CH. TOURNEUR
Manufacture de dés à coudre 11, rue Notre-Dame- de^Nazareth, à Paris
Dans le commencement de la classe 41, adossée à la classe 47, se trouve une petite exposition très intéressante. Elle se compose d*un seul objet, mais d'un objet très connu, très usuel, je dirai môme indispensable à beaucoup d'ouvrières et d'ouvriers, c'est ToutU inséparable de la couturière, de la modiste, du tailleur, etc., le dé a coudre.
Avec ce seul objet, M. Tonraenr a su faire une gracieuse installation qui plaît aux yeux. Jamais avant d'avoir vu cette exposition je ne me serais Ûguré qu'il y eut autant de sortes de dés. Il y en a pour tous les états, de toutes les formes, j'en vois de dorés, d'argentés, de ïiickelés, de bronzés. Les dés se font généralement en acier ou en cuivre.
Ce petit outil, comme sa sœur l'aiguille, demande beaucoup de main d'œuvre, et ce n'est q^ue par la divisibilité de celle-ci qu'on arrive à produire le dé a un prix réellement minime.
Ainsi une feuille de tôle subit avant d'être transformée en dé une vingtaine d'opérations et passe par les mains de plus de trente ouvriers, voici un aperçu de ces opérations :
1. Découpage des flancs,* 2. l'* passe d emboutissage ; 3. Recuisson de la matière ; 4. Nettoyage au tonneau ; 5. 2* passe d'emboutissage ; 6. Recuisson de la matière ; 7. Nettoyage au tonneau; 8. 3' passe d'emboutissage; 9. Recuisson de la matière; lO. Nettoyage au tonneau; 11. Piquage du dé ; 12. Pose de la bordure ; 18. Rognage du dé; 14. Nettoyage au tonneau; 15. Frottage; 16. Doublage; 17., 18., 19. Confection de la doublure ; 20. Ëncartage
Ces opérations sont celles subies par le dé ordinaire ; pour le dé fin, il y a encore : la cémentation, la trempe, le décapage, le frottage, le polissage, etc., etc.
On ne se douterait pas qu'un si petit objet ait besoin d autant de manipulations.
Al
730 CH. TOUKNEUU
Hlatoriqae et eonskiteBce
Cette maison a été fondée en 1830. elle est la seule qui s'occupe exclusivement de cette fabrication. Sa spécialité est l'article de belle qualité, comme on en peut ju^jer par les échantillons exposés. En 1877, M. Toarnear se rendit acquéreur de cet établissement et fabriqua pour pouvoir lutter avec la concurrence étrangère, Tarticle ordinaire.
Il dût, pour la même raison pendant ces dernières années, modifier tout son outillage, et au travail à la main il substitua au moins en partie le travail à la vapeur.
Aujourd'hui ses ateliers sont munis d'un moteur de 10 chevaux vapeur, qui actionne des machines à emboutis perfectionnées et qui permettent d'employer des femmes sans aucun apprentissage.
On peut se faire d'ailleurs une idée de ce que doit être cet outillage en songeant que la grosse de douze douzaines ou 144 dés, qui se vendait, en 1878, au prix de 3 fr. 60, se vend aujourd hui 2fr. 40, soit une différence de 33 0/0 en baisse sur 1p prix de vente de 1878, et, malgré cela, un dé, même ordinaire, passe encore avant d'être livré au consommateur dans vingt mains différentes.
M. Toantenr occupe en moyenne vingt-cinq ouvriers et ouvrières qui produisent journellement 100 grosses de dés, soit 14,000 dés par jour.
Le chiff!re d'affaires de cette maison, pour un objet aussi modeste, est de 120,000 francs par an dont les 2/3 en articles fins et demi-flna. et le reste en articles ordinaires.
Les 14,400 dés, fabriqués journellement, ne restent pus tons en France ; la maison exporte beaucoup, soit par Tintermédiaire du commissionnaire en marchandises, soit directement avec l'étranger; et a principalement comme clients deux grosses maisons qui apprécient fort bien la supériorité de cet article sur les autres rabricants français et étrangers.
C'est la première fois que cette maison expose et le succès a couronne ses efforts.
Le jury des récompenses lui a accordé une aétellle de br«ase.
USINES DE PARIS ET ENVIRONS 73l
'■■ ■' I ' ' ■■■! Il II»
4 IflEOAIIiliES O'ARdElVT
SOCIETE ANONTWE
Du Métal Delta et des Alliages métalliques 56, rue ,rfe la Victoire ^ Pari:^
Cette Société expose dans les classes suivantes :
Classe 41. —Métallurgie (Champ-de-Mars).
Classe 65. — Marine (Berge de la Seine).
Classe 66. — Guerre (Esplanade des Invalides).
Classe 62. — Ministère des Postes et Télégraphes (Esplanade des Invalides).
Ces différentes expositûuis, sont remarquables d'abord par la nouveauté des produits qui en sont la base, ensuite par leur importance et surtout par la beauté, le nombre et la <;rande variété des applications de ce nouvel alliage qui, quoique né d'hier, a déjà fait ses preuves, et qu'on a appelé Métal Delta.
Dans ses quatre installations, toutes luxueusement aménagées, cette Société, en vue de permettre une appréciation aussi complète que possible de la valeur industrielle et commerciale ou métal delta, fait figurer à côté des produits bruts de ses fabrications, des spécimens d'applications remarquables et très variées de ce métal dans des branches d^industries diverses ; son désir évident est de montrer les avantages des diverses adaptations qui résultent de l'emploi du Delta dans ses applications en remplacement des métaux usuels tels que : le cuivre, le laiton, les bronzes, le maillechort, le fer, l'acier, etc.
Chose bien curieuse, en effet, le Delta a toutes les qualités de ces derniers métaux, il en possède d'autres très remarquables ([ui lui sont propres et qui le rendent précieux dan« beaucoup d'emplois.
Des propriétés caractéristiques qu'il doit à la présence, dans sa constitution, du fer chimiquement combiné au cuivre et au zinc par des procédés spéciaux et brevetés résulte un composé métallique d'une homogénéité parfaite et constante. Ces propriétés sont les suivantes :
Fusible à 950®, le Delta est, au rou^^e sombre, plus malléable que le plomb; tandis qu'à froid, sa résistance et sa ténacité sont comparables à celles de l'acier. Comme, d'autre part, le métal delta ne prend ni la rouille ni le vert-de-gris, et qu'il offte une très grande résistance aux agents atmosphériques et à l'oxydation, il peut être avantageusement substitué à l'acier dans la fabrication de toutes les pièces d'une grande résistance, d'une forme compliquée et que leur emploi dans un milieu oxydant expose à une rapide usure.
Le prix du métal delta, inférieur à celui du bronze, qu'il
surpasse cependaat en résistance, rend son emploi préférable à celui de cet alliage, sur lequel il possède, outre ravantage de ne pas produire le vert-de-gris, celui de pouvoir se forger à chaud et de se bien travailler à froid. De çlus, le métal delta peut être estampé à chaud, et, son rain étant très serré, il produit au matriçage des pièces 'un âni eiLtraordinaire ; — il a la couleur et Téclatant poli de Tor, et s'approprie, comme les meilleurs bronzes, aux plus fins ouvrages artistiques, soit dans sa couleur naturelle, soit en lui donnant les diverses nuances en usage pour les bronzes. — Sa densité est de 8,6 — 11 n*a pas d'action magnétique et ne produit pas d'étincelles au choc. Et, cour terminer, une sonorité remarquable et originale le destine à la fabrication des cloches.
Toutes ces qualités sont bien de nature à lui assurer les plus nombreuses applications.
Ainsi que nous allons le montrer par la description des différentes expositions de cette Société, c'est bien le métal de l'avenir. Nous commençons par la classe 41.
ClaMe 4t. — nétailiari^e.
Cette exposition est abondamment pourvue de métal Delta en lingots. Nous y voyons des alliages ordinaires pour les emplois les plus courants, ainsi que des lingots d alliages spéciaux pour pièces à frottement et pour applications diverses. Les cassures de ces métaux montrent l'homogénéité du métal et son grain très tin.
Puis nous voyons une grande quantité de billettes fondues en coquille pour le travail du forgeage, et destinées à la confection (les pièces mécaniques de tous genres. Le Delta se forge plus facilement et mieux que le fer ; il gagne en se forgeant une résistance double de celle de la pièce fondue.
Des plaques pour laminage de planches, destinées à faire des blindages, doublages, coques de bateaux, brise-lame de cuirassés, protégeant contre le retour des torpilles, indiquent tous les idmplois divers pour la marine, l'artillerie.
Pièces fondues, — Une grande quantité de pièces fondues, remarquables par leur variété et leur bonne exécution» sont exposées. Nous y distin}i:uons des coussinets, tiroirs de locomotives et de moteurs à gaz, supports et armatures de dynamos, organes de pompes centrilliges, engrenages à lanternes de sécurité pour les chemins de fer à crémaillère tels que ceux du Righi et duMont-Pilate. On peut voir un beau spécimen de roue d'engrenage en Delta, appliquée à une locomotive qui ligure dans l'exposition des chemins de fer suisses, près de la ;;alerie des Machines. Cette locomotive est destinée au chemin de fer du Mont-Pilate.
Puis des pièces pour vélocipèdes et des engrenages divers, chaineM! fondues en sable et sans soudure, organes de machines à coudre, robinets, valves, soupapes, clapets, boulons, rivets, etc. Rien que cette seule partie de l'exposition montre l'importance de ce nouveau métal dans l'industrie mécanique.
Voilà des plats, des statues, des statuettes, des médailles, des cloches. Remarqué un superbe gong, ce dernier
que les visiteurs peuvent faire vibrer montre que ce métal a une très puissante et très belle sonorité. Puis nous voyons des couverts, des services de table, des échantillons de serrurerie line, des instruments de précision, etc., montrant que ce métal prendra rapidement une place importante dans la fabrication des pièces d'art et d'orfèvrerie.
Je terminerai cet examen des pièces fondues en disant que le métal delta fondu présente les mômes résistances et allongements que le fer forgé (résistance : 25 à 40 kilog. par millimètre carré: allongement : 10 à 40 0/0); il donne d'excellents moulages présentant une grande résistance à l'oxydation.
Pièces forgées. — Dans ce groupe nous remarquons de beaux spécimens de :
Grilles, balustres, appliques, flambeaux, ornements divers, etc., pour la partie ornementale et objets d'art. La partie ' mécanique est longuement représentée j)ar des : tiges de pompes, boulons, tourillons, crochets, pièces spéciales pour dynamos, etc. La résistance et rallongement de ces pièces forgées sont comparables à ceux des meilleurs aciers.
La belle grille oui est à l'avant de cette exposition prouve d'une manière irréfutable que le forgeage du Delta, appliqué au travail de la ferronnerie et de la serrurerie fine, donne les plus beaux résultats comme pièces-artistiques, en permettant d'allier la couleur du feu, noirâtre et grisâtre, avec la belle couleur or, polie ou mate, que fournit le métal lui-même.
Pièces estampées, — Le métal Delta, estampé à chaud à la température rouge sombre fournit des pièces d'un fini si complet qu'elles n'ont plus qu'à passer au polissage; on économise ainsi une main-d'œuvre coûteuse, tout en obtenant des pièces absolument identiques les unes aux autres et présentant le maximum de résistance
Telles sont, parmi les pièces exposées, les engrenages, têtes de tubes pour torpilles, boulons, ecrous, vis, organes de machines à coudre, organes de compteurs d'eau, de çièces d'outillage pour filatures, clefs, marteaux, crochets, brûleurs potir becs de ^az et autres pièces diverses.
Il est a remarquer que ce travail d'estampage n'est pas applicable aux bronzes.
Barres^ Fils^ Tubes, — Le travail du Delta au laminage et à l'étirage donne d'excellents produits; nous remarquons dans ce groupe des barres de toutes sections comme grosseurs et profils, nous y voyons aussi des fils depuis les numéros les plus fins pour la broderie et les toiles métalliques jusqu'aux rondins qui servent à la confection des câbles métalliques; puis une série de fils durs pour ressorts. Les tubes sont représentés par de nombreux spécimens de toutes sections et de toutes épaisseurs, aptes à résister, sans déformation aux plus fortes pressions hydrauliques.
A signaler une série des plus complètes de planches pour emboutis de tous genres, servant à la fabrication de tubes soudés (notamment pour tubes lance-torpilles), pour dômes de chaudières exposes aux grandes variations de pressions et à l'action corrosive des eaux acides; pour ressorts plats ayant la rAsista;)ce mécanique deTacier; ces derniers n'étant sujets.
répétons-le toujours, ni à la rouille ni au vert-de-gris. Notons en passant des* tôles ondulées, embouties, martelées, perforées, estampées à froid; dont les emplois sont des plus nombreux et des plus variés pour : l'orfèvrerie, la bijouterie, la ferronnerie, les repoussés, la serrurerie artistique, les instruments de musique, etc Ces pièces une fois finies ont la couleur et réclatant poli de l'or.
Nous voyons aussi des feuilles très minces pour tous les usages, jusqu'aux clinquants les plus fins, et qui démontrent d'une façon pêremptoire que le métal Delta peut se laminer sans difficulté sous toutes les épaisseurs et cela sans une crique ni éraillure-.
La bonne conduite du métal à V emboutissage^ au repoussage ainsi qu'au marie/açc est prouvée victorieusement par de nombreux spécimens parmi lesquels nous remarquons, des casques, des instruments de musique, des plateaux... etc., carie métal Delta, au moyen de recuits, s'assouplit et se prête mieux que le laiton à ces opérations. Grâce à sa résistance notablement plus grande, on peut dans la plupart des cas diminuer le poids en métal employé, ce qui réduit le prix de l'objet ouvré, car tous les objets exposés sont de 30 à 40 0/0 plus légers que ces mêmes objets en cuivre ou en laiton, tout en ayant la même résistance réglementaire et l'avantage d'être inoxydables.
Pour terminer la description de cette superbe exposition, il nous reste à dire, que toutes les qualités du métal DeltAsont démontrées d'une façon rigoureuse par une collection remarquable et très complète composée de nombreuses éprouve t tes de barres fondues, étirées, forgées ; de lames laminées, de tubes, de pièces mécaniques... etc., provenant d'essais ù la traction, à la torsion, à la compression et à la flexion ; puis par de remarquables essais de pliage, de forgeage, de doublage et de soudures.
Toutes ces éprouvettes proviennent d'essais ofiiciels faits eu France, en Belgique et en Angleterre,
Classe Sft.^llArme.
Dans cette classe comiiie dans la précédente, la Société a exposé un grand assortiment des produits bruts en métal Delta, employés dans les constructions navales et dans Vhydraulxque : tels que lingots, billottes, plaques, planches, harres, fils, tubes, pièces fondues, for^^èes, estampées.... etc.
Mais ce qui est le plus remarqué des visiteurs c'est un magnifique canot à vapeur construit en métal Delta. Ce canot a 7" 50 de longueur, 1"» 50 de largeur et 1 mètre de profondeur. Il est pourvu d'une chaudière Field, qui fournit la vapeur à une machine compound et peut avoir une vitesse de 9 milles. Nous remarquons que les tôles sont placées diagonalement. au lieu d'être disposées dans la longueur, ce qui donne plus de force à la coque.
Ce spécimen prouve que, en raison de la résistance plus grande du métaL un poids moindre suffit, ce qui permet de donner plus de légèreté à la coque : celle-ci résiste aux plus ^frands chocs et le métal se redresse facilement à tVoid gràcta sa malléabilité et à son élasticité.
Les membrures sont plus solides et plus légères qu*en bronze ou en ter\ les parties polies sont d*une belle couleur jaune vieil or. Elles s'entretiennent très facilement et donnent à et» canot un aspect séduisant.
Remarque aussi un groupe d'/ie/tces de différentes dimensions (pièces fondues). Elles ont une grande résistance avec plus de légèreté. Par suite on obtient une vitesse soutenue en raison de la bonne conservation des surfaces travaillantes.
Puis nous voyons de beaux spécimens de doublage en tôle de Delta.
Suspendue à une barre transversale qui s'appuie sur les mâts du canot à vapeur, nous apercevons, balancée dans Tair et dans sa position normale, une torpille d'invention nouvelle et brevetée; elle est d'un maniement simple et d'une sécurité parfaite, en raison de ce que le chargement ne s'effectue qu'au moment de l'attaque et au commandement.
Tout à côté nous voyons groupés les éléments de la torpille Whitehead : Engrenages forgés et estampés, tubes, frisées, etc; tels que ces éléments sont fournis à divers gouvernements.
Le Delta est employé avantageusement dans la construction des torpilles à cause de sa parfaite conservation à l'eau de mer et des garanties de bon fonctionnement qu'il offre, même sans entretien, contrairement à ce qui existe pour l'acier.
Disséminés çà et là et places bien en vue tout en ooncou^ rant à l'ornementation générale, nous voyons :
Des ancres et chaînes de toutes forces, cables et flls très résistants.
Des pièces élégantes et solides pour armement de yacht, canot a vapeur, etc., support d'avirons, garnitures complètes, pièces d'ornement, orfèvrerie de table, serrurerie solide et serrurerie artistique, d'un usage supérieur à la mer, serrures d'un fonctionnement assui*é sans aucun graissage.
Des chapes et crochets résistants, raccordements de tubes et de tuyaux, tordus ou contournés pour toutes les exigences d'installation, de la robinetterie, des ressorts, des boulons, des écrous, etc.
Clause SS. — Guerre.
Cett« exposition n'est qu'un complément pour certaines spécialités rentrant dans le service de la guerre, des expositions principales de la marine (classe 65) et de la métallurgie (classe 41); elle ne comprend qno quelques spécimens de ces applications spéciales, d'Autres plus importants n^a^ant pu figurer dans 1 Exposition :
Chapes et palans de soutes à poudre.
Hausses de canons (pièces brutes et finies).
Sabot d'enrayage pour l'artillerie.
Herminettes. outillage pour poudreries (le métal Delta ne produit pas d'étincelles).
Douilles pour cartouches.
Fusées de-torpilles.
Ces pièces présentent une résistance supérieure à c elles faites en bronze ordinaire, bronze marine et oronzes spéc iaux; on peut réduire leur poids et leur bon état de coRseri rdXion est assuré.
Foarnitares et équipements militaires. — Casques de cavalerie, casques de pompiers, revolvers, poignées d'épées et de sabres, éperons, etriers, mors cuivreries, articles dfe sellerie, boucles, porte-mousquetons, bidons, casseroles, etc.
La grande résistance du Delta permet de donner à toutes ces pièces plus de légèreté; de plus, elles ne s*oxydent pas et les parties polies conservent indétiniment tout leur brillant.
En dehors des objets ci-dessus mentionnés, et comme dans ses autres expositions, la Société lait figurer ses principaux produits bruts en métal Delta, servant à la fabrication du matériel de guerre, tels que: lingots, plaques de toutes épaisseurs, barres et tubes de toutes dimensions, tôles laminées, engrenages et autres pièces estampées, cylindres fondus et tournes, fils de tous diamètres, tubes étirés, ronds, triangulaires, etc.
Hlniatère éem Po«te« et Télégr»phe«.
(Pavillon de TEsplanade des Invalides.)
La Société expose dans ce pavillon un pjlone de fils de haute conductibilité pour lignes télégraphiques et réseau téléphonique.
Ces fils de différents diamètres sont faits au moyen d^alliages spéciaux fabriqués à Tusine de Saint-Denis qui a fourni en 1887 tout le fil nécessaire à rétablissement de la ligne téléphonique de Paris à Marseille ; ils remplissent et au-delà toutes les conditions ordinaires des cahiers des charges pour les fournitures à TEtat, aux Compagnies de chemins de ffer et aux Sociétés d'électricité.
Historique et eonalatanee
LMnventeur du métal Delta est un ingénieur Danois M* Alexaader DIek, établi à Londres depuis de longues années. Son premier brevet date de 1888. Cette date récente prouve que ce nouveau métal s*est répandu dans Tindustrie oii ses qualités originales et exceptionnelles lui ont fait une place d'une importance capitale.
Ce premier brevet a donné lieu, depuis, à plusieurs additions et brevets de perfectionnements. Tous sont devenus la propriété de la Société en France, en Belgique et enHollande, pour Texploitation du métal Delta,
Le premier siège social a été en Belgique Cette Société possède même encore une usine à Liège.
Devant le succès du nouveau métal auprès des industriels frant^ais, la Société, désirant pouvoir obtenir los commandes des Administrations de l'Etat et de nos grandes Compagnies, a décidé, en 1888, d*augmenter son capital et de devenir Française. La nouvelle Société a été constituée en février 1889. Son siège social est à Paris, ses bureaux, 56, rue de la Victoire. Son conseil d'administration, présidé par M. Emile Leelerc, ancien ingénieur de la Marine, est français; les actionnaires sout pour la plupart français. En dehors de Tusine de Liège qu*'elie a conservée, cette Société possède à Saint-Denis (Seine), un important établissement dont diverses photographies figuraient à TRxposition,
Elle a surtout pour but la fabrication du métal Delta, qui est suceptible, ainsi que nous Tavons montré dans la description de ses diverses expositions, des applications les plus variées. Sa consommation en France comme dans les autres pay? se développe chaque jour, et hos emplois se multiplient.
Deseription de l'iuine de Saint-Uenia
La principale usine de la Société est celle de Saint-Denis (Seine). Elle faisait autrefois partie des établissements de la Société Générale des Forges et Ateliers de Saint-Denis. Cet important établissement industriel est des mieux situés ; il est relié au réseau des chemins de fer du Nord par un embranchement spécial et à la Seine par le canal de Saint-Denis.
L'approvisionnement en matières premières, métaux, combustibles, etc., ainsi que Texpédition des marchandises fabriquées Se trouvent, par suite, assurés dans des conditions économiques, soit par eau, soit par voies ferrées.
L'usine de Saint-Denis couvre une superficie de 8,000 mètres carrés environ ; elle a deux façades, au croisement de la rue de la Gare et de la route de la Révolte.
Elle comprend diverses constructions récentes et notamment un vaste hall dont la charpente de 30 mètres de portée provient des constructions métalliques de l'Exposition de IS'ïB.
La manutention est facilitée par un réseau de voies ferrées, et l'usine est pourvue d'une installation très complète, terminée il y a peu d'années et qui permet de réaliser une production considérable.
Huit générateurs fournissent près de 500 chevaux de force, utilisés principalement par une machine à vapeur de 300 chevaux et une autre de 150 chevaux ; l'usine possède aussi une locomobile de 60 chevaux.
Les divers services de la fonderie, des forges, des laminoirs, de l'étirage au banc, de la tréfllerie très importante, de l'estampage, de l'emboutissage, etc., se trouvent assurés par un outillage que l'on perfectionne et développe sans cesse.
La production de l'usine a déjà atteint par mois, en 1880, le chiffre de cent tonnes en lingots, planches, barres, fils, tubes, pièces coulées, forgées, estampées , en métal Delta, cuivre, laiton, bronze et alliages divers
1 — Le métal Delta est livré sous la forme de :
Lingots, billettes. plaques pour laminage. — Pièces fondues, forgées, estampées, embouties. — Barres laminées et étirées. Planches de toutes épaisseurs et dimensions. — Fils de tous diamètres et de toutes formes. — Toiles métalliques. — Tubes étirés sans soudure, tubes soudés. — Produits ouvrés.
II. — Les cuivres, laitons, bronzes, bronzes phosphoreux, silicieux, bronze au manganèse, alliages d'aluminium, alliages divers, sont livrés sous toutes les formes.
Barreaux, planches, fils pour câbles , décoUetage, rivets, tissus, chevillettes, chaînes, vis à chaussures, horlogerie, etc.
Toiles métalliques, fils de haute conductibilité pour télégraphie, fils téléphoniques, fils de bronze phosphoreux, silicieux. etc ; tubes en cuivre rouffe et laiton sans soudure, tubes soudés, profilés divers, pièces fondues et façonnées.
La Société anonyme du métal Delta et des Alliages métalliques produit les âls de tous alliages à base de cuivre et de toutes (limensions, jusqu'aux numéros les plus Ans de la jauge Carcasse,
Elle fabrique spécialement les fils de haute conductibilité.
L* usine de Saint- Denis a déjà fourni, en 1887 (époque a laquelle elle était une dépendance de la Société Générale des Forges et Ateliers de Saint- Denis), tous les fils nécessaires à rétablissement de la ligne téléphonique de Paris à Marseille.
Depuis, la Société du métal Delta et des Alliages métalliques a développé et perfectionné l'outillage de Timportante tréfilerie (le cette usine, qui, actuellement» est en état de produire de de trois à quatre tonnes de âls par jour.
Elle a notamment livré, en décembre 1889, à l'Administration des Postes et Télégraphes, 50 tonnes de flls de 3 millimètres.
Les essais avaient donné les résultats suivants.
Conductibilité pour 100 rapportée à celle du cuivre pur de Matthiessen. Conditions demandées : 98 (minimum) ; conditions obtenues : 102.
Résistance électrique en ohms par kilomètre. Conditions demandées : 21,4 (maximum) ; conditions obtenues : 20.81.
Charge de rupture en kilog. par m/m^ Conditions demandées : 42,5 (minimum); conditions obtenues ; 46,88.
Allongement pour 100. Conditions demandées :2(maxlmum); conditions obtenues : 1,1.
Pliages. Conditions demandées : 6 (miniraixiu); condition* obtenues : 15 à 18.
Fila de ItAiite ••ndaetiUlité fabriqués à l'usine de Sainf-Denis (Seiue)
Essais faits au laboratoire centrât d'électricité (Société Internationale des Electriciens)
Diamètre des âls en millimètres: 1, 1.5, 2, 2.5, 3, 4.5, 5.
Conductibilité pour 100 rapportée à celle du cuivre pur de Matthiessen à 1T,4, en millimètres : 102, 98, 102, 99.9, 102, «9, ».
Résistance électrique par kilomètre en ohms, ramenée à u", en millimètres: 21.00, 23, », >, 20.81, », ».
Résistance à la traction (kilogr. par m/m*), en mill. carrés : 47, 47, 47, 45, 47, 49, 44.
Allongement pour 100, en millimètres : 0.8, 0.9, 1, O.v», 1.1, 1, 1.3.
Pliages en millimètres : 25 à 40, 36, 17, 10, 16, 7, 10.
Poids du mètre courant, en grammes : 6.99, 15.73, 27, 4A, 63, 142, 175.
L'importance de ce métal nous conduit à donner à nos lecteurs les preuves irréfutables de ses remarquables propriétés physiques et chimiques. Ces preuves existent dans les nombreux essais fait^ tant en France qu'à 1 étranger sur la résistance du Deltaj fondu, forgé et laminé^ et dans ses non moins nombreuses applications.
MÉTAL DELTA FONDU. — Bésiêtance à la traction de divers alliage» composés pour différents iisages
OUAMTKS
HKCIIRRCIIKE!»
d&ns la rompositiuQ de l'alliage
EPROUVETUS PRi;;LEV]kF.S
LIMITE
DKLASTICITÉ
kg par mmi