DES GISEMENTS MÉTALLIFÈRES DU LAURION
tiques. Ils ont plus ou moins déteint sur les roches calcaires de Taffleurement et le soulignent, pour ainsi dire, d'une large bande rouge brun. Il est impossible de n'être pas frappé de cette coloration, parfois intense, qui dénonce la présence du fer (1).
Dans Tun et l'autre contact, les gisements varient presque à rinfini de forme, de position et de puissance. La minéralisation se réduit ici à une tranche de quelques centimètres : là, elle acquiert plusieurs mètres d'épaisseur. En plus d'un point, on a peine à en découvrir l'existence : elle se dissimule dans une fissure étroite de la roche, où Ton dirait qu'un habile ouvrier a délicatement incrusté un filet de métal. Ailleurs, au contraire, elle se présente en entassements énormes, et le mineur semble travailler dans une montagne de galène. Feuilles minces, couches larges, amas allongés, veines sinueuses, fentes, trous, poches, fosses, cavernes, toutes les formes, tous les aspects se retrouvent dans ces gîtes du contact. D'autre part, ils prennent les positions et les directions les plus irrégulières : ils vont, viennent dans tous les sens, montent et descendent, à droite, à gauche, en haut, en bas, se plient, s'étalent, se cassent, se ressoudent. Ils n'obéissent qu'à une règle qui est d'être toujours situés entre les deux assises fondamentales, le schiste et le calcaire, ou dans le voisinage immédiat du contact.
Tels sont les deux domaines souterrains que les mineurs du Laurion ont exploités. Après les avoir reconnus en profondeur, ils en explorèrent petit à petit l'étendue en surface, et ils arrivèrent à déterminer assez exactement le périmètre de la région minéralisée. Celle-ci ne s'étend pas sur toute la superficie du Laurion. Elle forme un rectangle allongé que semble borner à l'Ouest la faille qui court le long du grand anticlinal. En effet, les quelques travaux que les anciens ont exécutés au-delà de cette limite n'ont pas abouti à de bons résultats, et les puits assez rares que Ton retrouve dans le massif du Prophète Elias, à l'Ouest de la vallée Legrana, ont été abandonnés. Ce petit massif isolé ne recèle point de gisements métallifères.
Cependant, à la hauteur du Panariti, la minéralisation s'est répandue au-delà de la faille. De nombreux travaux, dont quelques-uns sont particulièrement remarquables, débordent
(1 Cordella, Laurion^ p. 60 ; Cambrésy, Laurion, p. 107etsuiv.
20 LES MIKES DU LAORION DANS L' ANTIQUITÉ
du plateau du Nord sur les pentes occideutales et descendent même dans la plaine. Ils couvrent tout l'espace compris entre Ari et Métropisi. Au Nord, les mineurs ont iouillé les collines jusqu'aux environs de Daskalio, mais leur exploration de ce côté n'a pas été très fructueuse. Les exploitations importantes ne dépassent guère le val de Yilia.