratès de Pallène, comme coupable d'avoir dépassé les limites de sa concession (evToç twv {xÉTpwv t£|xv£iv). Le Tribunal avait reconnu qu'il n'en était rien et que la mine, qu'Épicratès exploitait, était bien la sienne, lYvwdav tSiov elvat t6 {xéTaXXov (4). En conséquence, les juges l'avaient confirmé dans la jouissance de ses droits pour le reste du temps qui lui restait. M. Lipsius fonde toute son hypothèse sur ces mots rS'.ov to (xéTaXXov et les traduit ainsi : (( les juges reconnurent que la mine était la propriété personnelle d'Epicratès de Pallène. » Tout d'abord, je remarque que c'est vouloir faire dire beaucoup à une phrase

(1) Eschine, I, 121.

(2) C'est à tort que M. Dareste, dans sa traduction du Plaidoyer contre Pantaivétès, emploie indifféremment les deux expressions l'une pour l'autre. Voir la traduction dk s Plaidoyers civils de Démosthène, 1, pp. 253 et sulv.

(3) Lipsius, dans VAttische Process^de Meier et Schoemann,p. 1020-1023.

(4) Hypéride, pour Euxénippos, col. XLIV et XLV (éd. Blass).

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