FORGES DE LA FRANCHE-COMÏÉ
manches d'aération zinguées pour plusieurs bâtiment cuirassés et des chaînes en acier sans soudure et zinguées pour les torpilleurs.
Quelques-unes de ces fournitures sont très importantes, narml ces dernières nous relevons pour:
Clermont-Ferrand 2.860.000 kilog.
Dijon 2.250.000 »
* Besançon 1.800.000 »
Langres 1.050.000 »
Belfort •725.000 »
Epinal 450.600 »
Ce qui fait iin total de. ... 9.135.000 kilog.
Si Ton ajoute 40 mille mètres de chaînes en acier sans son* dure et zinguées pour le service des ports et des torpilleurs, on arrive à un chiffre passablement éloquent.
Elle a livré au Ministère de^ travaux publics plus de trente
Sonts, viaducs ou tabliers métalliques, dont quelques-uns 'une réelle importance, comme le tablier métallique du pont de la ligne de Dole à Poligny sur le Doubs, qui ne pèse pas moins de 400,000 kilog, et le viaduc de Perrignj du poids de 200,000 kilog.
Plus de cent portes d*écluses dont quelques-unes très importantes, par exemple, celles du canal du Havre à Tancarville dont chaque paire pèse 130,000 kilog., puis des bateauxdragues et des barques de dragage.
Cette société a encore livré :
Au ministère de Tintérieur, pour le service vicinal, plus de 25 ponts dont quelques uns atteignent celui de Fraisans sur le Doubs, un poids de ^00,000 kil. et celui de Raus, sur la même rivière, 140 000 kilog.
Au ministère des Finances, la manufacture des tabacs, à Dijon, pour un poids de 300 000 kilog.
Au ministère de Tlnstruction publique et des Beaux-Arts, pour le nouvel hôtel des Postes a Paris, des réservoirs à air comprimé, en tôle d'acier zinguée, d'un poids de 60,000 kilog., des poteaux télégraphiques et matériel divers pour la télégraphie.
Aux grandes Compagnies de chemins de fer, des quantités considérables, en rotondes ot remises de machines, ateliers, hangar, ponts, viaducs, réservoirs, sémaphores, potences et mâts de signal, mouvements de manœuvres, appareils Saxby, charriots roulants* plaques tournantes, ponts tournants de 14 et 7 mètres, grues pivotantes, roulantes, et pivotantes et roulantes, etc., etc.
Hifttoriqae mt comsistance.
La Société anonyme des Hauts-fourneaux, Fonderies et Forges de Franche-Comté a été fondée, de 1853 à 1855, par l'annexion successive de la plupart des usines de la province, dont les fontes, les fers au bois ainsi que les dérivés avaient acquis depuis plusieurs siècles un renom incontesté.
USINES du; NORD-ÉST 5W
Depuis, pour sauvegarder son existence, elle a dû compléter ses moyens de travail et réaliser d'importantes moditications dans les procédés de fabrication ; c'est dans ce but, notamment, qu'une grande usine à la houille fut projetée à Fraisans dès 185.>. La production de cet établissement atteignit promptemeni le chillre de 30,000 tonnes. La création d'un important atelier de construction, puis d'une aciérie avec convertisseurs et l'our Martin, vint plus tard apporter sur ce point de nouveaux éléments de travail.
La substitution des fontes au coke, spéciales pour nombre d'emplois, à celles au bois, l'envahissement des l'ers de Suède facilite par les admissions temporaires, l'apparition du fer fondu ou métal homogène, ont contraint la Société des Forges de Franche-Comté à éteindre successivement ses nombreux hauts -fourneaux au bois et la majeure partie de ses feux d*atâneiie. Elle a dû mettre en chômage quelques unes de ses usines et concentrer la fabrication des onze établissements dont la consistance est indiquée ci-après :
Statistique des moyens de prodaetiom
Effectif du personnel 4,000 ouvriers.
Moteurs hydranliques 12 / , ^^ ^>,^^„„^
Moteurs à vapeîîr 52 j ^»^^^ chevaux.
Surface des usines et chantiers industriels 84 hectares.
Surface des bâtiments 21 hectares.
Longueur des voies grande section 4 kilomètres,
ferrées petite section 37 kilomètres.
Statistique de la prodaetion
La production des usines se résume comme suit :
Fers marchands, fers profilés, tôles de construction de toutes qualités, usine de Fraisans 25,000 tonnes.
Machine de trétiierie de toutes qualités, Fraisans, Lods, Pont-du-Navoj, Buillon. . 18,000 tonnes.
Fils de fer, Fraisans, Lods, Champagnole, Pont-du-Navoy, Chenecey et Buillon . . . 10,000 tonnes.
Pointes et clouteries divers, Fraisans, Lods, Champagnole, Quingey, Chenejey .... 6,000 tonnes.
Appareils divers, ponts, charpentes et travaux métalliques de tous genres, Fraisans . . . 6,000 tonnes.
Tôles minces de 0,002 m/m et au-dessous, La Saine 2,000 tonnes.
Fers- blancs, fers noirs, tôles zinguees pour toitures, Bourg-de-Sirod 2,000 tonnes.
Produits divers, essieux, chaînes, ronces artificielles, rivets, etc., Champagnole, Chenecey, Fraisans 1,000 toines.
La Société anonyme des Hauts-Fourneaux, Fonderies et Forges de Franche-Comté n'a participé qu'à deux expositions universelles, celles de i8t3'7 et 1878, ou elle a obtenu une médaille d'or et un rappel de médaille d'or.
Le jury de 1889 a été unanime pour lui décerner cette fois encore une autre médaille d*Or.
JVEédaUle d'Or»
Tubes en fer et en acier
L'exposition do la Société d'Escaut et Meuse est située devant la porte qui donne accès à la galerie des machines. Signalons toat de suite son portique circulaire avec galerie supérieure.
Centrée est formée de deux grosses colonnes carrées don le fut est composé de tubes en acier et en fer disposést d'ane.fa^on très originale.
Pour imiter les cannelures Ton a placé alternativement un tube plein et une moitié de tube scie en deux.
Le piédestal a ses faces ornées de cadres concentriques formés de tubes. Dans le panneau central se détachent des arrangements de brides du plus bel effet.
Les six autres colonnes sont rondes mais plus petites que les premières et elles sont exécutées de la même manière.
Les deux grosses colonnes de tête sont surmontées de pyramides carrées, de tronçons de tubes diminuant de diamètre au fur et à mesure qu*on se rapproche du sommet.
Sur le demi-cercle qui sert de chapiteau repose une balustrade formée de colonnettes construites de la même façon que les grosses.
Ce qu*il y a de remarquable dans Texécution de cette installation, c*est qu^elle est exécutée presque exclusivement aveo des tubes en fer ou en acier. L*auteur a su malgré cela donner à Taspect général de cette exposition une allure et un cachet particuliers qui font plaisir a Toeil.
Dans le fond et à {gauche, entre deux colonnes, un large
Slat en acier de 39 mètres de longueur et de 45 centimètres e largeur sur 5 "/^^ d'épaisseur est enroulé en spirales gracieuses. Cette pièce remarquable alterne avec un autre large plat en fer de 60 mètres de longueur, 17 centimètres de largeur sur 3 millimètres d'épaisseur. L'accouplement de ces deux larges plats fait très bonne figure. Ces fers servent à la fabrication des tubes et sont à signaler à cause de la régularité de leur fabrication.
La largeur et l'épaisseur sont rigoureusement les mêmes d'un bout à l'autre de la bande et Ton n'aperçoit pas la moindre ondulation.
es épaisseurs exigées pour la fabrication des tubes étant en général très faibles proportionnellement à la largeur des plats nécessaires pour une dimension donnée, U Société a
étudié son installation de train universel sur des bases tout autres que celles des trains universels habituels.
Non seulement elle lamine avec une vitesse inusitée, mais encore il a fallu prendre des dispositions particulières pour obtenir des plats parfaitement droits et non ondulés malgré len^ faible épaisseur.
Les deux plats exposés ont Tépaisseur tout à fait courante exigée pour la fabrication des tuoes. La Société d'Escaut et Meuse descend fréquemment pour les plats de 1*70 millimètres de largeur à une épaisseur de 2 millimètres 1/2 et pour ceux de 450 millimètres de largeur à une épaisseur de 4 millimètres. Elle lamine alors des longueurs de 20 à 25 mètres.
Eu égard à leur épaisseur surtout, la longueur de ces deux larges plats exposés constitue un véritable tour de force.
Du milieu de cette exposition s^élève rangés en demi cercle une série de tubes qui vont par décroissance depuis 800 millimètres à 30 millimètres de diamètre avec des épaisseurs de 12 à 6 millimètres; leur longueur varie de 5 mètres à 8 m. 50. Cette disposition sert de cadre à un serpentin remarquable, le diamètre des spires a 2 m. 60; sa hauteur totale est de 10 mètres, la longueur de son développement est de 30 mètres. Mais il a ceci de particulier, c'est qu'il change de diamètre à chaque spirale ; ainsi il commence à sa base par un tube de 300 millimètres et il se termine à sa partie supérieure par un tube de 25 millimètres do diamètre !
C'est vraiment là le clou de cette exposition.
Dans la partie à droite entre les deux premières colonnes, nous voyons des tubes coudés de différentes dimensions, surmontés par un serpentin plat maintenu verticalement an moyen de deux colliers. Entre les deux colonnes suivantes nous remarquons un petit serpentin conique pour distillerie, cintré à fh)id, formé de tubes en acier extra doux ; cette pièce prouve que Tacier extra doux permet même à froid des cintrages sur rayon court comme le cuivre.
Dans une vitrine à droite se trouvent rangés des échantillons de fers ayant subi les épreuves réglementaires.
Vt^v n« (2 S Résistance 30 24
'^ ^ '^ f Allongement. ... 10 0/0 1 à 2 0/0
Résistance 33 26
Allongement. ... 12 0/0 2 0/0
Fer n« 3 Fer Fer n» 5
J.0 4 ,1 Résistance 36 28
I Allongemei
Allongement.... 15 0/0 3 0/0
Résistance 38 30
Allongement..,. 18 0/0 4 0/0
Fer an bois i Résistance 30
Fer au Dois j Allongement. ... 25 0/0
Acier extra-doux i Résistance 35 34
soudable { Allongement.... 25 0/0 23 0/0
A l'arrière à droite et à gauche : deux petites colonnes formées comme les grosses servent de piédestal. Tune à un pot de fleurs, l'autre a un tronçon de tube qui a été étranglé à ses deux bouts pour lormer un vase, le pot de âeurs et ce similivase sont en acier et très bien polis.
De chaque c6té de la porte à Tarrière sont exposés deux cylindres pour freins de canon. Ces cylindres, tournés et alésés avec une tolérance de deux dixièmes de millimétrés sur le diamètre intérieur et extérieur, sont éprouvés après achèvement à une pression de 150 atmosphères. A côté de ceux-ci, deux tronçons de tubes en acier poli pour piston d'ascenseur; ils ont été coupés dans leur milieu de manière à montrer le moyen d'assemblage par un manchon intérieur fileté. La Société fournit pour cet emploi des tubes en acier extra doux auxquels il est facile de donner un poli parfait.
Dans une autre vitrine et à droite nous voyons une série de tubes en fer, recourbés de toutes formes. Il j a là des échantillons très intéressants, représentant les résultats d'expériences faites à froid sur des tubes de différentes qoarlités. Nous y voyons :
!• Un cintrage dont le rayon varie avec la qualité du métal employé.
2» Le rabattement d'une collerette.
8' Un renflement.
4* Un aplatissement, en long, un aplatissement en bout sur les deux qualités, fer au bois et acier extra doux soudable qui, seuls, permettent de Texécuter.
On remarque surtout un tronçon de tube qui a été scié longitudinalement et qui a été retourné de manière à ce que Tintérieur primitif devienne Textêrieur et cela sans une flache ni éraiilure. A côté de cette vitrine, une sorte de console composée de tubes mis côte à côte, et sur laquelle est rangée dt étiquetée avec soin une série de joints pour différents usages (eau. gaz. vapeur), de toutes dimensions depuis 40 "y" jusqu'à 800 ""/"* de diamètre, et pour toutes les pressions.
Nous y voyons encore :
Un joint à brides ovales plates pour canalisation de vapear, d'eau et d'air sous faible pression;
Un joint pour bagues soudées^ tournées planes et brides libi*es ;
Un joint pour bagues soudées tournées à emboîtement, pour eanalisations diverses sous pressions élevées. D'un montage facile et d'une étanchéité parfaite, il convient spécialement dans les mines, percement de tunnels et entreprises de tous genres dans lesquelles les tuyaux sont exposés a des mouvements de terrain ou à des démontages fréquents ;
Un joint Amstrong pour très fortes pressions, refoulements de pompes d épuisement, presses hydrauliques. Ce type est adopté ^ar la Compagnie des mines d Anzin.
Ce joint se fait à brides rondes ou ovales. Depuis un certain nombre d'années les ingénieurs de mines paraissent accorder la préférence aux machines d'épuisement souterraines plutôt qu'aux machines établies à la surface. Une des difticultes des installations souterraines consiste dans le placement des colonnes de refoulement dans les puits qui n'ont pas toujours été prévus pour cet usage.
Les supports existants manquent de solidité et le montage de la colonne est difficile. Aussi la Société s'est-elle appliquée à répandre pour ces installations les tubes en fer dont la légèreté relative pare dans la mesure du possible aux inconvé-
USINES bu NORD-EST 561
nrents précités. Pour ces colonnes uneépreuve qui va jusqu'au triple de la pression de marche est faite dans les usines de la Société en présence d'agents des mines qui les commandent.
Jusqu'à présent peu de fabricants de tubes sont installés pour la production de ces tuyaux à grand diamètre et à très faible paroi.
Dans ce type à brides rondes certains boulons sont souvent d*Qn accès difficile, c'est pourquoi on le fait aussi avec brides ovales.
Un joint par collet rabattu et brides libres ;
Unjoint par brides à emboîtement, filetées et brasées.
De l'autre côté, et faisant pendant, nous voyons :
Une entretoise tubulaire, type de la marine de l'Etat, dont les extrémités sont renforcée's par refoulement ;
Un joint par manchon fileté extérieurement pour conduite d'eau, d'huile de nàphte, pour sondages, etc.;
Un joint par filetage conique usité plus particulièrement pour canalisation de pétrole et de naphte;
Unjoint par filetage lisse à l'intérieur et à l'extérieur, pour . piston d'ascenseur, sondages et travaux spéciaux ;
Unjoint par filetage lisse à l'intérieur et en saillie à l'extérieur, pour sondages et entreprises diverses ;
Un joint par filetage en saillie à l'intérieur et lisse à l'extérieur, pour le même objet que précédemment;
Unjoint par manchon fileté intérieurement;
Un joint par brides cornières rivées et matées, pour tous les usages ; ce type s'applique plus spécialement à d es tubes de fort diamètre" pour lequel le brasage des brides ou le soudage des bagues devient très difficile.
Puis ça et là, disséminés partout où il ^ a une place ou un vide à remplir, des échantillons intéressants. Nous avons remarqué :
Un tube rectangulaire pour collecteur de générateurs tubalaires, dont le laminage est très difficile avec congé de faible rayon, comme le montre le spécimen exposé.
Une série de tubes avec collet rabattu, tubes aplatis, écrasés en bout, etc.
Une série de tubes de divers diamètres cintrés en U.
Deux tubes tordus sur rayon court.
Un tube d'entretoise tubulaire avec épaisseur renforcée par refoulement.
Un tube avec branchement d'équerre rivé et soudé.
Epreuves à froid exécutées sur des tubes de 500 ■/■• do diamètre :
!• Rabattage d'un collet ; 2^ Ecrasement à plat r 3« écrasement en bout.
Tousceséchantillonsontététravaillésàfroid et viennent prouver la perfection de la soudure et l'excellente qualité du métal.
Il nous reste à dire deux mots sur un tube à ailerons intérieurs, système breveté de M. Jean Serve de Qivors. Par ce système, la surface de chauffe d'un tube est doublée, et pour
Sermettre l'emboutissage sur les plaques, l'extrémité est armée 'un manchon en cuivre au moyen d'une soudure spéciale. Ces tubes sont adoptés par la marine de l'Etat et les Compagnies de chemins de fer. Nous en reparlerons ultérieurement .