NOTICE SUR LA CARTE DU LAURION ANTIQUE
La carie qui accompagne ce livre n'a pas d'autre objet que d'en éclairer le texte, en montrant quel est Tétat actuel de nos connaissances sur la région du Laurion. Mais j*ai pensé qu'il convenait de faire reposer l'étude archéologique des mines sur une étude préalable du sol ; c'est pourquoi le relief du terrain a été dessiné avec toute la précision possible (1). Les formes de ce relief étaient délicates à rendre; il fallait faire surgir la direction des faites et des sillons principaux en respectant leur valeur inégale; accuser les résultats de l'érosion sans les exagérer; noter le tracé des vallées et des ravins, les crêtes aplanies, les plaines comblées, sans se perdre dans un détail confus; il fallait marquer le caractère des calcaires en falaises et des schistes aux pentes douces. Je crois que M. Létot, dessinateur de la carte, y est parvenu, et je le remercie des soins intelligents qu'il a bien voulu apporter à son ouvrage.
L'indication du relief du sol nous aide à mieux comprendre l'œuvre des anciens dans la réj^ion minière. Il va sans dire qu'il était impossible de porter sur la carte la masse innombrable des travaux antiques ; on s'est borné au nécessaire, mais en respectant la répartition proportionnelle des puits de mines et des entrées de galeries selon les divers districts ; je n'ai point à mon gré fait le blanc et le noir. On voit les attaques des mineurs
(1) Le tracé des courbes bypsométriques a été réduit^ d'après les Karten von Àtlika de Curtius et Kaupert, feuilles 13, 14, 16, 17.
Le dèmede Sounîon au contraire avait un nom plus illustre. Les habitants en passaient pour de riches citoyens, et il était encore, au p' siècle, un ST^fAoç à^idXoYoç (1). A l'inspection des lieux, il est hors de doute que la ville ne s'étalait point sur le promontoire, au pied et en arrière du temple. Il n'y a pas là d'espace suffisant pour une population quelque peu nombreuse. Au reste, Strabon fait entendre qu'il faut doubler le cap Sounion de l'Est à l'Ouest pour relever ensuite le dèrae de ce nom. Il y a donc lieu de distinguer le groupe de l'acropole et des temples et celui de la ville. Celle-ci avait un port qui est sans doute le port Panormos ou le port Pacha; on y reconnaît encore les vestiges d'un môle antique. Une route reliait le port au gros de la ville située, selon moi, quelque part vers le mont Michel. Des ruines d'édifices et des tombeaux très nombreux se montrent sur le sol. On a de plus retrouvé dans les environs, au point indiqué sur la carte, une inscription qui nous apprend que le dème avait reçu d'un particulier nommé Leukios, un terrain pour en faire un marché. La stèle portant acte de la donation était placée sur l'agora (crTTiaai ev ttj àyopï) (2). Que le cap ait porté le nom du dème, il n*y a pas à s'en étonner, mais ce n'est pas une preuve que la ville proprement dite se trouvât précisément là, et non point à quelque distance.
Quant au dème de Thoricos, on ne saurait émettre de doute sur son emplacement. Le nom a subsisté sous la forme moderne Théricos, en s'appliquant au village qui avoisioe les ruines du théâtre et les tours des anciennes fortifications. L'agora se trouve près de là, et c'est sans doute tout autour sous le manteau d'alluvions qui couvre la plaine, qu'il faudrait chercher les vestiges de la ville.
Il reste deux dèmes, Bésa et Amphitrope, qui ne sont point identifiés avec la même certitude. Il est cependant une hypothèse assez vraisemblable. Xénophon dit, dans les Revenus (3), que Bésa se trouvait à mi-dislance d'Anaphlystos et de Thoricos, et conseille à ses concitoyens d'y construire sur un point élevé une troisième forteresse qui protégera la région des mines. L'endroit
(1) Fragm. Poet, Comic. Graer., p. 4ig, fragm. 1, (éd. Didot). —Strabon, IX, i, 22 : KàfJLiJ^avTt 8e tyjv xarà to Souvtov âxpav à^idXoyoç 87^x0? Soiiviov.
(2) CordeMA, Antiquitcs Laiirioliques^ Miltheil. Arch. Inst., Athen. XIX, 1894, p. 242.