EXPLOITATION DE LA MINE
Instruments
Les instruments de travail, dont se servaient les mineurs du Laurioo, étaient en petit nombre ; galeries et puits ont tous été creusés avec quatre outils, le marteau, la pointerolle, le pic et la sape. On ea a retrouvé dans les chantiers antiques beaucoup de spécimens qui, bien que rongés par la rouille, nous renseignent exactement sur leur lorme et leur usage.
Le marteau, tutciç (t), présente une tète plate et une pointe. La léte plate {Rg. 2) sert à frapper sur la pointerolle ; la pointe à quatre pans permet de briser la roche : à cet eflet. la pointe est légèrement recourbée, et l'ouvrier emmanchait son marteau de telle sorte qu'elle se présentait eu haut ou en bas. suivant le besoin. Le manche, assez fin, était court et ne dépassait pas vingt ou trente centimètres : il était en bois d'olivier et s'adaptait au centre du marteau. ^*- *■
L'outil pèse en moyenne deux kilogrammes et demi (2).
(t| Diodore de Sicile, ]II, \2 5 : TuniiTi mSTi^aî; T-qv |i.ap[LctpiÇau(rixv TcÉtpctv
(2> Voir le dessin d'un Instrument identique sur une plnquetle de Corlntlie : Antike Denkmàler, pi. V111, tig. 7. Cf. Furlw&ngier , Besehreibung der Vasensammtung iin Antiquarium, 1885, n" 638, 639, 831, 871, 872. On a retrouvé un marteau analogue dann la mine antique de la Baume, prés Vlllefrancbe (Aveyron). Cl. Daubrée. Exploitation des métaux dans la Gaule, dans la Bévue Archéologique, 1881, p. 207, Bg. 5.
Fig. 3,
La pointerolle, ZoU (1), est destinée à tailler la roche, sous le choc du marteau. C'est une tige (fig. 3) de deux à trois centimètres de diamètre, longue de vingtcinq à trente centimètres. Une des extrémités était aiguisée, et formait un biseau à deux ou à quatre pans. L'autre extrémité est plus forte et arrondie : elle est généralement aplatie et écrasée sous les coups de marteau (2).
Le pic était composé d'une lame plate mais épaisse,
aiguë d'un bout, repliée de
l'autre en forme de douille
pour recevoir un manche assez fort (fig. 4). Le fer a environ quarante centimètres de longueur, et quinze ou vingt millimètres d'épaisseur (3).
La sape est une pelle dont la douille est recourbée
comme celle d'une bêche (fig. 5).
Le manche en était gros et court.
On l'employait à ramasser les déblais.
Tous ces outils sont en fer martelé. Les pointeroUes, le marteau et le pic étaient en outre trempés ; le métal ^'^' *• est d'excellente qualité, autant qu'on en peut juger par la netteté des empreintes que les instruments ont laissées dans les calcaires-marbres les plus durs (4).
'^' ' L'attirail du mineur était complété par une lampe
et des couffins. Les lampes des mineurs du Laurion sont généralement en terre cuite, parfois en plouib (5). Par la forme elles
(1) Hésychius, au mol ^otç.
(2) Instruments à peu près semblables, retrouvés dans les mines de Villefranche (Aveyron) : Daubrée, L cit.^ p. 205, fig. 2.
(3) Les pics de Villefranche (Aveyron) et de Fillols (Pyrénées-Orientales) n'ont pas la même forme : ils ont deux branches, Tune plate et l'autre aiguë. Cf. Daubrée loc, cit., p. 206, fig. 3 ; p. 349, fig. 34.
(4) On a retrouvé des instruments analogues dans beaucoup de mines antiques, en France, en Espagne, en Sardaigne. Outre Tarticle de M. Daubrée, cité à la page précédente, voir de Launay, Annales des Mines, \UV Série, XVI, p. 427- 516 ; IX« Série, I, p. 519.
(5) Lampes de plomb : Cordella, Laurion, p. 106. M. Daubrée, Revue archéologique 1881, p. 207, 208, fig. 6, cite comme trouvé près de Villefranche un petit vase en plomb <( qui parait avoir servi de lampe » .