E. PETITJEAN FILS
^lédallle dL' Argent
E. PETFTJEAlf Fils
Articles de Ménage, de Bain et de Toilette A Paris
C'est au fond de la classe 41, du côtù de l'avenue de Sutl'reu vi en face de l'importante exposition de la Société de la Vieille- Montagne, que M. PeUtieun Ills a installé ses produits.
Son exposition se compose d'une grande vitrine à quati'e faces. L'exposant a réuni là avec un goût méthodique parfait les spécimens de sa fabrication.
La première face contient tous les oI>jets en cuivre jaune poli et nickelé.
La seconde, un grand nombre d'objets en zinc naturel.
La troisième, des objets en zinc verni parmi lesquels se trouvent quelques pièces en acier plaqué de nickel.
La quatrième est abondamment pourvue d'objets et articles de cuisine en fer blanc et en cuivre rouge.
En général, les objets exposés sont presque tous fabriqués à la main ; ce sont des articles de luxe et de fantaisie.
M. PetUiean est un des premiers qui dans son industrie ait appliqué le nickel en fabriquant d'abord d(»s objets en cuivre nickelé, puis en acier plaqué de nickel pur, enfin en nickel pur.
La spécialité de la maison semble être l'article de liain et de toilette, si Ton en juge pai* son exposition. Nous avons, en effet, remarqué de très belles toilettes en zinc, notamment Tune d'elles à grosse gorge, forme à bateau, ainsi qu'une autre avec décors japonais. Elles sont pourvues de blindages de tôles pour empêcher le gonflement et la dilatation des flancs.
Remarqué aussi une baignoire-doucheuse. Cette baignoire, par une disposition spéciale et très intelligente, remplit Tofrice de la baignoire ordinaire et de l'appareil à doucher, en ne tenant la place que d'un seul objet.
Puis de nombreux objets de toilette intime ; il y en a en zinc verni avec pieds en bois ou en fer, d'autres avec cuvettes en plaqué nickel, ou cuivre nickelé, puis enfin tout en cuivre nickelé.
Mentionnons spécialement une cuvette en zinc faite au marloau ; cette dernière mérite l'examen des gens compétents, qui connaissent les difficultés de travailler le zinc pour lui donner une forme semblable. Signalons aussi deux petits brocs en nickel pur, ainsi que des seaux à chauffer le lin^ .
En résumé, la maison Petitlean n*a exposé que des objets (l'un fini remarquable. On voit que les termes ont été très étudiées. Los dessins sont gracieux; tout cela donne un cachet artistique aux objets les plus vulgaires.
M. Petitieaa, pour arriver à ce résultat remarquable, n'emploie les movtms mécaniques que dans une certaine limite, et lait faire ses montages à la main par des ouvriers liabiles et expérimentés.
Historicitte et Conslstenre.
Les fortes assises de cette maison sont le résultat du travail d'une génération. En effet, cette dernière a été fondée en 1828 par le grand-père du propriétaire actuel, qui, lui-même la tenait de son père.
M. Eoffène Petitjean fils la dirige seul depuis le 1" juillet 1880. En 1878, il a réuni à sa maison celle d'un de ses confrères, M. Ch. Hallot, qui, détail particulier avait été fondée en 1823 par le frère aine du grand-père de M. Eofcénc Petltiean âls.
Nous terminerons en disant que le succès de cette entreprise industrielle est due en partie au personnel d'élite forme par de bons et anciens ouvriers, depuis très longtemps dans la maison. La plupart ont été apprentis sous le père du propriétaire actuel et ont leurs fils ouvriers avec eux dans la maison.
Le Jury des récompenses a accordé à M. PeUtJean une Médaille d'Apffenf. Cette distinction est on ne peut mieux raéritée.
M. HéBoe a obtenu également, comme collaborateur de cette maison, une mention iionopable.
690 VALTON-RÉMAURY
Hors Ooncours
Garnissage neutre des Fours métallurgiques et autres Procédé VALTON-RÉBIAURT
Classe 48, adossée à la si remarquable exposition des houillères du Gard, on apercevait une modeste mais bien remarquable vitrine. Elle contenait les objets exposés par MM. Valton et aémanry, inventeurs d'un procédé de revêtement des fours métallurgiques et autres en minerai de chrome. On y voyait les matières employées, minorais de diverses provenances, de Syrie, de Grèce, de Norwège, de Styrie, des agglomérés crus, des pisés cuits d'une excessive dureté, des briques préparées dans l'usine B.Muller et C'"â Ivry. On v remarquait aussi, en grand nombre, des échantillons*^ de métal fondu de divei'ses duretés, essayés à chaud et à froid, que les différentes usines qui emploient le procédé avaient gracieusement mis à la dispqsition des inventeurs. C'est ainsi qu'à côté de fers fondus provenant de la nouvelle aciérie de MM. Bell frères, à Clarence, prés Middlesbrough on trouvait toute une série de fers et d'aciers obtenus dans les fours de Tamaris (Gard), d'autres provenant de Fourchambault, de Blagny, de la Peignera (Asturies), témoignant ainsi de l'importance de ce procédé de revêtement.
Tous ces échantillons, accomp:ignés de chiffres indiquant la composition chimique du métal et le résultat de l'essai à la traction mettaient en évidence deux faits du plus grand intérêt : d'une part, la possibilité d'obtenir un soudage parfait dans les qualités douces; d'autre part, une supériorité constante de résistance à la rupture pour un même allongement sur les métaux obtenus sur garnissage acide ou basique.
Les minéralogistes ont, depuis longtemps, classé le minerai de chrome, connu sous le nom de fer chromé, parmi les substances infusibles; il ne semble pas, cependant, qu'on ait cherché à mettre à profit cette qualité réfractaire avant 1867, époque à laquelle un Anglais, du nom de Pochia, prit un brevet pour l'emploi du minerai de chrome dans les fours métallurgiques.
Neuf ans plus tard, eu 1876, M. Audoaln songea également à employer ce minerai comme matière réfractaire ; il indiqua dans un petit opuscule, en 1878, un moyen d'agglomération pour les silicates d'alumine et autres, et présenta des produits qui ne répondirent pas à un usa^e industriel.
MM. Valten et Rémaury ont été les premiers à définir et à mettre à profit les caractères neutres de cette matière, en l'exposant à l'action corrosive des scories soit acides, soit
USINES DE PARIS Èf ENVIRONS é9t
basiques, qui se forment dans les divers procédés de fabrication de l'acier. 11 est parfaitement établi aujourd'hui, par une expérience de cinq années, que le fer chromé, tel que nous TofTre la nature, sans aucune préparation, résiste, non seulement à Faction de la silice libre, aux plus hautes températures de nos foyers métallurgiques, mais aussi à celle des silicates, riches en silice, que Ton produit dans les fours à garniture siliceuse ou silico.-argileuse, et, qu'en même temps, il n'est pas davantage attaqué car les mêmes conditions de température, parles Dases énergiques, telles que la chaux, la magnésie ou la dolomie, ni par les scories basiques, riches en oxydes métalliques ou terreux.
Ces remarquables propriétés justilient donc bien le titre de neutres qui a été donné aux revêtements faits en minerai de chrome.
11 restait à trouver le moyen de relier ces fragments de minerais, de forme généralement irrégulière, de les agglomérer, de matière à en obtenir un garnissage compact et solide. Après des tâtonnements nombreux, ces messieurs ont reconnu que le seul agglomérant qui ne fît rien perdre à ce minerai de ses caractères de neutralité et d'intlisibilité était la chaux employée à très faible dose. Toute autre terre alcaline, la baryte, la strontiane, même la magnésie atteindrait le même but, mais, comme de toutes ces substances la chaux est la moins chère et la plus répandue, c'est à elle qu'ils ont donné la préférence.
Les avantages de l'emploi de cette matière pour le revêtement des fours et appareils métallurgiques et autres, sont incontestables. Le minerai de chrome est, pour ainsi dire, in fusible ; des fragments ont pu flotter, pendant des heures sur un bain d'acier fondu sans que leurs angles fussent émousses ; grâce à sa neutralité, il est indifférent à l'action des scories acides comme à celle des scories basiques et permet, en conséquence, de déterminer dans rai>pareil celle des réactions qu'on désire ; il ne prend ni retrait ni allongement par la chaleur ; il ne se forme donc pas de crevasses, de gerçures dans les revêtements; enûn, la matière conserve toute sa valeur après l'emploi, et les débris de la démolition d'un four peuvent rentrer dans la construction d'an autre sans aucune dépréciation.
Applleatioiui.
Fours Martin. — On a débuté par l'application la plus difficile et par conséquent la plus significative, le garnissage des fours destinés à la fabrication de l'acier sur sole, autrement dit, fours Martin. Il suffit, en effet, de rappeler la durée toujours considérable des opérations dans ces appareils, la haute température qu'on est obligé d'y maintenir d'une manière presque continue, l'action tantôt réductrice tantôt oxydante des flammes, les variations de composition des matières qu'on charge, fontes, ferrailles, minerais et fondants et de celles qu'on en tii*e, acier, fer et scories, pour comprendre cju'il ne pouvait y avoir de meilleure épreuve pour ce procédé de revêtement.
6P8 VALTOX RÉMAURt
Depuis plus de cinq ans en effet qu'ail est affecté au four Martin, dans lès conditions les plus diverses, et dans des contrées fort éloignées les unes des autres, on a reconnu aa garnissage en fer chromé les avantages suivants :
La sole en fer chromé étant neutre, c'est-à-dire ne cédani aucun élément ni au métal ni à la scorie, n'est pas usée par le travail, et on peut dire que, bien faite et bien entretenue, elle dure indéâniment.
N*étant pas usée par le travail, elle n'intervient pas dans la formation de la scorie qui peut être calculée et réglée avec certitude, d'après les éléments de la charge et les réactifs qu'il convient d'ajouter.
La matière qu'on emploie ayant un poids spécifique élevé, et toutes les parties de la sole formant un tout parfaitement aggloméré, on n'est pas exposé à voir se produire les soulèvements de plaques plus ou moins larges, venant fiotter sur le bain et se dissolvant peu à peu dans la scorie dont elles troublent la composition.
Très mauvais conducteur de la chaleur, le fer chromé peut être employé sous faible épaisseur. La sole peut sans inconvénient, n'avoir que 20 ou 25 centimètres et même moin» encore.
Enfin cette substance n'a besoin d'aucune préparation mécanique, ni cuisson à très haute température, ni oroyage coûteux. Une très petite partie, un dixième environ, doit être b royée pour former le mortier qui se prépare simplement à ftoid avec de l'eau. Les métallurgistes qui ont eu a préparer de la dolomie ou de la magnésie, à fritter la pierre, à la broyer, à la transformer en briques ou en pisé, savent les complications qu'entraînent ces opérations accessoires et ce qu'elles coûtent.
Une sole en fer chromé bien exécutée ne demande qu'an entretien insignifiant.
Dans un dessin au vingtième qui figure à cette exposition, on a indienne comment on peut disposer le garnissage en fer chromé d un four de douze tonnes destiné au traitement de la fonte phosphoreuse par le minerai. Le type du four lui-même n'est pas en cause, et le revêtement peut s'appliquer à quelque forme que ce soit, mais les dimensions principales sont prévues en vertu d'un travail spécial signalé et auquel ce revêtement s'applique d'une façon toute particulière. On sait en effet que l'amnage de la fonte par le minerai, à peu près inabordable dans un four en silice, est difficile à réaliser dans un four basique ; le silicium des fontes, la silice et l'alumine du minerai employé attaquent fortement les matières basiques, en même temps que l'oxyde de fer lui-même, forme avec la chaux et la magnésie aux hautes températures une combinaison fusible.
Le silicium des fontes, de même que le quartz des minerais, sont sans action sur le fer chromé ; il suffit donc de neutraliser
les acides du lit de fusion par des additions basiques convenables, et on pourra employer à la fabrication de l'acier et du 'ir fondu, toutes les fontes^ avec tous les minerais suffisam-
lent riches.
Le revêtement en fer chromé est appliqué à un certain Bom-
tJSINES DE PARIS Et ENVIRONS d9P
bre de fours Martin en France, en Espagne, en Russie, en Italie et en Angleterre.
Convertisseur Bessemer. — A côté du four Martin, on a réprésenté, dans un dessin, un convertisseur revêtu partiellement de fer chromé. Il n'est pas douteux, qu'emçlojée sous forme de pisé à la confection des fonds, cette matière ne rende des services sérieux dans les convertisseurs acides ; dans ceux qui sont employés à la déphosphoration par le procédé Thomas, on garnit de cette façon non^eulement le fond, mais toute la partie où se produit la plus vive agitation, où se forme la scorie. On retrouve certainement là l'avantage signalé pour les fours Martin, de pouvoir former la scorie uniquement avec les matières dosées et non plus aux dépens, en partie du moins, des parois de rappar'eil.
Cubilots, — Le fer chromé s'applique également d'une manière très profitable aux cubilots de fonderie en en limitant l'emploi à la zone de fusion et de formation de scorie. On peut se servir de briques spéciales ou de pisé. Lorsqu'on emploie le pisé, on y ménage les orifices des tuyères, on obtient ainsi une chemise dont la forme et l'épaisseur se conservent fort longtemps.
Fours à chaux, — On sait la difficulté qu'on rencontre à maintenir en bon état les fours destinés à la cuisson da ciment, les chaux contenant de la silice et de l'alumine attaquent et détruisent les briques réfractaires, et ^es fours sont promptement hors de service. Dans cette industrie, le fer chromé rend des services certains. La chaux est absolument sans action sur le minerai, dans ces conditions. Le fer chromé est très réfractaire et d'une extrême dureté, ce qui lui permet de résister à la fois à la haute température nécessaire pour la cuisson du ciment et à l'usure résultant du tl:'ottement.
Nous pourrions citer plusieurs autres applications possibles ; nous nous bornerons à signaler les précédentes qui intéresseront certainement ceux qui recherchent les produits doués des plus hautes qualités réfractaires.
Un des exposants faisant partie du jury de la classe 41, MM. VaUoh et Rémaiir j, se sont trouvés de par le règlement, hors concours. L'éloge de ces ingénieurs renommés n'estplus à faire, et tout le monde sait que M. Rémaary est le créateur d'une des plus admirables usines de l'Est : Les forges de Pompe;^'.
Le jury de 1889 a, toutefois, saisi la seule occasion, qui lui restait, de leur montrer que leurs travaux avaient été remarqués, t
Leur collaborateur M Poareel, ingénieur civil des mines, a obtenu une ]flédaille d'Or.
700 L. LÉTRANGE ET C^'
Hor^É» Oonooujfs (Membre du Jury)