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III. — Presses et pompes à très haute pression

Les applications qui précèdent a^^ant témoigné des qualités industrielles et mécaniques du métal Delta, en même temps que des avantages qu'il présente comme prix et, de plus, comme inaltérabilité comparativement au fer et à l'acier qui se rouillent et s'altèrent rapidement, la maison Vollot et Badois a décidé d'adopter désormais le Delta pour les pièces et raccords de ses presses et pompes à très haute pression audessus de 500 atmosphères.

Elle a Reconnu et déclaré :

c Que le métal Delta donne d'excellents résultats au travail de l'atelier : qu'il permet d'obtenir des filetages très nets et très fins; qu'au tournage, il donne des copeaux tels que l'on n'en peut obtenir de seml)lables ni avec le bronze' ni avec le laiton, mais seulement avec 1 acier doux; qu'il fournit un poli parfait et un excellent Irottement, et qu en somme, il se travaille mieux que le bronze ordinaire, sans exiger ni pi-éparation ni attention spéciales. >

Terminons enfin cette étude sur le métal Delta par les instructions suivantes sur la manière de le travailler ainsi qu'en indiquant les soudures qui lui nmviennent.

lo Pour fondre le métal Delta

1. — Prenez un creuset n'ayant servi à aucun autre métal : employez ce creuset exclusivement pour le Delta, et veillez à ce que le creuset soit vidé complètement et gratté soigneusement après chaque fonte.

2. — Ne méhin«,'ez pas les différents alliages du Delta, ni entre eux, ni avec d'autres métaux,

3. — Remplissez le creuset au tiere, laissez ramollir, ajoutez une nouvelle quantité, et procédez de même jusqu'à la contenance voulue.

4. — Pendant la fusion, recouvrez le métal d'une forte couche de charbon de bois, ou mieux, ajoutez-y du verre ordinaire, de la potasse ou une matj^re analogue' pour que la fusion s'opère sous une forte couche de laitier.

Dans une opération bien conduite, la perte par évaporation ne doit pas dej)asser 4 à 4 1/2 0/0.

5. — Aussitôt jiue le métal atteint la température nécessaire à la pièce à couler, remunz-le bien, retirez rapidement le creuset du feu etécumez soipneusement.

6. — Comme tous les métaux denses, le Delta, en se refroidissant, subit un retrait plus fort que celui du bronze et du laiton; ce retrait est, en moyenne, de U à 13 millira. par mètre ; il y a lieu d'en tenir compte dans le moulage Les jets doivent être forts et permettre une coulée rapide ; ils doivent aboutir aux parties les plus épaisses de la pièce à mouler.

T. — Séchez fortement les moules et comme le Delta se solidifie très rapidement, les évents doivent être nombreux et bien disposés pour faciliter l'échappement de Tair,

8, — En refondant le métal hors d'usage ouïes jets, ajoutez-y au moins un poids égal de métal neuf et çréférablement deux tiers de métal neuf sur un tiers de matière à refondre, afin d'obtenir de bonnes pièces.

2? Pour forger et estamp*'r à chaud le métal Delta

Ne dépassez pas la température du rouge sombre, en ayant soin de chauffer uniformément et de ne travailler le métai que quand il est rouge.

fl^adures emplojées pear le métal Delte

11 y a lieu de choisir dans chaque cas telle ou telle composition de soudure suivant le travail à faire.

La soudure à Tétain peut convenir lorsque la pièce n'a pas beaucoup d'efforts à subir.

lia soudure de cuivre demande à être employée avec discernement par le motif que la température de fusion du métal Delta est inférieure à celle du cuivre et qu'en conséquence, en se servant de cette soudure, on risque de brûlerie métal.

La meilleure soudure pour le Delta est une soudure spéciale composée de Delta et d'argent ; on la fait en planche, en grenaille ou en limaille. •— Elle a la couleur du Delta et fournit une excellente résistance.

La soudure d'argent convient aussi parfaitement.

Pour certaines pièces, telles que coques de torpilles, cylindres, tubes, etc., on peut utiliser avec avantage le chalumeau oxhydrique et obtenir ainsi une soudure autogène parfaite comme résistance et permettant ainsi le martelage de la pièce sur les parties soudées.

En pareil cas, on place sous les lèvres des tôles de Delta à souder une petite gouttière d'acier contenant de l'amiante et Ton applique entre les deux épaisseurs de ces tôles une languette de même métal ; ensuite, on promène le chalumeau au-dessus de la rainure.

La soudure étant obtenue, on martèle le bourrelet qui s'est formé pour égaliser les épaisseurs.

De récents essais de soudure électrique ont donné de bons résultats.

Les brillants succès du métal Delta sont dus aux efforts intelligents de son conseil d'Administration, au sein duquel la haute compétence de M. Emile Leelert a trouvé des collaborateurs infatigables et dévoués.

Président du conseil d'Âministration : M. Eaiile Leelert, ancien ingénieur de la marine, administrateur de la Société

anonyme des Ateliers et Chantiers de la Loire, administrateur de la Société des Mines, Fonderies et Forges d'Alais, etc., à Paris.

Vice-président : M. Alfred Blarez, ingénieur en chef de la Compagnie des Chemins de fer du Nord de TEspagne, etc., à Paris.

Administrateur-directeur : M. Hyaelathe Reaard, ancien administrateur-délégué de la Société du métal Delta, à Paria.

Iléeeiiipeiifteft*

Le métal Delta, breyeté en 1883, avait obtenu aux dernières E3çpositions d*importantes récompenses :

Deux diplômes d*honneur à l'Exposition internationale de Londres, 1884; Médaille d'or à TExposition de Glascow, 1883 (la plus haute récompense). Médaille d'argent à TExposition internationale des Inventions, à Londres. 1885. Médaille d'or (métallurgie), médaille d'or (marine, constructions navales), médaille d'argent (machines, mécanique générale), à TExposition universelle d'Anvers, 1885. Médaille d'argent à Nuremberg, 1885. Médaille d'or, à Londres^ 1886. Médaille d'or, à Liverpool, 1886. Médaille d'or, à Londres, 1887. Médaille d'or, à l'Exposition maritime du Havre, 1887.

A l'Exposition de 1889, le Jury des récompenses a été comme le public frappé des immenses avantages que l'on peut retirer du Delta. En accordant quatre médaillea d*»r|feiit à cette Société (une dans chaque classe où elle a exposé), il a su reconnaître les mérites de ce métal ainsi que la bonne administration de ceux qui, par leur savoir et leur sagesse, ont contribué au succès d*un alliage, dont on ne pourra bientôt plus se passer.

ACédaille d'A.i*seiit

LETROTEOR A BOUVARD

Manufacture de Boulons.

Boulevard de Charonne, 83, 85, à Paris.

Dans la classe 41, à droite du chemin qui conduit de la classe 4*7 à la galerie des Machines, et du côté de celle-ci, ces Messieurs nous montrent, dans une installation remarquable, les produits de leurs usines.

Nous sommes ici en face d'une spécialité ; du haut en bus nos regards sont arrêtés par le même objet : le boulon, accompagné de rivets, d'écrous et de brides.

Dans toute cette exposition, la note dominante et principale est, en effet, le boulon, il y trône en maître.

Nous apercevons d*abord, et placés bien en vue, des boulons, parés, limés et polis, dont la netteté des dlets ainsi que des arêtes sont d une rectitude mathématique. 11 y en a de toutes les grosseurs de tous les genres, pour tous les emplois, et de dimensions variées. Ces boulons qui sont ce que Ton appelle des articles finis, servent aux mécaniciens et aux constructeurs ; la plupart servent à fixer ou à relier entre elles les différentes parties de ces admirables machines que nous devons au génie industriel.

Les boulons ordinaires ou boulons bruts y sont copieusement représentés par des groupes variés de spécimens rangés en gammes. On j voit tous les genres : boulons à têtes carrées, hexagonales ou rondes, boulons à têtes perdues, etc.

Remarqué aussi les spécimens des boulons qui ont servi au montage de la tour Eiffel, dont ces Messieurs ont fourni la plus grande partie.

Historique et Ceiuitetoitee*

La maison fût fondée à Bercy en 1831, pour satisfaire aux besoins des ateliers des Messageries Nationales qui construisaient leurs diligences. Voilà son début !

Au moment de Tessor des chemins de fer, les ateliers se trouvant trop exigus, furent transportés par M. Letrotenr père, rue Saint-Maur-Ponincourt, où un outillage perfectionné pour répoque permit de satisfaire, non-seulement aux demandes pressantes des chemins de fer, mais encore de servir les mécaniciens, chaudronniers, constructeurs, etc., dont les industries naissaient et prenaient rapidement un accroissement considérable, grâce à l'impulsion donnée par la construction des voies ferrées.

754 LETKOTEUI{ ET BOUVARD

Depuis, la Maison n*a fait que grandir, augmentant modifiant et perfectionnant son outillage, suivant les découvertes journalières, jusqu'au moment où, à la suite de l'immense essor de rindustrie métallurgique, il y a une dizaine d'années, elle se trouva trop à l'étroit dans ses anciens ateliers de la rue Saint-Maur.

Une usine importante a été créée alors de toutes pièces, «lans le quartier de Charonne, au milieu de terrains encore inoccupés, usine modèle renfermant un outillage aussi complet que perfectionné.

Cette usine est arrivée, dans son dernier exercice, à livrer à la consommation, rien qu'en rivets et boulons bruts, tournés et finis, plus de trois millions de kilogrammes.

C'est de cette usine que sont sortis la plupart des boulons et rivets destinés aux grands travaux publics de ces dernières années et de la plupart des constructions en fer de l'Exposition actuelle. Pour ne citer que quelques-uns des travaux : Le pont des chemins de fer de 1 Etat sur la Loire à Saumur, — le pont de la rue Caulaincourt, à Paris, — la grande galerie des Machines (partie des Etablissements Cail), — et enfin la Tour Eiffel, pour laquelle la maison a fourni plus de oOu

Toutes ces fournitures ont été exécutées à la satisfaction des intéressés.

Ces importants travaux n'ont pas empêché cet établissement de donner un développement considérable à sa clientèle, surtout en articles finis; cette dernière clientèle, très nombreuse, de mécaniciens, constructeurs de mtichines de toute nature, chaudronniers, etc., etc., apprécie ses produits comme le font aussi depuis do nombreuses années l'artillerie, la marine, les grandes compagnies de chemins de fer, etc.

Le jury des récompenses a consacré la réputation de ces ateliers, en accordant à MM. Letrotenr et Bouvard une médaille d'Argent

iO^)

Médaille d'Argent

L'Indicateur de grisou Coqnillon

M. CoqntlIoD expose classe 48 un appareil dont le but est de révéler au mineur la présence de son plus redoutable ennemi, le grisou.

Cet appareil, açpelé indicateur de grisou, est destiné à mesurer les quantités de ce gaz pouvant se trouver dans les travaux de mine, à partir de 0.25 0/0.

Le principe sur lequel il repose est le suivant :

Tout gaz combustible, mélangé à une quantité sufflsante d'oxygène ou d'air, est complètement brûlé, lorsqu'il vient à passer sur des fils de platine ou de palladium portés au rouge Diane.

L'appareil exposé se compose d'une petite cloche de 12 à 15 centimètres cubes de capacité, continuée par un tube gradué du plus petit diamètre, lequel s'élargit à sa base et se termine par une petite ampoule.

La cloche est fermée par le haut au moyen d'un bouchon de caoutchouc percé de trois trous; dans deux de ces trous s'engagent des tiges de laiton qui s'enfoncent dans la cloche et portent un fil de platine ; ces tiges émergent du bouchon en caoutchouc et portent chacune un trou oii vient s'engager un des deux pôles de la pile; un petit cable en métal permet d'établir la coiumunication avec une pile portative. Le troisième trou du bouchon porte un tube en laiton muni d'un robinet que l'on peut ouvrir ou fermer à volonté. Deux tubes en laiton protègent l'appareil à l'extérieur, et laissent voir, par des fentes qui y sont ménagées, les divisions de la cloclie et des tubes. Le tube en verre qui termine la cloche s'engage dans un bouchon en caoutchouc s'ajustant sur une poire également en caoutchouc; celle-ci est remplie d'eau, ainsi que le bas du tube lui-même.

La graduation se fait en composant un mélange artificiel contenant 2 O/o de gaz, qu'on introduit dans le tube. Puis ou fait rougir le fil après avoir fermé le robinet. Après le refi*oidissement, le liquide monte dans le tube; on note le point où il s'arrête, et si on partage l'intervalle en huit parties égales, chaque division représente 1/4 0/0 de grisou; on prolonge les divisions au-dessus et au-dessous des points observés.

Pour se servir de cet appareil dans la mine, on le remplit d'eau jusqu'à l'une des divisions du tube gradué. Pour faire une prise de gaz, on ouvre le robinet et on presse sur la poire en caoutchouc; l'eau monte dans le tube de verre jusqu'en haut de la cloche, et alors on ferme le robinet: puis on place l'appareil au point où l'on veut laire la prise, on ouvre le robinet et l'eau redescend; on place l'index au niveau de l'eau, et après quelques minutes, on fait rougir le platine pendant deux à trois secondes. Quand le refroidissement s'est opéré, s'il y a du grisou, leau remonte au-dessus de l'index, et on lit sur les divisions la quantité de grisou que contient l'air de la mine.

Le jury des récompenses a accordé à l'inventeur de cet appareil devenu classique, une JflédMile d'Arffent.

Grand. I»irlx.

SOCIÉTÉ ANONYME DES ACIERIES DE FRAHCE.

Nous avons dans notre deuxième fascicule décrit la remarquable exposition de cette Société ainsi que les établissements qu'elle possède à Isbergues dans le nord de la France Nous allons aécrire ici rapidementles forges eilaminoirsde Grenelle.

L'intelligent et actif Directeur de cette société a été bien inspiré quand il a installé au centre de la consommation une fabrique spéciale de fers à plancher, car il a réussi au-delà de ses désirs.

C'est en plein Paris, au 29 du quai de Grenelle, que sont installés les forges et laminoirs de cet-e société.

Cet établissement occupe une surface de 5,000 mètres carrés, en bordure de la Seine et est relié par un embranchement au chemin de fer des Moulineaux. Ses approvisionnements ainsi que ses débouchés sont donc largement assurés par voie fluviale et par voie ferrée.

11 renferme : !• Trois grands fours à réchauffer pouvant produir^ chacun 20,000 kil. par poste de 10 heures de travail.

2* Une machine à vapeur horizontale, à détente et condensation de la force de 150 chevaux.

Cette machine conduit un train trio de 0.60 de diamètre, à 3 équipes de cylindres, capable de laminer aisément 8,000,00o kil. à 3,500,000 kil. de poutrelles de toutes dimensions par mois.

3« Des cisailles à vapeur pour couper à froid les vieux rails et riblons divers, des pilons, scies, etc. permettent d'exécuter toutes les opérations nécessaires à la fabrication de pou • trelles, cornières et fers profilés de toute nature.

Nous aurons encore à revenir sur cette importante usine lorsque nous aborderons 1 étude de nos établissements industriels du Centre et du Midi. Les Aciéries de France possèdent, en effet, à Aubin une usine de premier ordre.

Au moment de mettre sous presse on nous signale le transfert des ateliers de Orenelle aux environs de Paris à cause des droits d'octroi. Nous sommes dans tous les cas certains qu'avec les admirables équiqes de Grenelle et les excellents contrais de matières premières que M. «le Dorlodot excelle à passer, le prix de revient du laminage atteindra là, peut-être un minimum qui ne sera jamais attieint nulle part.

U:&d.a.ille ci'.Â.rGrexit

SOCIÉTÉ ANONYME

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